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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] Vie posée

Auteur Sujet: [Défi] Vie posée  (Lu 13667 fois)

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
[Défi] Vie posée
« le: 18 Mars 2012 à 21:10:00 »
Saaalut,

Ce texte fait suite à un défi que m’a lancé Meilhac :

Citer
Tomoyo : je te défie de raconter l'histoire d'une œuvre d'art (un disque, un livre, une peinture, un film, une sculpture, une bédé) à la première personne du singulier   .

Alors Meilhac, l’histoire d’une vie c’est looooooong ! En même temps tu ne savais pas que j’avais tendance à ne jamais pouvoir m’arrêter… les textes courts c’est quasiment impossible pour moi… ><
Sinon, j’espère que tu ne voulais pas une œuvre connue (style Joconde), parce que sinon j’ai fait un beau (bel ? ben tiens avec le « h » je sais pas…) hors sujet :D

Bref, juste pour prévenir tout un chacun : j’ai une écriture simpliste, ça casse pas trois pattes à un canard, j'ai bien peur que ce soit...enfin... j’espère juste que les braves qui liront ne s’ennuieront pas… :D

PS : malheureusement pour toi, t’es obligé de le lire Meilhac, au moins pour me valider le défi !  >:D



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Vie posée




Encore cette chanson. Depuis ce matin elle l'écoute en boucle, l'agrémentant de quelques sons approximatifs partant dans les aigus en plein milieu. "With our eyes wide open, we... With our eyes wide open, we...". Ca n'arrête pas. Elle a toujours eu besoin d’un fond musical pour se motiver. Quoique, elle est toujours motivée, non je crois finalement que le fond musical c'est juste pour accomplir sa tâche avec entrain.
C'est insupportable. Mais j'en ai l'habitude, elle n'en est pas à sa première tentative d'usure prématurée de ma patience.


Je connais Julie depuis ses cinq ans, époque à laquelle elle m'a créé. Depuis, j'ai pas mal bougé dans la maison, mais je n'ai jamais été très loin de celle qui, un mercredi après-midi, me façonna en pâte-à-sel et me peignit avec application.
Elle avait cinq ans, on peut donc m'imaginer une apparence bancale. Mais les génies de l'Art sont partout, parfois même dans une cuisine. Julie n'a jamais été un génie ; ainsi, je ne ressemble à rien de franchement existant sur Terre. Enfin pour le moment. Des chercheurs trouvent de nouvelles espèces chaque année... bon, la mienne est peut-être un cap d'ouverture d'esprit que la nature n'a pas encore franchi. Mais puisque Julie m'a inventé, j'existe.
Son âge explique mon aspect boursouflé, ridicule, jaune et rose. Mais il faut reconnaître un avantage précieux à ceci : comme toute œuvre créée nait avec la conscience de son créateur, je suis donc né à cinq ans, et non pas adulte comme la plupart des sculptures ou tableaux exposés de par les musées et galeries. J'ai donc grandi avec Julie.

Je me souviens parfaitement quand j'ai compris que je commençais à exister. Au début je voyais un pinceau lumineux balayer des pas de danse au loin, dans le noir. Je le regardais onduler et flâner. Puis la danse s'accéléra et la lumière devint plus blanche. Bientôt le pinceau fondit sur moi pour m'emporter dans une vague étincelante. La lumière s'apaisa et c'est là que je la vis pour la première fois. Deux grands yeux verts, ronds comme... en fait comme c'était la première image que j'ai eue du monde, elle est devenue ma référence. Les billes sont rondes comme les yeux de Julie, les jeunes feuilles de chênes sont peintes à l'iris de Julie et le cristal sonne comme le rire de Julie.
Elle ouvrait la bouche et semblait d'une concentration extrême. Elle tenait à la main un bout de pâte qu'elle s'appliquait à rouler en boule. Mon corps. Elle mouilla avec le doigt la boule et vint la coller à ma tête. Ses sourcils restèrent froncés tout le temps de fixation des boudins pâteux.
Son sourire, quand je fus terminé, éclata d'un tel naturel, d'une telle vérité, que je compris immédiatement que ma venue au monde était liée à cet instant. Je suis né pour que ce sourire existe. C'est peut-être éphémère et dérisoire pour certains, mais je crois que chaque instant peut être éternel du moment qu'il est essentiel pour quelqu'un.
La fierté de Julie s'exprima ensuite à grands coups de "Maman ! viens voir !".
Sa mère, qui s'affairait à préparer des crêpes, s'est approchée de la table sur laquelle Julie "travaillait".
- Ouh, mais c'est très joli ça ma chérie, on va vite le mettre au four, tu pourras le peindre après, avait-elle dit sur un ton tellement doux qu'elle m'avait conquis à son premier souffle.
- Ça ressemble, hein?
- Ça ressemble très certainement à ce que tu as voulu faire ma chérie. C'est un pingouin? avait tenté la mère.
- Une licorne! s'était alors exclamée Julie, mi-enthousiaste, mi-contrariée.
C'est très exactement là que j'ai perdu une patte, d'effroi.
A vrai dire je n'avais aucune idée de ce à quoi je pouvais ressembler, mais ayant la conscience de Julie, je savais à quoi ressemblait un pingouin et à quoi ressemblait une licorne. Pouvoir confondre les deux ne signifiait qu'une chose : j'étais sacrément raté.
Julie ne s'est pas démontée et m'a recollé.
Je suis ensuite parti au four.
A travers la vitre je voyais ses grands yeux me fixer avec... oui, j'avais l'impression que c'était avec amour. Je m'appliquais donc à cuire et dorer pour qu'elle m'aime encore plus.
En fin d'après-midi j'étais à nouveau sur la table de la cuisine et Julie s'attaquait à moi avec tout un attirail de peintures, pinceaux et petits pots en verre remplis d'eau.
Licorne, animal imaginaire... on peut considérer qu'aucune couleur n'est vraiment imposée... Je me suis ainsi retrouvé rose avec la corne et la queue jaunes. On pourrait naturellement se poser la question de la crinière, mais je n'en avais pas.
Le père de Julie est rentré du travail alors qu'elle me regardait sécher depuis déjà deux minutes.
- Ça va Ju ? avait-il lancé avant de lui faire un bisou sur le front
- Regarde papa, il est beau hein ? lui avait-elle répondu sans même le regarder.
- Ah ça oui, mais les pingouins ne sont pas roses, tu le sais Ju.
- Mais c'est une licorneuuh ! s'était-elle emportée.
Je crois bien qu'à ce moment-là j'ai pleuré une goutte de magenta dilué.
- Ju, tu lui as collé des pieds directement sur un gros corps et il a un bec...
- Mais c'est sa corneuuh, avait-elle rouspété avant de croiser les bras en boudant.
- D'accord, d'accord, avait fini par soupirer le père avant de rejoindre sa femme qui riait doucement.
La solitude de l'artiste ? Je crois surtout qu’on ne parle pas assez du désespoir de l'œuvre...
Au bout d'une minute elle avait oublié qu'elle devait bouder et s'était remise à m'admirer – ou peut-être à s'admirer ? – les yeux dépassant à peine du plateau de la table. J'avais oublié moi aussi que j'étais quasiment abstrait et je façonnais mon âme par son regard.
- Tu vas t'appeler Lili, avait-elle chuchoté.
Disons-le ouvertement, j'ai beaucoup souffert du fait d'être rose et de m'appeler Lili alors que j'étais une licorne mâle. C'est Julie qui m'a dit que j'étais un garçon, parce qu'elle me faisait épouser ses petits poney qui étaient toutes des "filles".
Souffrance essentiellement due aux moqueries des dessins du frigo, des peintures encadrées, des contrôles de dessin, et de tout ce qui a pu être créé par Julie et sa petite sœur les années suivantes.
La pire de tous, ce fut ce dessin que Julie fit en quatrième. Le sujet était « dessiner une émotion », elle avait choisi la peur. Résultat, ce gribouillis représentait une tête difforme et verte qui tirait une langue trois fois grande comme le reste du visage, les yeux exorbités. Sa laideur était telle que je pense qu’elle sert maintenant d’illustration au mot « horreur » dans le Petit Larousse. Mais ma relation conflictuelle avec elle n'était pas due à son aspect : comme ni Julie ni sa sœur n’avaient jamais eu le moindre talent artistique, nous étions tous moches, nous les œuvres de la maison, et nous le savions.
Non, ce dessin, c’était plus que quelques coups de crayons ratés imbibés de gouache, c’était une vile créature des enfers : moqueuse, fourbe, mesquine.
A sa décharge, elle n’a pas été créée au meilleur de la forme de Julie il faut bien le reconnaître.
De fait, même si elle s’était donné le titre de Médusa et prenait ses grands airs, nous l’appelions tous Neuf, nom que lui avait tatoué le professeur d’arts plastiques en bas à droite. Ça l’horripilait, ça me comblait. Les plaisirs simples parfois...
Neuf avait été punaisée au mur de la chambre de Julie pendant près de trois ans, juste au-dessus de l’étagère sur laquelle j’étais posé. J’ai subi sa mauvaise humeur, son obsession de la critique acide, ses réflexions politiques – politique étant ici un terme générique à prendre avec précaution : « de toute façon on est dirigé par des gars en costard qui ne savent même pas qui on est » du lourd, du puissant, à analyser prudemment  – et surtout son attitude désobligeante vis-à-vis de ma personne. Les attaques sur le physique, c’est un peu facile.
- Hé, Lili, t'as jamais songé à te laisser tomber de l'étagère ? Juste pour mettre un terme à ça.
- Nan, je préfère occuper mon temps plus intelligemment, en t'imaginant avec des moustaches par exemple.
-  Ah, les moustaches, attribut mâle qui te ferait du bien, c'est normal que tu en rêves.
Ou bien :
- Hé, Lili, j'ai une barbe-à-papa au téléphone, elle voudrait que tu lui rendes sa couleur maintenant.
- Dis-moi Neuf, ça te chatouille pas dans le verso? J'ai entendu dire que le mur avait des champignons, avec un peu de chance d'ici la fin de l'hiver t'auras moisi.
- Oui, mais je ne serai toujours pas rose, je mourrai dans la dignité moi.
Ou encore :
- Hé, Lili, j'ai bien réfléchi, même en Pokémon t'aurais été ridicule en fait.
C'était sans fin.
En règle générale, j’ai eu beaucoup de mal avec les œuvres de Julie créées entre ses quatorze et dix-sept ans. Et il y en a eu pas mal, car l’ordre des choses veut, de toute évidence, que les périodes ingrates soient source d’inspiration. Le temps saura donner toute l’importance que ces créations méritent de recevoir. D’ailleurs certains poèmes de cette époque ont fini dernièrement à la corbeille, non sans une certaine émotion pour ma part.
« Le noir de mon cœur bat au rythme de mon angoisse
Mélancolie et rancœur dans mon âme se froissent
Je crie si fort en silence que mes veines se cristallisent
Je me fige devant l’inertie que même ma colère ne brise »
Qu’on le veuille ou non, cette strophe, bien qu’assez déprimée au quotidien, et ratée comme tout le reste, avait un bon fond et sa perte fut un déchirement pour moi, enfin surtout pour elle, mais ce serait un humour bien mal placé.
Julie l’a jetée il y a deux jours. Un sac poubelle entier s’est retrouvé plein d’écrits de son bureau. Depuis une semaine, c’est place nette dans la chambre.


Miracle, elle a changé de chanson ! Ah... ça faisait longtemps tiens, du Mylène... elle va chanter c'est obligé. Enfin chanter, ça me fait de la peine pour ce verbe de l'utiliser dans un tel contexte. Et voilà... "Nager dans les eaux troubles..". L'avantage de l'anglais c'est que Julie n'y comprenant rien, on évite ses vocalises.


Aparté, fidèle défaut.
Je disais donc, j’ai grandi avec Julie. Quand elle m’a terminé, j’ai été exposé dans le salon, sur le buffet principal, lieu vitrine pour toute composition familiale. J’y ai eu droit deux ans entiers, un honneur. Parfois, j’étais réquisitionné par Julie pour les besoins d’une histoire rocambolesque avec ses poneys, ses Barbies et une dînette, mais je revenais toujours sur mon piédestal. J’étais l’attraction quand grand-mère, une tante ou même le voisin venait à passer.
Ces deux années m’ont permis d’être au centre de la vie de la maison.
En effet, le salon donnait sur la salle-à-manger et sur la cuisine à l’américaine. J’avais vue sur la terrasse à travers la baie vitrée et sur le hall d’entrée de l’autre côté.
J’ai pu voir la mère de Julie danser en préparant des gratins sur des rythmes latins, regarder des dessins animés en boucle, participer aux dîners, surveiller Julie jouant sur la terrasse, apprendre à lire avec elle sur la table du salon en face du buffet, m’extasier devant les changements de saisons et leurs effet sur le cerisier du jardin.
Cette période se résume assez simplement : j’étais la fierté de Julie, je faisais partie de tous ses jeux, j’étais exposé par la famille, j’ai acquis mon statut d’œuvre préférée.

Je suis ensuite passé sur le comptoir qui séparait la cuisine du salon. J'ai bien senti que j'étais rétrogradé, là, à côté de la corbeille à fruits, mais peu importe. La famille avait beau commencer à m'oublier, Julie, elle, m'aimait toujours. Et puis si l'on regarde le bon côté des choses, je me suis rapproché du réfrigérateur où était exposé Gragouille.
Gragouille était un dessin que la petite sœur de Julie avait fait à quatre ans. Il ressemblait à une sorte de gros monstre avec un seul œil et plein de coups de feutres un peu dans tous les sens, sans forme réellement définie. Sa créatrice ne savait pas dire gargouille, elle disait tout le temps gragouille, mot qu'elle utilisait pour tout ce qui pouvait être une menace. La plupart des chiens étaient donc des gragouilles. Bref, une fois son œuvre achevée, elle avait couru vers sa mère, attrapé sa jambe en tendant la feuille et répété "Gragouille, Gragouille".
Nous sommes très vite devenus amis. Trois ans d'écart, mais tous deux créés par de jeunes mains naïves.
Je me souviens qu'un jour de novembre, des années plus tard, alors que le vent faisait trembler la baie vitrée, que le ciel était gris et que personne n'était encore à la maison, Gragouille m'a parlé d'un air grave.
- Tu sais Lili, j'ai beau ressembler à un monstre, je n'en suis pas un.
- Je sais bien, en témoignent tes magnets en forme de nounours, avais-je répondu sur le ton de la plaisanterie.
- J'ai été créé par une âme de rêves et de jeux, et toi aussi, avait-il continué, l'air de plus en plus solennel.
- En effet.
- Je suis content parfois de ne pas avoir été dessiné dans une recherche du beau, mais juste dans un instant de vie, sans réflexion. Je suis un instant de vie de Laura, et je pense que ça a du sens. Je sais que tu ressens la même chose envers sa sœur.
Nous n'appelons jamais les autres humains par leur prénom, juste notre créateur. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Ce n'est pas une règle, c'est un fait. Aucun autre humain n'a vraiment d'importance je crois.
- Et je suis content que justement tu ressentes la même chose, avait-il continué. Les nouvelles œuvres n'ont plus cette vision. Elles naissent en colère et disparaissent rapidement.
- L'adolescence, rébellion vis-à-vis des créateurs.
- J'essaie simplement de te dire que je suis heureux que tu sois là, que tu existes, je t'aime vieux.
Il n'y eut jamais plus dans tout l'univers – du moins dans mon univers – de silence plus éloquent que celui qui suivit cette conversation. Nous regardions tous les deux le cerisier balancer au gré des bourrasques, sur le fond sonore de la trotteuse de la pendule.
Tout ça pour dire que Gragouille, c'est mon meilleur ami.

Mais reprenons dans l'ordre : mes trois ans sur ce fameux comptoir de cuisine. Trois années de franches rigolades. Avec Gragouille nous étions encore jeunes, nous nous amusions d'un rien. Pendant pas mal de temps notre principale occupation était de commenter tout ce que faisaient les humains. Le fait que nous puissions entendre tout ce qu'ils disaient alors qu'eux non, était source continuelle de rire, paris ou sarcasmes. Comme eux le faisaient devant la télévision "Ah, quelle andouille celui-là!", "Mais cours!", "Non, ne lui dis pas ça, il sort avec l'autre nana!".
De notre coté ça donnait "je te parie que le lait va déborder", "Quel débile, ses clefs sont sur le buffet, il peut bien les chercher dans sa veste et engueuler sa femme, tiens", "ce livreur a quelque chose de Baloo je trouve".
Cet amusement s'est arrêté quand Julie avait neuf ans. Ce jour-là, je la regardais jouer sur la terrasse avec son skateboard. Elle était bien protégée, casque, genouillères, coudières. La panoplie. D'ailleurs, le père, confiant, ne la surveillait pas, il était affairé au barbecue.
Au début elle faisait des allers-retours un peu maladroits, en tombant assez rarement cependant. Puis, il lui est venu une idée stupide, qu'ont tous ceux possédant une planche-à-roulettes tôt ou tard : elle s'assit sur la planche et se laissa pousser par sa sœur.
J'ai crié au père de se retourner, j'ai crié "Non Julie !". Ne pas être entendu des humains n'est pas amusant, c'est la pire malédiction de l'œuvre.
Ce que je redoutais arriva. Julie tenait la planche à deux mains sous ses fesses. A un moment elle fit "Sans les mains!", puis sentant la perte d'équilibre, elle voulut rapidement se rattraper et elle mit la main au sol. Puis roula dessus.
La baie vitrée était ouverte, j'ai entendu les os craquer ; j'ai entendu le hurlement, les larmes, la panique de la petite sœur qui croyait avoir fait une bêtise, la précipitation de la mère, le grondement du père, la course à la voiture avec Julie dans ses bras.
A partir de ce moment, j'ai commencé à saigner en dedans. Je ne pourrais jamais protéger l'être le plus cher à mes yeux. Cette évidence m'est tombée dessus. J'ai surement grandi ce jour-là.
Je n'ai plus jamais ri du fait qu'on ne pouvait pas communiquer avec les humains.
Deux phalanges cassées.
Le père fut tellement bouleversé que le soir même il fracassa le skateboard sur le mur extérieur de la maison. Cela eut pour résultat de faire sauter le crépis, de casser la planche en deux, de le soulager un peu, et de me faire sourire : je rêvais de le faire depuis le début de l'après-midi.


Ce n'est pas que je compte, mais depuis ce matin, c'est le deuxième sac poubelle qu'elle remplit et jette. J'ai l'impression qu'elle se débarrasse de bouts de vie. Peut être que c'est ce qu'on fait naturellement quand on part.
Son va et vient m'hypnotise, me renvoyant inexorablement aux images de ces bouts de vie.


Je suis parti dans la chambre de Julie pour ses dix ans, quand sa mère a eu fini de repeindre sa chambre en rose. Je collais parfaitement à l'ambiance. Peut-être que la mère avait planifié tout cela exprès, pour me sortir de la cuisine d'ailleurs.
Heureusement, entre œuvres, nous n'avions pas tellement besoin de proximité pour communiquer. Ça me permettait de savoir ce qui se passait dans les pièces principales par l'intermédiaire de Gragouille, resté sur le frigo.
Depuis lors, je suis resté dans cette chambre, mis à part six mois autour des seize ans de Julie, où elle avait décidé que rien de "gamin" ne devait pénétrer son antre. J'étais ainsi reparti à la cuisine.
Dieu merci, cela lui est vite passé.
Etre dans la chambre de Julie, c'est mon bonheur.
J'ai longtemps été sur sa table de chevet avant de partir sur l'étagère. J'ai lu Harry Potter avec elle, révisé les cours d'histoire, récité le monologue de Don Diègue, écouté ses amours racontées à ses copines, enduré les musiques en mode "repeat".
"Le papa pingouin", allez, ça va trente minutes ; trois semaines, ça dévient un exemple de plus à la définition de torture dans Wikipédia. Mais, de Charybde en Scylla, de Ilona en Inna... Les chansons d'enfants, c'est saoulant mais c'est mignon. Quand elle est passée à Britney Spears, Black Eyed Peas, puis Dance aux paroles lascives, là, j'ai pleuré mon idole. Ma Julie qui ondulait de manière suggestive... des images difficiles à supporter.
Elle s'amusait, reproduisait les clips, et puis, elle a compris. Ce fut progressif, mais inexorable.
Elle a ouvert la porte de sa chambre à son premier petit copain à quinze ans. Que des bisous baveux, mais quand même... des bisous baveux. D'autant plus qu'il est impossible de se détourner. Et puis ce bruit d'aspiration ! Rah ! Si au moins il avait eu de la conversation, si au moins il avait dit autre chose que "Ouais", "cool", "ça claque", "Tsss, nawak", "genre", avec un rire gras qui perdait de temps à autre sa tessiture.
Je n'ai aimé aucun copain de Julie.
Sachant que Julie est mon monde, je n'aime pas particulièrement l'idée que quelqu'un veuille se l'accaparer.
Cependant, l'un d'entre eux a trouvé grâce à mes yeux, au moins le temps du doute.
Julie avait dix-huit ans. Cela faisait déjà plusieurs fois qu'il venait, passait des heures à parler films ou musiques avec Julie, l'embrassait en la tenant bien près – beaucoup trop près – du corps, puis repartait, légèrement frustré, à ma grande satisfaction.
Un jour toutefois, il est venu avec un présent pour Julie. Une chanson. Il avait amené guitare et partition et avait chanté. Sa voix ne m'a pas touché plus que ça, et les paroles étaient assez banales, mais l'intention, la volonté inspirée, peut être même le sentiment amoureux,  avait donné naissance à une œuvre dotée d'une sensibilité étonnante.
Brume était le titre de la partition. C'était son nom. Brume.
Elle est restée sur le bureau tout le temps que Julie est sortie avec ce garçon, un an.
Et Brume, c'est mon grand amour.

Avec Gragouille, nous avions une idée assez figée sur l'âme des œuvres. Il nous paraissait évident que si une œuvre est créée sans but, juste pour l'amusement, la détente, l'envie, alors l'âme était pure. Par exemple, Gragouille et moi. Il ne faut pas nous blâmer, nous étions nous aussi en pleine adolescence, nous simplifiions la plupart des schémas de vie en affirmant que nous savions, jusqu'au jour où "Attends, et si...". Nous nous basions juste sur l'empirisme. Les œuvres d'enfance, les poèmes privés, les gribouillis sur feuilles de brouillon de maths, nous ressemblaient : vision du monde à travers les yeux du créateur, amour pour lui, envie démesurée de son bonheur, de sa présence.
Et puis, il y a les autres.
Les créations "pour", ou "dans le but de". Il s'agit des dessins pour le cours d'art plastiques, des poèmes écrits pour un copain, de textes rédigés pour rendre compte du système politique, d'une pétition, d'une peinture pour la meilleure amie etc.
Ces œuvres n'étaient pas refermées sur le créateur. Elles étaient destinées.
Avec Gragouille, nous avons toujours eu du mal à nous entendre avec. Leur attachement au créateur était bien moindre, elles parlaient d'autres humains, elles avaient des pensées pour eux, elles étaient animées de passions (colère, amour, révolte, contrainte). Leurs caractères étaient vraiment différents, ils nous échappaient complètement, et par conséquent, nous pensions qu'ils étaient moins dignes, moins légitimes que nous-autres.
Brume était de ce genre-là.
Elle est arrivée, a été lue, chantée, jouée, puis a été posée sur le bureau.
En juste cinq minutes j'ai été conquis. Balayées toutes mes idées. Sur le coup, j'ai cru au coup de foudre, comme Julie en parlait à ses amies. Sa douceur, son souffle murmuré, ses mots amoureux, l'encre qui luisait sur les notes pleines de la partition. Tout en elle trouvait regard amoureux chez moi.
Evidemment, quand Julie s'est séparée de l'empafé (je passe sous silence le pourquoi du choix de ce mot, mais c'est justifié), Brume disparut dans un sac elle aussi.
Avec du recul, j'ai finalement compris pourquoi j'ai passé un an totalement envoûté par elle. Elle avait été créée par un autre, mais pour Julie. Tout ce qu'elle transparaissait, c'était l'amour pour Julie.
Autant chaque œuvre créée par Julie (dans ma catégorie) ressemblait à Julie, autant une œuvre créée pour Julie, ce n'était pas Julie, c'était l'amour de Julie. Comment ne pas tomber amoureux de l'amour ? D'autant plus l'amour de ma créatrice.
Evidemment j'ai compris bien trop tard tout ceci. Enfin trop tard... disons que j'ai d'abord passé quelques mois à pleurer sa disparition avant de me rendre compte de tout ça.
Gragouille n'a jamais compris, lui. Son heure viendra je pense. La sœur de Julie a maintenant dix-huit ans. Le coup d'un bracelet fait main, ou d'un poème écrit par un petit copain ne va pas tarder. Et je me marrerai bien de le voir transi d'amour pour un scoubidou.

Et voilà, maintenant Julie a vingt ans, je la regarde toujours vivre depuis mon poste vigie, heureux de faire partie de son monde.
Alors quand je vois ma Julie jeter de vieux vêtements, faire des cartons de livres, de bibelots, quand je la vois empaqueter sa vie, sur "c'est une belle journée", je me dis qu'avec Gragouille, nous avons été bien présomptueux.
Quand, étant des créations d'enfants, vous existez toujours après les quinze ans de vos artisans, c'est que vous êtes spécial. C'est ce qu'on pensait avec Grag. Après tout, nous sommes vraiment moches, surtout lui, et pourtant nous sommes toujours là.
Le nombre de fois que la mère a voulu jeter Gragouille s'est perdu dans la boucle de l'infini depuis longtemps.
Tiens, encore la semaine dernière.
- Laura m'a encore sauvé aujourd'hui, avait dit Grag mardi matin.
- La mère t'avait encore détaché ?
- Je crois que maintenant elle essaie au moins une fois par an, juste pour voir.
- Comment a réagi la sœur de Julie ?
- Laura a discuté calmement avec sa mère en argumentant chaque point : "MAMAAAAAN, IL EST OUU ?"
Ça me fait rire à chaque fois. Ça ressemble tellement à la sœur de Julie. C'est une pile, elle saute, elle crie quand elle est contente, quand elle est en colère, quand elle cherche son portefeuille, quand sa série préférée commence, etc. Très...vivante.
- Ah, c'était donc pour toi. On a tous entendu ce passage là. Il y a eu aussi "MAIS MERDE T'ABUSES", mais tu comprends que ce sont des phrases assez habituelles, impossible de déterminer le sujet.
- Elle m'a remis elle-même sur la porte du frigo avec les magnets. Elle a dit "Gragouille c'est une partie de moi, si tu l'enlèves, c'est que je ne suis plus ici"
Quand j'y repense, il a dû pleurer de joie.
Julie n'a jamais rien dit de tel. Elle s'exprime beaucoup moins aussi, plus calme en un sens.
Bref, nous nous pensions donc immortels.
Depuis hier je doute vraiment de plus en plus.
Elle jette beaucoup de choses et met le reste en carton. Mon tour va venir. D'ici peu elle va en venir à l'étagère.
Elle a eu son DUT en juin dernier. A la rentrée elle part pour Bordeaux, en école d'ingénieur. Ils ont fait une fête quand ils ont su pour son admission. J'étais content moi aussi, mais pas tant que ça. Elle part. C'est la fin. Oublié ou jeté.
Soyons réalistes, elle rejoint la grande ville, elle aura un tout petit appartement, sa vie indépendante, vie d'adulte, la probabilité qu'elle s'encombre d'une licorne-pingouin rose en pâte-à-sel s'approche du nombre de mes sabots : zéro.
Du coup, je suis là, à me désespérer de ses habitudes musicales, alors que d'ici peu, soit je les regretterai, soit je ne serai plus. Là, à me remémorer ma vie avec Julie, ma vie pour Julie... ma vie est Julie.
Gragouille ne dit rien depuis ce midi, il a compris lui aussi.
Bon, elle a fini le bureau. Je crois que les étagères sont les prochains objectifs.
Oh non, elle a mis "Beautiful disaster"... non seulement c'est le genre de musiques qu'on entend quand le héros quitte l'héroïne, lui sur le quai, elle, le front collé sur la vitre du train qui pleure de pluie, mais en plus ce titre ne présage rien de bon.
- Gragouille, mon pote, ça y est, c'est le moment!
Evidemment, il ne répond pas.
Elle tend sa main vers moi, je voudrais fermer les yeux, c'est déjà bien d'essayer.
"such a beautiful disaster"
...
Elle me regarde. Mon dieu, depuis quand ne m'avait-elle pas regardé ainsi? Je me perds totalement. Elle me sourit. Julie...
Elle me plonge dans un contenant. C'est le carton.
L'improbable se produirait-il? Les statistiques, c'est que du vent.
- Les stats c'est que du vent Grag!
Je l'entends rire. Je ris aussi, je ris comme j'ai jamais ri.
Demain, je serai à Bordeaux.




Passerai-je sous silence que le nouveau copain de Julie s'est débrouillé le lendemain pour me briser, en calant le micro-ondes pile là où j'étais sur le coin cuisine ?
Le point positif c'est qu'il y a un froid entre eux maintenant.
Heureusement que les œuvres ne meurent pas quand elles sont en mille morceaux. Non, nous mourons quand ceux pour qui nous existons ne nous veulent plus.
Avec application, Julie a mis de la colle sur mes boudins pâteux, comme à ses cinq ans.
Une fois fini, elle a juste dit "Ju-lili "
Je suis éternel.


« Modifié: 31 Juillet 2016 à 11:29:05 par Tomoyo »
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne FleurdeSel

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #1 le: 19 Mars 2012 à 16:46:57 »
J'ai adoré ce texte ! Du début à la fin !
Je ne me suis pas du tout ennuyée,  l'humour vient relever le récit, et beaucoup de tendresse s'en dégage.
J'ai trouvé les personnages crédibles et sympathiques (ça fait un peu la famille bisounours quand même, mais après tout, les personnages n'ont pas tous besoin d'être des être torturés).

Il n'y a que le titre qui me gêne : je ne comprends pas trop le choix de l'anglais.
Et aussi les premières phrases du tout dernier paragraphe que je ne trouvent pas très heureuses.

J'aime bien ton écriture : elle est simple, imagée et bien balancée (je sais pas si tu me comprends lol).
Donc voilà, pour moi c'est un coup de cœur  :coeur: .

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #2 le: 19 Mars 2012 à 22:36:37 »
Ah beh ça c'est un gentil commentaire!!  :D
Merci bien Fleur, si tu t'es pas ennuyée, je suis comblée ^^

Citer
J'ai trouvé les personnages crédibles et sympathiques (ça fait un peu la famille bisounours quand même, mais après tout, les personnages n'ont pas tous besoin d'être des être torturés).
ça c'est un vrai défi pour moi, les personnages tourmentés, noirs etc.  :D "bouh je suis un être plein de féluuuures, je ne dis pas ce que je pense, on me devine à peine ><" voilà tout ce que je peux faire dans ce domaine  :mrgreen:

Citer
Il n'y a que le titre qui me gêne : je ne comprends pas trop le choix de l'anglais.
Et aussi les premières phrases du tout dernier paragraphe que je ne trouvent pas très heureuses.
Ah ben euh, je sais pas, j'aime bien le mot anglais. Je peux bien le changer, je ne sais jamais quoi mettre en titre, je n'y suis pas du tout attachée ^^
Pour les dernières phrases, je sais pas, à voir, ça me choque pas spécialement vu que c'est sorti dans la foulée du reste, mais s'il faut je peux changer ça, tu n'es pas trop difficile  :D

Citer
J'aime bien ton écriture : elle est simple, imagée et bien balancée (je sais pas si tu me comprends lol).
Donc voilà, pour moi c'est un coup de cœur  :coeur: .
mais comment c'est trop cool ça :-\
mici de beaucoup plein  :-[

(je te soupçonne ceci-dit d'avoir lu tout ça dans des conditions suspicieuses : après une camomille trop chargée par exemple :huhu:)
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #3 le: 20 Mars 2012 à 07:19:37 »
J'ai lu hier et j'avais adoré également, c'est tout mignon :)
Je me rappelle juste qu'au début qu'il y a un certain nombre de fautes d'orthographe et de lourdeurs.
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #4 le: 21 Mars 2012 à 13:56:04 »
Cool, vive les défis !

Citer
non je crois finalement que le fond musical c'est juste pour accomplir sa tache avec entrain.
ha c'est bête, après le pour j'attendais un truc plus percutant

me façonna en pâte-à-sel et me peint avec application.
J'aime bien le "avec application" ! Par contre j'ai l'impression que le "me façonna en pâte à sel" est un mauvais raccourci. Genre j'aurai vu "me façonna, bonhomme de pâte à sel, et...". Mais c'est vraiment personnel, donc bon.

Mais ce serait ouvrir à nouveau le débat sur l'imagination de l'homme versus imagination de la nature. Mon intime conviction reste que l'homme n'est capable d'imaginer que dans la limite des propositions faites par la nature. De fait, tout ce que l'homme croit inventer, existe depuis longtemps, au moins en partie. Puisque Julie m'a inventé, alors j'existe.
A part la dernière phrase, je trouve que tout le reste est un paragraphe compliqué qui ne sert pas à ton histoire. Perso j'ai rien suivit, et j'irai jusqu'à te conseiller de supprimer ce passage (sauf la dernière phrase, qui en jette !)

J'aime bien le concept de "je suis né avec l'âge de mon créateur". Je trouve ça trop chelou, mais super original comme idée.
Pareil pour le "elle fut la première image que je vis, donc c'est ma référence pour tout le reste". C'est tout bête, mais diablement efficace, et ça m'a bien plu !

Mais je crois que chaque instant peut être éternel du moment où il est essentiel pour quelqu'un.
Du moment "qu'il" est essentiel ?

C'est très exactement là que j'ai perdu une patte, d'effroi.
MDR

Licorne animal imaginaire...
Manque une virgule non ?

on peut donc considérer qu'aucune couleur n'est vraiment imposée...Je me suis donc retrouvé rose avec la corne et la queue jaunes.
Répétition de "donc" pas top.

La solitude de l'artiste? Je crois surtout qu’on ne parle assez du désespoir de l'œuvre...
Nice !

Disons-le ouvertement, j'ai beaucoup souffert du fait d'être rose et de m'appeler Lili alors que j'étais une licorne mâle.
XD Excellent !


Pour les dialogues avec Neuf, je te conseillerai d'inverser le "ou bien" et le "ou encore".

J'aime bien le passage ou il raconte sa vie sur le buffet, c'est sympa.

Hop, je dois filer, mais j'ai lu jusqu'a Gragouille et jusque là je dois dire que le texte est vraiment bien, bien écrit et  bien dans l'histoire qui est prenante, donc je finirai après mais c'est vraiment sympa !

A suivre...







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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #5 le: 22 Mars 2012 à 12:01:56 »
J'ai souri, j'ai été émue. Tu asune écriture simple mais pas simpliste, ce qui te rends agréable à lire. Un texte riche en émotions, bien construit. J'ai vraiment aimé. Comme cela a été dit avant je ne vois pas très bien le lien avec le titre anglais peux tu nous expliquer ton choix?

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #6 le: 22 Mars 2012 à 19:23:19 »
@Loïc :
Citer
J'ai lu hier et j'avais adoré également, c'est tout mignon :)
Je me rappelle juste qu'au début qu'il y a un certain nombre de fautes d'orthographe et de lourdeurs.
mici!  :D
Lourdeurs ça m'étonne pas tellement, mais fautes d'orthographes.... j'ai beau relire je les vois pas... :-\ faudrait pas que je laisse des horreurs, help...

@Jezy :
Citer
ha c'est bête, après le pour j'attendais un truc plus percutant
je peux te mettre plein de trucs à la place de "accomplir sa tache avec entrain" mais pour une fois j'ai voulu être sage :D

Citer
Par contre j'ai l'impression que le "me façonna en pâte à sel" est un mauvais raccourci.
mmmm :\? c'est pas un raccourci, elle faisait de la pâte à sel.... si elle avait fait du plâtre j'aurais dit "me façonna en plâtre"....
T'aurais voulu ça plus joli? plus imagé? je sais pas...

Citer
A part la dernière phrase, je trouve que tout le reste est un paragraphe compliqué qui ne sert pas à ton histoire. Perso j'ai rien suivit, et j'irai jusqu'à te conseiller de supprimer ce passage (sauf la dernière phrase, qui en jette !)
je suis complètement d'accord, j'ai changé d'idée de personnalité de Lili en cours de route et ça c'est des réminiscences de son côté "je me perds dans mes raisonnements"
Je supprimerai  :mrgreen:

Citer
Du moment "qu'il" est essentiel ?
ah beh ça... sûrement, mais ça veut dire que je fais la faute tout le temps....  :-\

Citer
Manque une virgule non ?
Elle a dû tomber... c'est que ça agrippe mal sur mes textes ces choses là  |-|

Citer
Répétition de "donc" pas top.
Pour les dialogues avec Neuf, je te conseillerai d'inverser le "ou bien" et le "ou encore".
je corrige!

Citer
J'aime bien le passage ou il raconte sa vie sur le buffet, c'est sympa.
c'est marrant... c'est le passage où je me suis le moins amusée à écrire  ^^

Citer
Hop, je dois filer, mais j'ai lu jusqu'a Gragouille et jusque là je dois dire que le texte est vraiment bien, bien écrit et  bien dans l'histoire qui est prenante, donc je finirai après mais c'est vraiment sympa !
Ah beh bravo! si jamais t'aimes pas la fin? Je me fais une joie que ça t'ait plu et en fait ça t'a plu qu'à moitié..... :huhu:

En tout cas, merci pur ta lecture, ça me fait plaisir  :D

@Jess

Citer
J'ai souri, j'ai été émue. Tu as une écriture simple mais pas simpliste, ce qui te rends agréable à lire. Un texte riche en émotions, bien construit. J'ai vraiment aimé.
:-[ c'est cool  :-[

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Comme cela a été dit avant je ne vois pas très bien le lien avec le titre anglais peux tu nous expliquer ton choix?
Comme j'ai dit, j'ai jamais d'idées pour un titre...
en gros il y a eu pour ce texe :
- Ma vie : être une oeuvre
- L'oeuvre de ma vie
- Lili
- Défi 01
- Oeuvre majeure
- Titre
- Chef d'oeuvre
- Masterpiece

Juste parce que j'aime le son en anglais, mais comme tu peux le voir, c'est jamais très fixé... je peux le changer ^^

Merci d'avoir lu ce texte  :D
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #7 le: 22 Mars 2012 à 20:25:48 »
Superbe, j'ai adoré. Je suis pas trop du genre à laisser fondre mon coeur au soleil de la niaiserie mais là franchement chapeau bas, et l'humour dosé savament relève le tout jusqu'à la qualité "excellente'.
Bonne continuation.

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #8 le: 23 Mars 2012 à 16:02:26 »
Gnagnagna, je finis quand même, non mais !

Citer
Je suis un instant de vie de Laura, et je pense que ça a du sens. Je sais que tu ressens la même chose envers la sœur de Laura.
Ho !!! Laura et Julie ?! Mais… …. …. Matthias ? C’est toi ?

Citer
puis sentant la perte d'équilibre, elle voulut rapidement se rattraper et elle mit la main au sol. Puis roula dessus.
La baie vitrée était ouverte, j'ai entendu les os craquer ;
Niveau cohérence, j’ai un peu de mal. D’abord parce que si j’étais assise sur un skate, je crois que je poserai la main doigts vers l’extérieure, et donc que je me la raperai, que je tomberai du skate, mais pas que je roulerai dessus.
Ensuite, à moins que la fille soit obèse, je me demande si son poids suffirai pour lui briser les os… Je sais qu’on m’a déjà marché sur les doigts sans que ça me les casse, et pourtant les adultes sont plutôt lourds pour une main d’enfant.
Voilà voilà…
Citer
le grondement du père, la course à la voiture avec Julie dans les bras du père.
Dans « ses » bras, pour éviter la répétition ? Avec le contexte on se doute de toute façon.

Citer
Sept phalanges cassées.
Mais c’est impossible, les roues ne sont pas assez large ! Et poing fermé, la roue n’aurait pas pu rouler dessus. Non, je te conseille le vélo si tu veux un accident plus convaincant lol. Perso je me suis coincé la cheville dans les rayons de la roue arrière en grimpant derrière une grande cousine, bon ba quand on a arrêté le vélo ma cheville était… bizarre…

Citer
Son va et vient m'hypnotise me renvoyant inexorablement aux images de ces bouts de vie.
Virgule après « hypnotise » ?

Citer
Mais, de Charybde en Scylla, de Ilona en Inna .
Point de suspension à la fin ?

Citer
Ça ne me semble pas si étonnant que ça sachant que Julie est mon monde, je n'aime pas particulièrement l'idée que quelqu'un veuille se l'accaparer.
Je crois que tout ce qui est avant « sachant que », tu peux le virer. Ta phrase n’en seras que plus fluide ;)

***

Han ! Quelle fin mes enfants ! C’est digne des contes de Père Castor ! Tomo, ton histoire je l’adore ! (Et je dis pas ça souvent  ><).
Elle est un peu longue pour une nouvelle, c’est mon seul point négatif. Faudra soit la remanier en novella, soit la raccourcir en vraie nouvelle. Mais en tout cas, elle a un sacré potentiel !

Et j’en profite pour répondre à tes réponses lol :

- Etre sage, c’est nul. Change la fin de ta phrase, et fais nous triper, non mais !

- En fait par raccourci je  voulais dire, façonner je le vois pas avec « en + … » juste derrière, niveau sonorité je trouve ça bof, et du coup j’aurai séparé le « en pate a sel » du « façonnait ».

- Je comprends pour les virgules, en générales elles se baladent jamais où il faut dans les textes, ou alors elles partent en catimini juste quand il faut pas.

- Le passage avec le buffet est plus vague, il n’y a pas d’anecdote précise, c’est peut etre pour ça. Mais ca rend bien dans ton texte d’alterner passage précis et période plus floue.

Haaaaaaaaaaaa Tomoyo, je sens que je vais bien t’aimer, ton style est cool, tu as de l’humour et de l’imagination à revendre !
Te voilà repérée niark niark niark.
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #9 le: 24 Mars 2012 à 17:58:50 »
Citer
Ho !!! Laura et Julie ?! Mais… …. …. Matthias ? C’est toi ?
Barnabé et Mimosa, mes amis, quelle joie de vous accueillir! n'ayez crainte nous serons serrés mais les verres seront pleins. Oui, Jezy a amené du monde, je ne sais pas qui c'est je ne sais même pas à qui elle parle... mais de toute évidence, elle se comprend, alors laissons-la discuter... l'important c'est que les cookies soient sur la table :huhu:

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Niveau cohérence, j’ai un peu de mal. D’abord parce que si j’étais assise sur un skate, je crois que je poserai la main doigts vers l’extérieure
j'ai envie de dire, si je faisais du vélo je crois que je ne mettrais pas ma cheville dans les rayons   :-¬?
Sinon, oui on se casse les doigts quand on est assis sur une planche et qu'on roule sur sa main. Enfin, c'est pire, on écrase les doigts... les phalanges se brisent et les doigts sont ...plats pendant un moment.
Ceci dit l’anecdote (enfin, le gravissime accident :huhu:) ne m'est pas arrivée, mais c'est parce que je faisais du roller  ::)
Mais c'est arrivé à des gens de mon entourage, j'étais petite, impressionnable, j'ai jamais pu regarder un skate sans y voir des doigts d’ordinaire boudinés, tout aplatis....

Citer
Non, je te conseille le vélo si tu veux un accident plus convaincant lol.
>< >< je remanierai l'accident, mais je garde mon skate!

Citer
    Sept phalanges cassées.

Mais c’est impossible, les roues ne sont pas assez large !
J'ai quand même relu par acquis de conscience mais.... en effet, j'ai bien mis sept.... manque les trois tibias et les 6 ménisques .... je vais peut être mettre deux  |-|

Citer
Point de suspension à la fin ?
:D je vais pas me faire prier, pour une fois qu'on me les demande!!! youpla je vais de ce pas les rajouter

Citer
Je crois que tout ce qui est avant « sachant que », tu peux le virer. Ta phrase n’en seras que plus fluide ;)
yoki captain

Citer
Han ! Quelle fin mes enfants ! C’est digne des contes de Père Castor ! Tomo, ton histoire je l’adore ! (Et je dis pas ça souvent  ><).
Heureusement que tu n' as pas fini ta phrase sur "père castor" j'aurais pas su comment l'interpréter!
Ben écoute si t'as aimé, franchement, ça me fait plaisir!  :D (ton épique, regard vers l'infini : "Tout ceci n'aura pas été vain")

Citer
Elle est un peu longue pour une nouvelle, c’est mon seul point négatif. Faudra soit la remanier en novella, soit la raccourcir en vraie nouvelle. Mais en tout cas, elle a un sacré potentiel !
Ah non, impossible de la raccourcir! si tu savais comment je me suis bridée pour pas que ça se finisse en 25 pages cette chose! Sérieux, 7 pages, c'est un exploit pour moi de faire aussi court.
Et puis c'est pas une nouvelle, c'est un défi  :huhu:
Mais ça me touche que tu y vois quelque chose là-dedans :-[

Citer
- Etre sage, c’est nul. Change la fin de ta phrase, et fais nous triper, non mais !
je vais voir  ::)


Citer
- En fait par raccourci je  voulais dire, façonner je le vois pas avec « en + … » juste derrière, niveau sonorité je trouve ça bof, et du coup j’aurai séparé le « en pate a sel » du « façonnait ».
mmmmmmmmmmm (ça veut pas dire "nan" mais ça veut pas dire non plus "ok chuis convaincue", en pourparlers avec moi-même pour une durée indéterminée)

Citer
Te voilà repérée niark niark niark.
suffit que je mette mon costume de fougère et je me fonds dans le décor, jamais tu me retrouveras....pas la peine de raconter une blague pour voir quelle fougère rit, elles se marrent toutes

Merci Jezy, tes remarques ont été pertinentes et ton enthousiasme apprécié :-[
mici :D



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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #10 le: 24 Mars 2012 à 22:22:11 »
Citer
Quoique, elle est toujours motivée, non je crois finalement que le fond musical c'est juste pour accomplir sa tache avec entrain.
tâche

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C'est insupportable. J'en ai l'habitude cependant, elle n'en est pas à sa première tentative d'usure prématurée de ma patience.
je trouve que le "cependant" passe pas trop, qu'il fait pas très naturel dans la phrase. Un simple "Mais j'en ai l'habitude" me semble plus coulant.   :P

Citer
Certes, il est très facile d'imaginer que je ne ressemble à rien étant donné l'âge peu avancé de ma créatrice quand elle m’a composé.
là, je trouve que tu pourrais donner à ton idée (je ressemble à rien) plus de dynamique. Le "certes", ça fait très dissert, ça fait trop sérieux pour la situation. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire, aller plus vite à l'essentiel "elle avait quatre ans donc je ressemble à rien", quelque chose de plus concis quoi !

Citer
Mais les génies de l'Art sont partout, parfois même dans une cuisine...
je me demande si un point n'aurait pas plus d'impact ? Enfin, ça me semble évident que certains plats sont des chef-d'oeuvre :mrgreen:

Citer
Julie n'a jamais été un génie ; ainsi ce n'est pas totalement faux, je ne ressemble à rien de franchement existant sur Terre.
tu vois cette phrase, je la trouve lourde et peu utile. Plutôt que tenter de nuancer pour finalement revenir à l'idée que la créatrice l'a raté, ton personnage ferait mieux d'enfoncer sa créatrice tout de suite. Parce que là le "ainsi ce n'est pas totalement faux", on dirait moi dans mes très mauvais moments de non-inspiration pour mon mémoire :mrgreen:

Citer
Enfin pour le moment. Des chercheurs trouvent de nouvelles espèces chaque année... bon, la mienne est peut-être un cap d'ouverture d'esprit que nature n'a pas encore franchi. D'ailleurs peut-être que si ces scientifiques l'envisageaient, mon espèce existerait. Puisque Julie m'a inventé, alors j'existe.
là aussi, je trouve que ça manque de dynamique. Enfin je trouve ça trop sérieux en fait. C'est dommage de donner de telles pensées à de la pâte à sel, c'était rigolo la pâte à sel !

Citer
Mais je m'écarte du sujet. La digression est devenue une occupation que j'ai réussie à mener jusqu'à la maîtrise parfaite.
pas convaincue ! Diderot, voilà le maître de la digression.  :-¬?

Citer
Les billes sont rondes comme les yeux de Julie, les jeunes feuilles de chênes sont peintes à l'iris de Julie et le cristal sonne comme le rire de Julie. Si on réfléchit bien, l'univers, c'est Julie.
je trouve ça mignon ! Mais du coup la dernière phrase bien gâcher tout le côté mignon.

Citer
C'est peut être éphémère et dérisoire aux yeux de certains.
peut-être

Citer
Mais je crois que chaque instant peut être éternel du moment qu'il est essentiel pour quelqu'un.
oui, du coup je trouve ça pas très joli de le dire. En fait j'ai l'impression que tu veux trop expliquer, trop prendre au sérieux ce que tu dis, trop le justifier. Je sais que tu es capable de beaucoup de poésie et de très belles images, laisse-toi aller !

Citer
Je m'appliquais donc à cuire et dorer pour qu'elle m'aime encore plus.
là c'est mieux, tu vois !

Citer
Disons-le ouvertement, j'ai beaucoup souffert du fait d'être rose et de m'appeler Lili alors que j'étais une licorne mâle.

voilà , on y est !!

Citer
Neuf avait été punaisée au mur de la chambre de Julie pendant près de 3ans,
en lettres^^

Citer
Ce jour là, je la regardais jouer sur la terrasse avec son skateboard.
jour-là

Citer
Au début elle faisait des allers-retours un peu maladroits, en tombant assez rarement cependant. Puis, il lui est venu une idée stupide, qu'ont tous ceux possédant une planche-à-roulettes tôt ou tard : elle s'est assise sur la planche et se laissait pousser par sa sœur.
y a un problème de temps, je pense. Je bloque sur le "se laissait"

Citer
D'autant plus que, nous œuvres, nous sommes immobiles - surprenant n'est-ce pas? -, donc impossible de se détourner.
du coup, ça fait pas vraiment sourire, autant juste donner l'info importante : il peut pas se détourner.

J'ai bien aimé ! Ca m'a rappelé Toy Story, xD.
Dans l'ensemble je trouve ça fluide, intéressant, mignon, juste les passages que j'ai relevés où j'ai l'impression que t'en fais trop dans le sérieux, à mon avis tu devrais couper un peu dans cette partie-là ! Sinon voilà j'ai bien aimé et j'attends le prochain avec hâte ! ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #11 le: 25 Mars 2012 à 13:57:06 »
yop,

J'ai corrigé les fautes et expressions bancales tout comme t'as dit  :D

Citer
Citer
Citer
    Certes, il est très facile d'imaginer que je ne ressemble à rien étant donné l'âge peu avancé de ma créatrice quand elle m’a composé.

là, je trouve que tu pourrais donner à ton idée (je ressemble à rien) plus de dynamique. Le "certes", ça fait très dissert, ça fait trop sérieux pour la situation. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire, aller plus vite à l'essentiel "elle avait quatre ans donc je ressemble à rien", quelque chose de plus concis quoi !
mmm le truc c'est que mon perso parle comme ça... enfin j'ai vu que tu as relevé plusieurs fois ce genre de lourdeurs, que je reconnais. Le souci vient surement du fait que c'est la première fois que j'écris à la 1ere personne et du coup je l'ai fait parler comme un ... conférencier parfois... entre le "bah la loose" et le "je considère qu'étant donné le contexte de ma création blabla"... Je vais essayer de corriger ça :huhu:

Citer
   
Citer
Mais les génies de l'Art sont partout, parfois même dans une cuisine...
je me demande si un point n'aurait pas plus d'impact ? Enfin, ça me semble évident que certains plats sont des chef-d'oeuvre :mrgreen:
ça c'est marrant, parce que je ne l'ai pas du tout dit dans ce sens  :D Mais j'aime bien ton sens, du coup j'ai mis le point.
Au début la phrase était plus longue, j'ai raccourci, le petit bout est resté, mais le sens c'était en gros "le génie peut être partout, parfois dans une cuisine un mercredi aprem à 15h sur une table couverte de farine et d'ustensiles"... bref, comme ta version fait échos chez moi ( :bonpublic:), ça m'a plu ^^

Citer
Parce que là le "ainsi ce n'est pas totalement faux", on dirait moi dans mes très mauvais moments de non-inspiration pour mon mémoire :mrgreen:
On en revient à ce que j'ai dit plus haut. Je nuancerai (encore)  juste en disant que je parle comme ça au quotidien  :D
Je réalise donc que je parle comme tes bouts de mémoire non inspirés.... :-\ (ça fiche un coup |-|)

Citer
là aussi, je trouve que ça manque de dynamique. Enfin je trouve ça trop sérieux en fait. C'est dommage de donner de telles pensées à de la pâte à sel, c'était rigolo la pâte à sel !
Non mais si j'étais sérieuse et appliquée dans ce que je fais, je remanierais ce passage qui, comme j'ai expliqué à Jezy, faisait partie de ma 1ere lancée où Lili n'avait pas la même personnalité et s'embourbait dans des machins de réflexion. Il m'a saoulé alors j'ai changé de perso en cours (bam sentence, toi tu meurs, NEXT) de route mais en effet c'est pas cohérent :huhu:

Citer
pas convaincue ! Diderot, voilà le maître de la digression.  :-¬?
Pareil faut que j'enlève, le paragraphe du dessus faisait 1.5pages au début, c'est pour ça, ça digressait pas mal......
Non mais à force, je vais vraiment le reprendre ce passage :\?

Citer
   
Citer
Les billes sont rondes comme les yeux de Julie, les jeunes feuilles de chênes sont peintes à l'iris de Julie et le cristal sonne comme le rire de Julie. Si on réfléchit bien, l'univers, c'est Julie.

je trouve ça mignon ! Mais du coup la dernière phrase bien gâcher tout le côté mignon.
Je sais pas si Lili veut être mignon... il raconte et réfléchit en même temps... mais je peux bien enlever cette phrase ^^

Citer
oui, du coup je trouve ça pas très joli de le dire. En fait j'ai l'impression que tu veux trop expliquer, trop prendre au sérieux ce que tu dis, trop le justifier. Je sais que tu es capable de beaucoup de poésie et de très belles images, laisse-toi aller !
mdr, c'est gentil! Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes enm me demandant de me laisser aller ::)
Pour en revenir à la phrase, pour le moment je la laisse, Lili aime bien faire son sérieux des fois. Il y a qu'à voir comment il réagit quand Julie se casse les doigts, c'est pas si grave mais on dirait sa fin du monde. Il a un côté très "plein" d'une mission vis-à-vis de Julie, du coup de temps à autre, il devient sombre et sérieux. Enfin sombre... disons qu'il plisse un peu les sourcils.  :huhu:

Citer
Citer
Citer
    Neuf avait été punaisée au mur de la chambre de Julie pendant près de 3ans,

en lettres^^
Celle-là chuis verte! sérieux, je me suis super concentrée pour pas mettre "9" tout le long et BAM je me vautre sur un 3.....  ><

Citer
J'ai bien aimé ! Ca m'a rappelé Toy Story, xD.
Dans l'ensemble je trouve ça fluide, intéressant, mignon, juste les passages que j'ai relevés où j'ai l'impression que t'en fais trop dans le sérieux, à mon avis tu devrais couper un peu dans cette partie-là ! Sinon voilà j'ai bien aimé et j'attends le prochain avec hâte !
Cool si t'as bien aimé! ça me fait plaisir!
Le prochain.... mmm je poste pour les défis ou les AT, donc faut me défier  :D

Merci d'avoir pris le temps de tout lire!  :)

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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #12 le: 25 Mars 2012 à 20:44:07 »
J'ai adoré ! De la façon dont tu amène les oeuvres à la vie, leur façon de s'exprimer, leur regard sur ce qui les entoure  :coeur: et aussi :

Citer
- Mais c'est une licorneuuh! s'était-elle emportée.
Citer
Bref, une fois son œuvre achevée, elle avait couru vers sa mère, attrapé sa jambe en tendant la feuille et répété "Gragouille, Gragouille".
Je suis redevenu enfant pendant un instant  ::)

Citer
- Je suis content parfois de ne pas avoir été dessiné dans une recherche du beau, mais juste dans un instant de vie, sans réflexion. Je suis un instant de vie de Laura, et je pense que ça a du sens. Je sais que tu ressens la même chose envers la sœur de Laura.

Ça m'a aussi rappelé Toy Story, surtout le 2 ! Toy Story, c'est une référence absolue  :mrgreen:
"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis".
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #13 le: 25 Mars 2012 à 21:48:27 »
@Aube :
Oua, ça c'est un commentaire qui fait super plaisir  :-[ (désolée de le voir si tardivement)
Je sais pas trop quoi dire d'ailleurs :-\...  merci  ::)

@Almeus
 :D mici!
Par contre j'ai jamais vu Toys Story... et là j'ai l'impression que ça manque à ma culture :relou:
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Re : [Défi] Masterpiece
« Réponse #14 le: 25 Mars 2012 à 22:18:37 »
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Depuis ce matin elle l'écoute en boucle, l'agrémentant de quelques sons approximatifs partant dans les aigus en plein milieu.
Je trouve que le double participe présent sur la phrase d'attaque, ça alourdit au lieu d'entraîner le lecteur, c'est dommage...

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elle n'en est pas à sa première tentative d'usure prématurée de ma patience.
:D

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Je connais Julie depuis ses cinq ans, époque à laquelle elle m'a créé. Depuis, j'ai pas mal bougé dans la maison, mais je n'ai jamais été très loin de celle qui, un mercredi après-midi, me façonna en pâte-à-sel et me peint avec application.
oh, j'aime l'idée :)

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Elle avait cinq ans, on peut donc imaginer que je ne ressemble à rien. Mais les génies de l'Art sont partout, parfois même dans une cuisine. Julie n'a jamais été un génie ; ainsi, je ne ressemble à rien de franchement existant sur Terre. Enfin pour le moment. Des chercheurs trouvent de nouvelles espèces chaque année... bon, la mienne est peut-être un cap d'ouverture d'esprit que nature n'a pas encore franchi. Mais puisque Julie m'a inventé, alors j'existe.
Je trouve le passage tout mimi, mais deux petits détails m'ont faite tiquer :
- deux fois "génie" (je n'arrive pas à voir si c'est une mise en parallèle ou si c'est une répétition...)
- puisque + alors ça me semble un peu redondant

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Mais il faut reconnaître un avantage précieux à tout ceci : comme toute œuvre créée nait avec la conscience de son créateur
tout/toute

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Deux grands yeux verts, ronds comme... en fait comme ce fut la première image que j'ai eue du monde, elle est devenue ma référence. Les billes sont rondes comme les yeux de Julie
C'est joli ! :)

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et semblait d'une concentration extrême.
ça se dit, ça ?

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Elle mouilla avec le doigt la boule
Dit dans cet ordre ça me fait vraiment bizarre... mouilla la boule avec le doigt ?

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C'est peut-être éphémère et dérisoire aux yeux de certains.
Je trouve que l'expression est répétitive avec l'insistance sur les yeux, plus haut...

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La fierté de Julie s'exprima ensuite à grands coups de "Maman! viens voir!".
Hihi, j'adore la formulation :D Par contre il faut un espace avant les !

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Sa mère, qui s'affairait à préparer des crêpes, est venue s'approcher de la table sur laquelle Julie "travaillait".
- Ouh, mais c'est très joli ça ma chérie, on va vite le mettre au four, tu pourras le peindre après, avait-elle dit sur un ton tellement doux qu'elle m'avait conquis à son premier souffle.
Je trouve bizarre cette alternance de temps. Tu commences au passé-composé, puis passes au passé-simple, et là, re-passé composé avec du plus-que-parfait. Autant la première transition est bien passée, autant là j'ai tiqué.

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C'est très exactement là que j'ai perdu une patte, d'effroi.
MDR

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A vrai dire je n'avais aucune idée de ce à quoi je pouvais ressembler, mais ayant la conscience de Julie, je savais à quoi ressemblait un pingouin et à quoi ressemblait une licorne. Pouvoir confondre les deux ne signifiait qu'une chose : j'étais sacrément raté.
:D

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Je m'appliquais donc à cuire et dorer pour qu'elle m'aime encore plus.
C'est meugnon ^^ Par contre, c'est pas "m'appliquai" (passé simple, plus qu'imparfait ?)

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Licorne, animal imaginaire... on peut considérer qu'aucune couleur n'est vraiment imposée...Je
Si : le rose invisible :mrgreen: Par contre, il manque un espace avant le "Je"

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Je crois bien qu'à ce moment-là j'ai pleuré une goutte de magenta dilué.
trop joli ^^

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Disons-le ouvertement, j'ai beaucoup souffert du fait d'être rose et de m'appeler Lili alors que j'étais une licorne mâle.
mdr xD

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De fait, même si elle s’était donné le titre de Médusa et prenait ses grands airs, nous l’appelions tous Neuf, nom que lui avait tatoué le professeur d’arts plastiques en bas à droite.
J'adore xD

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Ou bien,
Deux points au lieu de la virgule.

Zut, pas le temps de finir ; lirai la suite demain !


Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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