Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Seule la Lune saura - v2

Auteur Sujet: Seule la Lune saura - v2  (Lu 2927 fois)

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Seule la Lune saura - v2
« le: 11 Février 2016 à 23:30:38 »
Seule la Lune saura

[Attention, ce texte est une uchronie ; les faits historiques sont fortement détournés.]


      Le 17 janvier 1952, lors de sa dix-neuvième mission à bord d'un avion de chasse F9F Panther, Neil Armstrong perd le contrôle de son engin et s'écrase dans le port d'Incheon. En 1963, Valentina Tereshkova devient la première femme à effectuer un vol dans l'espace, et la première cosmonaute soviétique.
   Galvanisés, et craignant que les américains ne les devancent avec le lancement d'Apollo onze, les soviétiques décident alors d'envoyer une mission vers la lune. L'équipe est constituée de quatre cosmonautes, deux hommes et deux femmes, ainsi que de Natalia Mikoyan, la fille du nouveau dirigeant Anastase Mikoyan. La jeune femme a alors dix-neuf ans et est présentée au yeux du peuple comme la mascotte de la mission.
   La fusée effectue le vol et le module atterrit sans incident majeur, ce qui est un exploit. Natalia Mikoyan est le premier être humain à marcher sur la Lune. Malheureusement, peu après la transmission sur plus de six cent mille téléviseurs à travers le monde, le contact est coupé. Il apparaît vite que les astronautes ne sont plus en mesure de redécoller, et la fusée ne donne plus signe de vie.
   Le 20 mai 1964, les cinq disparus sont honorés par un enterrement symbolique à la  Nécropole du Kremlin à Moscou. La perte de sa fille plonge Anastase Mikoyan dans une douleur telle qu'il se retire du pouvoir, et laisse vacant son poste de secrétaire général du Parti.
   Ce départ précipité plonge la classe dirigeante russe dans une tourmente qui oppose, d'une part, les partisans de Léonid Brejnev, et, d'autre part, ceux de Nikita Khrouchtchev. Ce dernier est accusé de vouloir déstabiliser le pays avec une politique libérale. Les soupçons à son égard se fondent sur notamment son soutien fort au roman
Le Docteur Jivago de Boris Pasternak, alors qualifié de texte réactionnaire par le Parti, et censuré malgré le prix Nobel de littérature obtenu par son auteur. De ce fait, les chances données à Nikita Khrouchtchev restent faibles.
   De l'autre côté de l'océan Pacifique, les Américains ont accéléré leur programme spatial. Trois semaines seulement après le lancement de la mission russe a lieu celui d'Apollo onze. Quatre jours après, les astronautes américains posent à leur tour le pied sur la Lune.
*
   Une fois la cabine dépressurisée et l'écoutille ouverte, Walter G. Grissom, le premier, sortit à l'extérieur du module Aigle. Il descendit l'échelle, puis posa le pied sur le sol lunaire. Au-dessus de lui s'étendait un ciel d'une immobilité et d'un noir profonds. Une chape de silence pesait sur l'homme, accentuant sa solitude dans ce désert de poussière grise.
   Walter prononça une phrase qui marquerait l'Histoire :
_ L'Amérique aurait dû être pionnière ici : elle le sera partout ailleurs.
   À quoi il ajouta, après un temps :
_ La première, elle ramènera ses hommes sur Terre.
   La joie et l'appréhension se mêlaient dans sa voix. Puis, il se tut. Walter et John venaient de se poser en plein centre de la Mer de la Tranquillité, là où les Russes les avaient précédés. Le module soviétique gisait à moins de cent mètres. Volontairement, le centre de contrôle avait orienté l'atterrissage le plus près possible de celui de leur prédécesseur. Constater la fin de la mission soviétique et ramener les corps serait une manœuvre politique judicieuse dans le contexte de la Guerre Froide.
   John s'occuperait des prélèvements, mesures et photographies à but scientifique, tandis que Walter se chargerait d'approcher le module abandonné.
   L'astronaute s'était entraîné. Il avait étudié la mission russe sur la base de toutes les informations récupérées par la National Security Agency. Malgré sa préparation, il redoutait la confrontation avec les corps… Mais, encore plus, une rencontre avec des vivants. Cela lui coûtait mais, pourtant, il espérait qu'aucun des astronautes russes n'ait survécu.
*
   Natalia inspira péniblement. Sergueï s'était suicidé lorsque leur fusée, en orbite au-dessus d'eux, avait explosé, percutée par une masse flottante. Son corps, vêtu de son scaphandre désormais inutile, gisait à l'extérieur dans la poussière grise. Sergueï avait marché jusqu'à étouffer.
   Lorsque cet ultime compagnon, le dernier adulte à ses côtés, avait quitté le module, Natalia avait hurlé, accrochée à son bras. À la suite de cet abandon, elle s'était tenue prostrée, plongée deux jours durant dans un état d'hébétude. Après quoi, elle voulut se résoudre à mourir à son tour, mais n'y parvint pas.
   Seuls l'espoir, qu'elle ne parvenait pas à vaincre, et les réserves surdimensionnées, avaient maintenu Natalia en vie pendant les quatre semaines écoulées. Dans l'habitacle, elle disposait aussi de Guerre et Paix de Tolstoï, fruit d'un caprice peu avant le départ. Si elle avait su qu'elle le terminerait pour la cinquième fois... Quelques heures de lecture par jour l'extirpaient de son état de somnolence et conservaient l'équilibre fragile qui tenait la folie à distance.
   À l'arrivée de l'Aigle, le sol trembla. Le livre claqua en heurtant le sol. Natalia tenta de se lever, la tête dodelinante. Elle renonça, pour s'avancer à quatre pattes vers le sas, puis entreprit de le déverrouiller de l'intérieur. Effectuer les manipulations habituelles lui prit une éternité. Elle en vint à bout parce qu'elle ne voulait pas mourir maintenant.
   Enfin, elle s'assit par terre, adossée à la porte, et attendit, tremblante.
*
   La facilité d'ouverture de la porte surprit Walter G. Grissom, qui pénétra avec prudence dans le sas. Sa lampe éclaira l'espace sombre, grand comme deux placards.
   Lorsqu'il poussa la deuxième porte, le corps de la jeune femme glissa au sol devant lui. Il tressaillit. Vivait-elle encore ? Ses cils bougèrent. Il entra tout à fait à l'intérieur du sas et releva sa visière. Des rides en pattes d'oie s'étiraient en étoile depuis les yeux inquiets de l'homme. Ses sourcils épais se fronçaient au-dessus d'un nez cassé. Une barbe drue de quatre jours couvrait la moitié basse de son visage.
   Il souleva le corps affreusement maigre de la jeune femme et l'étendit dans le fauteuil le plus proche. Les lèvres de Natalia s'étirèrent en un mince sourire. Elle demanda :
_ России?
   Comme l'homme ne réagissait pas, elle ferma les yeux un instant. Il attendit. Puis, dans un anglais approximatif :
_ Comment sont mes parents ?
   Elle pensait à eux à chaque instant depuis son départ. Mais la fierté avait cédé le pas à l'angoisse puis, confrontée à l'échec de la mission, à la peur de décevoir, et à une culpabilité qui la rongeait.
_ Bien, souffla l'homme, même s'il n'en savait rien.
   Il se pencha vers elle pour l'ausculter rapidement, puis lui sourit, avant de refermer sa visière. Il ne restait presque plus d'oxygène dans l'atmosphère intérieur du module. Comme un micro équipait son scaphandre, il put poursuivre. La peine transparaissait dans la voix de l'homme.
_ Ils seront contents de te revoir.
   Les yeux de Natalia brillèrent de soulagement un bref instant, avant de s'étrécir, comme elle doutait de ses paroles.
_ Mais vous êtes américain. Allez-vous me rendre à eux ?
   Le regard de Walter se teinta de tristesse. Il tendit sa main gantée vers les cheveux de la jeune femme, qu'il effleura du bout de doigts.
_ Bien sûr. Ils seront heureux.
   Natalia insista, de sa petite voix :
_ Allez-vous demander de l'argent contre moi ?
   Walter se força à rire.
_ Tes parents ont de quoi payer.
   Les yeux de Natalia s'agrandirent. Ses pupilles paraissaient dilatées.
_ Ce n'est pas vrai, protesta-t-elle. C'est l'argent de la Nation.
   Sur quoi, elle se tut. Le talkie-walkie de l'homme grésilla à sa ceinture. John l'appelait.
_ Walter ? Tout va bien ?
_ Tout va bien.
_ Tu as dix minutes encore, maximum.
_ Ça va le faire.
_ Tu as besoin d'aide ?
_ Non.
   Walter replaça l'appareil à sa ceinture. Natalia lui parut encore plus pâle ; elle transpirait. Il se pencha vers elle, et demanda :
_ Qu'est-ce que tu voudras faire, après ?
_ Professeur, souffla-t-elle. Je vais aller à l'université à Moscou.
_ Tu as des frères et sœurs ?
   Natalia sourit.
_ Oh, oui.
   Elle reprit sa respiration, et siffla :
_ J'ai deux frères, ils sont magnifiques. Ils travaillent déjà avec mon père.
   Walter plongea son regard dans le sien. Elle ne voyait pas bien ses yeux, à cause du verre teinté. Lui, l'observait. Il hésitait. Enfin, il baissa la tête. Natalia reprit :
_ Mon plus grand frère a un bébé.
   Walter serra la main fluette dans la sienne. Le plastique de la combinaison se froissa.
_ Ton père est très fier de toi, dit-il.
   Puis, la voix chargée de regrets, il ajouta :
_ Maintenant, puisque tu es là, je dois te demander quelque chose.
   Il avait attendu autant que possible, mais ne pouvait pas manquer à sa mission.
*
_ Tu as fait ce qu'il fallait, laissa tomber l'homme en se saisissant de la feuille de papier.
   Elle ne répondit pas. Elle fixait la vitre noire avec intensité. Walter relut le paragraphe. Le peu de russe qu'il savait lui permit de vérifier le sens général de cet amoncellement de lettres cyrilliques.
_ Ton pays sera très fier, assura-t-il.
   Natalia resta muette. Maintenant, il devait tenir sa parole. L'emmener. Elle voulut tendre les bras vers lui, mais ils ne bougèrent pas.
   L'homme non plus.
   Une vague de désespoir lui éclata dans la tête. Des larmes roulèrent sur son visage. Elle plissa les yeux pour continuer à voir, pour percer le mystère de ce mur de verre qui dérobait l'homme à sa vue. Sergueï aussi lui avait caché ses yeux. Quel regard avaient-ils, en l'abandonnant ? Quels regards ?
   Elle fixait Walter, immobile. Le scrutait sans bouger. Sans ciller.
*
_ Walter !
   John entra dans l'habitacle comme une bourrasque.
_ Qu'est-ce que tu fous ? cria-t-il. On ne va pas avoir assez d'oxygène pour rentrer.
   Walter se redressa, le corps inerte serré contre lui.
_ Il y en a d'autres ? demanda John.
_ Je ne sais pas.
   John peina à contenir son exaspération. Il leur avait pourtant bien dit, au commandement, que recruter un astronaute qui n'avait pas connu la guerre était une vaste connerie. Mais il les récriminerait plus tard ; le temps pressait. John se précipita dans la seconde pièce, qui s'avéra vide.
_ Allez ! intima-t-il.
   Walter se redressa, le corps dans les bras, et sortit. Il posa le pied sur le sol lunaire en tenant Natalia contre lui, le visage nu de la jeune femme tourné vers le ciel noir.
   "Tu crois qu'elle a tenu combien de temps ?" lui demanderait John sur le trajet du retour. Et Walter répondrait "Je ne sais pas. Sûrement très peu." Et ce serait ce qu'il écrirait dans le communiqué officiel. "Je ne sais pas." Son secret.
   Celui de Gene Kranz aussi, le directeur de la NASA, à qui il remettrait la lettre dans laquelle Natalia expliquait la cause de la faillite de la mission, un sabotage, et désignait le responsable. Le texte, dans les mois suivants, conduirait à la mort Léonid Brejnev et propulserait ainsi Nikita Khrouchtchev à la tête du bloc soviétique.


-

Edité jusqu'à la réponse de Kerena
« Modifié: 21 Mars 2016 à 09:26:38 par Spes »

Hors ligne Elisedu18

  • Troubadour
  • Messages: 369
  • Psycho-tarée de la plume
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #1 le: 11 Février 2016 à 23:55:49 »
Bonsoir

J'ai bien aimé ce court récit, il m'a beaucoup ému, surtout la fin. :'(

Après, je pense que ça aurait été mieux si tu avais plus décrit ce que ressentait tes personnages: ce qu'a ressenti Walter quand il a découvert le corps puis ce qu'il a ressenti en parlant avec elle et vice-versa.

Ce côté-là aurait pu être un peu plus développé ;)*

Bonne continuation (ben...là, c'est plutôt bonne nuit...mince, je passe pour une geek et vrai tarée de l'écriture pour traîner sur le forum à cette heure-là... :-[ :-[ :-[)
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
"Parfois, on demande à notre corps de parler à notre place de nos douleurs, des histoires qu'on cache en soi."
Ava Dellaira, Love letters to the Dead

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
  • Messages: 141
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #2 le: 12 Février 2016 à 19:36:59 »
Bonjour,

C'est un très beau texte. On sent bien les émotions suite à la rencontre des deux personnes.
C'est une bonne initiative de sortir un texte comme celui-ci à l'époque actuelle, cela montre qu'il y a encore de l'humanité.

Au plaisir.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #3 le: 21 Février 2016 à 17:54:32 »
Ah mais purée : un nouveau texte de Spes et j'ai failli le manquer !
Remédions-y et lisons avidement  ::)


Citer
les américains ont accéléré leur programme spatial.
Américains (c'est le nom, ici, donc majuscule)

Citer
là où les russes les avaient précédés.
idem, Russes

Citer
là où les russes les avaient précédés. Le module russe gisait à moins de cent mètres.
répétition de russe

Citer
la jeune fille glissa devant lui.
j'arrive pas à visualiser la scène  :-\

Citer
Elle fixait le vitre noir avec intensité.
la

Citer
Quel regard avait cet homme ? Elle le regardait. Le regardait sans bouger. Sans ciller.
regard/regardait

Citer
son visage nu tourné vers le ciel noir.
ça pose pas un problème de pression ?



Je dois avouer que je suis restée sur ma faim. La scène est jolie (dans le genre émouvant et triste) mais elle ne m'a pas touchée, parce qu'elle n'a pas de contexte. On a les informations pour comprendre de quoi il s'agit, mais on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent pour s'attacher aux personnages. On ne sait absolument rien de leurs caractères ni, surtout, de leurs sentiments. Du coup, le texte n'a pas réussi à m'atteindre, comme s'il n'avait pas d'enjeu affectif. Comme Elisedu18, je pense que donner plus de corps aux personnages (soit en développant un peu l'histoire avant cette scène, soit en l'étoffant en nous donnant davantage accès à la psyché des personnages, au minimum l'un d'entre eux) pourrait lui donner plus de matière.
J'ai aussi eu du mal à me représenter les lieux. Y a aucune description visuelle alors qu'on est dans un cadre clairement dépaysant (déplanétant ? :mrgreen: ). J'ai eu l'impression que tu donnais le strict minimum d'informations, mais du coup on n'a pas trop d'ambiance, ni triste, ni étrange, ni intimiste, ni désespérée, etc.

Voilà, désolée, pour cette fois j'ai pas trop accroché, mais ta scène a du potentiel et, vu la qualité habituelle de ta plume, je pense que tu pourrais vraiment l'exploiter davantage pour en faire un texte très fort ! :)
« Modifié: 21 Février 2016 à 17:58:31 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Marygold

  • Comète Versifiante
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  • marmotte aphilosophique
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #4 le: 21 Février 2016 à 18:13:16 »
Hey !

Citer
Ce qu'il craignait le plus, toutefois, restait la confrontation avec les corps. Il se prépara mentalement.
c'est en italique, mais il me semble que ça ne devrait pas.

Citer
Ses sourcils épais se serraient au-dessus d'un nez épais.
Je ne sais pas si la répétition est voulue mais je trouve ça lourd

Citer
Comme un micro équipait son scaphandre, il pu poursuivre
put

Bon, je ne sais pas quoi en penser. Comme d'habitude avec tes textes, je rentre dedans impecc, j'ai été happée dès les premières phrases, j'ai bien aimé le ton informatif de l'intro. Je comprends Mil qui dit qu'on reste sur sa faim mais d'un autre côté, il faut que ce texte reste court. Alors oui, peut-être un peu plus de contexte et de profondeur pour les personnages de Walter et Natalia seraient bienvenus !
Moi c'est surtout Natalia que j'ai vue déjà presque comme un fantôme. J'ai été émue de ce qui lui arrive, mais essentiellement à cause du paragraphe sur elle : dans le dialogue, on ne la sent pas du tout.
Walter se dessine plutôt bien niveau psycho, c'est tout dans l'implicite mais ça fonctionne pas mal. Cela dit, tu pourrais l'approfondir un chouia plus.

Voilà, j'espère que cet avis t'aidera ^^
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #5 le: 21 Février 2016 à 18:15:29 »
Je plussoie Mary sur le fait que Walter fonctionne dans l'implicite, et que ça ça marche bien ! On le comprend sans que ce soit dit.
Mais me manque quand même de l'enrobage, pour les autres ::)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
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  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #6 le: 23 Février 2016 à 09:23:56 »
Citer
Comme un micro équipait son scaphandre, il pu poursuivre :
put


Je rejoins l'avis de mes camarades, je trouve le texte intéressant (résurgence de Seul sur Mars ?) mais effectivement la fin arrive un peu trop vite pour qu'on s'attache aux personnages ou à l'action, surtout qu'on a peu d'espoir pour Natalia et ce dès le début du coup la fin n'est pas surprenante. Je pense aussi que c'est le personnage de Natalia qu'il faut creuser pour que sa mort nous émeuve un peu plus, peut-être lui donner davantage de souvenirs, donner davantage de substance, de corps aux gens de sa famille ?
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ichtar

  • Tabellion
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Re : Seule la Lune saura
« Réponse #7 le: 23 Février 2016 à 11:07:24 »
#premiermessagejesuistropémue

Bonjour Seps.
Moi j'ai adoré. Le fait de ne pas connaître le contexte a fait parti du trouble dans lequel tu nous projettes. J'aime le pragmatisme littéraire avec lequel tu as décrit les choses, le manque d'oxgène qui monte et l'angoisse avec...

Juste cette partie :
Citer
   Natalia inspira péniblement. Sergueï s'était suicidé lorsque leur fusée, en orbite au-dessus d'eux, avait explosé, percutée par une masse flottante. Son corps, vêtu de son scaphandre désormais inutile, gisait à l'extérieur dans la poussière grise.
   Seules les réserves surdimensionnées avaient maintenu Natalia en vie durant les quatre semaines écoulées. Dans l'habitacle, elle disposait aussi de Guerre et Paix de Tolstoï, fruit d'un caprice peu avant le départ. Si elle avait su qu'elle le lirait pour la cinquième fois... Quelques heures par jour l'extirpaient de son état de somnolence et conservaient l'équilibre fragile qui tenait la folie à distance.
   A l'arrivée de l'Aigle, le sol trembla. Le livre émit un bruit de froissement en heurtant le sol. Natalia tenta de se lever, la tête dodelinante. Elle renonça et s'avança à quatre pattes vers le sas, puis entreprit de le déverrouiller de l'intérieur. Effectuer les manipulations habituelles lui demanda une éternité. Enfin, elle attendit.
Je pense que tu pourrais aller beaucoup plus loin dans les sentiments de Natalia. Nous faire vivre les choses plus de l'intérieur. Par exemple :" Sergueï s'était suicidé lorsque leur fusée, en orbite au-dessus d'eux, avait explosé, percutée par une masse flottante" on dirait que c'est juste une information comme ça en passant, je pense que tu peux appuyer plus sur l'émotionel. Pareil pour "Effectuer les manipulations habituelles lui demanda une éternité" qu'est-ce qu'elle ressent pendant cette éternité ? Tu as une plume légère, tu peux te permettre d'aller un peu plus dans le pathos.
Citer
Si elle avait su qu'elle le lirait pour la cinquième fois... Quelques heures par jour l'extirpaient de son état de somnolence et conservaient l'équilibre fragile qui tenait la folie à distance.
Je trouve cette phrase magnifique.
-La décadence me fascine plus.
- Que pensez-vous de l'art ?
- C'est une maladie.
- L'amour ?
- Une illusion.
- La religion ?
- Un substitut élégant pour la foi.
- Vous êtes un sceptique.
- Nullement ! Le scepticisme est un début de croyance.
- Qu'êtes-vous donc ?
- Définir, c'est limiter.

O. Wilde

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
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  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #8 le: 23 Février 2016 à 11:15:34 »
Coucou spes, contente de venir te lire un peu :mafio:

Citer
Walter se chargerait d'approcher le module étranger.

J'aime pas trop ce terme d'"étranger". Ils sont tous étrangers, sur la Lune :mrgreen: Je pense que "soviétique" irait très bien :huhu:

Citer
Ce qu'il craignait le plus, toutefois, restait la confrontation avec les corps. Il se prépara mentalement.

Italiques inutiles ?  :\?

Citer
A l'arrivée de l'Aigle

À = alt+183

Citer
la jeune fille

Hum. Une jeune fille, qui part en mission spatiale ? Une "femme", tout simplement, ou encore "une jeune femme". Mais une jeune fille, à mon sens, c'est au max une ado  :mrgreen:

Citer
Des rides en pattes d'oie étendaient leurs longs doigts depuis ses yeux inquiets. Ses sourcils épais se serraient au-dessus d'un nez épais. Une barbe drue de quatre jours couvrait la moitié basse de son visage.

On parle bien de la femme ??? :o



Il manque une fin  :-\ Je suis super sur ma fain, comme Milo, parce qu'on a un super contexte, une super scène de rencontre, mais ça s'arrête là. J'aurais bien aimé avoir un peu plus, parce que du coup on est plongé dans cette rencontre, mais j'ai ce sentiment qu'aurait pu en découler plein de choses.

Voilà, quoi qu'il en soit, c'était une lecture plaisante ! :mafio:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Seule la Lune saura
« Réponse #9 le: 20 Mars 2016 à 22:18:21 »
Edit : J'ai posté la v2, avec une fin plus détaillée !


Waaa j'avais pas vu tous ces commentaires  :aah:

Déjà, merci beaucoup !! J'ai corrigé ci-dessus toutes les fautes et autre que vous aviez relevé. Je vais plancher sur vos conseils concernant le fond (creuser les personnages notamment, améliorer les descriptions).

Aussi, je l'ai écrit pour l'AT Uchronie, et c'est d'ailleurs la toute première uchronie que j'écris, mais je me rends compte que j'ai feinté : le coeur de l'histoire pourrait être placé dans un contexte non-uchronique, ça ne changerait rien. Je vais essayer de corriger ça ^^

Milora
Citer
ça pose pas un problème de pression ?
En fait, c'est le visage de la fille morte ; ce n'était pas clair, du coup j'ai changé la phrase ^^

Ernya
Citer
(résurgence de Seul sur Mars ?)
J'avoue ^^ pas extrêmement original, mais bon

Kerena
Citer
On parle bien de la femme ??? :o
J'ai clarifié ça !
« Modifié: 21 Mars 2016 à 00:19:06 par Spes »

Nocte

  • Invité
Re : Seule la Lune saura - v2
« Réponse #10 le: 21 Mars 2016 à 10:05:50 »

J'ai beaucoup plus aimé cette V2.
J'aurai reproché à la première d'être trop légère et pas assez claire sur sa fin, là j'apprécie le contexte politique et les quelques ajouts qui étoffent le texte (descriptions ou reformulations).
La conclusion est sans doute moins subtile, on y perd un peu d'émotion, mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Seule la Lune saura - v2
« Réponse #11 le: 21 Mars 2016 à 21:23:44 »
Merci pour ce retour, Nocte !

Effectivement, on perd le sens de la première fin mais, comme tu dis, il faut faire des choix ^^ En tout cas, je suis contente que cette v2 fonctionne mieux !

 


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