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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La valse des pavés. [défi de juin 2014]

Auteur Sujet: La valse des pavés. [défi de juin 2014]  (Lu 6712 fois)

Aahraz

  • Invité
La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« le: 24 Juin 2014 à 20:52:13 »
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La valse des pavés

TAC TAC, TACTACTAC TAC...

C'était un mardi. Il faisait chaud, et rien ne semblait pourtant extirper les gens de leurs cadences infernales. J'étais à ma terrasse, en train d'écrire sans inspiration sur ma vieille Hermès 2000. Ce fut un bruit sourd qui me fit lever la tête, d'abord étouffé. Personne d'autre que moi ne le remarqua. Personne ne voulut lever la tête de son journal, ni même lâcher ses affaires. Sur le moment, personne ne voulut voir.

Mais il y eut cette montée, ce bruit de machine introduisant l'accordéon, qui sortit du coin de la rue là où rien ne l'attendait. Il se jouait tout seul en planant autour des citoyens et des travailleurs, claudiquant en l'air, accompagné d'un mélodica tout aussi rieur, et tout aussi hanté. Puis c'est une cithare qui les suivit, tout aussi envoutée.

Petit à petit, les instruments se mirent à valser autour des gens, s'envolant et se rattrapant sans la moindre logique dans une fougue toute musicale. Malicieusement, comme pour sonner l'alarme, l'accordéon s'éleva plus haut, encore plus haut, pour s'arrêter devant les aiguilles de la grande horloge du village. Impuissantes, ces dernières vibrèrent, tournèrent, puis finirent par se détacher.

Je compris alors que même le temps s'était arrêté pour suivre la folle danse de ces instruments survoltés.

Les gens se figèrent enfin. L'air lancinant, calme et pourtant entrainant se suspendit tout à coup, en ne laissant jouer que cette machine bourdonnante dont j'ignore encore le nom et même l'utilité, mais qui prouva ce jour-là son insoupçonnable capacité d'harmonie.

Et la mélodie reprit de plus belle, et, durant quelques minutes, tout ne fut que danse, musique et équilibre.
Du coin de la rue, encore, comme s'ils rentraient sur scène, apparurent un autre accordéon, un tuba, un glockenspiel et toute une armée d'instruments autonomes qui dansèrent en jouant, et qui jouèrent en dansant, autour des pavés chauds qui valsèrent également, emportés.

Le boulanger ahuri laissa négligemment son four tourner, puisque les baguettes en sortirent pour frapper le glockenspiel. Même la scie espiègle du menuisier s'échappa pour mieux vibrer en choeur avec ses acolytes. Si l'on dit que les scies musicales pleurent en chanson, il me sembla évident que celle-ci pleurait de joie.

Puis ce fut une petite fille aux cheveux fins, vêtu d'une superbe robe rouge, qui apparut du coin de la rue. Avec son jouet dans les mains - un petit singe percussionniste - elle dansa et virevolta autour des instruments, tandis que personne n'osait bouger un doigt. Le petit singe frappa le rythme de ses cymbales ridicules qui sonnèrent pourtant comme des éclairs, et elle, le sourire au lèvre et la musique au corps, elle pressa le petit bouton qui enclenchait la voix diabolique du singe :" He plays. It plays!".

Le monde entier chercha une explication à cette magie irréelle. Le tuba souffla de plus belle, les accordéons s'époumonèrent, et les instruments tournèrent alors autour de cette incroyable petite fille. Elle fut la seule à savoir saisir l'instant et à en profiter. Et la musique la suivit, comme pour la remercier de comprendre l'essence de l'équilibre.

Cette gamine fut ma déesse, pure, parfaite et innocente, qui ne connaissait ni le monde, ni les gens ni le travail, mais qui tutoyait l'harmonie en arrêtant le temps et dont le rire sonnait comme celui de l'innocence elle-même.

Les mélodies juxtaposées s'enflammèrent, alors qu'elle tournait de plus belle, et qu'elle riait plus fort. Le singe sembla même écarquiller les yeux de joie, sourire de plus en plus. Les aiguilles libérées volèrent frénétiquement comme autant de papillons dansants.

Respectueux, les moteurs des voitures s'arrêtèrent, incapables de coller à l'équilibre. Les crieurs se turent, les télés  s'éteignirent, et le temps suspendit son vol pour vivre un peu. Tout n'eut tout à coup plus besoin d'avoir, d'être ni même d'aller : tout préféra boire l'instant, comme en orbite de ce soleil naïf, si naïf qu'il en devint parfait, qu'il en devint feu, lumière. Qu'il en devint vie.

Et alors, subitement, dans la folie de sa rotation et autour de la valse des pavés, la petite fille tomba. Les instruments s'effacèrent, les aiguilles reprirent leurs rôles, les baguettes retournèrent au four et les moteurs vrombirent à nouveau. Comme si rien ne fut, les passants repassèrent, les besoins revinrent, et l'équilibre se brisa en un instant fugace.

Il ne resta que moi et cette petite fille essoufflée.

Stupéfait, je bondis et la pris par le bras : " Petite, reviens casser le rythme. Brise la ville, le travail, et tous ces gens."

Et la gamine, interdite, me fixa de ses grands yeux ronds. Sans parler, son regard s'arrêta vers ma Hermès 2000. D'un grand sourire, elle lâcha ma main, courut soudainement jusqu'à à ce qui était ma chaise, se hissa dessus, puis commenca à taper doucement sur les touches cliquetantes.

TAC TAC, TACTACTAC TAC...

- C'est une machine à écrire. Elle est vieille, tu sais. Ca n'a pas grand chose à voir avec ta magie...

 TAC TAC, TACTACTAC TAC...

- Non, petite, recommence ! Appelle les instruments, les aiguilles, les baguettes !

TAC TAC, TACTACTAC TAC...

Je m'assis à côté d'elle pour commencer à lire. Mais rapidement, je vis qu'elle n'écrivait pas : elle jouait de ma machine comme d'une percussion. Un texte sans queue ni tête, sans structure, sans relecture. Un texte écrit d'un trait, par une gamine, sans la moindre logique autre que la musicalité des touches.

TAC TAC, TACTACTAC TAC....

Puis, en plein milieu, elle disparut.
Alors, j'ai continué à écrire. Ce texte qui raconte l'accordéon, la scie, l'arrêt du temps, les gens et tout le reste. Un texte qui ne parle pas. Un texte qui chante, qui danse. Au rythme des touches. Et des passants qui passent.

TAC TAC, TACTACTAC TAC, TAC TAC, TACTACTAC TAC, TAC TAC, TACTACTAC TAC...
« Modifié: 28 Juin 2014 à 01:16:05 par Aahraz »

MillaNox

  • Invité
Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #1 le: 25 Juin 2014 à 13:53:05 »
Salut Aahraz !

ce qui cloche au fil du texte :

Citer
Personne n'a voulu lever la tête de son journal, ni même lâché ses affaires.
lâcher

Citer
Impuissantes, ces dernières ont vibré, tourné, pour ont fini par se détacher.
puis et non pour

Citer
Puis la mélodie a reprit de plus belle, et, durant quelques minutes, tout n'a été que danse, musique et équilibre.
repris

Citer
devant ce spectacle surréaliste, n'osait bouger un doigt.
on est tellement dedans, et tellement heureux de ce surréalisme, que ça casse le truc quand tu nous met devant ce mot et nous rappelle que c'est pas réaliste... ça nous sort de la magie et c'est tellement dommage...

Citer
Le tout parut si désynchronisé, si cacophonique, et restait pourtant si harmonieux que le monde entier semble encore chercher la réponse à cette magie irréelle.
je me demande si mettre les deux verbe au même temps n'aurait pas un meilleur rendu ?

Citer
Le tuba souffla de plus belle, les accordéons s'époumonèrent, et les instruments tournèrent alors autour de cette incroyable petite fille, qui fut la seule à avoir su saisir l'instant et à en profiter, comme pour la remercier de comprendre l'essence de l'équilibre.
cette phrase est beeelle mais un peu trop longue pour la savourer à sa juste valeur. je trouverai ces idées plus fortes et fluides en deux phrases

Citer
Les mélodies juxtaposées se sont enflammées, alors qu'elle tournait de plus belle, et qu'elle riait plus fort. Le singe semblait même écarquiller les yeux de joie, sourire de plus en plus. Les deux ensemble dansaient et riaient à faire trembler le ciel et la terre avec.
le double "riait est un peu lourd, d'autant que tu as "rire" la phrase d'avant... un synonyme ?

Citer
D'un grand sourire, elle a lâché ma main, a couru alors jusqu'à à ce qui était ma chaise, s'est hissée dessus, puis elle a commencé à taper doucement sur les touches cliquetantes.
un "à" s'est incrusté en trop !

Globalement je trouve ton texte magnifique, il m'a emporté (ainsi que la fabuleuse musique de tiersen), sa poésie et ses images sont superbes ! Je n'ai pas résisté à relever les passages qui m'ont vraiment fait rêver, m'ont touchée, m'ont fait voler... donc tout ce qui est en dessous c'est juste  :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:

Citer
Puis la mélodie a reprit de plus belle, et, durant quelques minutes, tout n'a été que danse, musique et équilibre.

Citer
Du coin de la rue, encore, sont sortis un autre accordéon, un tuba, un glockenspiel et toute une armée d'instruments autonomes qui dansaient en jouant, et qui jouaient en dansant, autour des pavés chauds qui valsaient eux-mêmes, maintenant.

Citer
Le boulanger ahuri laissa négligemment son four tourner, puisque les baguettes en étaient sorties pour frapper le glockenspiel amoureusement.

Citer
Même la scie espiègle du menuisier s'est échappée pour mieux vibrer en choeur avec ses acolytes. Si l'on dit que les scies musicales pleurent en chanson, il m'a semblé évident que celle-ci pleurait de joie.

Citer
Cette gamine était une déesse, pure, parfaite et innocente, qui ne connaissait ni le monde, ni les gens ni le travail, mais qui tutoyait l'harmonie en arrêtant le temps et dont le rire sonnait comme celui de l'innocence elle-même.

Citer
Les moteurs des voitures se sont arrêtés, incapables de coller à l'équilibre, les crieurs se sont tus, les télés éteintes, les passants ont même suspendu leur marche pour vivre un peu. Tout n'eut tout à coup plus besoin d'avoir, d'être ni d'aller : tout a préféré vivre l'instant, tout s'est placé en orbite de ce soleil naïf, si naïf qu'il en devint parfait, qu'il en devint feu, lumière. Qu'il en devint vie, même.

merci pour ce beau rêve

Milla

Hors ligne Baptiste

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #2 le: 25 Juin 2014 à 23:33:12 »
Yop

Citer
. C'est un bruit sourd qui m'a fait lever la tête, d'abord étouffé
Sourd et étouffé. c'est pas un peu redondant ?
Citer
mais qui a prouvé elle-aussi son insoupçonnable capacité d'harmonie.
Bon, c'est trois fois rien, un détails. Je sais même pas pourquoi je relève. Mais j'aime pas trop ce bout de phrase. A cause du "a prouvé" peut être.
Citer
Si l'on dit que les scies musicales pleurent en chanson, il m'a semblé évident que celle-ci pleurait de joie.
^^
Citer
ont même suspendu leur marche pour vivre un peu
J'aime bien aussi
Citer
petite, petite,
Majuscule au premier Petite, non?
Citer
n texte one-shot,
One shot fait tache un peu. Enfin je sais pas, j'aime pas trop


Bon, j'ai trouvé ça pas mal. Je suis un peu curieux, puisque écoutant la musique en même temps j'ai pas retrouvé certains instrument que tu décris, alors que j'ai l'impression que tu y colle un peu à la musique.
Certaines images sont belle, l'idée est sympa dans le genre fantasia déluré.
Après, c'est peut être un peu trop descriptif, un peu trop "qui colle à la musique" qui me fais n'être pas entré completement.

Mais au moins t'as fait un truc
Merci pour ce texte
Au plaisir

Hors ligne Rémi

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #3 le: 27 Juin 2014 à 21:35:38 »
Salut,
super texte pour un one-shot !

Citer
Puis c'est une petite fille aux cheveux fins, vêtu d'une superbe robe rouge, qui est apparue du coin de la rue. Avec son jouet dans les mains - un petit singe percussionniste - elle a virevolté autour des instruments, s'est envolée au sein de la musique, tandis que personne n'osait bouger un doigt. Le petit singe frappait le rythme de ses cymbales ridicules qui sonnaient pourtant comme des éclairs, et elle, le sourire au lèvre, la vie au corps et la musique dans les veines, elle pressait le petit bouton qui enclenchait la voix diabolique du singe :" He plays. It plays!".
J'adore. Cette partie surréaliste et poétique est vraiment bien menée.
Une coquille : "aux lèvres"

Tes instruments qui s'envolent, les baguettes qui deviennent instruments, la scie... c'est chouette.

Citer
Les moteurs des voitures se sont arrêtés, incapables de coller à l'équilibre, les crieurs se sont tus, les télés éteintes, les passants ont même suspendu leur marche pour vivre un peu. Tout n'eut tout à coup plus besoin d'avoir, d'être ni d'aller : tout a préféré vivre l'instant, tout s'est placé en orbite de ce soleil naïf, si naïf qu'il en devint parfait, qu'il en devint feu, lumière. Qu'il en devint vie.
Ouahh !  :coeur:  Très beau, tout le §, chaque partie de chaque phrase. Les idées et les images sont top (plus de télé... pour vivre un peu...).

J'aime beaucoup la fin aussi et la machine à écrire comme instrument, comme dans la chanson.

J'avais choisi le même morceau, mais mon texte est 17 fois plus court...  :/
J'ai essayé uniquement de traduire l'émotion et la musicalité.

Merci pour ce texte,
Rémi

Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Kailiana

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #4 le: 27 Juin 2014 à 22:56:50 »
Sympa !

Au niveau style l'ensemble coule bien mais il y a quelques imperfections, surtout au niveau des temps il y a quelques verbes qui me gênent, j'essaie de détailler :

Citer
C'est un bruit sourd qui m'a fait lever la tête
ce fut ?
Citer
c'est une cithare qui les a suivi
suiviS
Citer
J'ai alors compris que même le temps s'était arrêté pour suivre la danse folle des instruments survoltés.
j'aurais préféré "de ces instruments survoltés", j'ai du mal à dire pourquoi, peut-être parce que "des instruments survoltés" ça fait trop général
Citer
les gens se sont enfin stoppés
pas très joli par rapport au reste, tu pourrais par ex remplacer par "ont arrêté ce qu'ils étaient en train de faire" ou autre
Citer
Le boulanger ahuri laissa négligemment son four tourner, puisque les baguettes en étaient sorties pour frapper le glockenspiel amoureusement.
"amoureusement" un peu lourd après "négligemment"
Citer
Puis c'est une petite fille aux cheveux fins
deux paragraphes plus tôt tu as déjà commencé par "puis...", ce serait sympa de changer
Citer
vêtu d'une superbe robe rouge,
vêtue
Citer
Les deux ensemble dansaient et riaient à faire trembler le ciel et la terre avec.
"les deux ensemble" pas très joli, pourquoi pas "tous deux" ?
Citer
Et puis, subitement, dans la folie de sa rotation et autour de la valse des pavés, la petite fille est tombée.
Faut t'interdire de commencer un paragraphe avec "puis"  :mrgreen: une fois ça va, le soucis c'est que là ça se démarque et fait vraiment répétition, c'est dommage
Citer
Stupéfait, je me suis levé, je l'ai prise par le bras, et je lui ai dis : " petite, petite, viens, viens avec moi. Viens vivre ta magie, viens faire tourner le monde en musique. Reviens casser le rythme, la ville, le travail, et tout ces gens."
alors la réplique du "je", désolée, mais c'est le gros truc que je n'aime pas du texte, ça a failli tout me casser. Je trouve que ça ne va pas du tout avec ce qu'on sait de lui et de l'ensemble du texte. Parce que le texte (et l'ambiance) est très harmonique, mais tous les humains (sauf la fille) reste très extérieur. Et là, quand il parle, on dirait que tu as continué sur ta lancé et que tu le fais parler en musique. Alors que pour moi, il faudrait tout le contraire : le faire parler de la manière la plus terre à terre possible, pour faire un contraste avec ce qui précède. Je ne dis surtout pas de le faire parler comme un charretier, mais comme quelqu'un de normal, une phrase de tous les jours, pour que son inaction du début, et son envie, soient logiques. Si il parle en musique, il aurait pu/du aller avec les instruments et pourrait lui aussi agir pour "casser le rythme"
(ce qui est bizarre c'est que dans la suite y'a pas ce problème, c'est vraiment cette réplique à refaire)



Bon mon commentaire est long, mais :
- mes commentaires sont des suggestions, pas forcément pertinentes, que tu prends ou tu laisses
- j'ai vraiment bien aimé le texte sur la musique, et il ne faut même pas grand chose pour qu'il se suffise à lui même et soit un bon texte indépendant. Je l'ai trouvé un peu long à un moment je crois, mais ça reste convenable. Y'a des phrases vraiment sympas. (en fait, y'a beaucoup de phrases vraiment sympas)
Donc pour moi, tu as très bien réussi le défi ^^
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Maxie

  • Invité
Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #5 le: 27 Juin 2014 à 23:41:39 »
C'est mélodieux et invite à la danse ! Il serait encore mieux si dans certains paragraphes tu faisais plus attention à l'emploi de mots aux sonorités semblables. Pour avoir un rendu phonique dans la lecture de tes phrases ! C'est un exercice très complexe, mais le réussir amplierait davantage ton texte d'harmonie !

J'aime beaucoup le texte dans sa globalité. Cependant j'ai trouvé certaines tournures de phrases un brin trop lourdes ou trop clichés :

Citer
comme un cheveu sur la soupe
sans la moindre logique
superbe robe rouge
riaient à faire trembler le ciel et la terre avec

Aahraz

  • Invité
Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #6 le: 28 Juin 2014 à 00:04:24 »
Merci pour vos retours, c'est sympa. En effet, à force d'écrire des trucs fantasy ou au présent, je me retrouve avec de gros bugs de concordance des temps et mon petit cerveau atrophié galère pour savoir comment respecter les règles.

Je prends bonne note de vos remarques et affine le texte pour qu'il soit débarrassé de ses verrues. Pour expliciter un peu (ce qui est mal parce que si je dois le faire c'est que le texte est raté ^^), c'est un rythme d'écriture, en fait. Le type écrit à une terrasse, et, subitement, le bruit de sa machine emporte son imagination et lui fait sublimer sa réalité platonique en une valse des pavés, irréelle, féérique et enjouée, symbolisée par ce qu'il y a de plus pur et de plus innocent : une gamine. La fin, c'est juste le retour dans son propre corps, la sortie de cette espèce de transe d'imagination où tout devient malléable, possible, transformable pour l'écrivain. Qu'écrire implique un rythme et une mélodie bien précise et que les partitions sont souvent tout aussi travaillés qu'une grande composition.

Je vais revoir les temps et retoucher tout ça de suite. Merci encore à vous tous !

Hors ligne Rémi

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #7 le: 28 Juin 2014 à 00:09:30 »
Salut ,
Citer
Pour expliciter un peu (ce qui est mal parce que si je dois le faire c'est que le texte est raté ), c'est un rythme d'écriture, en fait. Le type écrit à une terrasse, et, subitement, le bruit de sa machine emporte son imagination et lui fait sublimer sa réalité platonique en une valse des pavés, irréelle, féérique et enjouée, symbolisée par ce qu'il y a de plus pur et de plus innocent : une gamine. La fin, c'est juste le retour dans son propre corps, la sortie de cette espèce de transe d'imagination où tout devient malléable, possible, transformable pour l'écrivain. Qu'écrire implique un rythme et une mélodie bien précise et que les partitions sont souvent tout aussi travaillés qu'une grande composition.
expliciter : c'était bien perçu comme ça à la première lecture (rythmique et sens mélangés : rythmique du texte et nécessité de mélodie pour l'écrivain).
Valse irréelle : oui, je répète, surréaliste
Le retour dans son propre corps : il est clair dans le texte
grande composition : c'est notre but, même sur un court texte, et tu t'en es bien débrouillé  ;)

Hâte de lire ton peaufinage.

Rémi
« Modifié: 28 Juin 2014 à 00:11:35 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Loïc

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #8 le: 30 Juin 2014 à 00:20:16 »
Citer
l faisait chaud, et

Mort aux virgules avant et !

Citer
Mais il y eut cette montée, ce bruit de machine introduisant l'accordéon, qui sortit du coin de la rue là où rien ne l'attendait.
Cette phrase me semble bancale, surtout à cause de la virgule avant qui (enfin, du passage entre virgule)

Citer
Le boulanger ahuri laissa négligemment son four tourner, puisque les baguettes en sortirent pour frapper le glockenspiel.

Je trouve celle-ci particulièrement lourde.

Citer
courut soudainement jusqu'à à ce qui était ma chaise

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Pas fan de la toute fin. J'ai particulièrement aimé tout le passage de la petite fille que je trouve le plus poétique, le mieux mené. Le début n'est pas mal non plus, peut-être un peu embrouillé.
Sinon, comme ce que j'ai lu de toi jusqu'ici, à part quelques maladresses, ça se lit bien. J'ai aimé l'histoire aussi.
Ah et ça colle à la musique :)
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #9 le: 27 Mars 2015 à 15:07:08 »
Belle lecture, ça colle très bien à la musique -- que j'adore et qui me fait furieusement penser à du Pascal Comelade  :coeur: D'ailleurs, j'ai continué la lecture (oui je lis lentement :huhu:) avec 4 Roses pour Marie, le résultat et le plaisir de la lecture est tout aussi réussi ;)
Le texte seul est sympa, frais, léger ; mais la musique fait indubitablement partie du trip. S'il est sélectionné en coup de coeur, va falloir founir le CD avec :D

Merci pour ce bon moment :)
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne ernya

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Re : La valse des pavés. [défi de juin 2014]
« Réponse #10 le: 20 Avril 2015 à 23:31:58 »
C'est un texte tout choupi, dis donc !
Ca se lit bien mais je ne suis pas plus fan que ça (décidément, c'est pas ma soirée ce soir pour lire les textes proposés pour le recueil). Je trouve les éléments un peu déjà vu (la musique vs l'inertie et la monotonie, la petite fille et l'écrivain, la musique de la machine à écrire). Du coup, je n'ai pas été très très surprise par le texte.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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