William Faulkner (1897-1962) est un romancier américain. Il a publié quelques poèmes et il a aussi été scénariste pour le cinéma, mais il est surtout connu pour ses romans et ses nouvelles. Il a même reçu le Prix Nobel de littérature en 1949.
Ses romans les plus connus sont sûrement
Le Bruit et la fureur,
Tandis que j'agonise,
Sanctuaire,
Lumière d'août et
Absalon, Absalon !.
Comme je connaissais pas du tout cet auteur et qu'il a été cité plusieurs fois sur le forum, je suis allée aux nouvelles. Pour le moment j'ai essayé que trois romans.
Tandis que j'agonise Dans ce roman, les narrateurs sont multiples ainsi que la longueur des chapitres (l'un fait cinq mots xD). L'intrigue est centrée sur le décès d'Addie Bundren et le transport de son corps par sa famille vers sa ville d'origine. Anse, le mari, s'est construit un personnage d'invalide et du coup il se dégage de toutes responsabilités. La dernière volonté de sa femme, ça va donc lui faire les pieds. Outre Addie et Anse, on trouve aussi Cash, le fil aîné qui est le plus rationnel de la famille. C'est lui qui va construire sous les yeux de sa mère le cercueil (oui, c'est glauque !).
Et puis les relations de famille, c'est pas trop ça, chez eux du coup l'ensemble est pas mal glauque.
Mon personnage préféré ça reste Vardaman, le petit dernier. Il a un regard enfantin, du coup ça change un peu quand c'est lui le narrateur, je trouve ça plus intéressant, perso.
Je suis assez mitigée sur ce livre. Au début j'ai eu beaucoup de mal à comprendre qui était qui dans les personnages (bon après, je suis pas non plus la plus douée quand il y a des narrateurs multiples). Mais on perçoit assez rapidement l'atmosphère. Il y a des passages assez sympa, touchants avec Vardaman, glauques avec le médecin et Dewey, tristes avec la mère etc.
Il se passe pas grand-chose aussi, du coup, c'est pas évident de rentrer dedans mais ça reste sympa !
Je profite du fait d'avoir le livre chez moi pour vous mettre quelques extraits :
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Le soleil, depuis une heure au-dessus de l'horizon, est posé comme un oeuf sanglant sur une crête de nuages d'orages."
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Alors je me mets à courir. Je vais derrière la maison et, arrivé à la véranda, je m'arrête, et alors je commence à pleurer. Je peux sentir à quel endroit se trouvait le poisson, dans la poussière. Il est coupé en morceau maintenant, en morceaux de non-poisson, de non-sang sur mes mains et sur ma blouse. Et puis ça n'était pas encore arrivé. Ca ne s'était pas encore produit. Et maintenant elle a pris tant d'avance que je ne peux pas la rattraper."
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Mais la mère de Jewel est un cheval. Ma mère est un poisson. Darl dit que, quand nous serons de nouveau au bord de la rivière, je la verrai peut-être et Dewey Dell a dit : Elle est dans la boîte; comment aurait-elle pu sortir ? J'ai dit : Elle a passé par les trous que j'ai percés, pour aller dans l'eau, et quand nous serons de nouveau au bord de l'eau je la verrai. Ma mère n'est pas dans la boîte. Ma mère ne sent pas comme ça. Ma mère est un poisson."
SanctuaireLe roman est centré sur le personnage féminin Temple Drake, jeune fille de bonne famille qui s'évade un soir de son collège avec un jeune homme ivre, ils atteignent une maison remplie de personnages au bord de l'ivresse et où il n'y a qu'une seule femme qui garde un bébé dans une caisse. S’ensuit une histoire sordide.
Celui-ci est plus "normal" comme roman. Il ne se découpe pas selon les différents points de vues donc c’est plus facile à suivre, xD. Les personnages parlent un peu plus aussi et j'ai beaucoup aimé le bébé qui est dans une caisse, la fille du début et puis Temple un peu aussi. Sinon c’est toujours glauque (c’est pas exactement le même ceci dit) mais ça se lit plus facilement, le fil narratif est beaucoup plus facile à suivre et les personnages sont plus attachants parce qu’on rentre plus dans leur intimité.
Le Bruit et la fureur
Le titre serait issu d’une citation de Shakespeare : « une fable/ Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,/Et qui ne signifie rien. » (en parlant de ce qu'est la Vie)
L’histoire met en scène une vieille famille du Sud. Trois générations s'y déchirent : Jason Compson et sa femme Caroline ; leur fille Candace (ou Caddy), et leurs trois fils, Quentin, Jason et Maury (qu'on appellera plus tard Benjamin ou Benjy) ; Quentin enfin la fille de Caddy.
Niveau prénoms c’est un peu la mouise vu qu’il y a deux Jason (le père et le fils) et deux Quentin (l'oncle et la nièce). On trouve aussi la famille des domestiques : Disley et son mari Roskus ; leurs enfants, Versh, T.P. et Fron ; plus tard, Luster, Fils de Frony.
J’ai bien aimé la première partie même si c’est franchement pas évident à suivre ! Mais je trouve le personnage de Benjy vraiment attachant même si j’ai eu beaucoup de mal à me faire rentrer dans la tête que c’était un adulte.
C’est pas un roman facile à suivre parce c’est rempli de flash-back et de digressions.
Jacques le Fataliste à côté c’est de la gnognotte. Parce que là on passe d’un récit à un autre sans transition aucune. Aucun blanc, aucun retour à la ligne qui permettrait de se repérer. On a aussi des pensées /paroles en italiques qui correspondent pas forcément à ce qui est en train de se dire, bref, c’est une organisation très bizarre. Ca a toutefois son charme même si j’aurais aimé que ce soit un poil plus clair, lol.
Sinon en le lisant, ça m’a un peu fait penser au texte de Lo’
C’étaient plein de baies brillantes. Je sais pas trop pourquoi. Peut-être à cause de Benjy qui est très bizarre comme personnage, et aussi à cause des relations tendues et étranges entre les personnages (désirs plus ou moins refoulés etc) enfin je me suis demandée si ça avait été une inspiration pour ton texte, Lo’.
Ma partie préférée ça reste la première parce que les personnages sont très attachants, surtout Benjy et Caddie, je trouve. Les autres parties restent intéressantes mais je les trouve moins réussis et les points de vues des personnages m’intéressent carrément moins.
Pour résumé, je pense que le plus facile à lire sur les trois que j’ai lus, ça reste
Sanctuaire parce qu’on est pas perdu au niveau des points de vues. Mais niveau originalité du récit et de la forme, vaut mieux les deux autres et surtout
Le bruit et la fureur.
Qui en a lu ?
