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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » A l'impossible être tenu

Auteur Sujet: A l'impossible être tenu  (Lu 1980 fois)

Hors ligne Zacharielle

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A l'impossible être tenu
« le: 29 Décembre 2011 à 15:03:16 »
En cette fin d'année qui fut bien faiblarde en créativité - de mon côté hein, j'ai quand même eu un sursaut bien maigrelet dont voici le résultat. J'aimerais bien l'envoyer à un concours sur l'eau donc bon, y'en a un peu partout dans le texte. C'est un peu long, je vous en veux pas si vous lisez pas ; ceci dit, j'aimerais bien avoir quelques avis. J'ai peur d'avoir fait un pot-pourri fadasse de mes lectures dernières :/ Ça sent pas trop le neuf non plus. À vous de me dire :/

EDIT du 2 janvier : j'ai supprimé une six centaine de mots  >:D j'espère que c'est mieux. Je cherche un titre...



Il faut imaginer les bruits colorés de la jungle qui viennent à mon oreille : ceux des cacatoès au qui vive infatigable, ceux des insectes qui vibrent au rythme de leur colonie et celui du roulis que fait la pluie en surprenant les feuilles. Des étincelles de lumière passent au travers des gouttes ; l’atmosphère est un kaléidoscope sonore saturé d’humidité. Il doit être midi, des heures et des heures sont déjà parties nourrir les courbatures de mes jambes. Je suis facteur en Amazonie, ceci est mon métier.

Mon sentier est marécage, mon univers réduit au poids de la boue et aux grosses mouches bleues qui donnent la fièvre. Il y a peut-être la tête des arbres quelque part en haut, je ne sais pas, je n'ai pas vérifié. Je me contente d’observer les alentours de ma marche ralentie. Les mouvements de lumière, les souplesses animales, les bruissements de la vie. Il faut être vigilant car ils sont furtifs et on peut les confondre avec le plic ploc sur les feuilles... Il y a aussi, entre les troncs moussus, la menace des ailerons de requins qui traîne en ombres. Un chant de baleine deviné derrière le soupir d'un paresseux. Le demi-tour d'un banc de poisson derrière mon dos. J’ai des hallucinations de caboteur, il ne faut pas m'en vouloir ; j’ignore tout des véritables grandes-largeurs et de ce qu’elles portent en-dessous. Je devine leurs lingeries depuis mon imagination ou les aperçois au détour de formes réelles – même si c’est sur fond vert plutôt que bleu. Il faut me voir : j’ai de grands yeux ébahis mais je ne sais pas si c’est à cause d'une piqûre d'insecte ou parce que tout ici a des extravagances de théâtre et de comédie. Je secoue la tête, tente de me reprendre. Foisonnent les lianes, foisonnent les moustiques, foisonnement étouffant, luxuriance accablante, le bruit l’humidité les odeurs vont finir par m’achever.  Il faut pourtant lutter, et encore avec un seul corps, un sac rempli d’articulations et de muscles fatigués qui frottent les uns sur les autres. Je puise dans les souvenirs un regard exigeant qui saura me soulever pour le prochain mètre. J’imagine toutes ces têtes tournées vers moi, toutes ces caméras filmant mon exploit, toutes ces coupures de presse qui ne manqueront pas d’être collectées par la famille : je ne suis pas à terre et la boue et la pluie et la fatigue et l’eau que je respire à chaque goulée ne me noient ne me brisent ne me jettent au sol. Regarde un peu mon frère, regarde : voilà que je m’arrache de ma condition de bête et tous mes efforts sont universels, un écho de ta puissance contenue ; fontaine, promis, si tu viens à moi, je t’emmènerai au cinéma et t’embrasserai dans le noir tous les prochains jours de ma vie.

Je me suis laissé tomber dans la boue, assommé par le délire, la fatigue, tout à la fois. Tout est confortable et sûr et apaisé... De la pluie tombe sur mes paupières, sur mon visage. Le temps d'une minute, tout au plus. Une colonie de fourmis rouge décidées à me dîner me ramène vite à la conscience. Je les chasse, m’acharne, me lève dans un bruit de ferraille. Tout est sec et grinçant dans mon moi délabré. J’ouvre la bouche pour apaiser la soif mais tout s’évapore avant de me nourrir. Je suis avide d’une douceur liquide et salvatrice, vous savez, cela fait longtemps que ma gourde est vide. Me voici les lèvres craquelées, la langue épaissie. Et la soif me cloue la parlote… C'est dommage parce que j’aurais voulu entendre une voix me rassurer. Seul le son d’une respiration sort de moi – et c’est déjà beaucoup.

J’arrive en vue de l’usine qui défriche la forêt pour mettre de l’eau dans des bouteilles. L’avenir et ses certitudes de survivances viennent à ma rencontre, j’imagine de grandes tablées où on ne se poserait pas la question de l’eau. J’arrive près de l’usine, il pleut toujours, la vue ne trompe pas, même dans le flou des déluges. Il n’y a pas âme qui vive. Pas d’homme, pas de cotillons, de musique, de festivité, de bras ouverts, de sourire, il n’y a rien hormis des rais de lumière qui tombent depuis les trouées du ciel et l’incessant fracas de l’industrie hydraulique. Personne ne viendra, tous les ouvriers sont au travail. J'imagine des valves et des soupapes, des aiguilles sur des tuyaux, des piscines remplies à ras-bord, tant de responsabilité, on ne peut pas quitter son poste pour un facteur. Sur la palissade de métal ajouré, il y a un interphone, un bouton, sur lequel j’appuie. Des cliquetis de validation se font entendre puis, de loin, j’aperçois un robot qui glisse vers moi, dans un bruit de roulette russe. Il porte sur un plateau un verre d’eau fraîche, un mirage d’abord puis l’ironie d’un objet réel. Un verre a forcément une fin. J’aimerais avoir envie de briser ce verre parce qu’il est une insulte à l’abysse de ma carence, j’ai envie de vouloir dédaigner ce verre tant qu’il ne me sera pas remis par un autre de mon espèce, mais ce verre rempli de promesses, malgré moi je le vide d’un trait – je ne suis qu’un animal comme les autres. Je déglutis avec effort et une cascade glacée dévale au fond de ma gorge. C’est trop froid, trop pur, ça me rend malade et presqu’aussitôt, je vomis tout au pied du robot qui ne sourcille. Une voix enregistrée me remercie alors de mon obligeance et emmène mon paquet rempli de papiers derrière les grillages interdits aux facteurs d’Amazonie. Un loquet se referme et c’est fini. Le robot s'en va. La soif resserre ses tenailles avec encore plus de violence. Mais je suis un obstiné de la vie. Je veux épouser une fontaine, trouver refuge dans ses effusions gouttelées et ajouter ma famille à toutes celles qui existent déjà. Je veux livrer le courrier dans les déserts et les jungles et les océans. Je veux être hanté par les habitants de nulle part qui attendent, pleins de confiance, que l’autre bout du monde tienne tête à l’impossible pour venir sonner et dire Bonjour, je suis facteur d’Amazonie et j’ai une lettre pour vous. Alors, rayonnant de la fierté des prouesses futures sous la pluie qui s'intensifie, je m'assois contre le grillage et pose mon bob à l'envers. Qu'il se remplisse. J'attends de boire ce que le monde me réserve.
« Modifié: 02 Janvier 2012 à 22:49:02 par Zacharielle »

LadyPlume

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Re : À l’impossible être tenu
« Réponse #1 le: 29 Décembre 2011 à 15:37:32 »
Le style alambiqué que tu développes est original, mais trop de métaphores tue la métaphore. Il faut vraiment s'accrocher pour suivre, ça mériterait quelques simplifications, j'ai eu du mal à terminer tant on se perd dans les égarements du personnage. C'est peut-être un choix narratif pertinent pour fait ressentir l'état d'esprit du facteur, mais à force c'est rebutant.

Hors ligne ernya

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Re : À l’impossible être tenu
« Réponse #2 le: 29 Décembre 2011 à 16:10:20 »
J'aime pas du tout (mais alors vraiment pas hein xD)  le titre.


Citer
Me viennent à l’oreille les bruits colorés de la jungle, ceux des cacatoès aux longues plumes au qui vive infatigable, ceux des choses lasses qui soupirent en les écoutant caqueter, ceux des insectes qui vibrent au rythme de leur colonie laborieuse et celui du roulis que fait la pluie en surprenant les feuilles.
c'est perso mais j'ai trouvé que l'inversion sujet-verbe était assez lourde et aussi pas très engageante comme début
les deux "aux" /"au" sont assez lourds aussi, pas moyen d'en enlever un ?

Citer
j’ai marche qui gondole, sinusoïdes irrégulières, cosinus d’amateur.

 :o (j'aime bien les mots mais ça ne fait aucun sens dans ma caboche)

Citer
(et dire qu’au-dessus encore il y a des nuages gorgés d’océan – quand j’étais petit je pensais que les poissons venaient s’y agglutiner)
pas compris cette histoire de nuages/poissons

Citer
avant que le ciel ne soit pur et bleu que je me sens souvent rapetissé à hauteur de fourmi.
manque un truc, non ? je bloque sur le mode de "que je me sens"

Citer
mais je suis au cœur des terres et à part dans le fleuve il n’y a pas de faune salée.
a priori dans le fleuve non plus, non ?

Je trouve que le début est un peu rebutant parce que très bizarre, très métaphorique avec beaucoup de phrases longues à la syntaxe déroutante. Enfin j'avais du mal à voir où tu voulais en venir au début du texte. Après, je suis plus rentrée dedans parce que c'était plus concret, plus corporel, plus solide du coup. J'ai bien aimé pas mal de tournures, le bruit de roulette russe, le fait qu'il veut épouser une fontaine (en fait c'est ça que j'ai toujours aimé chez toi c'est qu'au moment où on s'y attend le moins, tu nous donnes une très belle image pleine de poésie, souvent au beau milieu d'une narration beaucoup plus aride, du coup, c'est une belle rencontre). Pour la fin, je trouve que le retour vers l'avion est présenté de manière un peu trop simple peut-être. Enfin que ça concorde pas trop avec les lignes qui précèdent qui parle de mariage avec une fontaine. Mais c'est sûrement personnel, je crois que ça tient juste à la formulation en fait. Bref.

En gros j'ai commencé à beaucoup plus rentrer dedans à partir de "Foisonnent les lianes" avant, j'ai souvent buté sur la syntaxe ou sur les images. Peut-être couper un peu le début ou faire des phrases moins longues peut-être.
Ah sinon je me suis demandée pourquoi il essayait pas de voir s'il pouvait pas récolter de l'eau de pluie. Que ça marche ou pas, on s'en fout, mais je pense que j'aurais essayé si vraiment je crevais de soif et qu'il pleuvait.

Voilà j'en ai préféré d'autres de toi mais celui-ci parle de facteur et de soif, et on se débarrasse pas facilement de son auteur fétiche, et puis y a des bouts de poésie malgré tout. Mais peut-être le polir un peu encore pour l'envoyer. Surtout si c'est pour le thème de l'eau que tu l'envoies.
« Modifié: 29 Décembre 2011 à 17:14:55 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

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Re : À l’impossible être tenu
« Réponse #3 le: 02 Janvier 2012 à 21:30:12 »
Merci pour vos réponses et désolée de vous avoir imposé quelque chose d'aussi lourdeau   ::) J'aurais dû le laisser reposer avant de décider quoi que ce soit lol.


@ LadyPlume
OK, je vais essayer de simplifier pour fluidifier x) Merci d'avoir pris le temps de lire.


@ ernya
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J'aime pas du tout (mais alors vraiment pas hein xD)  le titre.
pourtant il  a l'avantage d'annoncer la légèreté du reste, non ? lol
il est en effet détestable mais j'avais rien sous la main

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c'est perso mais j'ai trouvé que l'inversion sujet-verbe était assez lourde et aussi pas très engageante comme début
les deux "aux" /"au" sont assez lourds aussi, pas moyen d'en enlever un ?
je voulais plus ou moins faire une entrée progressive (genre un fade-in sonore), apparemment ça a pas trop fonctionné. en même temps c'est une ambition passable.
si, tout à fait

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j’ai marche qui gondole, sinusoïdes irrégulières, cosinus d’amateur.

 :o (j'aime bien les mots mais ça ne fait aucun sens dans ma caboche)
il marche pas droit et de façon arythmique, à simplifier.

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(et dire qu’au-dessus encore il y a des nuages gorgés d’océan – quand j’étais petit je pensais que les poissons venaient s’y agglutiner)
pas compris cette histoire de nuages/poissons
bah je sais pas, comme les nuages c'est de l'eau qui vient des mers il peut y avoir des poissons qui vivent dedans. Mais bon si c'est pas clair on peut s'en passer, de cette parenthèse, d'ailleurs ça doit être elle qui te fait buguer sur la fin de la phrase (je vais supprimer "avant que le ciel ne soit pur et bleu ").

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mais je suis au cœur des terres et à part dans le fleuve il n’y a pas de faune salée.
a priori dans le fleuve non plus, non ?
c'est vrai pourquoi j'ai écrit ça ? oO


Merci pour ton commentaire en tout cas. Je vais alléger tout ça mais ça ne raconte pas grand chose (et la fin est là pour dire de finir... :/), comme d'habitude, alors je sais pas trop quoi en faire, y'a rien de créatif, d'original, ça pue le ressassé, le contemplatif à deux balles (<- c'est pas pour qu'on me dise "mais non" hein, je le sais), ça m'énerve  :relou: on verra bien. En tout cas merci encore.

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Ah sinon je me suis demandée pourquoi il essayait pas de voir s'il pouvait pas récolter de l'eau de pluie. Que ça marche ou pas, on s'en fout, mais je pense que j'aurais essayé si vraiment je crevais de soif et qu'il pleuvait.
j'y ai pensé aussi, au début dans mon esprit la pluie était toxique et puis j'ai oublié de le préciser. N'empêche c'est un gros problème de cohérence lol


Hors ligne Milora

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Re : A l'impossible être tenu
« Réponse #4 le: 16 Février 2013 à 14:57:15 »
Héééé ! Mais mais mais ! Je me baladais au hasard dans les entrailles du MDE et sur quoi je tombe ? La pépite : un texte de Zach que j'avais jamais lu.
Oui je sais : il date de 2011, oui je sais : tu dis que tu n'écris plus et pas sûr que mon commentaire t'importera, mais je lis, je remonte.  :huhu:

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Il faut imaginer les bruits colorés de la jungle qui viennent à mon oreille : ceux des cacatoès au qui vive infatigable, ceux des insectes qui vibrent au rythme de leur colonie et celui du roulis que fait la pluie en surprenant les feuilles. Des étincelles de lumière passent au travers des gouttes ; l’atmosphère est un kaléidoscope sonore saturé d’humidité. Il doit être midi, des heures et des heures sont déjà parties nourrir les courbatures de mes jambes. Je suis facteur en Amazonie, ceci est mon métier.
J'adore.  :coeur: En particulier les heures qui partent nourrir les courbatures, c'est tout mimi ^^

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Il y a peut-être la tête des arbres quelque part en haut, je ne sais pas, je n'ai pas vérifié.
j'aime beaucoup aussi :)

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Je me contente d’observer les alentours de ma marche ralentie.
hm, par contre, les alentours de ma marche, je trouve ça un peu maladroit même si on voit que c'est pour faire une image (et puis "ma marche", c'est pas zouli à l'oreille...)

Citer
j’ignore tout des véritables grandes-largeurs
grandes-largeurs c'est un néologisme, non ? (ou alors je connais pas). J'ai trouvé que ça sonnait un peu maladroit, alors que le reste a l'air très maîtrisé.

Je suis pas fan des endroits où la ponctuation disparaît (mais je sais que c'est un choix), et j'ai eu un peu de mal à visualiser le passage du robot, là.


Alors, euh, c'est bizarre  :D On retrouve la richesse, la poésie et la sensibilité de ton style, et aussi le côté bizarre de certains de tes textes (un facteur en Amazonie, quoi  :D ). Apparemment, tu as enlevé pas mal de choses après les derniers commentaires, donc j'ai l'impression de ne pas avoir lu le même texte ; pour ma part je n'ai pas vraiment été déroutée par les métaphores (plutôt par l'histoire, quand à la fin on s'aperçoit que, tiens, mais en fait c'était au sens propre cette histoire de facteur ? :D), et j'ai trouvé la fin sympa. Par contre l'insistance sur la soif, j'ai eu du mal à le ressentir puisque juste à côté tu nous plonges dans une ambiance humide et moite. Du coup, sur ce plan-là, j'étais pas du tout en phase avec le personnage.

Bon, voilà, c'est tout désordonné ce commentaire. En gros, c'est pas mon texte préféré de toi, mais ça fait du bien de te lire à nouveau, et c'est vraiment dommage que tu ne poste plus. Quand tu écris, on voit que tu y mets tes tripes et qu'elles ont des choses à raconter et un ton bien à elle qui est original.

(Mais moi non plus j'aime pas du tout le titre ^^)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Baptiste

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Re : A l'impossible être tenu
« Réponse #5 le: 12 Juin 2013 à 02:49:14 »
Remontage 1
Je suis tombé par hasard dessus en cherchant à remonter un sujet.
Je ne ferais donc pas de commentaire détaillé. D'abors c'est plus l'heure et en plus je sais pas comment on fait mais...
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J’arrive en vue de l’usine qui défriche la forêt pour mettre de l’eau dans des bouteilles. L’avenir et ses certitudes de survivances viennent à ma rencontre, j’imagine de grandes tablées où on ne se poserait pas la question de l’eau. J’arrive près de l’usine, il pleut toujours, la vue ne trompe pas, même dans le flou des déluges. Il n’y a pas âme qui vive. Pas d’homme, pas de cotillons, de musique, de festivité, de bras ouverts, de sourire, il n’y a rien hormis des rais de lumière qui tombent depuis les trouées du ciel et l’incessant fracas de l’industrie hydraulique. Personne ne viendra, tous les ouvriers sont au travail. J'imagine des valves et des soupapes, des aiguilles sur des tuyaux, des piscines remplies à ras-bord, tant de responsabilité, on ne peut pas quitter son poste pour un facteur.
J'ai beaucoup aimé cette description...
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J'attends de boire ce que le monde me réserve.
Moi aussi :mrgreen:
en vrai je suis hyper fan de cette dernière phrases.


Donc pas grand chose a dire trop mais bon je remonte...

Hors ligne Miromensil

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Re : A l'impossible être tenu
« Réponse #6 le: 21 Février 2016 à 21:55:50 »
Je suis pas une grande habituée de tes textes Zach, et là je déboule dans un univers de lianes humides et, ma foi, j'ai été fort imprégnée de ce petit bout d'univers "qu'il faut imaginer" - je l'ai fait avec plaisir.

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Le demi-tour d'un banc de poisson derrière mon dos
C'est une phrase parmi d'autres qui illustre bien à quel point j'ai trouvé que la jungle était "immersive", dans lequel on est bien immergé quoi. Je m'exprime vraiment mal, mais en gros cette phase a contribué a me plongé dans l'ambiance du texte.  Je ne suis vraiment pas capable de commenter un texte c'est pas possible  :D :vaurien:

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Un verre a forcément une fin. J’aimerais avoir envie de briser ce verre parce qu’il est une insulte à l’abysse de ma carence, j’ai envie de vouloir dédaigner ce verre tant qu’il ne me sera pas remis par un autre de mon espèce, mais ce verre rempli de promesses, malgré moi je le vide d’un trait – je ne suis qu’un animal comme les autres
Passage que j'ai énormément aimé, et je n'essaierai pas de dire pourquoi. Et alors la dernière phrase, bah voilà quoi, c'est trop beau :-\

Tu as une façon d'écrire très "fine" je trouve, c'est surement pas le bon mot, mais fin est le mot qui me vient. Merci pour la lecture et désolée pour le commentaire bancal. En fait j'ai pour défi en 2016 de lire des textes du Mde d'un peu tout le monde, et j'ai été contente d'en lire un de toi, voilà voilà


Hors ligne Marygold

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Re : A l'impossible être tenu
« Réponse #7 le: 24 Février 2016 à 08:52:19 »
Oh oh oh... Merci Miro pour ce remontage d'un texte de Zach ! (j'ai l'impression que tu me mâches tout le travail pour ce défi 2016 ^^)

Allez, c'est parti !

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Il doit être midi, des heures et des heures sont déjà parties nourrir les courbatures de mes jambes.
très joli

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Je suis facteur en Amazonie, ceci est mon métier.
Arf, j'aime la rupture mais le "ceci est mon métier" m'a un peu déplu... maladroit ?

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Il y a peut-être la tête des arbres quelque part en haut, je ne sais pas, je n'ai pas vérifié.
J'aime pas trop le "je n'ai pas vérifié" qui rajoute une couche du "je" alors qu'on n'en a pas besoin, on sait bien qu'on regarde par ses yeux ; et d'ailleurs je trouve ça cool que tu arrives en quelques phrases à nous faire ressentir sa vision, son atmosphère, mais ce "je n'ai pas vérifié", il me fait l'effet inverse, il m'éloigne.

Citer
Le demi-tour d'un banc de poisson derrière mon dos.
de poissons, non ?

Citer
Foisonnent les lianes, foisonnent les moustiques, foisonnement étouffant, luxuriance accablante, le bruit l’humidité les odeurs vont finir par m’achever.  Il faut pourtant lutter, et encore avec un seul corps, un sac rempli d’articulations et de muscles fatigués qui frottent les uns sur les autres. Je puise dans les souvenirs un regard exigeant qui saura me soulever pour le prochain mètre. J’imagine toutes ces têtes tournées vers moi, toutes ces caméras filmant mon exploit, toutes ces coupures de presse qui ne manqueront pas d’être collectées par la famille : je ne suis pas à terre et la boue et la pluie et la fatigue et l’eau que je respire à chaque goulée ne me noient ne me brisent ne me jettent au sol. Regarde un peu mon frère, regarde : voilà que je m’arrache de ma condition de bête et tous mes efforts sont universels, un écho de ta puissance contenue ; fontaine, promis, si tu viens à moi, je t’emmènerai au cinéma et t’embrasserai dans le noir tous les prochains jours de ma vie.
:coeur:
Et je trouve la fin de ce paragraphe assez chouette parce qu'elle tranche complètement. Et la référence à la fontaine par la suite du texte, mais là on n'a pas encore eu l'idée de soif du coup je ne sais pas si ça fait vraiment sens.

Citer
Tout est sec et grinçant dans mon moi délabré.
c'est beau

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Alors, rayonnant de la fierté des prouesses futures sous la pluie qui s'intensifie, je m'assois contre le grillage et pose mon bob à l'envers. Qu'il se remplisse. J'attends de boire ce que le monde me réserve.
:coeur: ah, cette fin, elle donne des frissons !

Bon ben sans surprise, j'ai beaucoup aimé !
Comme je l'ai dit plus haut, tu réussi en quelques phrases à recréer autour de nous cette atmosphère humide et étouffante de jungle, et on plonge sans problème dans le délire du facteur, on ne sait plus très bien si on est sous ou hors de l'eau, on ressent même le rythme de ses pas, englués dans la boue, qui avancent mètre par mètre. J'ai adoré :)

Cela dit, ensuite, je ne suis pas sûre d'avoir saisi tout le sens de cette usine au milieu de l'Amazonie. Mais la fin est sublime.


PS. Défi Lecture 2016 : j'aurais pu le mettre dans la catégorie "un texte avec un accent circonflexe dans le titre", mais je préfère "un texte d'un auteur plus vieux que vous"  :P
 
Oh yeah ! 8)

 


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