Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

15 Septembre 2026 à 01:42:45
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » T09 - Zugzwang

Auteur Sujet: T09 - Zugzwang  (Lu 3880 fois)

Mout

  • Invité
T09 - Zugzwang
« le: 16 Février 2015 à 13:06:55 »
Zugzwang


zugzwang : se dit de la situation d'un joueur
qui est obligé de jouer un coup qui le fait perdre
ou dégrade sa position.

- On va pas se mentir, c’est bien gentil les beaux penseurs qui nous parlent de découverte, d’échanges culturels, d’ouverture à l’Autre, mais dans le fond, ce qu’on admire chez Christophe Colomb, c’est l’esprit de conquête.

Elle m'avait dit qu'ils cherchaient un type dans mon genre, va voir, ça ne coute rien. Alors j'étais allé voir et je m’étais demandé ce que je foutais là. Faut dire que je me demande ce que je fous là un peu n’importe où. Ça doit être ça, mon genre. On m’avait fait passer un entretien banal où j'avais dû dire mes trois défauts, mes quatre qualités et ce que m'avaient appris les échecs successifs qui avait marqués ma vie. Un entretien d'embauche, c'est comme tout, faut juste comprendre et se plier au rituel. Les conseillers pôle emplois qui te font croire que c'est une négociation me font rire. Tout ce que veut l'entreprise, c'est que tu rampes devant elle. Alors j'avais rampé.
On m’avait rappelé quelques semaines plus tard pour me dire que ma candidature avait été retenue et Lucie avait sauté de joie. Au moins, ça faisait quelqu’un d’heureux. Dès le lendemain elle m’avait trainé dans les magasins pour m’acheter des fringues. Trois ans que j'avais pas mis un costume pour me rendre au boulot. Je peux pas dire que ça m'avait manqué.

— Et c’est aussi ce qu’il y a d’admirable dans la conquête d’un marché : tout abandonner, comme des milliers avant  nous, pour aller soumettre des espaces encore vierges, se les approprier, messieurs, régner.
   
À la première réunion, on était tout une armada de types apathiques devant une projection grandiose de power points estampillés « Déf(ê)tes », ce nom stupide qui m’a fait haïr encore un peu plus les agents markéting. Ça m'avait rassuré de voir que j'étais pas le seul à ne pas être à l'aise dans ce costume de croquemort. On avait tous cet air un peu piteux, un peu écrasé, de ceux à qui on n’a pas cessé de répéter à chaque fin d’entretien qu’ils étaient trop et pas assez. C’est à ce moment que Monsieur Delhommeau avait fait ce discours censé marquer notre conscience professionnelle à jamais. Conquérir le marché de la déprime. Le malheur des gens comme filon, et nous, nous étions des chercheurs d'or en route vers le Klondike. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il y connaissait à la déprime, le Delhommeau, avec ses dents trop blanches et sa mèche ravageuse. Ravageur, oui, c’est un adjectif fait pour lui. Il avait le type coyote encravaté, le genre qui hante La Défense, attaché-case en main et crocs aiguisés, prêt à bouffer tous ceux qui gêneraient sa course. J’aurais jamais dû accepter, mais il y avait Lucie qui me poussait gentiment. Il faut accepter, chéri, ça nous fera du bien à tous les deux. Moi, tout ce que je voulais, c'était une petite vie pépère, ne pas faire de vague, vivre heureux avec Lucie. Mais après un licenciement, y a pas de vie pépère et on n’a pas réussi à vivre heureux. La faute à la nouvelle feuille d’impôts dans la boite aux lettres, à la tâche de moisissure qui s’étendait au plafond de notre appart miteux, à la fatigue qui s’accumulait dans les cernes de Lucie au fil des heures sup', à notre envie de gamin frustrée et à celle qu’on ne voulait pas s’avouer de gentils consommateurs pas foutus de se payer un écran télé. Alors on se retrouve habillé en croquemort sous les ordres d’un coyote.

— Ce que je vous propose messieurs, ce n'est ni plus ni moins que la gloire, un business florissant, des perspectives d'avenir. Et pour cela, messieurs, j'ai besoin de vous, de votre investissement total. Messieurs, je vous offre un nouveau monde.

Je crois que Lucie aurait bien aimé ce mot, « perspective ». Ça faisait trop longtemps qu’on pensait notre monde en deux dimensions : le lit et le gouffre. Monsieur Delhommeau  nous avait conduits à l’open-space dans lequel nous allions devoir passer de longues heures. De très longues heures. C’est là qu’on avait commencé à vraiment se rendre compte de ce qu’allait être notre boulot. Je crois que ça n’avait plu à personne. La question flottait en l’air, savoir si on aurait les couilles de partir là, maintenant.
Personne n’est parti.

— L’adage le dit bien « Le malheur des uns fait le bonheur des autres » ; je vous propose une mise en pratique.

C'est comme ça que j'ai commencé comme vautour professionnel, plus précisément comme « chargé de développement » au sein de la branche « commerciale » de Déf(ê)tes. Je faisais partie de ceux qui restaient au bureau, les yeux dans l’écran et le reste pendu au téléphone pour conseiller les clients, prendre les commandes, rencarder, écouter les réclamations, prendre des notes. C’est pour ? Un divorce ? Nous avons justement une offre promotionnelle sur le pack « Bon vent », ça vous intéresse ?  Voulez-vous que je contacte un traiteur pour le buffet ? Vraiment, que du noir ? On vous offre les banderoles, pour décorer, je vous assure, c’est toujours plus sympa annoncé comme ça.
Un boulot presque comme les autres. Je crois que les clients m’appréciaient. Je devais avoir la voix juste atone comme il faut, de celui qui ne prend pas parti. Il fallait les laisser penser qu’ils contrôlaient entièrement l’organisation de leurs échecs, c’était important pour eux, avoir l’impression d’avoir encore la main sur quelque chose. Je crois même qu’au début j’étais content. C'était une raison comme une autre de se lever le matin et Lucie me souriait à nouveau.

Y avait un type que j’aimais bien dans le service animation, Marc. Un bon gars un peu joufflu, qui se cachait toujours derrière un sourire moqueur. On se retrouvait souvent le midi pour bouffer ensemble. Je lui disais les dernières conneries du Coyote et  lui me racontait les fêtes qu’il avait organisées la veille, ce type fraichement licencié qui avait fini la soirée dans la fontaine de chocolat en gueulant « Je ne veux pas travailler », cette belle-mère qui avait absolument tenu à danser un pasodoble avec son futur ex-gendre, et ce moment magique où on avait brulé tous les meubles d’une chambre de gamine qui ne serait plus jamais occupée. Ils avaient fait un grand feu de joie dans le jardin et tous les invités avaient fait une ronde autour, c’était très beau.

Très vite, Déf(ê)tes est devenu une des start-up les plus en vue du marché. Il n'avait pas raté son coup le Delhommeau. On a dû rapidement renforcer les équipes et créer de nouveaux services. C'est comme ça qu'il a eu l'idée pack Serenity. Quelques croquemorts ont été réquisitionnés pour s’en occuper. Je crois que même si j’avais su comment ça allait tourner, je nous aurais pas trouvé de surnoms plus appropriés. On les a mis dans un coin de l’open-space pour leur créer un semblant d’intimité. Les clients au bout du fil ne devaient pas entendre l’agitation autour. C'est que c’est le genre de décision qu'il vaut mieux prendre dans le calme. Sur les étagères de l’équipe Serenity, il y avait quelques-uns de ces fameux packs. C’était des petits coffrets noirs en carton vernis, très sobres. J’en ai ouvert un, une fois, par curiosité. Il y avait plusieurs sacs plastiques avec de grands rouleaux de scotch, des sels de bain et une petite boite à part avec des lames et une jolie corde nouée.
De son côté, Marc avait de plus en plus de boulot. Il était devenu chef de l’équipe animation et tentait de jongler entre fêtes de licenciement et ruptures surprises. Il avait les cernes de plus en plus creuses et son sourire se transformait peu à peu en rictus douloureux.

« Putain, je lui avais bien dit de pas prévoir autant d’alcool et de surtout tenir le mari à distance de la cuisine. J’espère que la madame Lefèvre a profité de la fête avant de se faire planter, avec tout l’argent qu’elle avait mis dedans... »

On était à la cantine et il s’est resservi un verre de rouge.

« Deux fois que ça arrive. En une semaine. »

Mon équipe a été augmentée, elle aussi. On nous a confié une nouvelle tâche liée au lancement de notre pack « Vengeance ». On appelait de temps en temps, bonjour madame machin, je vous félicite pour votre rupture ; bonjour monsieur truc, maintenant que vous êtes licencié, je voulais simplement vous rappeler qu'on compte plus de soixante pour cent de chômage dans votre branche ; t'as foiré ton exam, bidule, faut te rendre à l'évidence, t'as jamais été fait pour ça. Je crois que j’avais jamais eu l’impression de mettre les mains dans la crasse humaine à ce point. On exécutait les désirs immondes de salopards revanchards. Le pire, c’est que j’étais un des meilleurs pour ça. J'avais pas osé en parler à Lucie. Je ne voulais pas qu’elle voit le monstre je devenais à chaque fois que je m’asseyais à mon bureau et que je décrochais le téléphone. Je m’étonnais moi-même à rester aussi calme dans n’importe quelle situation. Toujours cette voix neutre, une voix de petit soldat, de gentil exécutant. J’appelais, je m’infiltrais et je blessais à chaque fois. Je n’ai jamais voulu savoir combien de personnes sont passées de ma ligne à celle de l’équipe Serenity. Lucie a senti mon revirement. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, et ça l'inquiétait. Parfois elle me caressait en me demandant ce qui n’allait pas. Je bafouillais une vague réponse sur la fatigue, une mauvaise passe, t'en fais pas, ça va aller.
Elle ne me croyait pas, bien sûr. Ou pire, elle comprenait que ça n’avait plus rien à voir avec elle. J’aurais voulu pouvoir la prendre dans mes bras et lui murmurer qu’on allait s’en sortir. Elle se mettait à sangloter à côté et je n’arrivais pas à bouger.

« Jean, un type de Serenity. Il a disparu depuis une semaine. Sa sœur a lancé un avis de recherches, ils devaient manger ensemble pour son anniv lundi, un truc comme ça. Il parait qu’on aurait chouré un des packs du bureau.
— Tu crois qu’il s’est ...?
— Ben voyons.
— Voyons quoi ?
— Évidemment. »

Le seul qui s'en sortait bien, c’était le Coyote. Tous les lundis matins, il convoquait ses troupes et nous tenait son discours de motivation, sa harangue de chef avant la bataille. Il annonçait la hausse de notre chiffre d'affaire avec un sourire carnassier. Il nous appelait ses cowboys et je crois que c’est à ce moment que j’ai commencé à vouloir être un indien.

Marc a fini par ne plus venir, lui non plus. Nervous breakdown on m’a dit. Il aurait pété un plomb pendant une fête et menacé de buter tout le monde. Complètement saoul. Avec le temps, il a avalé son cynisme et son sourire lui est resté en travers de la gorge. Je me suis senti vraiment seul au bureau. Mes résultats et les enquêtes clients montraient que j’étais extrêmement doué pour le harcèlement téléphonique. Alors on m’en a confié de plus en plus et je n’ai pas su refuser, malgré tout. C’est devenu insupportable. J’arrivais au bureau et je tremblais rien qu’à l’idée de prendre le téléphone. Je savais que toute la journée, le combiné allait dégueuler des pleurs jusqu’au plus profond de ma tête, que vers 11h, déjà, j’aurais le cœur au bord des lèvres et une furieuse envie de rentrer chez moi pour prendre Lucie dans mes bras. Mais elle me fuyait. Elle refusait mes rares caresses ou mes baisers. Ça se comprenait, j'avais la langue chargée de venin et les mains remplies de dégout. Je n’osais même plus me regarder dans une glace. J'étais devenu pire qu’un vautour.

Aujourd'hui j'ai appelé une fille pour lui proposer tout une gamme de faireparts pour son futur bébé alors qu'elle venait de faire une fausse couche. L'idée venait de sa mère, elles étaient brouillées depuis des années, depuis que la nana avait quitté le domicile familial. La mère m’avait précisé sa demande presque en riant. Je crois que s’il n’y avait pas eu le téléphone et quelques centaines de kilomètres entre nous je l’aurais frappée. Il fallait faire mal, prendre le couteau et le retourner dans la plaie jusqu’à ce qu’elle pisse le sang. J'ai entendu la fille chialer au téléphone. Je ne me suis pas arrêté là. J’ai enchainé les questions faussement maladroites, la forçant à donner plus de détails. Les larmes lui prenaient complètement la gorge. Elle suffoquait au téléphone et je ne lui laissais aucun répit. Elle a fini par raccrocher. C’était bien. Je n’étais pas sûr de tenir beaucoup plus longtemps. Le Coyote m’a convoqué dans son bureau à peine quelques minutes plus tard.

« Je tiens d'abord à vous féliciter pour votre excellent travail. Vos chiffres sont plus qu'impressionnants et les questionnaires de satisfaction à votre égard sont des plus élogieux. Quel bonheur de pouvoir vous compter dans notre équipe. Aussi, au vu de ces résultats et de votre ancienneté dans notre maison, j'ai le plaisir, mon cher, de vous nommer à la direction notre pôle « recherche et développement » afin d'optimiser au mieux notre conquête. »

Sourire mielleux et rire de hyène. Notre équipe, notre maison, notre pôle, notre conquête. J’en pouvais plus de ce nous, de nos pleurs, nos morts, nos saloperies. Est-ce que vous aussi, vous avez envie de vomir en vous levant le matin, Delhommeau ? Est-ce que vous avez l’impression que chaque fois que vous prenez votre téléphone, il va vous laisser dans la main une crasse que vous ne pourrez jamais laver ? Vous pleurez ? Est-ce que vous pleurez vous aussi tous les soirs, loin des bras de Lucie qui ne peut plus vous entendre ?

« Eh bien, cowboy, t'en dis quoi ?
— Je… je démissionne. »

Les mots sont sortis de ma bouche avant que j’ai pu les prononcer. Le Coyote a un regard étonné.
   
« Ouais, je démissionne. Je démissionne et je vous emmerde, Delhommeau. Je vous emmerde ! »

Il blêmit un peu. Pas beaucoup. Je ne dois de toute façon pas être le premier à lui exploser dans les doigts. Sauf que mon explosion à moi, elle va faire du bruit. Je vais lui montrer ce que j’en pense de Déf(ê)tes et de toute sa merde téléphonique. Conquête de la déprime mon cul. Je vais courir jusqu’à chez moi, retrouver Lucie et lui faire l’amour pendant mille ans. Partir à la reconquête du bonheur. Ouais, du bonheur, carrément. J’ai pas peur des mots, moi, j’ai plus peur de rien. Je suis un indien, ou presque. Je crois que je ne suis jamais senti aussi bien. Je me lève brusquement, je fais tomber la chaise sur laquelle j’étais assis et je m’en branle. Delhommeau se redresse à peine, il attend de voir la suite. De toute façon, ma décision est prise. Je rentre dans l’open-space et me dirige vers mon poste. Prendre l’écran, le jeter par terre, l'écraser. Les autres autour ont sursauté. Ils forment une espèce de cercle silencieux alors que je m’attaque au téléphone que je cogne rageusement contre le bord de mon bureau. Des bouts de plastique blanc volent à travers la pièce et je me mets à gueuler.

« Pour Jean ! Pour Marc ! Pour Lucie ! Pour nos vies, bordel, pour nos vies ! »

Monsieur Delhommeau m’a rejoint sans bruit. Quand je pose les restes de téléphone, il me dit calmement :

« Sortez. »

Je dégaine mon plus bel air de défi. Si tu crois que je vais me laisser faire comme ça… J’attrape un marqueur rouge qui trainait là et sans quitter le Coyote des yeux, je trace des peintures de guerre sur mes joues.

« Un salopard. Une enflure. Voilà ce que vous êtes, Delhommeau. Vous savez comment on vous surnomme ? Le coyote, en vrai charognard que vous êtes. Non. Vous êtes pire qu'un charognard. Vous et vos rêves de conquêtes… Mais c'est du vent, de la merde. C'est rien votre conquête, rien du tout. Vous ne faites que créer des larmes, du chaos. Tout ce que vous créez, c'est ce gout amer au fond de la bouche que je vous souhaite un jour de sentir. C'est peut-être tout ce qu'il vous restera de votre humanité. »

Deux vigiles ont rejoint le Delhommeau :

« Sortez. »

Je me laisse faire, mais la tête haute. Je croise le regard apathique de mes collègues croquemorts.

«  Et vous, qu'est-ce que vous faites encore là ? Vous vous rendez pas compte de ce que vous faites au monde ? De ce que vous vous faites, à vous ? Je sais bien que chialez aussi, le soir, dans votre lit, quand vous êtes sûr que personne ne vous entend. Mais barrez-vous d'ici, bordel. Ce roi de papier et ses rêves de conquêtes, qu'ils aillent se faire foutre. »

Personne ne s'est levé. Peut-être que mon discours n'était pas convaincant. J’avais pourtant trouvé ça beau, moi.
Dehors je me mets à courir. J’ai besoin de courir, et de gueuler dans la rue. Tout sortir d’un coup, tout ce dégout accumulé qui m’empêche de respirer, je veux retrouver Lucie et l’embrasser, lui caresser les cheveux et les seins, qu’on se réfugie dans les bras l’un de l’autre et qu’on se mette sous une couette, là où la vie ne pourra plus nous atteindre. J’arrive à la porte, enfin. Je l’ouvre d’un coup. Lucie est en train d’installer une banderole salement familière dans l’entrée. Elle se retourne, l’air un peu triste.

« Je me suis dit que ce serait plus sympa si je te l’annonçais comme ça. »
« Modifié: 18 Février 2015 à 10:46:54 par Mout »

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 11 013
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #1 le: 17 Février 2015 à 22:31:04 »
Salut Mout' !

Citer
Elle m'avait dit qu'ils cherchaient un type dans mon genre, vas voir, ça ne coute rien.
va voir

Citer
les échecs successifs qui avait marqués ma vie.
avaient marqué

Citer
tout abandonner, comme des milliers avant nous nous,
double nous à la fin

Citer
J’aurais bien aimé savoir ce qu’il y connait à la déprime,
sûr de la concordance ? (connaissait)

Citer
La faute à la nouvelle feuille d’impôts dans la boite aux lettres, à la tâche de moisissure qui s’étendait au plafond de notre appart miteux, à la fatigue qui s’accumulait dans les cernes de Lucie au fil des heures sup', à notre envie de gamin frustrée et à celle qu’on ne voulait pas s’avouer de gentils consommateurs pas foutus de se payer un écran télé.
tu démarres par "La faute à...", tu enchaîne et à jusque "à celle qu'on ne voulait pas".
"La faute à celle qu'on ne voulait pas" pose problème je pense.

Citer
Monsieur Delhommeau  nous avait conduits, à l’open-space
la virgule me semble de trop

Citer
les yeux dans l’écran et le reste pendu au téléphone pour conseiller les clients,
j'aime pas trop cette tournure

Citer
Je lui disait les dernières conneries
disais

Citer
et ce moment magique où on avait brulé
je préfère "où l'on" mais cela n'engage que moi !

Citer
Il avait les cernes de plus en plus creuse
creuses

Citer
Je ne voulais pas qu’elle voit le monstre je devenais à chaque fois que je m’asseyais à mon bureau et que je décrochais le téléphone.
déjà trois "que" et il en manque un devant "je devenais"

Citer
Alors on m’en a confiés de plus en plus
confié

Citer
Mais, elle me fuyait.
pourquoi une virgule ?

Citer
les mains remplis de dégout.
remplies

Citer
mon discours n'était pas convainquant.
convaincant

Citer
Tout sortir d’un coup, toute ce dégout accumulé
tout

Citer
là où a vie ne pourra plus nous atteindre.
la vie

Bon, j'avais deviné la chute, du coup c'est bien qu'elle arrive de façon assez nette et brève.
Concernant l'écriture, c'est fluide, certaines phrases longues sont un peu complexes mais j'ai bien aimé.
Le fond du texte me plait beaucoup, ce n'est presque pas exagéré, l'homme est capable de tout pour l'argent et le pouvoir.
J'y ai vu de l'humour noir et peut-être en aurais-je aimé un peu plus.
Merci pour ce texte,

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #2 le: 17 Février 2015 à 23:59:32 »
Citer
vas voir,
va voir

Citer
Faut dire que je me demande ce que je fous là un peu n’importe où.
:D

Citer
Elle m'avait dit qu'ils cherchaient un type dans mon genre, vas voir, ça ne coute rien. Alors j'étais allé voir et je m’étais demandé ce que je foutais là. Faut dire que je me demande ce que je fous là un peu n’importe où. Ça doit être ça, mon genre. On m’avait fait passer un entretien banal où j'avais dû dire mes trois défauts, mes quatre qualités et ce que m'avait appris les échecs successifs qui avait marqués ma vie. Un entretien d'embauche, c'est comme tout, faut juste comprendre et se plier au rituel. Les conseillers pôle emplois qui te font croire que c'est une négociation me font rire. Tout ce que veut l'entreprise, c'est que tu rampes devant elle. Alors j'avais rampé.
On m’avait rappelé quelques semaines plus tard pour me dire que ma candidature avait été retenue et Lucie avait sauté de joie. Au moins, ça faisait quelqu’un d’heureux. Dès le lendemain elle m’avait trainé dans les magasins pour m’acheter des fringues. Trois ans que j'avais pas mis un costume pour me rendre au boulot. Je peux pas dire que ça m'avait manqué.
Je trouve que le plus-que-parfait alourdit pas mal ce paragraphe, en fait  :\? Comme le flashback est un peu long, y a peut-être moyen de le raconter avec un autre temps ?

Citer
comme des milliers avant nous nous,
bug dans la matrice

Citer
à la fatigue qui s’accumulait dans les cernes de Lucie
Joli !

Citer
Monsieur Delhommeau  nous avait conduits, à l’open-space
Espace en trop puis virgule en trop

Citer
Alors on m’en a confiés de plus en plus
confié

Citer
là où a vie ne pourra plus nous atteindre.
la

Pas mal du tout, la chute !
J'ai bien aimé. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que, quitte à quitter la boîte, le narrateur allait se servir des contacts téléphoniques pour essayer de répandre la joie au lieu du malheur jusqu'à se faire virer ; mais tel quel c'est sans doute plus crédible.
Par contre, je me disais qu'avec le thème "terne western" on pouvait partir loin du western, mais là... c'est quand même très loin du thème, hein  :P Les deux-trois mots qui raccrochent au sujet sont un peu légers ;)
Mais après tout, ce qui compte c'est le texte, pas la contrainte supposer ^^

Désolée, mon commentaire est pas du tout constructif ! En gros, j'ai trouvé le texte sympathique et l'idée intéressante :)

Merci pour cette lecture !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Mout

  • Invité
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #3 le: 18 Février 2015 à 11:15:56 »
Oooooh des lecteurs  :coeur:
o><o
Je suis joie, bonheur et immarcescible allegresse :banane:

D'abord, merci beaucoup beaucoup beaucoup pour votre passage c'est trop gentil  :bisou:

Et les fautes sont normalement corrigés :glou:

Citation de:  Remi-Les-Bons-Tuyeaux
    J’aurais bien aimé savoir ce qu’il y connait à la déprime,

sûr de la concordance ? (connaissait)
Citation de: Milora à l'oeil de Lynx
Je trouve que le plus-que-parfait alourdit pas mal ce paragraphe, en fait  :\? Comme le flashback est un peu long, y a peut-être moyen de le raconter avec un autre temps ?
Effectivement, votre pertinence rectiligne n'a d'égal que votre sagacité chatoyante   ^^. Il est certain qu'il y a de manière général un problème avec la concordance des temps -qui peut s'expliquer par mes crises schizophréniques- et il sera certain que dans la version 2, ce problème sera corrigé avec toute la rigueur nécessaire à une tel entreprise     :mrgreen:

Citation de: Rémi la plume à lunette
    et ce moment magique où on avait brulé

je préfère "où l'on" mais cela n'engage que moi !
Comme me le souffle la petite voix dans ma tête
"mais l'oralité c'est trop le swag, gros" :D

Citation de:  Le retour de rémi
J'y ai vu de l'humour noir et peut-être en aurais-je aimé un peu plus.
De l'humour noir ? Moi qui ne suis que tendre naïveté et indéfectible joie de vivre ^^
Et bien soit alors, dans la V2, l'humour sera plus noir mais aussi plus jaune, plus bleu, plus vert parce que j'aime toute les couleurs de l'arc-en-ciel.

Citation de: Remi contre attaque
Bon, j'avais deviné la chute, du coup c'est bien qu'elle arrive de façon assez nette et brève.
ça, ça me rassure alors  :coeur:. Parce que je me suis dit que j'aimerais bien qu'elle soit plus incisive et mordante (comme quand on mords dans une pêche et qu'on a ce gentil gout sucré  :kei:)
Citer
Concernant l'écriture, c'est fluide, certaines phrases longues sont un peu complexes mais j'ai bien aimé.
C'est trop gentil de me dire ça. Merci beaucoooooooooooooup  o><o

Citation de: Milora Goyaalé
Par contre, je me disais qu'avec le thème "terne western" on pouvait partir loin du western, mais là... c'est quand même très loin du thème, hein  :P Les deux-trois mots qui raccrochent au sujet sont un peu légers ;)
:'( mais c'est dur la westernitude, la westerneté, la westernation;
je comprends qu'on puisse trouver ça trop tiré par les cheveux Et que pour plus respecter le thème, j'aurais plutôt du le tirer par les chevaux (XD XD trop megaLOL)
Mais si je peut faire une toute petite minuscule justification de rien du tout, je me suis dit que finalement le lien pouvait être fait et que c'était pas juste une question de vocabulaire ou d'image. En fait dans ma tête, ça c'est passé comme ça :

 western-----> conquête de l'ouest---------------> les conquérants/cowboys d'aujourd'hui c'est les valets du grands Capital (moi j'aime tout le monde sauf le grand Capital)
Terne-----------> Fade, sans joie, déprimé.

Donc pif paf pouf :  La conquête du marché de la dépréssion
Qui est bien présente dans le texte puisque
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Merci pour cette lecture !
Merci à toi ^^

Je prendrais bien tout ça en compte pour la V2.
Merci beaucoup encore une fois pour votre passage qui a illuminé et même enluminé ma journée.  :-[ :coeur: :)
Comme dit le proverbe:
Un mout heureux, jour pas pluvieux
 :moutunjour:

« Modifié: 18 Février 2015 à 11:32:48 par Mout »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #4 le: 18 Février 2015 à 13:23:22 »
Citation de: Moumout
:'( mais c'est dur la westernitude, la westerneté, la westernation;
je comprends qu'on puisse trouver ça trop tiré par les cheveux Et que pour plus respecter le thème, j'aurais plutôt du le tirer par les chevaux (XD XD trop megaLOL)
Mais si je peut faire une toute petite minuscule justification de rien du tout, je me suis dit que finalement le lien pouvait être fait et que c'était pas juste une question de vocabulaire ou d'image. En fait dans ma tête, ça c'est passé comme ça :

 western-----> conquête de l'ouest---------------> les conquérants/cowboys d'aujourd'hui c'est les valets du grands Capital (moi j'aime tout le monde sauf le grand Capital)
Terne-----------> Fade, sans joie, déprimé.

Donc pif paf pouf :  La conquête du marché de la dépréssion
Moui.  :mrgreen:
Non mais oui, on voit bien le parallèle cow-boys/hommes d'affaire. Mais ça pourrait être un parallèle avec un millier d'autres choses que les cow-boys. C'est quand même un peu comme si tu écrivais un texte sur la conquête spatiale avec la phrase "la fusée était jolie comme une fleur", et que tu l'envoyais à un AT sur le thème floral.  ::)
MAIS à mes yeux c'est pas très grave puisque la contrainte n'est qu'un prétexte pour faire fleurir - notez la métaphore filée - un texte...

Citation de: Mouty
Effectivement, votre pertinence rectiligne n'a d'égal que votre sagacité chatoyante   ^^. Il est certain qu'il y a de manière général un problème avec la concordance des temps -qui peut s'expliquer par mes crises schizophréniques- et il sera certain que dans la version 2, ce problème sera corrigé avec toute la rigueur nécessaire à une tel entreprise     :mrgreen:
Mais j'y compte bien !  La schizophrénie n'empêche pas l'harmonie temporelle. :huhu: Au boulot.


A bientôt pour la V2 ^^
« Modifié: 18 Février 2015 à 13:36:06 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Vivi

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 820
  • Pouponnière de Posts
Re : Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #5 le: 22 Février 2015 à 06:37:53 »
Je prendrais bien tout ça en compte pour la V2.
Même punition que le texte précédent, merci de mettre "v2" dans le titre quand ce sera fait, je passerai commenter cette nouvelle mouture ;)
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

MillaNox

  • Invité
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #6 le: 22 Février 2015 à 15:09:51 »
Salut !

alors alors, voyons ça de plus près :

Citer
Les conseillers pôle emplois qui te font croire que c'est une négociation me font rire.
emploi sans "s" je dirais, et j'aurais mis des majuscules "Pôle Emploi" comme c'est une institution non ?

Citer
Conquérir le marché de la déprime. Le malheur des gens comme filon, et nous, nous étions des chercheurs d'or en route vers le Klondike.
:D ça grince ! j'aime bien !

Citer
J’aurais jamais dû accepter, mais il y avait Lucie qui me poussait gentiment.  Il faut accepter, chéri, ça nous fera du bien à tous les deux.
pourquoi ne pas le mettre en phrase de dialogue puisque que c'est vraiment ce qu'elle lui a dit non ?  :\?

Citer
La faute à la nouvelle feuille d’impôts dans la boite aux lettres, à la tâche de moisissure qui s’étendait au plafond de notre appart miteux, à la fatigue qui s’accumulait dans les cernes de Lucie au fil des heures sup', à notre envie de gamin frustrée et à celle qu’on ne voulait pas s’avouer de gentils consommateurs pas foutus de se payer un écran télé. Alors on se retrouve habillé en croquemort sous les ordres d’un coyote.
:( ça claque bien ta façon de poser l'ambiance, tu gères !

Citer
Je crois que Lucie aurait bien aimé ce mot, « perspective ». Ça faisait trop longtemps qu’on pensait notre monde en deux dimensions : le lit et le gouffre.
>< très bon ça aussi

Citer
La question flottait en l’air, savoir si on aurait les couilles de partir là, maintenant.
je pense qu'il faut rajouter une virgule après partir

Citer
C’est pour ? Un divorce ? Nous avons justement une offre promotionnelle sur le pack « Bon vent », ça vous intéresse ? 
:D

Citer
ce type fraichement licencié qui avait fini la soirée dans la fontaine de chocolat en gueulant « Je ne veux pas travailler », cette belle-mère qui avait absolument tenu à danser un pasodoble avec son futur ex-gendre, et ce moment magique où on avait brulé tous les meubles d’une chambre de gamine qui ne serait plus jamais occupée. Ils avaient fait un grand feu de joie dans le jardin et tous les invités avaient fait une ronde autour, c’était très beau.
re >< Tu tiens le ton, ça grince nickel, bien joué.

Citer
Sur les étagères de l’équipe Serenity, il y avait quelques-uns de ces fameux packs. C’était des petits coffrets noirs en carton vernis, très sobres. J’en ai ouvert un, une fois, par curiosité. Il y avait plusieurs sacs plastiques avec de grands rouleaux de scotch, des sels de bain et une petite boite à part avec des lames et une jolie corde nouée.
la marchandisation du suicide ça fait grave penser au "Magasin des suicides" de Teulé. à voir ce que tu vas en faire...

Citer
Mon équipe a été augmentée, elle aussi. On nous a confié une nouvelle tâche liée au lancement de notre pack « Vengeance ». On appelait de temps en temps, bonjour madame machin, je vous félicite pour votre rupture ; bonjour monsieur truc, maintenant que vous êtes licencié, je voulais simplement vous rappeler qu'on compte plus de soixante pour cent de chômage dans votre branche ; t'as foiré ton exam, bidule, faut te rendre à l'évidence, t'as jamais été fait pour ça. Je crois que j’avais jamais eu l’impression de mettre les mains dans la crasse humaine à ce point. On exécutait les désirs immondes de salopards revanchards.
ignoble

Citer
Sa sœur a lancé un avis de recherches, ils devaient manger ensemble pour son anniv lundi, un truc comme ça.
j'aurais vu "recherche" au singulier, mais faudrait vérifier chai pas où

Citer
Mais elle me fuyait. Elle refusait mes rares caresses ou mes baisers. Ça se comprenait, j'avais la langue chargée de venin et les mains remplies de dégout. Je n’osais même plus me regarder dans une glace. J'étais devenu pire qu’un vautour.
excellent, on sent vraiment l'action du truc sur lui, à moral et corporel, physiologique.

Citer
Sourire mielleux et rire de hyène
depuis le début, tu met plein de clins d’œil référence au monde du western, (le rendu est top d'ailleurs) là du coup la hyène fait flop.

Citer
Je crois que je ne suis jamais senti aussi bien.
ne me suis

Citer
« Ouais, je démissionne. Je démissionne et je vous emmerde, Delhommeau. Je vous emmerde ! »

Il blêmit un peu. Pas beaucoup. Je ne dois de toute façon pas être le premier à lui exploser dans les doigts. Sauf que mon explosion à moi, elle va faire du bruit. Je vais lui montrer ce que j’en pense de Déf(ê)tes et de toute sa merde téléphonique. Conquête de la déprime mon cul. Je vais courir jusqu’à chez moi, retrouver Lucie et lui faire l’amour pendant mille ans. Partir à la reconquête du bonheur. Ouais, du bonheur, carrément. J’ai pas peur des mots, moi, j’ai plus peur de rien. Je suis un indien, ou presque. Je crois que je ne suis jamais senti aussi bien. Je me lève brusquement, je fais tomber la chaise sur laquelle j’étais assis et je m’en branle. Delhommeau se redresse à peine, il attend de voir la suite. De toute façon, ma décision est prise. Je rentre dans l’open-space et me dirige vers mon poste. Prendre l’écran, le jeter par terre, l'écraser. Les autres autour ont sursauté. Ils forment une espèce de cercle silencieux alors que je m’attaque au téléphone que je cogne rageusement contre le bord de mon bureau. Des bouts de plastique blanc volent à travers la pièce et je me mets à gueuler.
:coeur: :coeur:

Citer
Tout ce que vous créez, c'est ce gout amer au fond de la bouche que je vous souhaite un jour de sentir
que je vous souhaite de sentir un jour ?

Citer
Je sais bien que chialez aussi, le soir, dans votre lit, quand vous êtes sûr que personne ne vous entend.
que vous chialez

Citer
Personne ne s'est levé. Peut-être que mon discours n'était pas convaincant. J’avais pourtant trouvé ça beau, moi.
:mrgreen:

Citer
Lucie est en train d’installer une banderole salement familière dans l’entrée.
>< >< ><
 :s :'(
Rhooo mais moi je toruvais ça très bien de finir sur une fin heureuse !!! putain je l'ai pas vu venir mais alors pas du tout ! c'est le coup de grâce.  :'(

bon, bon, bon...
sur l'écriture, c'est super fluide, rythmé, des trouvailles excellentes. tu plantes le monde, le ton, les persos. excellent !
sur le fond, j'ai aussi bcp aimé. La critique, le cynisme... La dégradation du perso qui se fait rongé par Déf(ê)tes, la chute finale, rebondissement par dessus le rebondissement, excellent.
Pour le thème, contrairement à Milora ça me choque pas. tu fais plein de référence au monde du western et on comprend bien la métaphore comparaison qui fonctionne nickel. pour le terne, effectivement ça part sur le côté tristesse dépression.
Bref pour moi c'est super maîtrisé, j'ai vraiment adoré.  :coeur:

Merciiiiiii pour ce texte

Milla
 



Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #7 le: 27 Février 2015 à 18:20:55 »
Citer
à la direction notre pôle
de

J'ai rien à dire parce que j'ai vraiment aimé la lecture et j'ai rien de plus intelligent à dire.
Par contre pour moi le texte est hors sujet, y'a bien quelques allusions par-ci par-là mais c'est limite.
Mais le texte est bien. Et la chute est comme il faut car on la devine pas mal à l'avance mais tu ne t'attardes pas dessus donc c'est cool.

J'ai vraiment rien de plus intelligent à dire...

edit : en fait je me rends compte que mon commentaire est vraiment pourri, mais voilà, j'ai lu le texte d'une traite, j'étais à fond dedans, et j'ai tant de mal à en sortir que j'arrive pas à faire un truc un minimum construit  :mrgreen:
« Modifié: 27 Février 2015 à 18:23:24 par Kailiana »
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #8 le: 01 Mars 2015 à 16:37:00 »
Salut Mout !
si je devais emprunter l'armure et l'étendard de l'un de mes prédécesseur, je choisirais ceux de Milla.
Je suis complètement d'accord avec elle, et ce subterfuge de narration m'économise plein de mots en fait.
Bref, et sans plaisanter, j'ai été épaté par la progression de l'histoire. Tu fais monter la tension en vrai expert de thriller.
Peu importe où l'on va, mais l'on y court, dans un parfum d'inéluctable.
Le pourrissement du narrateur et de son estime de soi est observé à la loupe et l'on a comme lui cette sensation qu'il tourne mal, sans pouvoir empêcher le mouvement.

Le côté Western m'a paru coller aussi .
Parce que conquête de marché ou de contrées sauvage, c'est toujours de la nature humaine qu'on parle ; je n'ai pas du tout trouvé ce parallèle tiré par les cheveux, et cela même sans ton schéma explicatif ( aahh , les rouages de la création... ).
Donc, et pour résumer, merci pour cette excellente rasade de cynisme ( aahh la nature humaine, cowboy-trader, même combat etc...).

Salut Mout !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #9 le: 04 Mars 2015 à 21:07:39 »
saaalut,

Citer
les échecs successifs qui avait marqués ma vie
qui avaient marqué

Citer
Je sais bien que chialez aussi
+vous

Citer
quand vous êtes sûr que
sûrs

Je reste toute circonspecte quant à savoir si c’est dans le thème ou pas  :\?. Enfin le terne y est, il n’y a pas de souci  >< !
Mais bon, c’est pas bien important, le texte m’a bien plu et moyen plu  :huhu:.
Bien plu parce qu’il est bien ficelé, jusqu’au bout, la chute est bien là et pourtant dix lignes avant la fin je me disais « non , il (mout) va pas me faire finir ça juste en « je suis liiiibre » ! », mais non, en deux lignes t’as trouvé une façon de clore inattendue (pour ma part), ironique et pourtant logique dans ton texte  ::).
Moyen plu parce que bien terne quoi, mais bon c’est pas ta faute  ^^ (enfin si, mais c'était imposé aussi)…  c’est triste, c’est vilaine humanité, c’est charognard. Chuis une éponge et ton texte m’a vidée de toute substance joyeuse là  :prout:… ça va revenir d’ici 10min mais en attendant je suis pas heureuse présentement  |-|

Si, quand même, j’ai fortement à reprocher au perso principal qui tout du long dit que c’est horrible cette boite, et qui y fait merveilleusement son boulot. Genre le passage où il dit « si elle avait été en face de moi, bim dans sa face », oui, en attendant t’es mielleux et tu accomplis le méfait avec brio  :relou:(qu'il s'acquitte de sa tache parce que sinon il meurt de faim, je l'entends, mais qu'il soit le meilleur là dedans....). Donc il m’a agacée, j’espère que le but était pas de s’attacher au perso  :mrgreen:

Donc en conclusion, texte très bien mené et plutôt bien écrit, pas grand-chose à dire de constructif, désolée  :-[, mais c’est un bon texte, à mon sens  :)

Merci pour ce texte :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Mout

  • Invité
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #10 le: 12 Mars 2015 à 18:18:53 »
Je.... J'ai laissé passer la date........ Je suis confus..... Je suis confusion, même  :-[ :-[ :-[ :-[ :-[
Pardon gentil lecteur, pardon, il n'y aura pas de V2. 

Merci pour vos commentaires  :coeur: :coeur:
Et désolé pour les crises larmes, le manque d'alacrité et la chute abyssale.

 :meeting:

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #11 le: 12 Mars 2015 à 22:09:27 »
Citer
ce que m'avaient appris les échecs successifs qui avait marqués ma vie.
tu te trompes d'accord !

 
Citer
à la tâche de moisissure
itou, c'est pas le bon

Mouhahaha, belle fin.  :mrgreen:

Perso, j'ai pas été gênée par le côté je surfe avec le thème (de toute façon, je trouve que les textes du Mammouth sont rarement dans le sujet donc bon). Le texte se lit bien, est fluide, la fin était cool maintenant je suis moins rentrée dedans que certains autres peut-être, j'étais pas très convaincue par l'idée générale voili voiloup !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #12 le: 17 Mars 2015 à 20:47:12 »
Haha j'aurais tendance à rejoindre ma consoeur ci-dessus.

Je trouve que c'est un super traitement du thème, décalé mais finalement pas si loin et les petites références dans le vocabulaire pour illustrer ça de façon plus visible sont bien trouvées. La narration est super fluide, très bien écrit, y'a plein de bons mots/formulations, on sent très bien le personnage se faire ronger peu à peu par son travail et l'impact que ça a sur son entourage. (Quand j'y repense, le pack Serenity oO belle trouvaille, bien amenée) Après je pense que tu aurais pu épargner certains morceaux dans sa descente de l'Ouest parce qu'ils se répètent un peu, j'ai eu l'impression de lire plusieurs fois le même type de passage, qui n'apporte pas plus que le précédent. Pour finir, je ne trouve pas la scène de démission très convaincante, les dialogues/interjections font assez faux. De même que le patron est trop caricatural à mon goût. Mais j'aurais dû te le dire avant, pour que tu puisses éventuellement remanier un peu et proposer une V2. Désolée ! En tout cas, si la chute n'est pas surprenante, elle est néanmoins bien tournée.

Merci pour ce moment de lecture !

PS : si j'arrive à le retenir, j'aurai aussi appris un nouveau mot x) merci !

Hors ligne Aphone

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 687
  • La peur de son ombre
    • Bavardages d'un aphone
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #13 le: 17 Mars 2015 à 23:05:41 »
Je me suis moi aussi fait une raison : tous jonglent avec mépris avec le sujet.

A partir de là, j'ai vraiment adoré ton texte. Le style est fluide, l'ambiance nous imprègne rapidement et, contrairement à certains, je ne m'attendais pas à la fin.

Toutefois, le seul point noir -je trouve- c'est le manque d'attachement vis-à-vis de ton personnage. On le sent là, on comprend ce qu'il ressent mais, avec le recul, je le trouve trop lisse. Et c'est vrai que pour quelqu'un qui plaque tout du jour au lendemain, il se fond facilement dans le moule. Il excelle même dans le domaine, et c'est assez gênant au final.

Mais j'ai quand même passé un bon moment !
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : T09 - Zugzwang
« Réponse #14 le: 19 Mars 2015 à 21:33:51 »
Salut !

Je comprenais pas le titre, mais avec l'explication, ça donne envie :)

Citer
Les conseillers pôle emplois

Pôle Emploi avec les majuscules

Citer
Les conseillers pôle emplois qui te font croire que c'est une négociation me font rire. Tout ce que veut l'entreprise, c'est que tu rampes devant elle. Alors j'avais rampé.

J'ai envie de mettre un coeur mais en même temps...
Bref on se comprend.

Citer
power points

PowerPoint ?

Citer
Y avait un type que j’aimais bien dans le service animation, Marc. Un bon gars un peu joufflu, qui se cachait toujours derrière un sourire moqueur. On se retrouvait souvent le midi pour bouffer ensemble. Je lui disais les dernières conneries du Coyote et  lui me racontait les fêtes qu’il avait organisées la veille, ce type fraichement licencié qui avait fini la soirée dans la fontaine de chocolat en gueulant « Je ne veux pas travailler », cette belle-mère qui avait absolument tenu à danser un pasodoble avec son futur ex-gendre, et ce moment magique où on avait brulé tous les meubles d’une chambre de gamine qui ne serait plus jamais occupée. Ils avaient fait un grand feu de joie dans le jardin et tous les invités avaient fait une ronde autour, c’était très beau.

Brrrr

Oh putain cette fin.

Bon, je suis un peu embêté.
Parce que j'ai adoré ce texte, l'idée, la façon dont c'est écrit.
Mais je vois pas le western.
Enfin, je vois les allusions et je comprends ce que tu en dis.

Merci pour ce texte.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 22 requêtes.