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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Partir de Chicago

Auteur Sujet: Partir de Chicago  (Lu 3462 fois)

Hors ligne Gros Lo

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Partir de Chicago
« le: 03 Août 2009 à 01:32:04 »
J'suis tout honteux de poster ce texte alors que j'en ai une trentaine à rattraper >< et autant dans les poèmes. En plus c'était un exercice de style plus qu'autre chose : syndrome de l'éponge après Sur La Route de Kerouac, alors j'ai essayé de l'exorciser un peu dans un texte pseudo-kerouacien... en moins bien, bien sûr, et tout et tout.

Enfin bon. Je l'ai écrit, du coup j'ai pu (re)commencer la Nécro, tout est pour le mieux dans le meilleur des Word... pas vraiment d'idée pour un titre, j'aurais pu faire comme pour Beyond the Wild... "Vers la route" ? autant celui-là... et bien sûr qu'il y a aussi de l'Into the Wild là-dedans, y en aura toujours un peu, dissimulé ou pas, je crois...

bonne lecture.






Partir de Chicago



Je me souviens de la date exacte. Le jour où j’ai décidé de partir, c’était le 22 mai 1959. Je m’en rappelle parce que je revenais de l’anniversaire d’un ami, on était trois dans la voiture et la soirée avait été assez arrosée pour tirer des plans sur la comète en tout genre. On sortait du centre-ville de Chicago et Fred était au volant, slalomant entre les files encombrées du périphérique. « Et si on allait poser nos pieds ailleurs que sur ce putain d’asphalte ? » il avait lâché. Max avait répondu quelque chose au sujet de la puanteur des chaussettes de Fred, qui continuait : « Si on allait empester des terrains vierges, les mecs, sans rire ? »

Pendant le trajet, Fred s’était mis à décrire les forêts d’Alaska, les plaines sèches des Mormons, Denver, la Nouvelle-Orléans, San Francisco, tout ce qui, en fait, nous faisait un tant soit peu vibrer. Fred a toujours eu un talent pour convaincre les gens qu’il a les meilleurs plans du monde. J’avais commencé à entrer dans son jeu, sans trop savoir sur quel terrain je m’aventurais – une saleté de sente poussiéreuse, à tous les coups. Max était un peu détaché de l’affaire, il s’occupait de la bouteille de gin, tout dépité de n’avoir su trouver de gonzesse, et c’était assez exceptionnel. En ce temps-là, on était tous assez axés sur les filles, et c’est peut-être parce qu’on n’avait rien trouvé à nous mettre sous la dent ce soir-là que l’idée de prendre le large a fait son chemin dans nos caboches.

C’était quelque part à cheval entre le 21 et le 22 mai, dans la banlieue de Chicago où on louait un appartement assez minable, que tout a commencé à prendre de l’ampleur. Fred était plus enjoué que d’ordinaire, il parlait vite et fort et ponctuait ses tirades de « Ah, tu m’as compris, hein ? oui, oui je le sens, t’es un pote tu sais c’est pour ça que tu cernes, on va le faire ce putain de voyage interstellaire. » Max voulait dormir, il était énervé par la tournure de la soirée. A l’évidence, il aurait préféré mettre une fille dans son pieu plutôt que nous entendre déballer ce projet-là. Sur le coup de quatre heures du matin, je suis allé voir s’il restait quelque chose de mangeable dans le frigo. Je crois m’être fait un sandwich avec du beurre et un reste de bacon. Quand je suis revenu, Fred avait disparu. « Voisin, emprunté sa grande carte, tu sais, tout ça… » a grommelé Max, rabattant les couvertures et enfouissant sa tête dans les oreillers. Je ne sais plus si j’ai déjà parlé de la gueule de ce cher Max. Elle est très ronde et très grosse, un peu comme une ampoule, à la différence qu’il a un cou plutôt rachitique, avec une barbe de trois jours – elle a toujours fait trois jours depuis que je le connais, ni deux ni quatre, c’est la seule chose dont il prend soin, sa barbe. Et à la différence qu’il n’est pas vraiment une lumière. Pour être bref, Fred est revenu, brandissant sa carte de l’Amérique du Nord mais un peu contrarié.

« Le voisin a fait la gueule, mais ça fait des mois qu’il m’a emprunté cette carte, je l’avais bien prévenu que je pouvais en avoir besoin à tout moment. Lui et sa pute, là, ça m’a gêné de les sortir du lit mais notre projet tient la route – et on a intérêt à la tenir aussi – et c’est pas la question, c’est ma putain de belle carte, et puis elle, elle n’est pas sortie du pieu. Alors. » Il avait étalé la putain de belle carte sur la table et montrait de l’index les régions qu’il avait évoquées au volant. « L’Alaska, c’est non pour moi. Trop froid, trop sauvage, j’ai pas envie de me faire dépecer par un grizzly ou de crever parce que j’ai mangé des baies pas comestibles.  Si c’est ça ton trip, tu pars, mais pas avec moi. D’ailleurs on ne partira pas ensemble, trop de contraintes, pas assez de marge de manœuvre, si tu vois ce que je veux dire. Se prendre l’autre dans les pattes, les horaires, et tout ; t’es pas libre si tu pars à plus d’un. Déjà que t’as plein de voix dans ta tête qui foutent le bordel en temps normal, pas besoin de prendre un autre réservoir d’interférences. Tu m’as compris non, ouais, hein ? Je le savais. Il faudrait se faire le Minnesota un de ces quatre. »

En une demi-heure, il avait épilogué sur le Nord et le Sud, les côtes Est et Ouest, le Mississipi et le Colorado, les Grands Lacs, New York et Los Angeles, les riches baraques des rives de Chesapeake Bay et les ranches miteux d’Oklahoma, sans compter plein d’autres sujets déjà assommants en temps normal et très difficiles à surmonter à tout juste cinq heures.

« Tu comprends, il faut pas traîner. Il faut partir dès qu’on a les résultats de l’université. Qu’on ait réussi ou pas, on s’en tape. Une fois qu’ils seront là, la vadrouille pourra commencer, c’est tout ce qui compte. Partir avec le minimum de thune, tu sais, c'est pratique. C’est ça, le voyage : trouver le fric pour continuer à creuser ton sillon, les dollars se convertissent en kilomètres, d’une façon si naturelle que tu en tombes des nues. C’est Adam qui prend Eve par derrière pendant qu’elle répond au serpent. La plonge dans un bar, et c’est reparti pour deux jours de train. Et y a toujours le stop, si t’es fauché. Et ça coule de source, jamais rien connu d’aussi enthousiasmant que la route qui se déroule devant toi, grâce à ta caboche. A toi de perpétuer tout ce goudron et ce métal tonitruant. Ça, ça me plait. Ça te plaît aussi, pas vrai ? C’est ça, le voyage, et rien d’autre. »

Il avait encore raison ; ce serait ça et rien d’autre, j’allais vite le comprendre. Pour l’heure, j’avais juste envie de partir, et ce n’était plus juste un sentiment enflammé de fin de soirée. La nuit, cette petite pute, anesthésiait tout ce bon fiel, qu’on la passe à rêver éveillé ou endormi. Quand le matin est arrivé, j’étais résolu, et assez fier que la petite pute n’ait pas réussi à me porter ses conseils d’assagissement.

Le lendemain, contre toute attente, j’avais surenchéri à la frénésie caractéristique de Fred. Le 27 mai, un sac sur le dos, j’ai fendu l’asphalte dans toute son épaisseur et j’ai mis le cap sur des routes poussiéreuses à empester, un contact inconnu pour les pompes du banlieusard de Chicago que j’avais toujours été. Il fallait que je sente du gravillon et de la terre sous mes pieds, c’était une conviction qui dépassait toutes celles que j’avais pu élaborer au cours de mes pseudo-questionnements existentiels. Il fallait que je sente la terre en dessous, elle et rien d’autre, il fallait que je me prenne en main, parce qu’on n’avait qu’une vie – déjà bien entamée puisque j’avais fêté mes vingt-deux ans un mois avant – et qu’on ne pouvait se permettre de la dépenser en restant engoncé dans des paramètres que d’autres que soi avaient fixé. En un mot, j’allais enfin revenir aux soubassements du péché originel, avec dans la tête l’espoir de comprendre si Adam avait eu raison de culbuter Eve et Eve de causer au serpent. On était le 27 mai 1959 et j’avais à nouveau la vie devant moi.





« Modifié: 28 Janvier 2010 à 01:41:21 par Loredan »
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Hors ligne ernya

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #1 le: 03 Août 2009 à 19:01:41 »

une saleté de sente poussiéreuse, à tous les coups.
mouais.... je trouve que le texte est quand même très familier, non ?
ne serait-ce que dans la façon de raconter
du coup "sente" ça fait un peu tâche, enfin, ça fait trop bien quoi, lol

Eve de tchatcher le serpent.
je suis pas sûre de comprendre
on tchatche avec quelqu'un, non ?
ou alors c'est un autre sens ?

sinon j'ai bien aimé
j'ai bien aimé la façon dont c'est raconté, les expressions et puis tout ce qui fait "vrai", enfin tout ce qui sonne juste quoi, je sais pas trop comment le dire....
le seul truc négatif c'est que c'est juste un texte sur l'avant-départ, j'aurais bien voulu que ce soit plus long, voir le voyage raconté aussi, enfin bon, c'était pas le but du texte certes
c'est juste que j'en veux toujours plus :-¬?
mais sinon j'ai vraiment bien aimé cette petite page de route, c'est sympatoche ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Hors ligne cocopops

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #2 le: 06 Août 2009 à 13:36:27 »
Sa fait rêver.

J'aime beaucoup ton exercice de style, pas forcément très profond ni plein d'originalité, mais c'est un texte simple et bien écrit que je trouve très agréable a lire.

Je ne trouve pas les mots précis pour définir l'impression d'ensemble et le détail( sa fait pas avancer la critique sa, désolé), mais je trouve que c'est un bon texte, qui sonne juste et donne presque envie.

Désole c'était pas très constructif :-\
« Modifié: 06 Août 2009 à 17:18:03 par cocopops »

Hors ligne Milora

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #3 le: 10 Août 2009 à 19:15:58 »
Citer
tout est pour le mieux dans le meilleur des Word
Mdr ^ ^

Ah, du Loredan ! Ça faisait longtemps ! Et ça se renouvelle, en plus ! Ecrit d'une main de maître, comme d'hab on sent la puissance dans ton écriture.

Après, pour le contenu, c'est pas ce qui me plait le plus comme thème, mais c'est bien traité, on ne décroche pas.

Bref, du Loredan.

Quelques chipotages de détail :

Citer
La nuit, cette petite pute
Etant donné le nombre de fois où le mot revient, je trouve que ça fait un peu répétition - surtout que c'est un mot qui a un impact...

Citer
les pompes du banlieusard de Chicago
Je trouve que le terme de "banlieusard" et ses connotations ne collent pas trop à la réalité géographique des Etats-Unis (comment ça, y a qu'une ex-khâgneuse histoire-géo pour sortir une phrase pareille ?  :-[ )

Et je rejoins ernya sur "tchatcher avec".



Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Nienna

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #4 le: 14 Août 2009 à 13:47:31 »
Contente de lire un nouveau texte de toi. Et en plus j'aime bien.

Je m’en rappelle parce que je revenais de l’anniversaire d’un ami, on était trois dans la voiture et la soirée avait été assez arrosée pour tirer des plans sur la comète en tout genre.

J'aurais peut-être mis un point après "l'anniversaire d'un ami" et donc recommencer une phrase avec ce qui suit.

Et ça coule de source, jamais rien connu d’aussi enthousiasmant que la route qui se déroule devant toi, grâce à ta caboche.
J'aime bien cette idée.

C’est pratique, de partir avec le minimum de thune.
A la première lecture la virgule placée là m'avait gênée. A la seconde, je me dis que ça met en valeur le "minimum de thune" et la phrase suivante le "voyage" donc du coup la virgule là, ça colle.  Mais je sais pas, ça donne un rythme assez space. Je le relève mais t'en fais ce que tu veux, c'est du chipotage.

Parce qu’attention, c’est toi et toi seul qui fais qu’elle continue.
Avis subjectif mais j'aime pas la tournure de cette phrase.  Le "parce qu'attention, c'est toi et toi seul..." je trouve que ça colle pas trop au perso. (peut-être que je me trompe) et ça fait trop "moraliste". Le "attention" est peut-être trop fort, trop accentué.

La nuit, cette petite pute, anesthésiait tout ce bon fiel, qu’on la passe à rêver éveillé ou endormi.
Ben, jolie phrase.

Et je rejoins aussi Ernya et Milora sur "tchatcher avec".

.

Sinon dans la globalité, j'aime l'idée du texte, jumelle d'Into the Wild. Un peu trop peut-être ? Mais je suis pas la mieux placée pour dire ça, j'adore Into the Wild et les pistes de réflexions qu'il offre, donc du coup j'aime l'ambiance de ton texte parce que je retrouve l'Into the Wild que j'aime. Mais je pense pas que ce soit pour autant un défaut, parce que tu ne te contentes pas de "piquer" les idées du bouquin/film, tu les adaptes, les intériorises et du coup on ressent ta patte donc ça passe. Aussi, y a une certaine sincérité qui se dégage de ce texte qui est belle.

Voilà, bien, agréable à lire. Pour moi, dans la continuité de Beyond the Wild.

"Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."

Rimbaud - Alchimie du verbe

Hors ligne Gros Lo

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #5 le: 26 Août 2009 à 16:58:02 »
Donc dans l'ordre.



Ernya


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une saleté de sente poussiéreuse, à tous les coups.
mouais.... je trouve que le texte est quand même très familier, non ?
ne serait-ce que dans la façon de raconter
du coup "sente" ça fait un peu tâche, enfin, ça fait trop bien quoi, lol[/quote] ok... "une saleté de sentier tout en poussière" ?


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Citation de: Loredan
Eve de tchatcher le serpent.
je suis pas sûre de comprendre
on tchatche avec quelqu'un, non ?
ou alors c'est un autre sens ?
sûre qu'y a pas les deux ? en tout cas, j'aime pas trop, donc si je dois changer ça tombe bien. "de parler au serpent", tout simplement ?


voilà. Tout ça n'étant qu'un plagiat assumé de Kerouac :-¬? merci d'avoir lu si vite ^^



Cocopops

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Sa fait rêver.
ça :mrgreen: j'plaisante. Merci pour ton commentaire ^^


Mil'

Ton commentaire me fait plaisir, je pensais que tu n'aimerais pas. (et que tu n'aimais pas ce que j'écrivais, plus généralement)

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La nuit, cette petite pute
Etant donné le nombre de fois où le mot revient, je trouve que ça fait un peu répétition - surtout que c'est un mot qui a un impact...
ça revient souvent ? ah oui avec celle du voisin. "cette petite dépravée" marcherait ? ou bien ça sonnerait faux, comme "sente", trop élevé dans le registre de langue ?

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les pompes du banlieusard de Chicago
Je trouve que le terme de "banlieusard" et ses connotations ne collent pas trop à la réalité géographique des Etats-Unis (comment ça, y a qu'une ex-khâgneuse histoire-géo pour sortir une phrase pareille ?  :-[ )
lol - je mets quoi alors ?

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Et je rejoins ernya sur "tchatcher avec".
ok pour "parler au serpent" ?

merci ^^


Nienna


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Citation de: Loredan
Je m’en rappelle parce que je revenais de l’anniversaire d’un ami, on était trois dans la voiture et la soirée avait été assez arrosée pour tirer des plans sur la comète en tout genre.

J'aurais peut-être mis un point après "l'anniversaire d'un ami" et donc recommencer une phrase avec ce qui suit.
oui? en fait j'ai peur, si je transforme la virgule en point, de faire un flop sur la première phrase, genre "on s'en fout" : "Je m'en rappelle parce que je revenais de l'anniversaire d'un ami." > cool, c'est prodigieusement inintéressant ton histoire dis-moi... ; si je laisse la virgule, la justification ne bute sur aucun obstacle et parvient à sa destination, "plans sur la comète". Qu'est-ce que t'en penses ?
(ouah on a des problèmes existentiels de ouf n'empêche : "ôter ou ne point ôter cetteu virgûle, telle est la question..." >< je crois que j'aime bien :mrgreen:

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Et ça coule de source, jamais rien connu d’aussi enthousiasmant que la route qui se déroule devant toi, grâce à ta caboche.
J'aime bien cette idée.
made in Kerouac (made on the Road :mrgreen:), d'une façon ou d'une autre ^^

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C’est pratique, de partir avec le minimum de thune.
A la première lecture la virgule placée là m'avait gênée. A la seconde, je me dis que ça met en valeur le "minimum de thune" et la phrase suivante le "voyage" donc du coup la virgule là, ça colle.  Mais je sais pas, ça donne un rythme assez space. Je le relève mais t'en fais ce que tu veux, c'est du chipotage.
c'est surtout laid :-¬? "Partir avec le minimum de thune, tu sais, c'est pratique." ?

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Citation de: Loredan
Parce qu’attention, c’est toi et toi seul qui fais qu’elle continue.
Avis subjectif mais j'aime pas la tournure de cette phrase.  Le "parce qu'attention, c'est toi et toi seul..." je trouve que ça colle pas trop au perso. (peut-être que je me trompe) et ça fait trop "moraliste". Le "attention" est peut-être trop fort, trop accentué.
le "qui fais qu'elle" est surtout abject, nan ? refaire toute la phrase...?

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Citation de: Loredan
La nuit, cette petite pute, anesthésiait tout ce bon fiel, qu’on la passe à rêver éveillé ou endormi.
Ben, jolie phrase.
Mil trouvait à juste titre que ça faisait pas mal de "pute" en quelques lignes... si je remplace par "dépravée", elle reste jolie ?


.

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Sinon dans la globalité, j'aime l'idée du texte, jumelle d'Into the Wild. Un peu trop peut-être ? Mais je suis pas la mieux placée pour dire ça, j'adore Into the Wild et les pistes de réflexions qu'il offre, donc du coup j'aime l'ambiance de ton texte parce que je retrouve l'Into the Wild que j'aime.
en fait je pense que McCandless a lu Kerouac.

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Voilà, bien, agréable à lire. Pour moi, dans la continuité de Beyond the Wild.
c'est marrant, à un moment j'avais pensé à englober BTW à qqch de plus important, une sorte de mini-triptyque dont il aurait été le 3ème volet. Et ce texte-ci pourrait être le 1er ou le 2ème. Bref, ouip, dans la continuité pour le moment de rédaction, mais aux origines pour la narration ?



*

d'une façon plus générale, j'ai eu l'impression en vous lisant (genre "oh un nouveau texte, ça faisait longtemps") que ça faisait des années que j'avais rien écrit >< ce qui n'est peut-être pas si faux... enfin des mois. Et puis celui-ci n'est qu'un exercice. Mais bref, ce n'est pas le calme plat, la Nécro-2 se met en route, c'est juste qu'elle est bouclée dans Word pour l'instant...
en tout cas merci pour tous vos commentaires.

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #6 le: 29 Août 2009 à 11:41:32 »
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Ton commentaire me fait plaisir, je pensais que tu n'aimerais pas. (et que tu n'aimais pas ce que j'écrivais, plus généralement)
Ben où t'es allé pêcher ça ? Ça dépend des textes !

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La nuit, cette petite pute
Etant donné le nombre de fois où le mot revient, je trouve que ça fait un peu répétition - surtout que c'est un mot qui a un impact...
ça revient souvent ? ah oui avec celle du voisin. "cette petite dépravée" marcherait ? ou bien ça sonnerait faux, comme "sente", trop élevé dans le registre de langue ?
Non je trouve pas que ça fasse trop élevé (c'est pas si recherché, dépravé).
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Nienna

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #7 le: 29 Août 2009 à 16:42:48 »
oui? en fait j'ai peur, si je transforme la virgule en point, de faire un flop sur la première phrase, genre "on s'en fout" : "Je m'en rappelle parce que je revenais de l'anniversaire d'un ami." > cool, c'est prodigieusement inintéressant ton histoire dis-moi... ; si je laisse la virgule, la justification ne bute sur aucun obstacle et parvient à sa destination, "plans sur la comète". Qu'est-ce que t'en penses ?
Ok explication acceptée.

(ouah on a des problèmes existentiels de ouf n'empêche : "ôter ou ne point ôter cetteu virgûle, telle est la question..." >< je crois que j'aime bien :mrgreen:
j'te dis pas si il avait été question d'un point virgule... :mrgreen:

c'est surtout laid :-¬? "Partir avec le minimum de thune, tu sais, c'est pratique." ?
Ouais ça serait mieux comme ça.

le "qui fais qu'elle" est surtout abject, nan ? refaire toute la phrase...?
Ouais en fait la phrase serait à refaire...   :-[

Citation de: Loredan
La nuit, cette petite pute, anesthésiait tout ce bon fiel, qu’on la passe à rêver éveillé ou endormi.
Mil trouvait à juste titre que ça faisait pas mal de "pute" en quelques lignes... si je remplace par "dépravée", elle reste jolie ?
ça reste joli mais ça l'est encore plus avec "petite pute" je trouve. A toi de voir, perso le surplus de mots "putes" ne m'a pas spécialement gênée.

c'est marrant, à un moment j'avais pensé à englober BTW à qqch de plus important, une sorte de mini-triptyque dont il aurait été le 3ème volet. Et ce texte-ci pourrait être le 1er ou le 2ème. Bref, ouip, dans la continuité pour le moment de rédaction, mais aux origines pour la narration ?
"A un moment" ? ça veut dire que t'as plus envie ? Parce que ça serait une chouette idée, un triptyque. Et dans ce cas, oui, celui-ci serait aux origines pour la narration puisque traitant de l'origine du voyage. BTW pourrait être un deuxième. Dans ce cas il faudrait un troisième pour clôturer l'ensemble, amener vers une nouvelle ouverture peut-être. (euh...tu me suis ? parce que j'ai pas l'impression d'être claire). Enfin c'est juste une idée.

d'une façon plus générale, j'ai eu l'impression en vous lisant (genre "oh un nouveau texte, ça faisait longtemps") que ça faisait des années que j'avais rien écrit ><
Et j'étais pas la mieux placée pour dire ça  :noange:

"Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."

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Re : Partir de Chicago
« Réponse #8 le: 29 Août 2009 à 17:57:44 »
Citation de: Nienna
Citation de: Lo'
c'est marrant, à un moment j'avais pensé à englober BTW à qqch de plus important, une sorte de mini-triptyque dont il aurait été le 3ème volet. Et ce texte-ci pourrait être le 1er ou le 2ème. Bref, ouip, dans la continuité pour le moment de rédaction, mais aux origines pour la narration ?
"A un moment" ? ça veut dire que t'as plus envie ? Parce que ça serait une chouette idée, un triptyque. Et dans ce cas, oui, celui-ci serait aux origines pour la narration puisque traitant de l'origine du voyage. BTW pourrait être un deuxième. Dans ce cas il faudrait un troisième pour clôturer l'ensemble, amener vers une nouvelle ouverture peut-être. (euh...tu me suis ? parce que j'ai pas l'impression d'être claire). Enfin c'est juste une idée.

oui pourquoi pas relancer cette idée-là... mais je suis pas très fan des deux-tiers déjà écrits du projet, alors... :mrgreen:
Une nouvelle ouverture, genre "happyness... only... when... shared..." ? :mrgreen:
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Re : Partir de Chicago
« Réponse #9 le: 29 Août 2009 à 19:11:58 »
Petite modif, donc :

"... Une fois qu’ils seront là, la vadrouille pourra commencer, c’est tout ce qui compte. Partir avec le minimum de thune, tu sais, c'est pratique. C’est ça, le voyage : trouver le fric pour continuer à creuser ton sillon, les dollars se convertissent en kilomètres, d’une façon si naturelle que tu en tombes des nues. C’est Adam qui prend Eve par derrière pendant qu’elle répond au serpent. La plonge dans un bar, et c’est reparti pour deux jours de train. Et y a toujours le stop, si t’es fauché. Et ça coule de source, jamais rien connu d’aussi enthousiasmant que la route qui se déroule devant toi, grâce à ta caboche. A toi de perpétuer tout ce goudron et ce métal tonitruant. Ça, ça me plait. Ça te plaît aussi, pas vrai ? C’est ça, le voyage, et rien d’autre."


?
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Re : Partir de Chicago
« Réponse #10 le: 27 Février 2016 à 12:37:23 »
Hey !

Bon, pour le Défi Lecture 2016, je cherchais un texte publié avant 2010, et puis un texte que j'aurais lu mais oublié, et puis je suis tombé sur celui-ci... Et je me suis rendue compte que, pour remplir le critère "un texte d'un membre qui a posté dans votre présentation", je n'avais pas trop le choix, il fallait que je lise un de tes textes ^^

Voilà voilà, petit marabout. Tu te ficheras ptet bien de mes commentaires sur ce texte que tu as ptet bien oublié, mais c'est comme ça !

Citer
pour tirer des plans sur la comète en tout genre
le "en tout genre" en fin de phrase fait lourd

Citer
« [...]et c’est pas la question, c’est ma putain de belle carte, et puis elle, elle n’est pas sortie du pieu. Alors. »
:D

Citer
Ça, ça me plait. Ça te plaît aussi
Hum, orthographe réformée ou on, il faut choisir :mrgreen:


Bon, un chouette texte évidemment, qui fait écho à plein de choses que j'ai pu lire de toi, ici ou sur ton blog. J'ai beaucoup aimé cette tranche de vie et le fait de raconter ce moment-clé où on décide de prendre la route.
Par contre, les références à Adam et Eve, je les ai vraiment trouvées tirées par les cheveux. Ok pour le lien avec la Connaissance, le serpent et le fruit, tout ça, mais le fait qu'Adam prenne Eve (par devant ou par derrière, peu importe  :huhu:) est plus une conséquence qu'une cause du péché originel donc c'est bof comme raisonnement. (mais bon, le narrateur a l'air un peu frustré alors ptet que ceci explique cela... et pis, bon, c'est plus rigolo que de manger une pomme)

bisous !
Oh yeah ! 8)

 


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