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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les couleurs de l'automne

Auteur Sujet: Les couleurs de l'automne  (Lu 2712 fois)

Hors ligne Narken

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Les couleurs de l'automne
« le: 18 Février 2012 à 09:12:27 »
Un texte isolé sans grande signification, presque un simple exercice de style... J'ai un OS plus "philosophique" sur le feu qui devrait arrière la semaine prochaine...


Il souffle et il halète. Ses poumons font le bruit d'un soufflet à forge. Indécis, il renifle le sol. Ses yeux se posent successivement sur un arbre, une souche, le sol, le ciel. Il tourne la tête. Derrière lui, la brume a filtré parmi les troncs maigres. Il ne sait pas où il est, mais il a la mystérieuse intuition qu'il lui faut à tout prix éviter le brouillard. Il part au pas de course. Le tapis humide des feuilles mortes se crève sous chacun de ses pas. Quelques branches basses fouettent son corps et ses membres. Il trouve rapidement son rythme. Lancé à pleine vitesse, il déchire la brume, projectile de chair et de sang. Les battements de son coeur résonnent dans ses oreilles. Le corps tout entier tendu comme une flèche, il charge le vide. La peur primaire qui l'aiguillonne a bien besoin de cette course effrénée pour être calmée. Peu à peu pourtant, le plaisir de la vitesse et de l'effort éclipse en lui la crainte qui le taraudait. Il est tout à sa joie de fendre le vent. Il bat souplement la terre, slalomant entre les arbres, goûtant la fraîcheur de l'air de la pointe de sa langue. Les rayons du soleil qui passent la barrière des branches et des troncs éclaboussent les clairières qu'il traverse et éclairent le brouillard qui se répand en une multitude d'arcs-en-ciel vifs et fragiles. L'humus exhale une riche odeur d'automne. Les couleurs de la forêt qui s'effeuille se croisent et se mêlent comme sur la palette d'un peintre. Il court toujours. Il lui semble que le feu de ses muscles se propage à la terre à chacune de ses foulées. Il perce l'espace, il colle au sol, il vole bas.  Ce n'est plus lui qui court à travers la forêt, c'est le monde entier qui s'ouvre et se jette sous ses pas. Plus trace de peur dans son esprit, rien qu'une trajectoire épurée et vierge tendue avec adresse le long des vaux et des petites collines qu'il franchit. Quand soudain...

KKKRRRRRRRRSSSSHHAAAK!

Un craquement sec et il trébuche : le sol s'est dérobé sous lui lors de son appui. Emporté par son élan, il bascule et atterrit sur le flanc. Quelques mètres de glissade sur la mousse gorgée d'eau et un roche stoppe net son mouvement. Il ne bouge plus. A l'endroit où le sol s'est troué, une fine poussière s'élève en volutes dorées baignées par la lumière du soleil. Au fond de la petite excavation, on peut apercevoir un éclat blanchâtre.

Il se relève doucement en grognant. Le choc de la pierre contre son échine l'a sonné. Des étoiles scintillent devant ses yeux. Prudemment, il observe ce petit puits de terre que sa course a révélé. Il s'approche lentement. La brume l'a rattrapé et répand ses tentacules au sol. Il n'y fait pas attention. Sa tête surplombe le trou feuillu. Avec son groin, il fouille la terre qui renferme de curieuses pépites.

Il est massif et lourd. Son poil dur et rêche tire sur le gris-marron ; ses yeux, profondément enfoncés dans le bloc de sa tête, sont d'un noir de jais. Ses pattes raides et arquées se plantent fermement dans le sol. Encore haletant de sa course, il gratte et remue l'humus du groin et du sabot. Des odeurs inédites flattent son museau : des remugles chauds et des senteurs âcres, amères, sont libérés du terreau noir et s'échappent par bouffées volatiles. Bientôt il a exhumé une dizaine de fragments blancs et pointus. Leur odeur est singulière. Il les hume longuement, prenant garde à ne pas se blesser sur les esquilles effilées qui en émergent. Il grogne. D'un pas lourd qu'il allonge progressivement, il s'éloigne de la clairière et du petit tas d'os blancs qui reposent sur le sol, mêlés aux brindilles, aux feuilles mortes, et nappés de brume.

Dans les fourrés, à la lisière de l'éclaircie entre les troncs, une langue râpeuse passe sur des crocs acérés. Deux yeux jaunes fixent avec avidité le trésor exhumé par l'imposante bête. Une mâchoire claque avec convoitise. L'animal s'extirpe lentement de sa cachette. Sa faim et les relents de chair et de moelle qui parviennent jusqu'à sa truffe prennent peu à peu le pas sur sa peur de voir le sanglier trapu revenir : malgré ses griffes et ses dents, il sait qu'il ne fait pas le poids face au cuir épais et aux courtes défenses de celui-ci. Prudent, il s'avance, tâtant le sol de ses tendres coussinets. Un filet de salive s'échappe de sa gueule. Le craquement des feuilles sous ses pattes le fait frémir : il marche les membres exagérément tendus, avec des gestes mesurés, comme pour faire le moins de bruit possible. Le pelage noir et gris déjà long de son ventre et de ses flancs effleure le sol. Il gronde doucement, nerveux de s'exposer ; mais le fumet qui provient des petits os maculés de terre est trop alléchant. Il finit par se précipiter dessus, broyant entre ses mâchoires puissantes les bâtons blancs irréguliers, suçant leur moelle, nettoyant furieusement leurs extrémités de la chair filandreuse qui s'y accroche encore. Ses crocs raclent l'os, ses gencives frottent contre les aiguilles piquantes ; elles saignent un peu. Tant pis, il continue à rogner et ronger. Tout à son festin, il n'a pas remarqué que le brouillard l'a cerné : il ne peut déjà plus apercevoir qu'avec peine les troncs des arbres qui délimitent la clairière ; ceux-ci sont pourtant à quelques mètres de lui. Très vite, ils ont complètement disparu. Il continue de manger, seul, perdu dans le brouillard. Enfin, alors que la brume fond sur lui, il prend conscience du danger. Il gémit et jappe après le vide qui l'entoure, n'osant s'élancer vers l'inconnu. Par mégarde, il marche sur une esquille pointue émergeant du sol qui lui transperce la patte. Il hurle de douleur. La brume frémit. Elle se condense. Elle serpente et se tortille jusqu'à venir lécher ses flancs. En quelques minutes, elle enveloppe l'animal de son voile moite et glacé. Les hurlements du grand loup gris se taisent progressivement. On ne devine plus de la clairière que les cimes des pins qui la bordent : ils percent la brume, s’élançant à l'assaut du ciel.

Au bout d'une heure à peine, la grisaille fantomatique commence à se dissiper. Elle dévoile en se retirant un petit tas d'os blancs polis par le brouillard et une fourrure sombre étendue sur la terre.
« Modifié: 21 Février 2012 à 18:36:24 par Narken »
Sachons nous ouvrir pour agrandir cette poche, qui est poumon - et vent pulsif. Osons même, parfois, élargir la cicatrice et refuser le cocon consumériste, les consolations et les soins.
Parce que ça fait mal, d'être libre.

Alain Damasio

Hors ligne Clara

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #1 le: 18 Février 2012 à 13:18:45 »
Pour commencer,  je trouve que c'est un texte très intéressant. J'ai bien aimé la fin. Mais il y a un problème : c'est la différence de style énorme entre le début du texte, avant le krak, et la suite. Au début, les phrases très courtes c'est pas mal, ça donne un rythme assez effréné, je trouve. Ensuite tu les allonges, mais je trouve que, du coup, tu vas trop vite. Je m'explique : on passe trop vite de phrases courtes à des phrases longues. Je pense que tu pourrais y aller plus progressivement, notamment après le krak où on comprend un peu mieux l'histoire. J'aime beaucoup le danger que représente la brume, tu le sous-entends et le fait ressentir. Voilà. Bon courage pour la suite.

Hors ligne Ekas

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #2 le: 18 Février 2012 à 20:27:44 »
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé le rythme de la course, l'ambiance, j'étais suspendu à tes mots ne comprenant que tard qu'il s'agissait d'un sanglier. La deuxième partie du texte est aussi prenante, mais je relève des incohérences. Le sanglier étant un véritable charognard, je suis étonné qu'il ne se repaisse pas des restes trouvés. Soit, il s'éloigne, mais le loup ne sort pas de sa cachette et redoute l'animal ! Celui-ci est pourtant parti, non ?
Et la fin m'a gêné, un loup gris, animal sauvage habitué à vivre dans le milieu rigoureux qu'est la forêt et qui craint la brume : étonnant ! Et qu'il meure d'une petite blessure à la patte, je n'ai pas trouvé cela très crédible.
Néanmoins, le texte m'a séduit !

Amicalement.

Hors ligne Narken

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #3 le: 18 Février 2012 à 20:45:55 »
Ahlala, on dirait que je m'y suis mal pris... Depuis le début, c'est le brouillard que le sanglier fuit, et c'est pour ça qu'il préfère s'enfuir plutôt que de se nourrir des os trouvés.  Ensuite le loup est prudent, c'est pour cela qu'il est si précautionneux. Et à partir de "La brume frémit", je pense que l'on peut personnifier cette dernière et ainsi expliquer la mort du loup. À voir... ;-)
Sachons nous ouvrir pour agrandir cette poche, qui est poumon - et vent pulsif. Osons même, parfois, élargir la cicatrice et refuser le cocon consumériste, les consolations et les soins.
Parce que ça fait mal, d'être libre.

Alain Damasio

Hors ligne Trente Mai

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #4 le: 19 Février 2012 à 23:34:22 »
J'ai bien aimé ton texte, notamment son rythme et le fait de se retrouver en quelque sorte, dans la première moitié, dans la peau du sanglier. La suite est un peu trop confuse, avec le brouillard qui donne une ambiance encore plus mystérieuse, le départ du sanglier, l'arrivée du loup (qui fait ici animal peut être trop craintif) et enfin la blessure de ce dernier.
Je ne sais pas si c'est voulu ou non, mais la nature de l'animal mort découvert par le sanglier aurait pu être davantage exploitée, surtout si c'est un humain, ce qui aurait pu faire une chute plus percutante à ton texte.
Mais encore une fois, j'ai bien aimé !

Hors ligne Mello

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« Réponse #5 le: 20 Février 2012 à 10:37:18 »
Texte assez sympathique, mais j'ai nettement préféré la première partie. Elle est beaucoup plus rythmée et elle ''montre'' plus qu'elle ne ''raconte''.

La seconde ne m'a pas vraiment plu. D'ailleurs, je pensais avoir à faire à un chat et non pas un loup :o (dans une de tes descriptions, quand on est encore du pov du sanglier).

Après, c'est pas mal écrit tout de même, et je ressentais bien la sensation d'une forêt, humide et embrumée. Bon de toutes manières comme cette nouvelle n'a pas trop d'importance pour toi, je ne vais pas m'étaler.

Hors ligne Almeus

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #6 le: 20 Février 2012 à 11:15:32 »
C'est plutôt bien écrit dans l'ensemble, ça se lit bien :). Mais je n'ai pas compris ce que tu voulais nous faire comprendre avec le brouillard ; en fait j'ai eu plutôt l'impression d'un récit réaliste, d'un loup qui cherche à manger (comme tous les loups) du coup, je ne me suis pas posé de questions sur le brouillard et ce n'est u'à la fin que je me suis dit : "Mais pourquoi il est mort, le loup ?"

Citer
il a la mystérieuse intuition qu'il lui faut à tout prix éviter le brouillard.
Je suis un peu passé à côté de cette phrase-là, je pense que tu aurais dû faire plus ressortir cette peur du brouillard dans le texte, en formulant cette phrase autrement. Et si c'est intuitif, je ne vois pas pourquoi ce serait mystérieux du point de vue du loup. Il sait qu'il doit à tout prix fuir le brouillard mais il ne se demande pas pourquoi. Enfin je suis pas sûr d'être très clair là  :-\

Sinon, les sensations sont plutôt bien exprimées dans la première partie et le rythme est bien mené pour la course du loup ; on se sent presque dans la peau de celui-ci !
"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis".
Blacksad

Mellani

  • Invité
Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #7 le: 20 Février 2012 à 15:33:01 »
Je trouve que tu as fait une belle représentation de la loi de la jungle! Atmosphère marquée par la pression au début, puis "carnivore" à la fin, les sensations sont bien retranscrites. J'ai beaucoup aimé la rapidité du rythme et le pdv interne, qui nous "tirent" dans l'histoire, et contrairement aux autres je trouve que le passage soudain des phrases courtes aux phrases longues est assez approprié, car il suggère le changement de rythme : d'abord une course effrénée contre la brume qui apparaît comme un monstre marin (j'ai bien noté les "tentacules", je trouve le mot assez représentatif), ensuite un animal qui dépèce un autre lentement, qui s'en délecte... voilà, en fait je trouve que les phrases longues sont bien adaptées à la délectation... bref, c'est une ambiance sauvage que j'ai bien aimée  ;)

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
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  • Lial' | Calamar placide
Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #8 le: 20 Février 2012 à 15:54:31 »
Citer
mail il a la mystérieuse intuition
Citer
Le tapis humide des feuilles mortes se crève sous chacun de ses pas.
j'imagine mal le tapis de feuilles crever, quand en automne t'as un tapis de feuille, t'as beau marcher dessus, si c'ets humide ça se tasse mais les feuilles restent en place
Citer
La peur primaire qui l'aiguillonne a bien besoin de cette course effrénée pour être calmée. Peu à peu pourtant, le plaisir de la vitesse et de l'effort éclipse en lui la crainte qui le taraudait.
pourquoi "pourtant" ? y'a pas de contradiction avec ce qui précède juste
Citer
0 l'endroit où le sol s'est troué,
Citer
il observe ce petits puits de terre
Citer
Avec son groin,
lol ^^


Citer
Ahlala, on dirait que je m'y suis mal pris... Depuis le début, c'est le brouillard que le sanglier fuit, et c'est pour ça qu'il préfère s'enfuir plutôt que de se nourrir des os trouvés.  Ensuite le loup est prudent, c'est pour cela qu'il est si précautionneux. Et à partir de "La brume frémit", je pense que l'on peut personnifier cette dernière et ainsi expliquer la mort du loup. À voir... ;-)
j'ai trouvé ça très compréhensible moi ^^


J'ai eu du mal à accrocher au 1er paragraphe. Je sais pas trop pourquoi, c’est un ensemble. Ce serait sans doute possible d'accentuer la crainte du brouillard, et son changement d'état de celui qui court (il se fatigue mais il continue).
J'ai deviné que c'était un sanglier ou équivalent avec le mot "groin", c'est pas mal du tout.
Ensuite pour le loup et la brume... j'ai trouvé que la fin du texte se lisait mieux que le début, que c'était plus fluide, même si c'est un peu plus banal.

Mais au final c'est pas si mal pour un petit texte comme ça sans prétention.

Pas un commentaire très constructif cette fois désolée  :-[ je relirai peut-être plus tard (si j'y pense)
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Hors ligne Sej

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #9 le: 20 Février 2012 à 16:25:12 »
Le pov du sanglier... quand la lumière s'est faite, j'ai failli éclater de rire. Je m'étais représentée le narrateur comme... bah, pas avec un groin, disons xD J'aime l'idée  ;D

Cependant, j'ai trouvé le passage du pov du loup plus à mon gout (sans mauvais jeux de mots). Peut-être parce que dès le départ, on sait plus ou moins à qui appartiennent les "pensées" qu'on lit.

Quant aux descriptions de la forêt et du brouillard, je les trouve vraiment très chouettes. C'est angoissant et oppressant. Le brouillard passe de statut d'élément du décor à celui de personnage à part entière. Un personnage vorace, terrifiant et sans aucune pitié. Brrr.
Un hobbit, ce n'est pas que de la fourrure précieuse.
C'est aussi une quarantaine de kilos d'une viande savoureuse et digeste.

Hors ligne Narken

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #10 le: 21 Février 2012 à 18:33:21 »
Je corrige tout de suite les fautes de frappe (saleté de correcteur automatique)! Kailiana, je trouve que le verbe "crever" est bien adaptée à l'image que je me fais d'un sanglier courant dans les feuilles mortes, ses pattes s'enfoncent dans le tapis de feuilles. Ensuite, le "pourtant" marque le changement des raisons qui le poussent à courir.
Je suis tout à fait conscient que la nature des os aurait pu être plus exploitée, de la
même façon que la brume aurait dû être mieux personnifiée. Mais j'en étais à la seconde traite du texte et j'avais des idées pour un autre OS... Du coup je crois que j'ai plus cherché à finir ce texte qu'à le conclure en beauté.
Content que le style vous ait un peu plus plus qu'à Clara et Ekas!   :D
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Alain Damasio

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #11 le: 21 Février 2012 à 18:55:22 »
Plop!
Contrairement aux premiers lecteurs et comme Kail', je n'ai pas vraiment accroché au 1er paragraphe, trop rapide et sans vraiment d'ambiance selon moi. Ca s'est amélioré par la suite, mais j'ai toujours eu un peu de mal, sauf dans le paragraphe du loup (que j'ai aussi prix pour un chat xD) que j'ai vraiment bien aimé.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne ernya

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Re : Les couleurs de l'automne
« Réponse #12 le: 22 Février 2012 à 17:18:48 »
Citer
Ses poumons font le bruit d'un soufflet à forge.
ça fait du bruit un poumon ?

Citer
Lancé à pleine vitesse, il déchire la brume, projectile de chair et de sang.
???
je pige pas trop l'intérêt de "projectile de chair et de sang", je vois pas ce que ça vient faire là

 
Citer
Plus trace de peur dans son esprit, rien qu'une trajectoire épurée et vierge tendue avec adresse le long des vaux et des petites collines qu'il franchit. Quand soudain...
plus une trace ou plus de trace
les trois adjectifs à la suite, c'est assez immonde à lire :D

Citer
Quelques mètres de glissade sur la mousse gorgée d'eau et un roche stoppe net son mouvement.

rocher

Citer
Des étoiles scintillent devant ses yeux.
non seulement l'expression est surfaite mais en plus on parle d'un animal... donc autant varier ! ::)

Citer
Il est massif et lourd. Son poil dur et rêche tire sur le gris-marron ; ses yeux, profondément enfoncés dans le bloc de sa tête, sont d'un noir de jais. Ses pattes raides et arquées se plantent fermement dans le sol.
je pige pas trop pourquoi tout d'un coup il te prend l'envie de nous décrire son poil

Citer
Encore haletant de sa course, il gratte et remue l'humus du groin et du sabot. Des odeurs inédites flattent son museau : des remugles chauds et des senteurs âcres, amères, sont libérés du terreau noir et s'échappent par bouffées volatiles.
les adjectifs, moins y en a, mieux on se porte. :huhu:

Citer
Dans les fourrés, à la lisière de l'éclaircie entre les troncs, une langue râpeuse passe sur des crocs acérés
euh c'est cliché à mort là quand même ! On n'est pas des lecteurs de cinq ans, nous parle pas de "crocs acérés" s'teu plaît :-¬?

Citer
Deux yeux jaunes fixent avec avidité le trésor exhumé par l'imposante bête. Une mâchoire claque avec convoitise.

j'espère qu'on est dans du second degré en fait xD

Citer
L'animal s'extirpe lentement de sa cachette. Sa faim et les relents de chair et de moelle qui parviennent jusqu'à sa truffe prennent peu à peu le pas sur sa peur de voir le sanglier trapu revenir : malgré ses griffes et ses dents, il sait qu'il ne fait pas le poids face au cuir épais et aux courtes défenses de celui-ci.
vire le "celui-ci", il est lourd et inutile. On comprend bien que tu parles du sanglier et non pas des défenses du colonel Hathi.

Citer
Prudent, il s'avance, tâtant le sol de ses tendres coussinets
je doute qu'un loup ait de tendres coussinets. ;D Ma chienne ne les a déjà pas alors un loup qui passe sa vie dehors n'en parlons même pas

Citer
Le pelage noir et gris déjà long de son ventre et de ses flancs effleure le sol.
faut qu'il rampe pour que ce soit possible, je pense

Dans l'ensemble, j'ai souvent l'impression que tu cherches à en faire trop (beaucoup trop d'adjectifs par exemple ou des formules un peu alambiquées, qui passent en vers mais qui détonnent vachement en prose, je trouve). Bon, les descriptions, ça n'a jamais été mon truc donc je reconnais que c'est pas mal écrit mais j'ai trouvé ça dommage d'avoir autant écrit pour si peu d'actions.  :P
Voilà, c'est pas mal du tout, c'est juste pas trop mon genre de texte, fais gaffe à l'accumulation d'adjectifs quand même !  ^^
« Modifié: 22 Février 2012 à 17:20:24 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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