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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'aigle de sang

Auteur Sujet: L'aigle de sang  (Lu 8631 fois)

Verasoie

  • Invité
L'aigle de sang
« le: 15 Octobre 2009 à 15:49:46 »
Bonjour tout le monde ! Hum, ça fait très longtemps que j'ai pas posté, et ce texte là est pas celui dont je suis la plus fière, mais qu'importe !
(spoil, ne le lisez qu'après le texte ^ ^)En fait je l'ai écrit pour l'AT de Plume Rouge, "Métamorphes". Sauf que je sais pas lire, et que j'étais partie du "Métamorphoses" xD alors je l'ai pas envoyé. D'après les dates des fichiers, j'aurais commencé à l'écrire en décembre dernier et fini en mai. Et, bien entendu, j'aimerais savoir ce que vous en pensez, même si je pense pas le modifier (plutôt garder vos conseils pour après, quoi) ^ ^

***

« Tu le sais, toi aussi, ils te l’ont dit… N’est-ce pas? »
Je serrai mes bras plus fort autour de mes genoux, recroquevillée pour tenter de dissimuler mon visage, secouée par des sanglots que j’essayais d’étouffer.
« Réponds-moi, Arc… »
Qu’elle s’en aille. C’était déjà assez difficile. Je ne voulais pas lui parler.
« Tu le sais forcément ! »
Au diable les larmes que je n’arrivais pas à retenir. Je me relevai, trop vite peut-être, et je fis sur le sol de pierre les deux pas qui me séparaient de la porte. J’agrippai les barreaux métalliques de la fenêtre aménagée dans les planches, et approchai mon visage aussi près que possible du sien. Je ne parvenais pas à maîtriser ma voix et à m’empêcher de crier.
« Bien sûr que je le sais ! Ils ne parlent plus que de ça. Ils ne font plus qu’épier ma cellule, me regarder pleurer en se demandant si j’y serai encore demain. Il y a des gens ici avec qui j’ai combattu, autrefois. Comment peux-tu seulement croire qu’ils ne m’aient rien dit ? »
Elle recule d’un pas, et semble s’en vouloir. Je sais qu’elle est triste, autant que moi, et je ne devrais pas m’en prendre à elle. Mais elle n’a pas cette peur qui la dévore de l’intérieur, qui tord ses entrailles, à en gémir.
Elle était là aussi lorsque nous avons assisté à la mise à mort de Iollan, mon partenaire, frère d’armes. Je la voyais, noyée par la foule silencieuse de notre peuple, tandis que je me tenais debout sur l’estrade, chaînes aux poignets, encadrée de deux autres guerriers. La place du condamné forcé d’assister, avant sa propre peine, au supplice de l’un des siens. Je ne pouvais que regarder, impuissante ; Iollan se faisait enchaîner pour que, courbé, il se trouve face au peuple, le dos présenté à ses bourreaux. Au début, il tournait son visage vers moi, et je gardais mes yeux plantés dans les siens, paralysée. J’y voyais une peur dont l’ampleur me donnait le vertige, un gouffre que je ne pouvais combler ni par le courage, ni par l’espoir, car je les avais perdus. Incapable de contempler plus longtemps dans mes yeux le reflet de sa propre terreur, il finit par baisser la tête pour masquer son visage derrière ses longs cheveux blonds, un peu bouclés au bout, emmêlés par les nuits passées dans la cellule. Puis l’on commença à affûter le long couteau sur une pierre, et Iollan se mit à trembler. Quelque chose hurlait en moi. Je me demandais en vertu de quelle dignité je m’empêchais encore de m’effondrer en pleurant.
Un temps passa pendant lequel, perdue, je ne sus plus où regarder. La violence des tremblements de mon ami m’effrayait. Enfin, le bruit régulier et cinglant de la lame cessa. Le chef de nos troupes saisit l’arme et s’approcha du condamné. Ce n’était pas la première exécution à laquelle j’assistais ; comme à chaque fois, je ne voyais aucun plaisir sur les visages des guerriers, aucune cruauté. Ils servaient la justice, ils appliquaient nos lois. J’avais toujours pensé, quand je me trouvais à leur place, que ce devait être une consolation pour ceux qui mouraient sur cette estrade. Je mesurai l’envergure de mon erreur, à quel point je m’étais trompée, avec quelle force je souhaitais que ce fût autrement.
Je suivis des yeux les gestes d’un jeune subordonné lorsqu’il dénoua la pièce de drap qui habillait le torse de Iollan. Le vent soulevait mes cheveux. Il ne s’arrêtait jamais vraiment de souffler, sur nos terres froides et nues. Il glissait sous le ciel blanc, cinglait la peau de mon ami, privée de la protection du tissu, qui paraissait si fragile, maintenant… Plus jeune que moi, d’un an ou deux peut-être, il n’avait pas encore la carrure des autres guerriers ; ses membres étaient plus pâles et plus souples, ses muscles peu développés portaient des courbes rondes et juvéniles. Je me moquais souvent de son torse lisse, imberbe, presque vierge des cicatrices reçues au combat. Le voir si frêle entre les griffes du vent glacial me serrait la gorge.
C’était au dirigeant de nos armées, celui qui portait le couteau, de pratiquer l’incision. Le guerrier posa la lame à la base de la nuque du condamné, puis l’enfonça en descendant jusqu’au creux des reins. Je n’arrivais pas à croire tout cela. J’aurais pu encore me persuader que tout n’était qu’une illusion, mais le sang commença à couler, lentement, lourdement. Réel. Iollan n’avait pas crié. L’homme continua à inciser sa peau, méthodiquement, un rituel que nous connaissions tous, pour faciliter la suite de l’exécution. Puis il plongea ses mains sous la peau de mon ami, chair à nu et violée. Iollan hurla alors, un cri inhumain qu’il ne pouvait même plus retenir. Je regardais l’homme détacher une à une les côtes de la colonne vertébrale. Je n’avais pas le choix. Iollan ne criait plus, je savais qu’il était déjà trop tard, mais même son hurlement était préférable à ce silence, que brisaient seulement les bourrasques incessantes, et les craquements sinistres des os qui lâchaient. C’était la fin, déjà. On saisit les côtes pour les sortir à demi de lui, écartées au dessus de son dos. Le vent gémissait, nous enlaçait de son étreinte glacée. Il refroidissait le sang sur les mains de l’homme debout, le rendait poisseux. Il giflait les organes à nu de mon ami, arrachés par les côtes déployées comme deux ailes. Les deux ailes de l’Aigle de sang, la méthode d’exécution de l’Empire, réservée aux déserteurs.
Mes genoux heurtèrent le sol. J’en avais à peine conscience. J’observais la foule sans la voir, et j’y retrouvai le visage familier, encadré de cheveux noir, de mon amie d’enfance, si facilement reconnaissable parmi les chevelures blondes. D’ordinaire, elle ne s’intéressait pas aux affaires militaires. C’était la première fois qu’elle assistait à une exécution. Elle se détourna et s’enfuit. Au-dessus de nous planaient en cercle des corbeaux ; je pensai à leur parade sur l’estrade couverte de sang, quand il n’y aurait plus personne pour les en chasser. Bientôt, ce serait le mien qui les attirerait ici.
« Ils savent que je suis terrorisée, ils m’ont entendue pleurer dans cette cellule. Pourquoi ont-ils besoin de me raconter ces rumeurs ? »
Son regard s’était adouci. Elle se rapprocha de la fenêtre, un peu trop haute pour elle, et leva les yeux vers moi.
« Ce ne sont pas des rumeurs. Le corps de Iollan a vraiment disparu. Ils sont allés le chercher ce matin, après avoir aménagé le bûcher, mais il n’était plus là. Il n’y avait plus rien. »
Quelqu’un l’avait forcément volé. Je ne comprenais pas pourquoi ils s’acharnaient à m’effrayer encore, ni qui pouvait me haïr à ce point. Déserteurs. J’avais pris ma décision en voyant l’armée ennemie marcher sur le pont que nous gardions, à la frontière. Nous n’étions que deux, et rester aurait été un sacrifice vain, puisqu’il fallait avertir le gros de l’armée. Aucun soldat n’était mort par notre faute. Déserteurs, nous méritions la peine de mort. Mais nous n’avions pas trahi l’Empire. Toute cette mascarade n’avait aucun sens.
« Je sais ce que tu penses. Mais son corps n’a pas été simplement emmené. C’est comme s’il n’avait jamais été là. Son sang a disparu de l’estrade et le drap d’exécution est redevenu immaculé. Les Dieux sont intervenus, Arcueid, ils ont emporté son corps parce qu’ils savaient que c’était injuste. Il n’avait pas à mourir. »
À présent, la culpabilité. Je savais bien que Iollan ne devait pas mourir, puisque c’était moi qui avais donné l’ordre de retraite quand nous aurions dû nous battre. Pourquoi devait-elle me le rappeler si cruellement ?
« Même si ce n’est pas la faute de Iollan, c’est la mienne. Si les Dieux ont voulu le sauver, et j’en doute, ils ne m’accorderont certainement pas un traitement de faveur. Je préfère ne pas affronter leur justice. Tu as apporté ce que je t’ai demandé ? »
En trouvant la force de lui répondre, j’avais regagné un peu de fermeté. Mais quand je sus, à sa façon de se mordre les lèvres, que la réponse était non, ce faible espoir s’effondra en moi. Elle s’apprêta à parler, à tenter de me dissuader, mais je l’en empêchai.
« Tu ne peux rien faire pour moi ! La seule chose qui est en ton pouvoir, c’est de me donner une lame à travers cette fenêtre, que je puisse en finir maintenant, et décider tout de même quand et comment je mourrai ! »
« Je t’en prie, Arc… »
Elle était au bord des larmes et je voyais qu’elle s’en voulait de me le refuser. Qu’elle avait peur pour moi, et peur aussi des gardes qui pourraient la faire emprisonner s’ils la surprenaient. Mais je ne pouvais plus m’empêcher de la détester à ce moment.
« Si tu ne m’aides pas, tu sais que je ne ferai, même sans toi. Les pierres de ces murs étaient acérées lorsqu’ils les ont construits, et il y a toujours des arêtes coupantes tout autour de moi. Mais ce sera plus douloureux, et plus long. »
C’était un mensonge. Dès qu’on m’avait jetée ici, après la mort de Iollan, j’avais effleuré les bords de toutes les pierres en pleurant, priant pour trouver un salut rapide. Cependant les années avaient poli la roche. Dans un coin de la cellule, il restait des traces sombres de sang séché. J’avais vu le corps de celui qui s’était suicidé ici quand il avait été emporté quelques semaines plus tôt. Sur son visage blafard, ses lèvres épaisses étaient crevassées, tout son corps était couvert de gerçures et de sang coagulé, la chair de ses poignets, déchiquetée. Dans les nuits froides et humides, j’avais tâté l’arête sur laquelle il s’était coupé, gardant les yeux démesurément ouverts dans le noir. Parce que je revoyais son corps dès que je les fermais. La pierre était émoussée, tout au plus râpait-elle ma main fébrile. Je ne pouvais qu’imaginer les gémissements de son agonie, retentissant sans fin dans la cellule déserte. Il ne me restait que ce mensonge ; mentir à ma meilleure amie pour qu’elle me donne une vraie lame, parce que j’avais peur de la douleur malgré tout, et que jamais je ne réussirais à mourir sans son aide.
Mais elle ne me répondit pas, ne soutenait plus mon regard. Elle s’enfuit en pleurant.

L'aube devait se lever dehors. Je le savais même dans cette prison sans fenêtre, je reconnaissais l'heure qui précédait le jour, la plus froide et solitaire. Moins d'une journée à vivre. L'idée était incompréhensible. J'entendis des pas dans le couloir, une démarche légère, celle de mon amie qui revenait. Je crus qu'elle m'amenait enfin une lame, le seul salut que je pouvais encore désirer. Mais ce qu'elle me tendit à travers les barreaux était un gobelet en terre cuite, au contenu tiède, du lait dans lequel avaient infusé des plantes que je ne connaissais pas.
« Arc... Bois-le, s'il te plaît. »
Je frappai violemment sa main et le gobelet alla se briser sur le mur de pierre. Je ne retenais même plus mes larmes. Elle avait été mon dernier espoir.
« C'était pour t'aider ! » Elle aussi avait l'air d'avoir peur, maintenant. « C'était une potion, Arcueid, je n'en avais pas fait plus... »
Je maudis ma bêtise. Bien sûr, elle n'aurait jamais accepté de me préparer un poison, même si elle en avait le pouvoir. Mais elle savait faire des breuvages qui atténuaient la douleur, et c'était probablement l'un d'eux que je venais de jeter contre le mur. J'aurais pu ne rien sentir. Je nous revis à douze ans, l'âge où nous devions choisir notre voie. Je revis mon amie entrer au service d'une vieille femme qui pratiquait la magie, elle qui voulait devenir sorcière, choisie pour ses cheveux noirs et son allure si différente de la nôtre. Moi, comme assez peu d'autres filles, j'avais décidé de suivre le destin des guerriers. J'avais bandé ma poitrine et j'étais entrée dans nos troupes. J'avais fait mon choix.
« Iollan n'a rien eu, lui. Il a souffert et c'était ma faute. Je lui dois au moins de subir la même douleur. »
Mensonge. Ma volonté était trop faible. J'aurais tant aimé me défiler.

« Iollan... »
Je ne pouvais m'empêcher de murmurer son nom, comme une musique apaisante, répétée encore et encore. Iollan. J'étais attachée comme lui deux jours plus tôt, face au peuple silencieux, et j'écoutais le bruit du couteau qu'on affûtait. Iollan. Au début, j'avais regardé les nombreux visages devant moi, puis je m'étais résignée à baisser la tête, en espérant que mes cheveux masqueraient mon visage, mais ils étaient trop courts. Moins bien coupés que ceux de mon ami, et plus clairs. Le guerrier qui détacha le drap autour de mon torse avait combattu à mes côtés, avant. Il hésita à la vue des bandes qui serraient toujours ma poitrine, mais elles gênaient l'incision, et il les ôta aussi. J'étais sans défense contre le vent froid, mon ventre et mes seins offerts, mes bras écartés et enchaînés.
Iollan n'avait pas crié d'abord, et ma peau était tellement gelée que je sentis à peine le couteau y entrer. Mais quand le froid puis les mains traversèrent mon dos, tout fut différent. Je hurlai. Je pensais que je ne pourrais pas supporter la douleur, mais il y avait pire encore, il y avait cette morsure glaciale et ce sentiment de perte, d'irréparable. Irréparable.
Puis je ne sentis plus rien.

La conscience revint comme une goulée d’air après un cauchemar. Mais je ne respirais pas. J’avais conscience de mes poumons expulsés de mon dos, retenus par mes côtes et refroidis par le vent. Il faisait nuit. J’étais recroquevillée, le flanc contre les planches de l’estrade, en position fœtale. Toutes ces informations n’eurent aucun sens d’abord, et je me contentai de sentir l’air de la nuit, d’écouter un murmure tout près. Mon corps, lui, ne percevait plus rien. Comme dans un rêve, je voyais l’ensemble de la situation, j’y assistais, mais sans réagir. Mes yeux étaient fermés et du sang avait coulé de ma bouche. Quelqu’un l’avait essuyé, mais il avait laissé une traînée sombre dans mon cou. Je reconnaissais sur ma peau blafarde les minuscules cicatrices qui l’avaient parsemée, de petites estafilades qui avaient laissé une marque brune.
Rien ne semblait se passer. Une silhouette drapée dans un tissu sombre était accroupie devant le corps, triturait des pierres sur lesquelles étaient gravées des runes. Elle murmurait une mélopée cadencée, avançait parfois sa main pour réajuster la position de mes genoux, les rapprochant de ma poitrine. La raideur du cadavre lui donnait du mal.
Puis il y eut un bruissement léger. Un corbeau s’était posé sur l’épaule de la silhouette, bousculant son équilibre, plantant ses serres dans sa peau. L’ombre leva l’autre bras pour caresser les plumes noires, puis rejeta son capuchon en arrière. Des cheveux ébène, des lèvres fines et de grands yeux cernés. Je reconnus mon amie, mais sans ressentir cet élan vers elle, la petite pulsation qu’avait mon corps quand je la voyais. Je ne m’appartenais apparemment plus. Magicienne, pensai-je. Le grand corbeau croassa et d’autres vinrent, encerclèrent le pâle cadavre recroquevillé. Ils commencèrent à donner des coups de becs dans la chair durcie, enfouirent leurs têtes dans les entrailles à découvert. Il était étrange de contempler ce spectacle sans ressentir de haut-le-cœur. Mon amie triturait nerveusement les galets gravés, fermait les yeux et se remettait à murmurer son incantation. Cela dura longtemps mais je ne sentais plus le temps s’écouler ; au fur et à mesure que la chair était entamée par les oiseaux, ils pénétraient le squelette, comme pour s’y dissimuler. Je ne réussissais pas à donner de sens à ce que je voyais. Parfois, après un croassement, l’un des corbeaux tombait inanimé. Aussitôt il était masqué par les battements d’ailes de ses congénères. Je ne distinguais même plus les jambes recroquevillées, mais une seule masse noire dont seuls émergeaient un visage et les côtes arrachées. Le bruit des croassements et des battements d’ailes s’atténua doucement. Sous l’œil inquisiteur du grand corbeau noir, les autres s’étaient fondus en une chimère que je commençais à apercevoir, à mesure que les mouvements de plumes cessaient. Les côtes arrachées du dos du cadavre s’étaient changées en ailes sombres. Le murmure de la sorcière s’éteignit brusquement.
Je rétablis mon équilibre d’un coup d’ailes, me trouvai en face du visage de mon amie. Elle fit un mouvement de son épaule et le corbeau s’envola dans un bruissement imperceptible. Puis elle me montra un point derrière moi : un deuxième aigle décrivait des cercles dans notre direction. « Vole », entendis-je dans mon dos, mais lorsque je fis volte-face, elle avait disparu. Ma pensée, elle aussi, semblait m’échapper, comme de l’eau vive que j’aurais tenté de saisir entre mes doigts. Les ailes de l’aigle battirent à quelques mètres des miennes, l’air se mit à danser autour de moi. Un dernier mot résonna avant que le vent n’emporte tout. « Iollan ». Je décollai.

« Modifié: 21 Février 2010 à 20:50:49 par Verasoie »

Hors ligne Kathya

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #1 le: 15 Octobre 2009 à 20:43:05 »
A mon grand étonnement, j'ai réalisé que je n'avais lu aucun de tes textes. Je croyais, mais j'ai tellement mauvaise mémoire des noms, que en fait non.  :-¬?
C'est donc chose faite et je regrette pas du tout !  :D

Citer
noyée par la foule silencieuse de notre peuple
La tournure était sûrement volontaire, mais je l'aurais plus vue noyée "dans" la foule que "par" la foule, à moins qu'ils y mettent tous de la mauvaise volonté pour l'empêcher de voir l'exécution... ><

Citer
Je suivis des yeux les gestes d’un jeune subordonné lorsqu’il dénoua la pièce de drap qui habillait le torse de Iollan. Le vent soulevait mes cheveux.
Très sincèrement, je m'attendais à ce que le drap claque au vent... Là, soit la narratrice est en plein déni au point de se raccrocher à des détails anodins, soit l'allusion au vent dans ses cheveux tombe au mauvais moment.

Citer
ses muscles peu développés portaient des courbes rondes et juvéniles.
Je ne suis pas sûre qu'on "porte" des courbes.

Citer
Mes genoux heurtèrent le sol. J’en avais à peine conscience.
Vu que ce n'est pas une action qui dure, j'aurais préféré "J'en eus".

Citer
encadré de cheveux noir
noirs

Citer
Nous avions fui et par notre faute un pont à la frontière de nos terres avait été pris ; mais j’avais pensé qu’avertir l’armée était préférable à se sacrifier en vain.
La narratrice défend vraiment mal sa cause, j'ai cru qu'elle avait vraiment déserté par lâcheté j'ai dû relire trois fois la phrase. Peut-être aurait-il fallu insister sur les circonstances de la fuite.

En plantant une lame dans la nuque, y a quand même de grandes chances de toucher le cœur et les poumons. Je dis pas que c'est une mort enviable, mais du fait de l'hémorragie interne et du sang dans les poumons, ça doit pas aider à hurler.

Voilà, fin des pinaillages à la pertinence douteuse, place au texte. ^^

Je l'ai lu d'une traite, j'ai trouvé l'ambiance prenante et les personnages attachants même si le caractère de l'amie me laisse une impression mitigée. Je regrette qu'elle n'ait pas eu une attitude plus ambiguë dans ses apparitions. On n'aurait pas eu alors de quoi présager la fin, mais cela aurait donné plus de profondeur au personnage. Alors que là, le seul indice laissé au lecteur pour garder foi en cette jeune fille froussarde et émotive c'est son empressement à rapporter la disparition du corps de Iollan et son éducation de sorcière.
Je doute qu'elle s'amuse à "sauver" tous les condamnés de l'armée, elle devrait donc au moins dire un mot à la narratrice pour la dissuader de se suicider. Cela m'étonne qu'elle ne soit pas plus "résolue" après la mort de Iollan. Après avoir vu une exécution et métamorphosé un cadavre en aigle, ça doit l'endurcir sacrément, la pauvre. Bref, j'aurais aimé que ce soit seulement l'interprétation de la narratrice qui rende son amie si faible, dépassée, déboussolée.

La narratrice est beaucoup plus fiable, sa sensibilité est bien décrite, ainsi que sa culpabilité.

Je te suggère de déplacer au plus vite ta phrase d'introduction pour la mettre après ton texte, car là tu ôtes tout suspens au texte ! A partir du moment où on apprend que le corps de Iollan a disparu, c'est pas dur de déduire qu'il a dû se métamorphoser... ::)

Le texte est fluide et agréable à lire. J'ai particulièrement apprécié l'avant-dernier paragraphe, qui suggère plus qu'il ne raconte la deuxième exécution.

Donc, bonne continuation pour tes prochains textes !^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne ernya

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #2 le: 15 Octobre 2009 à 21:15:27 »
Parfois l’un d’eux croassait puis d’écroulait, raide et inanimé.
une petite faute de frappe

je plussoie Kathya pour ne pas parler de métamorphose dès ton intro et pour dire que le personnage de l'amie est peut-être un peu moins bien décrit que celui de la narratrice.

Mais sinon c'est vraiment bien écrit, comme toujours, devrais-je ajouter :P

Celui-ci encore, c'est un texte qui marque, gloups, peut-être pas une bonne chose  de lire ça après manger, lol. Mais c'est vraiment bien écrit, ce que je veux dire c'est que l'acte raconté est atroce mais l'atrocité est encore pire avec ton écriture :mrgreen:
et le personnage de la narratrice est vraiment bien façonné

le seul truc qui m'a gêné c'est la deuxième/ troisième partie du texte, celle où tu nous racontes la scène avec la métamorphose, j'ai trouvé que là c'était peut-être un peu moins écrit, un peu plus confus ou rapide
je sais pas trop comment t'expliquer mon impression, j'ai juste l'impression que le début était bien plus maîtrisé
il n'empêche que la fin reste bien écrite, hein, c'est juste que je le trouve un peu moins bien, trop rapide sans doute

enfin voilà merci pour ce texte ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Verasoie

  • Invité
Re : L'aigle de sang
« Réponse #3 le: 16 Octobre 2009 à 00:20:09 »


Kathya : je relève pas les citations une par une, je suis d'accord avec tout ce que tu as dit lol. Je corrigerai. Pour la lame dans ma nuque, mh... j'y avais pas pensé : D (pourtant j'ai cherché des coupes et des schémas xD). Je relirai en faisant bien gaffe qu'il ne crie pas plus longtemps que ce n'est physiologiquement possible.

Citer
Je doute qu'elle s'amuse à "sauver" tous les condamnés de l'armée, elle devrait donc au moins dire un mot à la narratrice pour la dissuader de se suicider. Cela m'étonne qu'elle ne soit pas plus "résolue" après la mort de Iollan. Après avoir vu une exécution et métamorphosé un cadavre en aigle, ça doit l'endurcir sacrément, la pauvre. Bref, j'aurais aimé que ce soit seulement l'interprétation de la narratrice qui rende son amie si faible, dépassée, déboussolée.

Elles sont amies d'enfance, d'où le fait qu'elle les ait sauvés elle et Iollan... je sais plus si je l'avais précisé. Sinon, elle veut cacher à Arc qu'elle va la sauver, parce qu'elle n'en a pas le droit non plus. J'essayerai de réécrire un peu ce passage dans ce sens (la peur d'être surprise etc)

ernya : Hihi c'est cool si je le rend encore plus atroce :mrgreen: (enfin non, j'me comprends, mais ça me fait plaisir que tu le dises ^ ^). Je l'ai pas inventé en plus, c'était vraiment une méthode d'exécution xD
C'est bien ce que je pensais, que la fin fait un peu tache... Je me suis mal débrouillée avec le thème "imposé" lol. Bon, puisque le texte vous a plu, je retravaillerai ça aussi *pas du tout influençable*


Merci à vous deux ! Je corrigerai quand je serai moins fatiguée que là, idem pour la réécriture = )

Hors ligne Nienna

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #4 le: 16 Octobre 2009 à 10:59:02 »
« Même si ce n’est pas la faute de Iollan, c’est la mienne.
Le "même si" je trouve que c'est moyen pour débuter la phrase.

« Si tu ne m’aides pas, tu sais que je ne ferai, même sans toi.
Petite faute de frappe : je le ferai...

Moins d'une journée à vivre.
J'aurais vu une autre formulation pour accentuer la force de la phrase. Pourquoi pas simplement "une journée à vivre" ? C'est le "moins" qui rend l'idée de la phrase, bancale. Enfin je sais pas trop comment expliquer...
 
J'aime bien le passage où tu répètes le prénom de "Iollan". Ça renforce le rythme, l'ambiance. C'est vraiment joli.

Sinon, d'accord avec les autres, le perso de l'amie est moins bien rendu que les autres.

Ok aussi avec Ernya : "l'atrocité est encore pire avec ton écriture". C'est vrai, ton écriture nous faire ressentir les choses. Quand tu décris la scène de l'exécution, j'ai eu à un moment un resserrement au ventre. Le genre de trucs, tu le lis et t'as comme un souffle de retard. Bref, bien écrit encore !

Ah et pour ce qui est de la fin, j'aime moins. Elle est jolie mais m'a moins touchée que le reste en fait. Je crois aussi que c'est dû au personnage de l'amie, j'ai eu un peu de mal à accrocher avec elle. Mais c'est vraiment perso... ;)

Mais sinon c'était bien, fluide, prenant, on reconnaît la "patte" Verasoie.  ^^ 
"Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."

Rimbaud - Alchimie du verbe

Hors ligne Niitza

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    • Niitza
Re : L'aigle de sang
« Réponse #5 le: 17 Octobre 2009 à 10:19:44 »
Premier de tes textes que je lis depuis longtemps ! Ça se fête !

Mais que dire en dehors du : j'ai beaucoup aimé ?

Essayons de détailler un peu quand même. La lecture est fluide, rarement bloquée par quelque affreuse faute ou tournure étrange. Ça se lit bien, d'une traite, en texte uni et bien condensé (c'est à dire avec un rythme soutenu mais pas trop, sinon ça ferait pack de survie indigeste).

Je suis plutôt d'accord avec les autres sur le fait qu'avoir grillé le sujet de ton texte dans la présentation que tu en fais en ôte un peu le suspense.

Pour ce qui est de l'amie, son comportement ne m'a pas dérangée outre mesure. Il m'a plutôt donné l'impression qu'elle était tiraillée entre les règles établies, ses propres craintes et l'affection qu'elle continue de porter à son amie d'enfance à qui elle veut épargner une mort dont elle considère qu'elle ne la mérite pas. Elle n'est pas soldat, et pourtant elle va contre tout ce qu'on lui a appris et contre sa propre terreur pour lui venir en aide, sans pouvoir s'empêcher de continuer à hésiter. Bref, c'est comme ça que je l'interprète ; ensuite, je me plante peut-être complètement.

Concernant les scènes d'exécution, comme Nienna, ça a un peu eu tendance à me retourner l'estomac. Ne serait-ce que parce que je considère que faire mumuse avec les côtes de quelqu'un qui est encore - à moitié, certes, mais tout de même - en vie relève plus de la torture que de la condamnation à mort. Tu as sans doute tes raisons pour avoir décrit le processus dans son déroulement le plus précis, mais je ne peux m'empêcher de penser que ce n'était pas forcément nécessaire, et qu'une bonne dose de non-dit ou d'évocations moins explicites et crues que ce tableau un peu chirurgical aurait même pu avoir un effet plus fort. En tout cas, face à ce passage (surtout celui de la mort d'Iollan, plus détaillé car vu d'un point de vue extérieur), je me suis retrouvée partagée entre la volonté de bien comprendre ce qui se passait au fur et à mesure que je le lisais et l'envie de ne pas lui donner trop de netteté : résultat, quelque chose d'assez flou et sanguinolent dans ma tête. Mais il faut prendre en compte le fait que je suis une pauvre âme sensible qui a tendance à trop se mettre à la place des personnages, et s'imaginer en train de se faire écarteler les côtes n'a jamais été particulièrement plaisant...

Par contre, je crois que c'est un peu la même chose qui se produit avec la scène de la métamorphose : ta volonté d'être précise et de suivre le processus d'un bout à l'autre est court-circuitée par le fait que ce qui se passe a une dimension d'irréel et d'indescriptible. A cela s'ajoute aussi le point de vue de la narratrice, d'abord hors de son corps puis ramenée à lui sans qu'elle sache vraiment comment. En conséquence, ce passage est en effet un peu flou. Ce ne serait pas un problème si on percevait que l'état - à moitié de choc - de la narratrice, l'empêchait de bien comprendre ce qui se passait et que cela expliquait le trouble de la description. Mais ce n'est pas indiqué, et on a l'impression qu'elle garde un esprit clair, et que c'est donc l'écriture ou les événements eux-mêmes qui perdent toute cohérence et s'embrouillent. Là encore, ne pas essayer d'être aussi précis pourrait aider (même si je sais que c'est atrocement horripilant lorsqu'on a une vision bien claire d'une scène et de son déroulement mais qu'on se rend compte qu'il est impossible de la rendre par écrit en conservant cette clarté).

Mais bon, en dehors de ces développements peut-être un peu abscons et à tendance critique, je t'assure que j'ai vraiment beaucoup aimé ton texte, avec juste la dose de mystère qu'il faut (on ne sait pas grand chose sur les personnages, quand on y pense, ni sur ce monde qui fait des soldats ou des sorciers avec des enfants), le tout appuyé par une écriture très sympathique. Vivement le prochain. ^^
Und meine Seele spannte
Weit ihre Flügel aus,
Flog durch die stillen Lande
Als flöge sie nach Haus.

Verasoie

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #6 le: 19 Octobre 2009 à 20:04:12 »
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Ok aussi avec Ernya : "l'atrocité est encore pire avec ton écriture". C'est vrai, ton écriture nous faire ressentir les choses. Quand tu décris la scène de l'exécution, j'ai eu à un moment un resserrement au ventre. Le genre de trucs, tu le lis et t'as comme un souffle de retard. Bref, bien écrit encore !

Merci : D

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Ah et pour ce qui est de la fin, j'aime moins. Elle est jolie mais m'a moins touchée que le reste en fait. Je crois aussi que c'est dû au personnage de l'amie, j'ai eu un peu de mal à accrocher avec elle. Mais c'est vraiment perso... ;)

Perso je l'aime pas trop non plus, la fin, j'ai l'impression de ne pas avoir réussi à trouver un terrain d'entente entre le thème que moi je voulais traiter, et celui de l'AT. Ou en tout cas, de les avoir faits séparément (quand je pensais l'envoyer à l'AT je me disais qu'il rentrerait peut être pas dans le thème puisque la première moitié du texte ne lui correspond pas, et maintenant c'est la deuxième moitié que je trouve mal amenée). En réécrivant la deuxième partie, j'essayerai de mieux la rattacher au début, je pense.

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Concernant les scènes d'exécution, comme Nienna, ça a un peu eu tendance à me retourner l'estomac. Ne serait-ce que parce que je considère que faire mumuse avec les côtes de quelqu'un qui est encore - à moitié, certes, mais tout de même - en vie relève plus de la torture que de la condamnation à mort. Tu as sans doute tes raisons pour avoir décrit le processus dans son déroulement le plus précis, mais je ne peux m'empêcher de penser que ce n'était pas forcément nécessaire, et qu'une bonne dose de non-dit ou d'évocations moins explicites et crues que ce tableau un peu chirurgical aurait même pu avoir un effet plus fort.

Si je me souviens bien de l'humeur dans laquelle je me trouvais, c'était un peu une description-défouloir. J'avais lu l'article sur wikipédia, et il m'avait un peu retournée aussi (enfin, c'était à partir d'une liste de techniques d'exécution, la pire étant pour moi le scaphisme, évitez de manger en même temps. À côté de ça, les scandinaves ils passent pour des Bisounours ^ ^). Y'avait aussi un peu l'exercice de style (première fois que j'écris quelque chose de "violent"). En tout cas je voulais vraiment, au moment là, avoir un impact sur le lecteur (pas "choquer pour choquer", mais je voulais le texte assez violent quand même). C'est vrai que des sous-entendus auraient aussi pu avoir un effet égal... par contre je sais pas si j'aurais été capable d'écrire ça de façon plus suggérée, moins précise.

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Par contre, je crois que c'est un peu la même chose qui se produit avec la scène de la métamorphose : ta volonté d'être précise et de suivre le processus d'un bout à l'autre est court-circuitée par le fait que ce qui se passe a une dimension d'irréel et d'indescriptible. A cela s'ajoute aussi le point de vue de la narratrice, d'abord hors de son corps puis ramenée à lui sans qu'elle sache vraiment comment. En conséquence, ce passage est en effet un peu flou. Ce ne serait pas un problème si on percevait que l'état - à moitié de choc - de la narratrice, l'empêchait de bien comprendre ce qui se passait et que cela expliquait le trouble de la description. Mais ce n'est pas indiqué, et on a l'impression qu'elle garde un esprit clair, et que c'est donc l'écriture ou les événements eux-mêmes qui perdent toute cohérence et s'embrouillent. Là encore, ne pas essayer d'être aussi précis pourrait aider (même si je sais que c'est atrocement horripilant lorsqu'on a une vision bien claire d'une scène et de son déroulement mais qu'on se rend compte qu'il est impossible de la rendre par écrit en conservant cette clarté).

Pour ce passage je pense que tu as effectivement trouvé ce qui coince (enfin, parmi d'autres trucs ^ ^). Je vais essayer de le faire plus suggéré.

Du coup le fait que vous ayez aimé me donne envie de retravailler la fin pour qu'il soit quand même un texte à part entière :3. Je m'y mettrai pas tout de suite (j'ai autre chose à finir ^ ^) mais je vais essayer de changer surtout la deuxième partie (elle-même déjà bien modifiée par rapport à sa première version). Merci pour vos commentaires !

Hors ligne Milora

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #7 le: 25 Octobre 2009 à 18:23:33 »
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tu sais que je ne ferai, même sans toi
le ferai ?

Wow.
C'est...
Wow.
C'est du Verasoie.
Bon, à la différence des autres, ce texte est carrément gore, je trouve xD Mais le pire c'est que malgré ça, on peut pas s'empêcher de continuer à lire !
Le passage dans la cellule m'a rappelé Le dernier jour d'un condamné (c'est un compliment). A la différence de Niitza, j'ai trouvé le passage de la métamorphose très bien. Très glauque (limite écoeurant... non, pas limite :mrgreen: ) mais bien amené, on s'y sent, on est scotchés.
Bref, rappelez-moi, la prochaine fois que je cherche un texte léger pour me dégager l'esprit... de ne pas lire du Verasoie :mrgreen:
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Verasoie

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #8 le: 25 Octobre 2009 à 18:31:01 »
Je prends ça comme un compliment :mrgreen:
La prochaine chose que je posterai sera légère, ce sera sûrement ma réponse à ton défi :P en tout cas, merci ^ ^

Hors ligne Milora

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #9 le: 29 Octobre 2009 à 18:59:40 »
J'ai hâte de voir ça ! ^^
Mais je repensais à ton texte, et quand même, y a un truc qui me chiffonne. Je trouve la technique d'exécution pas très crédible : casser des côtes à mains nues c'est quand même pas à la portée de tout le monde (dans les films policiers qui montrent des autopsies, ils y vont carrément aux tenailles), et les extraire encore plus... Même sans ça, à mon avis, ton supplice ne dure pas tant que ça : ton personnage doit rendre l'âme à la première côte, parce que pour la retirer elle doit perforer deux-trois organes vitaux, non ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Menthe

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #10 le: 29 Octobre 2009 à 23:16:41 »
Woah. C'est du lourd. Mais très (très très) bien écrit, fluide, harmonieux, vivant, palpable. Réaliste, vrai. Dur, aussi. Toute cette souffrance, ça fait quand même frissonner, et puis cette description de la torture, raah. Quelle horreur.
Malgré tout je ne regrette pas d'avoir lu. J'ai trouvé ça superbe, même si une suite m'aurait bien plu (oui, je sais, la fin ne laisse pas forcément deviner quelque chose, mais le décors et les personnages sont si bien présentés qu'on n'a pas envie de les quitter).
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Aislinn

  • Invité
Re : L'aigle de sang
« Réponse #11 le: 30 Octobre 2009 à 12:24:47 »
C'est impressionnant. Et Wow doit être le mot le plus proche de l'effet du texte. C'est juste... ça manque d'air, en quelque sorte. J'aime énormément, pour un premier texte que je lis ici, j'suis contente d'être venue ^^. (et ça m'a fait pleurer. J'suis trop émotive.)

Déjà, je ne peux qu'aimer. L'univers, les runes, les noms. Tout est bien dosé et arrive au bon moment. Le fait que le nom de la narratrice ne soit prononcé que deux fois en entier rend bien aussi, ça rend les émotions de l'amie plus fortes (je m'exprime mal, mais l'idée est là). On n'a pas son nom à elle d'ailleurs, juste Iollan et Arcueid, ce qui place tout le reste au second plan, et du coup on dirait un tableau.

La description de la première torture est peut être un peu trop détaillée pour moi par contre. D'un côté ça rend la scène plus réaliste, même si comme ça a été dit on peut probablement plus bien crier dans cet état, la scène est très vivante, mais peut être un peu lourde par rapport au reste qui est plus nuancé. La torture d'Arcueid est plus suggérée que décrite, la toute dernière partie est très poétique, et les passages où Arc est dans sa cellule restent légères, entre ses souvenirs et les dialogues. Du coup la mort de Iollan aurait peut être mérité une ou deux phrases pour l'alléger, histoire qu'elle soit plus dans la même veine que le reste. Ceci dit, est-ce qu'on peut garder l'image d'une torture comme une scène parmi d'autres ? Finalement, le côté dérangeant peu être un effet intéressant. Bref, ça donne de l'effet, mais c'est un peu étrange en le lisant une première fois.

J'aime énormément la fin. Les descriptions d'Arc, la façon dont elle parle de son propre corps comme un simple cadavre, sans y être attachée, ça rend vraiment bien. Le côté confus n'a posé aucun problème pour moi, parce que même si elle semble avoir une vision assez claire des évènements, elle ne peut pas les comprendre. C'est comme quand on regarde un film sans le son, on voit ce qui se passe, on peut le décrire sans souci, mais on ne le comprend pas.

Comme Menthe, j'aurais bien aimé avoir un bout de suite. Avec la description du vol. Même si ça n'aurait rien apporté à l'histoire, c'est trop bien écrit pour qu'on ait envie de s'arrêter.

Hors ligne Milora

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  • Championne de fautes de frappe
Re : L'aigle de sang
« Réponse #12 le: 30 Octobre 2009 à 19:03:34 »
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Comme Menthe, j'aurais bien aimé avoir un bout de suite. Avec la description du vol. Même si ça n'aurait rien apporté à l'histoire, c'est trop bien écrit pour qu'on ait envie de s'arrêter.
Ah non,  moi au contraire j'ai vraiment adoré la phrase :
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Ma pensée, elle aussi, semblait m’échapper, comme de l’eau vive que j’aurais tenté de saisir entre mes doigts.
Comme si la transformation faisait qu'elle ne pouvait plus réfléchir - donc décrire, puisque c'est la narratrice...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne cocopops

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Re : L'aigle de sang
« Réponse #13 le: 30 Octobre 2009 à 20:40:00 »
A cause de ton texte je n'ai plus faim...
Au risque de paraitre un peu sadique, ton passage de l'execution de Iollan est très réussi, je l'ai beaucoup aimé, malgré le fait que mon estomac à légérement fait des siennes en m'imaginant perdre mes côtes de cette façon...

Le passage de la métamorphose m'a moins marqué par contre, peut être est ce du à la façon dont c'est décrit, ou peut être à cause de l'impression trop descriptive que tu donne ( en fait c'est une description purement et simplement de ce que la naratrice voit et ce procédé convient parfaitement à l'éxécution de Iollan alors que là je n'arrive pas à accrocher )

Verasoie

  • Invité
Re : L'aigle de sang
« Réponse #14 le: 30 Octobre 2009 à 23:18:08 »
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Mais je repensais à ton texte, et quand même, y a un truc qui me chiffonne. Je trouve la technique d'exécution pas très crédible : casser des côtes à mains nues c'est quand même pas à la portée de tout le monde (dans les films policiers qui montrent des autopsies, ils y vont carrément aux tenailles), et les extraire encore plus...

Pourtant, c'était vraiment un supplice, apparemment, je n'ai rien inventé... enfin j'avoue que ça devait pas être très sympa à faire, lol. Ces Vikings... :mrgreen: Mais c'est vrai qu'il tient un peu trop longtemps pour que ce soit humainement possible.

Menthe : Comme le dit Milora, la narratrice ne peut plus continuer - on a sauvé sa vie, mais pas sa conscience, au final. (Non non, ce n'est pas une excuse pour clore le texte, mdr.) Merci pour ce que tu dis : )

Aislinn : Bienvenue, au passage, et sache que je tiens en très haute estime les gens qui commentent avant de poster ^ ^ (oui, même quand c'est pas un de mes textes, hein : P). Merci beaucoup pour ce que tu as dit, ça fait très plaisir.

Cocopops : ah, désolée de t'avoir coupé l'appétit xD. Mais je suis contente que tu aies aimé quand même ^ ^

 


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