Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

12 Juin 2026 à 04:17:56
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 95 D

Auteur Sujet: 95 D  (Lu 10987 fois)

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
95 D
« le: 22 Janvier 2011 à 08:54:50 »
Pour changer, voici une nouvelle qui n'a rien à voir avec les précédentes. Elle me trottait depuis longtemps dans la tête, je l'ai écrite cette nuit.
La crise, les implants mammaires et une femme, Mary, sur le point d'être exécutée au pays de l'oncle Sam.
Comme elle est plutôt longue, je la coupe en 4 extraits ( la suite se trouve en page 2.et 3.. )


deuxième partie
troisième partie
quatrième partie

1/4


95 D


« C’est un beau jour pour mourir ! »

Longtemps, j’ai attribué cette phrase au chef indien Sitting Bull. Comme beaucoup d’Américains, je me trompais. Mais comme beaucoup d’Américains, les années de prison m’ont permis de lire. Et de rendre à César ce qui appartenait à Crazy Horse.
La table d’exécution où je suis allongée est matelassée, mais reste inconfortable. La perfusion dans mon bras, douloureuse. Le médecin a mis de longues minutes à trouver la veine. J’ai cru vomir mon dernier repas et m’évanouir lorsqu’il a tenté sa chance dans ma cheville droite et que l’aiguille a heurté l’os. Les murs ont ondulé devant mes yeux, mais le gigot et ses haricots verts sont restés à leur place. Heureusement pour ce garçon atteint de calvitie précoce. Ses mains tremblaient comme celles d’un parkinsonien. Ça doit être sa première exécution, le pauvre.
Je compatis. C’est tout nouveau pour moi aussi et il faut avouer que c’est impressionnant tout ce cérémonial. Le trac, avant que le rideau ne se lève.
Le cathéter me fait vraiment mal. J’essaie de l’oublier. Je pense à Rocky, mon premier chien. Il était vieux et malade. On l’avait amené chez le vétérinaire. Plus rien à tenter. Juste une grosse piqûre remplie d’un liquide rose fluo. De temps en temps, ils utilisent ce produit sur les détenus condamnés à mort. Les vétérinaires et les médecins prétendent que c’est indolore.
Le hurlement qu’avait poussé Rocky me laisse penser que non.
Je me demande si le contenu de la dernière seringue branchée sur ma perfusion est rose fluo.
J’ai une grosse envie d’uriner. Ma vessie est vide. Je sais. La dernière vidange date d’il y a à peine une heure. Mais le trac m’a toujours donné envie. Et puis après ? Qu’est-ce que ça fait ? Ça doit arriver de temps en temps que des meurtriers fassent dans leur culotte au moment décisif. Les salariés doivent avoir l’habitude de passer la serpillière après l’office.
Allongée sur cette table, les poignets et les chevilles entravés, je ne vois plus que le plafond gris. Si je baisse les yeux, je peux observer ma poitrine se soulever doucement. J’ai appris à contrôler ma respiration en prison. Respiration ventrale. Et on gonfle les poumons et on expire. Et on gonfle… Mes seins se dressent sous le coton blanc de mon t-shirt. Même privés de leurs implants, que j’ai dû retirer il y a trois ans, ils tiennent encore la route ; leurs pointes durcies par le froid sont bien visibles sous le tissu. Je ne porte pas de soutien-gorge. Ils n’en ont jamais vraiment eu besoin. Le personnel de la prison va pouvoir se rincer l’œil. Si ce n’est pas déjà fait.
C’est un peu à cause d’eux que je suis là, d’ailleurs.
J’y pense. Je ne me suis pas présentée : Mary. Quarante-cinq ans. Un mètre soixante-neuf. Yeux bleus, blonde décolorée. Je vais mourir dans deux minutes, condamnée pour meurtre. Et mon mari adorait les gros seins.

Ma poitrine mesurait un honnête 90 B quand j’ai rencontré Greg à l’université. Et la première fois que nous avons fait l’amour, à l’arrière de sa voiture, cela n’a pas semblé le gêner. Dix ans, deux enfants, et une sexualité en berne plus tard, il m’a avoué son fantasme. Nous remboursions les prêts de nos études, mais nous gagnions bien nos vies, lui patron d’une start-up, moi attachée de presse dans une entreprise qui concevait des airbags. J’ai accepté sa requête et, à mon tour, je me suis équipée du dernier pack à la mode en matière d’implants mammaires. Bonnets D. Greg n’a pas attendu la cicatrisation complète des sutures pour me sauter dessus.
La sexualité des hommes tient vraiment à peu de choses.
J’avais droit à mes trois orgasmes par semaine. Je ne me plaignais pas. Jusqu’au jour où la secrétaire de Greg s’est pointée avec ses vingt ans et ses implants bonnets E…
Le cerveau des hommes tient parfois à peu de choses.
Il était parti avec la cinquième lettre de l’alphabet.
Cela n’aurait pas été bien grave si la crise n’était pas passée par là. La moitié des mariages se termine par un divorce, il paraît. Pas de quoi en faire un drame ; et avec mes obus, j’avais encore de bons arguments à aligner sur le marché. J’avais même quelques prétendants en vue ; au pedigree alléchant. J’en testais quelques-uns au lit. Décevants. Entre l’éjaculateur précoce, celui qui s’endormait à peine la messe dite et celui qui semblait avoir oublié le mode d’emploi d’une douche.
Non, cela n’aurait pas été trop grave de se retrouver célibataire à l’approche de la quarantaine si l’entreprise où je travaillais n’avait pas fermé du jour au lendemain. Je n’y connais rien en économie ; mon travail consistait à vendre les avantages d’une ligne d’airbags qui, dans un pour cent des cas, s’avéraient plus dangereux que leur simple absence. Ça avait quelque chose à voir avec les hedge funds, je crois. Notre entreprise avait placé son argent au mauvais endroit. Un peu comme moi avec mes implants. Sauf que leur bêtise avait mis au chômage plus d’un millier de personnes. Dont je faisais partie.
Mais le chômage, ce n’était pas bien grave, je m’étais dit. Je retrouverais du travail, avec mon diplôme et ma paire de bombes sexuelles à mettre sous le nez de mes recruteurs. Sauf que les entreprises à Detroit fermaient les unes après les autres. Et que mes candidatures restaient sans réponse. Et que j’avais le prêt d’une maison sur le dos.
Une jolie petite maison que nous avions achetée quelques années plus tôt, Greg et moi, en banlieue. Adorable, avec sa pelouse verte, sa barrière blanche, un peu dans le genre desperate housewives… De quoi accueillir nos futurs petits enfants. Pas ceux de Mattew, qui nous avait révélé son homosexualité un soir de Noël. Mais Bill, une fois revenu d’Afghanistan, a bien pour projet de fonder sa propre famille avec Kelly, sa petite amie.
Et lorsque les huissiers ont frappé à la porte pour saisir les meubles, les murs et tout ce qui avait un peu de valeur, là encore, je me suis dit que ce n’était pas la fin du monde. Après tout, ils n’avaient pas mis la main sur mes prothèses à 5000 dollars…
Quand je suis partie de ce joli quartier de banlieue, les pelouses étaient encore religieusement entretenues tous les dimanches matins devant la quasi-totalité des maisons. Quelques mois plus tard, les orties envahissaient la plupart des terrains. Le joli quartier de banlieue s’était transformé en ville fantôme. Je n’y suis jamais retournée, c’est Bill qui m’a raconté. Mais ce jour-là, je me moquais encore du sort de mes voisins. Chacun pour soi et Dieu pour tous.
Et puis, ce n’était pas si grave que cela. J’avais encore un toit. En centre-ville. Dans un immeuble délabré, bloc A, avec des cloisons si fines que j’entendais le lit de mes voisins grincer lors de leurs ébats. Mais un toit quand même. Le petit commerce y fleurissait et nourrissait une économie prospère. Crack et héroïne remplissaient les gondoles de ces supermarchés sauvages.
Bien sûr, je devais rembourser une somme mensuelle à la banque qui nous avait accordé le prêt de la maison. Et cette somme dépassait la moitié de ce que m’accordait l’aide sociale, mais ce n’était pas si grave. Nous étions en Amérique, où tout était possible pour ceux qui le voulaient.
Et je le voulais.
Yes, we can !
J’y croyais.

« Modifié: 05 Février 2011 à 12:05:50 par arwen »

Verasoie

  • Invité
Re : 95 D
« Réponse #1 le: 22 Janvier 2011 à 11:31:02 »
Citer
Il était parti avec la cinquième lettre de l’alphabet.

XD

Citer
Sauf que, les entreprises à Détroit fermaient les unes après les autres.

Je trouve gênante la virgule après "que".

Citer
Adorable, avec sa pelouse verte, sa petite barrière blanche, un peu dans le genre desperate housewifes…

housewives

Citer
J’avais éclaté en pleurs.

J'ai un doute, je suis pas sûre que ça se dise, en tout cas ça me paraît bizarre (genre cross-over étrange entre fondre en larmes et éclater de rire).

Citer
L’ordinateur  m’avait réveillé au petit matin

Une espace en trop, et "réveillée"



C'est pas trop mon type de nouvelle mais je l'ai trouvée sympa à lire quand même ! Le cynisme est bien dosé, de temps en temps des détails inattendus m'ont fait marrer ("Il n’avait pas su défaire l’agrafe de mon imposant soutien-gorge.", je crois que "imposant" est le must de ce paragraphe déjà bien marrant :mrgreen:). Ça tourne à aucun moment au vulgaire alors qu'avec un sujet pareil ça devait pas être facile. Bien joué ^ ^

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #2 le: 22 Janvier 2011 à 12:10:04 »
Merci Verasoie, j'ai pris en compte tes corrections.
Je vais vérifier pour éclater en pleurs.
J'ai bien fait attention à ce que cette Mary s'exprime bien ( bon, elle se lâche avec son mari, mais c'est excusable ! ) pour éviter de tomber dans la facilité.

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : 95 D
« Réponse #3 le: 22 Janvier 2011 à 13:55:30 »

Citer
lorsqu’il a tenté sa chance dans ma cheville droite
étrange dans la cheville, XD. Ils le torturent ?

Citer
C’est tout nouveau pour moi aussi et il faut avouer que c’est impressionnant tout ce cérémonial.
huhu, j'aime


Citer
Je vais mourir dans deux minutes, condamnée pour meurtre. Et mon mari adorait les gros seins.

j'aime
Citer

Il était parti avec la cinquième lettre de l’alphabet.
trop cool. (je relève tous les trucs de cynisme qui font mouche, parce que c'est pas toujours évident à faire donc ça vaut le coup de les souligner)

J'ai pas trop aimé la fin. La phrase et le part pris sous-entendu.

J'ai beaucoup aimé le cynisme du début, moins le reste. Après, je trouve ça un peu trop extrême, enfin, le changement se fait hyper rapidement je trouve, enfin la narratrice change très rapidement et accepte très rapidement ce nouveau mode de vie.
Enfin je sais pas, après je trouve ça moins crédible quoi.
(je suis en train de me dire que s'il y avait eu des implants au XIXe, Emma s'en serait peut-être sortie, mais l'arsenic a carrément plus de classe et en fait elle rejette les avances du notaire donc..., désolée pour cette parenthèse dont tu n'as rien à faire)
Mais j'ai bien aimé le cynisme au début (donc un changement de ton par rapport à tes autres textes^^).
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #4 le: 22 Janvier 2011 à 14:18:07 »
Merci Ernya :)
J'avoue avoir mis très longtemps à écrire cette nouvelle car au départ je n'aimais pas le personnage (une blonde à forte poitrine qui tuait  de sang froid les hommes autour d'elle dans une Amérique en crise...) et je n'ai pas l'habitude d'écrire sur des personnages que je n'aime pas.
Mais en fait, elle a un bon fond : elle s'attaque à ceux qui ont le pouvoir et en abuse.

Le truc de la cheville, ça se pratique quand on arrive pas à trouver de veines. Anecdote réelle qui est arrivée à un condamné à mort l'an dernier aux USA... plus d'une heure à tenter de lui trouver une veine...

Mais Mary n'accepte pas son sort ! Elle a d'abord confiance dans le système, elle pense rebondir, mais c'est la dégringolade sociale, comme c'est le cas actuellement aux USA où il n'y a aucune protection sociale. Quand tu tombes auc homage,c 'est la misère directe.
Et puis après, elle se venge... elle n'accepte jamais son sort.

pehache

  • Invité
Re : 95 D
« Réponse #5 le: 27 Janvier 2011 à 10:10:25 »
Une lecture fort plaisante.
(Moi, ce serait plutôt le début qui me donnait une impression de déjà lu.)
La calvitie des premières lignes, pourquoi pas, mais mal amenée, me semble-t-il.

Hors ligne Tourniaire

  • Scribe
  • Messages: 69
  • Petit vieux déjanté
Re : 95 D
« Réponse #6 le: 28 Janvier 2011 à 02:02:09 »
J'ai bien aimé l'histoire, mais deux points attirent mon attention.

Le coup de la seringue dans la cheville, oui c'est arrivé, mais ce n'est pas un cas très particulier ? Genre la personne se piquait à l'héroine et que la plupart des veines sont inutilisables. Ou une personne malade ?

Et comme Ernya, je trouve que le passage à la serial killer ne fait pas très crédible. Cela va trop vite, j'ai décroché car je n'y croyais pas, cela faisait trop surenchère. L'idée est bonne, mais j'aimerais comprendre pourquoi cela a été si facile pour elle de tuer le propriétaire. Pourquoi elle n'en avait jamais assez ? Pourquoi n'a-t-elle pas carrément quitté cette vie pour revenir à sa vie d'avant et faire  semblant que rien ne s'était jamais passé ?
Général en chef de l'invasion rivagienne.
NB : Oui je suis un revenant...
Votez Gaston Président de la République ! :D

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #7 le: 28 Janvier 2011 à 06:29:54 »
Merci à vous deux  :)
C'est vrai que pour la cheville c'est un peu trop; je vais me contenter des bras ( pour en avoir déjà eu l'expérience, c'est déjà assez désagréable et suffit d'avoir de toutes petites veines ou profondes comme c'est mon cas pour que ce soit difficile à trouver ; sans compter l'état du bonhomme aussi)

Sinon, tourniaire...  ta réponse est coupée ici, mais je l'ai eu en entier dans le mail...
Toutes les réponses à tes questions sont dans la fin du texte... qu'elles ne te convainquent pas, c'est une chose, mais elles y sont. Et moi, ça ne m'intéresse pas de détailler chaque meurtre. C'est le même mode opératoire. Moi, c'est le processus qui m'intéresse et les raisons exposées à la fin.
Et pourquoi elle le fait ? Ben par simple solidarité... comme quand elle abrite les effets personnels de l'urugayen. C'est si difficile à saisir ce concept ? ( excuse moi de mon ton, mais là je tombe quand même des nues de devoir expliquer cela... ou bien on est tombé dans une société si égoïste que ça en devient un concept exotique ?) Elle le fait par vengeance sociale, en tuant des gens qui ont du pouvoir et en abuse sur les plus faibles ( l'huissier elle a connu, elle aussi). Une vengeance qui se transforme à la fin en combat politique.
Bon, c'est pas dit  texto, c'est vrai dans le texte, mais faut-il tout prémacher le travail de réflexion au lecteur ? Alors que la clé est donnée à la fin !
Le choix des victimes n'est quand même pas innocent et ça dès le départ. Celui qui l'a largué, le banquier, l'huissier, le proprio, le commerçant, le flic, le militaire... ils ont tous en commun d'opprimer d'une façon ou d 'une autre les habitants de l'immeuble.

Au fond, et c'est marrant, c'est le même problème qu'avec le Strapontin. Bon, ça ne s'adresse pas à toi spécifiquement là ce que je vais dire, hein ? C'est juste une réflexion que je me fais en croisant les commentaires.
Apparemment pour beaucoup de gens, les motivations d'un personnage ne peuvent être que psychologiques, individuelles. Normal, notre société promeut ce genre d'interprétation. Donc le kamikaze est forcément un malade fanatique et la tueuse une serial killer psychotique...
Ce n'est pas la seule grille d'interprétation des actions d'un individu, la psychologie. Si tu te cantonnes à ça, ben oui, tu loupes le contenu de cette nouvelle car là, la grille d'interprétation, elle est avant tout sociale ( tout comme dans le strapontin, où c'est la somme des drames vécus qui mènent à l'acte et à la manipulation ) voire même politique !

Dernière chose : pourquoi elle n'a pas quitté cette vie pour revenir à celle d'avant ? Ben, parce qu'elle n'en avait pas le choix, voyons ! Ça aussi c'est expliqué, la déchéance sociale... elle rembourse peut-être ses dettes, mais elle trouve pas plus de boulot... Detroit est une ville complètement sinistrée par la crise, faut le savoir ( et c'est abordé dans la nouvelle, d'ailleurs).  Là, vraiment, je ne comprends pas ce problème.  ???
« Modifié: 28 Janvier 2011 à 08:02:21 par arwen »

Hors ligne shaane

  • Aède
  • Messages: 163
Re : 95 D
« Réponse #8 le: 28 Janvier 2011 à 10:43:23 »
L'histoire de la cheville, c'est pas super choquant. Personnellement, j'ai les veines des bras inutilisables, et on est obligé de me piquer dans ou sur les mains. Tu n'es pas obligé de prendre la cheville cependant, les veines du cou sont utilisées aussi dans ces cas là.
Sinon moi c'est le basculement qui me chiffonne. Quand tu l'expliques, je comprends, mais je pense que le texte ne développe pas assez ce moment où elle passe de la simple meurtrière à la serial killer. Pour la logique de tous, ça ne semble pas naturel : tu parles de solidarité sociale, mais est-ce un motif suffisant pour devenir un tueur en série ? Je ne le crois pas.
Tu penses que les tueurs en série ne se résument pas à des motivations individuelles. Certes, mais as-tu beaucoup lu sur la question ? Peut-être cela vaudrait le détour, quitte à étoffer après le personnage en introduisant les raisons intrinsèques de son basculement....

Sinon moi j'ai bien apprécié. Ça se lit facilement, il y a la juste dose d'humour cynique. Un personnage un peu noir il est vrai, mais c'est ce qui rend le tout intéressant.
« Modifié: 28 Janvier 2011 à 11:15:52 par shaane »

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #9 le: 28 Janvier 2011 à 11:08:51 »
Merci Shaane;
Sauf que justement, ce n'est pas une serial killer, au sens psy qu'on donne d'ordinaire, justement...
Ce n'est pas une tueuse psychopathe. C'est tout le discours de la nouvelle... et les raisons en sont données.
Et hum, certains mouvements révolutionnaires ont versé dans ce genre d'assassinat, genre le PDG de Renault, George Besse exécuté par le groupe Action directe en 1986...  :huhu:
« Modifié: 28 Janvier 2011 à 11:41:10 par arwen »

Hors ligne Tourniaire

  • Scribe
  • Messages: 69
  • Petit vieux déjanté
Re : Re : 95 D
« Réponse #10 le: 29 Janvier 2011 à 00:14:37 »
Bon, c'est pas dit  texto, c'est vrai dans le texte, mais faut-il tout prémacher le travail de réflexion au lecteur ? Alors que la clé est donnée à la fin !

Salut

Déjà j'avais mis une partie de mon explication en beige au cas où des personnes lisent les commentaires avant le texte, comme ça ils ne sont pas "spoilés".

En fait, tu as mal compris mon commentaire. L'intention de ton texte est suffisamment clair pour comprendre l'histoire, par contre le point que t'essaies de faire passe à la trappe. La transition est tellement rapide que j'ai décroché. Un peu comme un prof de maths qui prend son temps d'expliquer 2+2 = 4, puis qui passe d'un coup aux exponentiels. Je connais les exponentiels, mais on ne va pas me faire croire que c'est dans lignée directe du cours sur les additions, il manque quelque chose au milieu.  Et c'est effectivement un problème similaire au texte le strapontin.

Citer
Et pourquoi elle le fait ? Ben par simple solidarité...

C'est ton interprétation, et malheureusement tu ne le donnes pas assez à voir. Perso, ton texte s'interprète comme : "Je raconte une histoire, puis je fais dans la surenchère pour impressionner le lecteur". Et c'est dommage parce que ce n'est pas l'intention de ton texte.

NB : j'ai une mauvaise journée, alors j'ai plus de mal que d'habitude à nuancer mes propos, ne pas le prendre personnellement par pitié. Je suis juste un peu plus bourrin aujourd'hui, ça me passera.  >:D
Général en chef de l'invasion rivagienne.
NB : Oui je suis un revenant...
Votez Gaston Président de la République ! :D

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #11 le: 29 Janvier 2011 à 00:26:41 »
ok
 faut le signaler le texte en couleur illisible, j'y ai vraiment pas pensé... ><
sinon, d'autres lecteurs ont très bien compris le sens de la nouvelle,( idem pour le strapontin)... donc  je reste dans l'expectative. ???
je ne le prends pas mal ( d'autant moins que je suis bien plus bourrin que toi dans mes réponses ! ). C'est ta lecture des choses. Je la croise avec la lecture d'autres gens, c'est tout... même si je ne vois pas trop où est la surenchère. C'est contradictoire avec ce que tu dis sur  la solidarité. J'aime pas écrire de but en blanc " je me sentais solidaire de ces gens"... Ca pour moi, c'est de la surenchère littéraire. C'est souligner avec un gros feutre le contenu.
Elle aide un voisin qui a connu la même chose qu'elle, elle a une relation avec l'autre, elle profite de ses magouilles... elle fait partie de ce monde. C'est pas dit de but en blanc, mais c'est là..
Maintenant, j'entends bien que beaucoup de lecteurs sont gênés par cette façon de faire, peut-être un manque de culture politique quelquefois, car d'un autre coté, d'autres lecteurs comprennent tout cela très bien... sans tomber dans l'explication psy que beaucoup réclament, mais que je ne veux pas mettre parce que ça m'intéresse pas.
Bon, je comprends que ca puisse intéresser le lecteur et que son absence en frustre un certain nombre, mais voilà c'est ma façon de voir le monde et de l'exposer...
« Modifié: 29 Janvier 2011 à 00:29:25 par arwen »

pehache

  • Invité
Re : 95 D
« Réponse #12 le: 29 Janvier 2011 à 17:29:05 »
Explications psy: ras le fion !
(Superbourrin a encore frappé!)

Hors ligne arwen

  • Calliopéen
  • Messages: 486
    • Laissez parler les p'tits papiers
Re : 95 D
« Réponse #13 le: 29 Janvier 2011 à 18:37:44 »
lol
j'ai quand même essayé de rajouter encore un passage sur le policier ( pour expliquer un peu comment ils se font prendre)

Citer
Nous avions pourtant décidé de laisser les choses se calmer après nous être attaqués à ce policier. Celui-ci m’avait donné du fil à retordre. Peut-être avais-je sous-dosé le poison. Toujours était-il que deux tours de pistes plus tard, il était toujours bien vivant et prêt à embrayer sur un troisième acte.
Je m’effrayais lorsqu’il sortait son téléphone portable. Un appel à sa femme ? À ses collègues ? Je lui volais l’objet des mains et, d’un baiser langoureux le distrayait. Mes jambes tremblaient, j’étais en sueur et commençais à comprendre le sinistre métier des abatteuses des maisons closes, mais je le baisais une troisième fois.
Il dormait lorsque je le quittais. J’étais resté un moment, immobile, à écouter sa respiration. Poussive, il me semblait. Mais ce grand gaillard musclé résistait.
J’avais rejoint Ali dans un bar. Il m’avait attendue malgré le temps qui passait. Je lui avais murmuré mes inquiétudes à l’oreille, mais il s’était contenté de sourire et de poser une main sur ma hanche. Il m’avait invitée à danser. J’acceptais, bien que je tenais à peine debout, la poitrine et les reins douloureux. J’insistais :
« Qu’est-ce qu’on va faire s’il survit ?
– Attendre et ne pas paniquer. »
Et je me laissais entraîner par la musique. Le regard brillant de mon cavalier, ses baisers, ses caresses, m’indiquaient qu’il avait envie de faire l’amour. Pour la première fois, lasse et courbaturée, j’avais hésité à accepter ses avances.
Nous étions rentrés tard. Très tard. Nous nous étions pourtant livrés à ce rituel purificateur. En silence. Quasi-immobiles au milieu du lit. Moi allongée sur le flanc, lui derrière.
L’aube s’était levée. Mon réveil avait rempli sa tâche. Et nous avions entendu l’annonce de la mort suspecte d’un policier dont le corps avait été retrouvé non loin de l’hôtel. Assis sur le bord du lit, encore nu, Ali écoutait la journaliste avec attention.
« Qu’est-ce qu’on va faire ? lui avais-je demandé.
– Attendre que ça se calme. Ils n’ont pas parlé de femme avec lui. Tout va bien, pour l’instant. »
Il s’était levé et avait remis son caleçon.
Nous avions attendu que la tempête passe.

Et Bill était mort. Là-bas, en Afghanistan.  
« Modifié: 30 Janvier 2011 à 00:35:17 par arwen »

pehache

  • Invité
Re : 95 D
« Réponse #14 le: 31 Janvier 2011 à 20:35:09 »
Le lecteur, faut pas croire, il est pas si con.
Le lecteur, parfois, ça les lui brise menu quand on veut tout lui expliquer.
Le lecteur, ben, il aime bien se faire son opinion, cogiter, expliquer les choses. Qu'on ne lui livre pas la pâtée avec le mode d'emploi.


(Ceci dit, Arwen, cf. l'autre texte que je viens de commenter, parfois, avec toi aussi, le menu est déjà donné avant lecture: le gentil Palestinien qui va se faire tabasser ( et pisser, ah: oui...) et humilier par le méchant Israélien juif... Non, je ne suis pas juif moi-même.)

Le politiquement correct se porte bien.
Et (ttt), ça, ça me gêne aux entournures.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 15 requêtes.