Ce texte se rapporte à une époque de ma vie pas si lointaine. Pour vous aider à comprendre mieux l'étendu de mes mots je vais vous présentez mes amis. Car ceux sont bien de vrais personnes dont il s'agit. Les faits ne sont pas tous réels, disons que la réalité se mêle à la fiction...mais j'écris souvent pour exprimer ce que je garde au fond de moi, et, ces mots sont sortis sans laisser le temps à mon esprit de réfléchir...
Je m'appelle Shaé dans ce texte, et je m'appellerai sûrement ainsi dans tous les textes qui parleront de moi pour "la protection de l'identité des personnes concernées"
Shaé : C'est moiii
Charles : Le nouvel ami... Charles est complexe, Charles est sociopathe
Augustin : L'amant.... Augustin est...Augustin
mon premier grand amour également...le premier tout court en réalité...mais bon c'est un con****d 
Quentin : Le chéri... Bon j'aime pas dire ça vu que c'est un con****d et que maintenant c'est mon ex
il est asociale...il a explosé mon Ipod contre le sol parce qu'il "déteste la musique et ne comprend pas comment je peux m'adonner à un loisir pareil" (Cf le dit Quentin)
Tom : mon ancien prof d'histoire-géo et de DNL, on a été sa première classe, il est génial comme prof y a pas grand chose à dire d'autre 
Elle était déchirée. Ce vide intérieur gagnait peu à peu de la place. C'était comme une noirceur qui envahissait son corps, remplaçant la lumière en obscurité, sa foi en désespoir. Elle avait besoin de s'occuper l'esprit et, dans l'attente d'un sujet salvateur, ses mains meurtrissaient son corps. Sa jambe droite était couverte de bleus de déchirures de griffures qu’elle s’était infligée pour apaiser ce manque. Mais plus le vide grandissait, plus la douleur devait être importante.
En s'arrachant la peau sur un centimètre carré, elle décida d'occuper ses mains autrement. Sa longue chevelure lui tombait maintenant jusqu'aux seins et lui permettrait ainsi de jouer. Elle commença à peigner sa crinière et ses doigts couraient, jouaient avec ses mèches de cheveux pour former une coiffure complexe.
Quand elle eut fini, l'angoisse arriva. Et si cela ne suffisait pas à l'apaiser ? Que ferait-elle ? Elle attendit, patiemment. Et peu à peu la sensation revint, le vide s'empara de son être et ses mains commencèrent à s'exciter sur ses genoux. Vite une échappatoire. Pieces de Sum 41 résonna dans sa tête, et elle s'abandonna à cette mélodie.
La sonnerie retentit, la tirant de sa torpeur. Une main chaude se posa sur son bras. Elle se figea. Elle ne supportait plus qu'il la touche. Elle avait des blocages quand ses bras la serraient, quand ses lèvres rencontraient les siennes. En réalité, chaque geste qu'il avait envers elle alimentait son passager noir. Il lui demanda si ça allait, elle répondit que oui, lâcha un sourire, et s'éclipsa avant qu'il ne lui en demande plus. Il lui reprochait d'être froide, distante et trop proche de son nouvel ami.
Elle descendit les marches quatre à quatre pour le rejoindre. Arrivée au foyer, ses amis l'assaillirent. Son meilleur ami la serra dans ses bras et lui chatouilla les côtes. C'est à peine si elle sentit le contact de ses mains sur son corps. Tout son esprit était en quête de son nouvel ami. Elle entendit son rire avant de l'apercevoir. Une main se posa sur son épaule et son corps reconnu la chaleur du sien. Puis le vide disparu. Le monde recommençait à tourner dans le bon sens. Il la tira vers lui pour s'isoler et releva le pan de sa jupe. Sa main effleura sa peau fraîchement meurtrie. Elle leva les yeux pour observer sa réaction. Son visage était fermé. On pouvait y lire de la frustration, de la colère. Sa main remonta un peu plus haut, et la colère se changea en envie. Elle stoppa net son geste, un sourire mi amusé mi énervé aux lèvres. Le visage de son nouvel ami redevient parfaitement impassible, totalement inexpressif.
Une autre chaleur, également familière, vint se poser au creux de ses reins. Elle se détourna pour contempler son amant. Ses yeux étaient toujours verts rieurs, son sourire moqueur et taquin. Elle lui fit mal. Ses ongles se plantèrent dans la chair de son bras et les mots qui sortirent de sa bouche suffirent à réveiller sa colère. « Ne me touche jamais plus ». Il lui saisit le poignet violemment dans un accès de rage. Elle se retrouva dos aux casiers, complètement immobilisée, apeurée comme une proie pris au piège réalisant qu'il n'y a plus d'échappatoire. Il planta son regard dans le sien, ses yeux verts émeraude scrutaient les siens. Elle n'avait plus d'envie. Son corps ne frissonnait plus quand il la touchait, elle ne le désirait plus. Elle attendit. Il ne l'avait plus jamais frappé, lui avait promis qu'il ne le ferait jamais plus. Mais elle ne le connaissait que trop bien. Elle sentait dans son regard sa colère, dans sa poigne sa rage. Il ne comprenait pas pourquoi elle le repoussait. Son visage se rapprocha du sien et ses lèvres se posèrent sur les siennes. Elle réprima son dégout et répondit à son baiser. Il se retira un demi sourire au coin de la bouche en lui murmurant « tu es à moi » avant de s’en aller. Son nouvel ami vint se poser devant elle :
-Tu n’étais pas obligée de faire ça.
-Je préfère lui donner ce qu’il réclame en attendant comment savoir gérer la situation.
-Il va falloir que tu lui dises que ce n’est plus un jeu.
-Je sais mais j’appréhende sa réaction.
-Tu as peur ?
-Je suis prudente c’est différent. … Et je n’ai toujours pas décidé si je le garde comme ami ou pas.
-Tu es… insouciante.
-Mais c’est ce qui fait mon charme, non ?
Il lui répondit par un sourire tinté de malice avant d’enchaîner :
-Et tu comptes quitter quand ce qui te sert de mec ?
-Quand j’irais mieux.
-…Tu as avancé ?
-Non.. j’ai plus l’impression de stagner à vrai dire.. Et toi ?
-Pareil.
-Tu sais ce qui est bien avec toi, Charles ? Je peux être moi-même.. et je sais que tu l’es aussi.
-Et comment tu le sais ?
-Tu as des émotions.
-J’ai appris à mimer les émotions à défaut de pouvoir les ressentir.
-Je sais.
-..Prépare-toi, il arrive.
Elle détourna ses yeux de son nouvel ami et vit son chéri s’avancer vers elle. Il la prit par la taille et l’embrassa.
-Tu viens ? lui demanda-t-il
-Pardon Charles tu me parlais ?
-Je te demandais si tu dormais toujours chez moi le soir de la fête de la musique.
-Ah oui bien sûr !
-Cool, amène ta guitare, on les déposera dans ma voiture après ma représentation et mes parents les déposeront à la maison.
-Oki ça marche. …Tu vas me présenter à tes parents ?
-Vite fait oui.
-Comment ça ?
-Ils ne seront pas là ce soir-là, ils viennent juste me voir et après ils partent avec mon frère pour Paris.
-Ca veut dire qu’on aura la maison pour nous tout seul ?
-Tu as tout compris ! … Je te laisse, je ne voudrais pas te mettre en retard et ton chéri s’impatiente. A ce soir !
Elle le suivit des yeux un instant, puis se retourna pour sourire à son chéri et partit en direction de son cours d’anglais. En passant près de la classe des TES1, son amant lui tapa les fesses et elle se tourna alors vers son chéri en attendant une réaction de sa part. Comme il ne dit rien, elle décida de le taquiner.
-Oh j’aime qu’on me donne la fessée !
-Je t’en donnerai alors.
Elle se stoppa net dans sa marche et attendit qu’il se retourne vers elle.
-Tu sais de quoi tu manques cruellement, Quentin ? De jalousie. C’est comme si tu ne me portais pas d’intérêt. Charles va me présenter à ses parents, ça fait un an qu’on est ensemble et les tiens sont même pas au courant de mon existence, ça devrait te faire quelque chose de voir que lui en est capable, surtout que tu me dis que je suis trop proche de lui et que tu me laisses dormir chez lui seule sans personne pour nous surveiller ! Et Augustin qui m’embrasse devant toi qui me tape les fesses, non ça ne te fait pas réagir ?!
-Tu voudrais que je fasse quoi ? Je ne vais pas me battre pour toi. Et je sais que tu m’aimes.
Elle avait en cet instant une de ces envies de meurtres qui la prenait parfois. Elle ferma les yeux pour se calmer quand une voix familière se fit entendre.
-Shaé! Comment vas-tu ?
Elle ouvrit les yeux et vit son jeune prof d’histoire-géo de l’année dernière lui sourire.
-Bonjour Tom, très bien et toi ?
-Ca va bien merci. Tu as cours là ? J’ai une heure sans rien et j’aurais besoin de toi pour mon projet.
-Anglais mais on va écouter une chanson… je fais une écoute, je rends ma copie et je te rejoints ?
-Parfait ! A toute de suite en salle vie et foi ! Je te prépare ton cappuccino.
Et sur un clin d’œil, il se dirigea vers la dite salle. Elle était contente, elle allait avoir l’esprit occupé une heure, ce qui calmerait le vide et elle pourra se préparer à faire semblant d’aller bien pour ses deux heures de latin à côté de son meilleur ami.
-Vous êtes proche…
-Mon dieu, Quentin, tu es jaloux de Tom mais pas de Charles et Augustin ? Je ne suis pas stupide, ça ne sert à rien de faire ça pour me faire plaisir ! Oh tiens, tu sais de quoi tu manques aussi ? De spontanéité.
Elle reprit sa marche et entra en cours d’anglais. Elle alla prévenir sa prof qu’elle partirait à la fin du contrôle pour rejoindre Tom pour l’aider pour son projet de vie et foi. Elle s’installa à son habitude à côté de Camille à qui elle tira la langue en signe de bonjour. Elle se sentait mieux. Son nouvel ami lui avait donné de la force tout comme être méchante avec son chéri. Oui, bizarrement le voir souffrir lui faisait du bien.
La chanson choisie par sa prof pour l’évaluation était Somewhere only we know de Keane. Elle connaissait les paroles par cœur. A peine avait-elle reçu sa copie qu’elle la noircissait déjà. Elle prit quand même le temps de l’écouter pour son plaisir personnel et pour vérifier si sa mémoire avait vu juste. Elle rendit sa feuille et sortit de la salle. Il faisait beau, le soleil lui chauffait la peau. Elle s’arrêta pour profiter de ce moment de bien être si rare. Elle se dit que si sa vie était aussi belle que le temps d’aujourd’hui, ça serait une journée parfaite. Elle rouvrit les yeux et arriva devant la porte de la salle de vie et foi. Tom l’attendait, posé dans un canapé, le Figaro dans une main, son café dans l’autre. Elle attrapa le couteau qu’elle plongea dans le pot de Nutella avant de s’en tartiner une tranche puis elle sortit sur un banc à l’entrée, munie de son cappuccino et de son plaisir chocolaté. Il ne tarda pas à la rejoindre et ils commencèrent à parler. Elle avait toujours aimé discuter avec lui, il était littéraire, elle pouvait discuter sérieusement avec lui sans qu’il la voit comme une gamine de dix-sept ans malgré leur dix ans d’écart. Elle passa donc son heure d’anglais à imaginer comment intéresser les lycéens à la vie pastorale de l’école. Elle prit des notes, s’autorisa à rire et savoura son moment chocolat.
C’est donc presque bien qu’elle alla en cours de latin. C’était sans aucun doute un de ses cours préférés. Son prof était à la fois exigeant et laxiste, ils s’autorisaient donc à manger ou jouer entre deux versions. Elle avait ce point commun avec son père d’être une amoureuse de la littérature à l’esprit cartésien. Cela en déroutait plus d’un. Son amant avait l’habitude de lui dire « tu es à la fois tout et son contraire, la seule chose qui n’a pas de contraire chez toi, c’est la beauté ». Elle se savait complexe, elle ne faisait que commencer à se comprendre et le chemin était loin d’être terminé. En réalité, elle aimait apprendre. Elle était curieuse et aimait comprendre. Comme la compréhension passait nécessairement pour elle par l’expérience et la connaissance, elle s’intéressait à tous les sujets dans tous les domaines possibles.
Elle sortit alors de ses pensées et réalisa que quinze minutes s’étaient déjà écoulées. L’apprentissage qu’elle avait commencé avec son nouvel ami était parfois prenant. Le cours portait sur l’épicurisme et elle s’ennuya vite ayant déjà étudié ce sujet en philosophie.
Au fil des minutes, elle commença à se sentir bizarre. Quelque chose lui faisait mal. Pas physiquement non, mais d’une manière qui l’intriguait. Elle comprit alors qu’il revenait. Son passager noir était de retour. Elle avait eu pour elle un peu plus d’une heure de répit. Elle souffla doucement pour essayer de s’apaiser mais le vide grandissait en elle. Il déferlait en elle de plus en plus vite. Son souffle se coupa et elle eut l’impression qu’on l’ouvrait de l’intérieur. Comme une déchirure, une plaie béante qui se serait décousue et dont les fils tiraient les chairs à vif. Ce n’était pas physique, entièrement psychologique. C’est comme si elle se créait toute seule cette douleur. Le problème c’est qu’une fois créée, elle ne pouvait plus la faire partir. Elle qui se sentait si bien. Elle chercha l’élément qui avait brisé le charme de son petit instant de répit. Elle n’en trouva aucun.
Elle savait que ça ne s’arrêterait pas tout de suite, aujourd’hui avait été un jour clément et les jours à venir seraient durs à encaisser. Tel était son quotidien désormais.