Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 Juillet 2026 à 18:47:34
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Seul Au Monde

Auteur Sujet: Seul Au Monde  (Lu 2007 fois)

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
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Seul Au Monde
« le: 29 Août 2013 à 17:45:44 »


Quel cours de merde ! Je me demande pourquoi je suis venu. Dix minutes à tenir, ensuite je change de matière.
Je me suis isolé du reste des élèves. Je ne sais pas si Antoine me fait toujours la gueule. La bande et moi c’est une longue histoire. On s’est connu au jardin d’enfants. À l’époque, j’étais aimé de tous, j’étais une vraie petite vedette. Maintenant, je sus un marginal.
Du genre au lendemain, j’ai changé du tout au tout. Je me sus mis à l’écart des autres. Je ne voulais pas me faire bouffer par la société.
Si on m’avait dit, il y a quelques mois, que les clichés tenaient autant de place dans notre vie, je ne l’aurais pas cru. Le terme de cliché est, quelque chose en soit, de péjoratif. Les gens n’aiment pas les clichés, mais ils en bouffent à longueur de journées. Telle personne dans tel milieu à tel comportement. Face à telle situation, telle personne se comportera de telle façon. Pourtant les clichés sont rejetés et haïs par la plupart des gens, alors qu’ils font intrinsèquement partie de nous et de notre quotidien. 
Je n’étais pas du tout attiré par elle. Elle avait un gros faible pour moi. Antoine voyait qu’elle. Ce qui devait arriver arriva. Elle fit tout pour me conquérir. Un après-midi, entre deux cours, je lui rendis son baisé. Antoine, qui passait comme par hasard dans le coin, nous a surpris.
J’ai essayé de lui expliquer, mais impossibles de le voir. Je me suis dit que ça lui passera ; après tout, cette fille ne valait pas la peine qu’on gâche, une amitié longue de dix-neuf ans. Je me suis trompé. Cela fait maintenant près d’un an qu’il ne me parle plus. Quant à la fille, je ne l’ai plus revue après ce baiser.
J’ai coupé les ponts avec lui et par la même occasion avec Étienne et Arthur ; après tout, ils se connaissaient bien avant que j’entre dans leur vie.
Je devrais aller leur parler. Ce n’est pas bien de rester seul, et je le suis depuis trop longtemps. Deux ans, c’est long...
Le cours est enfin terminé. Je me lève et sors de l’amphi pour aller me dégourdir un peu les jambes, et me payer un café. Le distributeur est juste à gauche. Le café est vraiment infect.
Autour de moi, c’est la valse des étudiants. Chacun a besoin de sa potion pour continuer à êtres attentifs. C’est à peine s’ils me remarquent. Je fais partie du décor. Je suis…
Je suis le mur sur lequel mon dos repose, je suis la pierre, le ciment, la peinture et les divers autres composants qui ont servi à la construction de ce mur. À une époque, j’étais ce mur qui séparait l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest. Je suis le distributeur. Je suis le café fade insipide que les étudiants boivent. Je suis l’amphithéâtre, l’osier qui compose les sièges, le pupitre, le plancher. Je suis les néons qui  éclairent la salle, j’éblouis et procure aux étudiants la révélation.
Je suis l’air exhalé, inspiré, expiré, respiré ; je satisfais les bronches et les bronchioles. Je suis les arbres, la nature, la verdure : la photosynthèse. Je suis  le vent qui caresse les joues humides de la jouvencelle, je suis le printemps qui se révèle à ses yeux ; les battements de ses cils me redonnent vie. Je suis la fleur du matin, celle du premier jour. Sortie des mémoires, sortie des mythes, je n’existe plus. Je suis une rose en enfer, un chandail au paradis.
Je suis la colombe qui éclot dans les méandres de la jeune vierge. Je suis la fontaine tant de fois recherchée, jamais retrouvée.
Je suis la société de consommation et tout ce qu’elle représente. Steak, pain, salade, tomate, oignon, pomme de terre, ketchup, mayonnaise, comptoir, caisse, friteuse, serviette, emballage, plastique, paille…
Je suis un son, une note, un accord. J’ai plu à divers monarques, charmé des hommes et des femmes. On a laissé ma symphonie se répandre dans les camps d’extermination.
Je suis l’effluve de jasmin qui vient chatouiller vos narines. Par l’intermédiaire des Guerlain, j’ai pu toucher Napoléon III. Je renferme l’absolu, le nirvana. Trois notes me gouvernent et permettent au charme d’opérer : la note de tête, de cœur et de fond.
Je suis le dormeur des temps anciens. Je joue un rôle. Le rôle me sied mal : pièce de théâtre sur le diapason de la vie. Vivre.
Je suis, vous, lui, la masse, le monde, vos inspirations, vos craintes, vos rêves, vos cauchemars. Mais tout comme vous et tout ce que vous représentez, je ne suis personne.   
La pause est terminée, je rentre en amphi. Je me mets à la place où j’étais assis en première heure. Papier, stylo, je commence à écrire. Au bout de dix minutes, mon poignet me fait mal. Je quitte ma copie du regard. Antoine et les autres sont au premier rang. Ils ont l’air attentifs. Ils n’écrivent presque rien, se contentant d’écouter.
J’ai du mal à croire qu’un homme comme Antoine se laisse avoir par l’illusion amoureuse. Avant cette fille, il ne s’intéressait pas aux femmes. De plus pourquoi elle ?
Cassandre était aussi stupide qu’un pot de fleurs : elle ne servait qu’à la décoration et accessoirement à la défloraison… On ne peut pas tomber amoureux de ce genre de fille.
Je continue de les fixer. Un d’entre eux va bien finir par se retourner et ainsi croiser mon regard. Allez ! Regardez-moi ! Quelqu’un, n’importe qui ! Je vous en supplie, juste un regard, rien qu’un regard.
Arthur s’est retourné ! Il balaie la salle du regard. Son regard se pose sur moi. Je retiens ma respiration. Deux ans c’est long !
Je les aperçois parfois dans les couloirs ou dans le campus, mais alors je change de chemin pour éviter qu’ils ne me voient, que nos regards se croisent. C’est d’ailleurs la raison qui fait que je ne viens jamais en cours le lundi matin. C’est le seul jour où on est dans la même salle. En venant ce matin, inconsciemment, je savais que je voudrais les voir, leur parler.
Son regard me traverse. Il me traverse comme si je n’existais pas. Quelque chose derrière moi... Je me retourne. Une petite brune, mignonne lui rend son regard. Elle aussi ne me remarque pas.
Mais qu’est-ce qui passe ! Suis-je devenu tant transparent, inutile, marginal, qu’on ne daigne même plus remarquer ma présence ?!
Arthur continue de fixer la fille. Il m’a définitivement effacé de sa mémoire. Les autres aussi. Mon cœur se sert. J’ai du mal à respirer. Des envies de suicides. Je ne suis plus un adolescent en mal de vivre. Continue. Je me noie ; les flots me submergent. Arrête. Je bats des bras, essaie de remonter à la surface. Continue. Cela devait arriver. Le deuil va débuter. Je ne les connais plus. Je ne les connais pas. Ils sont des étrangers. J’ai atteint la surface. Le soleil est caché derrière de gros nuages. Il fait gris, pluvieux, venteux. Une page blanche. Une plage de sable blanc. Ma récompense. Que le deuil commence !

Je range mes affaires, prends mon sac et m’en vais. Aucune tête ne se lève à mon passage. Arrivé à la sortie, je me retourne, jette un dernier coup d’œil vers la bande. Arthur est toujours à regarder la fille. Timide comme il est, il n’osera jamais aller la voir.
À l’extérieur, le ciel est de la même couleur que celle de mon cœur, ténébreux. Je m’empresse de quitter le campus. Je dois trouver un métro. Je vais laisser la voiture. Il faut que je quitte ce lieu au plus vite. Je vais peut-être y rester, là où je vais… Là où je vais… Les sons ne sont pas pareils, le ciel est plus bleu, il y a plus de soleil, c’est un pays docteur, un monde intérieur, c’est un long chemin, là où je vais… Là où je vais. En prononçant ces paroles, Laurent Voulzy pensait certainement à son île natale. Moi je pense à l’autre côté de la frontière, là où l’herbe est plus verte… Il me faut un endroit où il y a du monde pour éviter la déprime. Il me faut une librairie.

Je tombe dans la gueule du loup : une bouche de métro. Je m’engouffre à la recherche de sa queue, de son existence ; car l’enfant crie au loup, mais personne ne veut le croire. Pourtant il est là, il vit, il existe ; pas de la même façon que les autres ; pas pour les mêmes raisons. Mais il est là. Il demeure, il pense, il est. Être incapable de le voir n’est pas la preuve de sa non-existence. L’enfant l’a vu. Sa parole a force de loi. Elle me suffit pour croire en lui.
Je vais commencer les recherches pour montrer à tous que l’animal existe.
Choking On The Truth

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Seul Au Monde
« Réponse #1 le: 29 Août 2013 à 18:11:13 »
salut,
 
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je sus un marginal
je suis un marginal
Une véritable récréation.
Bien écrit fluide, avec beaucoup de métaphores.
Faut-il vraiment montrer que l'animal existe?
J'ai lu avec un grand plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Seul Au Monde
« Réponse #2 le: 30 Août 2013 à 01:45:02 »
merci de ta critique Babataher
Choking On The Truth

Hors ligne Hime

  • Tabellion
  • Messages: 55
Re : Seul Au Monde
« Réponse #3 le: 30 Août 2013 à 11:00:26 »
Bonjour ! j'ai bien aimé ton texte mais si je peux me permettre  quelques critiques (constructives bien sur) puisque après tout j'imagine que tu es là pour avoir un avis :)


Quel cours de merde ! Je me demande pourquoi je suis venu. Dix minutes à tenir, ensuite je change de matière.
Je me suis isolé du reste des élèves. Je ne sais pas si Antoine me fait toujours la gueule. La bande et moi c’est une longue histoire. On s’est connu au jardin d’enfants. À l’époque, j’étais aimé de tous, j’étais une vraie petite vedette. Maintenant, je sus un marginal.
Du genre au lendemain, j’ai changé du tout au tout. Je me sus mis à l’écart des autres. Je ne voulais pas me faire bouffer par la société.
Si on m’avait dit, il y a quelques mois, que les clichés tenaient autant de place dans notre vie, je ne l’aurais pas cru. Le terme de cliché est, quelque chose en soit, de péjoratif. Les gens n’aiment pas les clichés, mais ils en bouffent à longueur de journées. Telle personne dans tel milieu à tel comportement. Face à telle situation, telle personne se comportera de telle façon. Pourtant les clichés sont rejetés et haïs par la plupart des gens, alors qu’ils font intrinsèquement partie de nous et de notre quotidien. 
Je n’étais pas du tout attiré par elle. Elle avait un gros faible pour moi. Antoine voyait qu’elle. Ce qui devait arriver arriva. Elle fit tout pour me conquérir. Un après-midi, entre deux cours, je lui rendis son baisé. Antoine, qui passait comme par hasard dans le coin, nous a surpris.
J’ai essayé de lui expliquer, mais impossibles de le voir. Je me suis dit que ça lui passera ; après tout, cette fille ne valait pas la peine qu’on gâche, une amitié longue de dix-neuf ans. Je me suis trompé. Cela fait maintenant près d’un an qu’il ne me parle plus. Quant à la fille, je ne l’ai plus revue après ce baiser.
J’ai coupé les ponts avec lui et par la même occasion avec Étienne et Arthur ; après tout, ils se connaissaient bien avant que j’entre dans leur vie.
Je devrais aller leur parler. Ce n’est pas bien de rester seul, et je le suis depuis trop longtemps. Deux ans, c’est long...
Le cours est enfin terminé. Je me lève et sors de l’amphi pour aller me dégourdir un peu les jambes, et me payer un café. Le distributeur est juste à gauche. Le café est vraiment infect.



jusqu'ici je t'avoue que le début j'ai eu du mal à rentrer dedans, l'écriture me parait un peu maladroite, les évènements sont racontés comme dans un journal intime, pas spécialement de façon romancée. Après c'est peut être l'effet recherché ^^

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Autour de moi, c’est la valse des étudiants. Chacun a besoin de sa potion pour continuer à êtres attentifs. C’est à peine s’ils me remarquent. Je fais partie du décor. Je suis…
Je suis le mur sur lequel mon dos repose, je suis la pierre, le ciment, la peinture et les divers autres composants qui ont servi à la construction de ce mur. À une époque, j’étais ce mur qui séparait l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest. Je suis le distributeur. Je suis le café fade insipide que les étudiants boivent. Je suis l’amphithéâtre, l’osier qui compose les sièges, le pupitre, le plancher. Je suis les néons qui  éclairent la salle, j’éblouis et procure aux étudiants la révélation.
Je suis l’air exhalé, inspiré, expiré, respiré ; je satisfais les bronches et les bronchioles. Je suis les arbres, la nature, la verdure : la photosynthèse. Je suis  le vent qui caresse les joues humides de la jouvencelle, je suis le printemps qui se révèle à ses yeux ; les battements de ses cils me redonnent vie. Je suis la fleur du matin, celle du premier jour. Sortie des mémoires, sortie des mythes, je n’existe plus. Je suis une rose en enfer, un chandail au paradis.
Je suis la colombe qui éclot dans les méandres de la jeune vierge. Je suis la fontaine tant de fois recherchée, jamais retrouvée.
Je suis la société de consommation et tout ce qu’elle représente. Steak, pain, salade, tomate, oignon, pomme de terre, ketchup, mayonnaise, comptoir, caisse, friteuse, serviette, emballage, plastique, paille…
Je suis un son, une note, un accord. J’ai plu à divers monarques, charmé des hommes et des femmes. On a laissé ma symphonie se répandre dans les camps d’extermination.
Je suis l’effluve de jasmin qui vient chatouiller vos narines. Par l’intermédiaire des Guerlain, j’ai pu toucher Napoléon III. Je renferme l’absolu, le nirvana. Trois notes me gouvernent et permettent au charme d’opérer : la note de tête, de cœur et de fond.
Je suis le dormeur des temps anciens. Je joue un rôle. Le rôle me sied mal : pièce de théâtre sur le diapason de la vie. Vivre.
Je suis, vous, lui, la masse, le monde, vos inspirations, vos craintes, vos rêves, vos cauchemars. Mais tout comme vous et tout ce que vous représentez, je ne suis personne.   


là c'est magnifique, j'adore  :coeur: c'est fluide, ça se lit d'une traite et c'est très poétique  :D

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La pause est terminée, je rentre en amphi. Je me mets à la place où j’étais assis en première heure. Papier, stylo, je commence à écrire. Au bout de dix minutes, mon poignet me fait mal. Je quitte ma copie du regard. Antoine et les autres sont au premier rang. Ils ont l’air attentifs. Ils n’écrivent presque rien, se contentant d’écouter.
J’ai du mal à croire qu’un homme comme Antoine se laisse avoir par l’illusion amoureuse. Avant cette fille, il ne s’intéressait pas aux femmes. De plus pourquoi elle ?
Cassandre était aussi stupide qu’un pot de fleurs : elle ne servait qu’à la décoration et accessoirement à la défloraison… On ne peut pas tomber amoureux de ce genre de fille.
Je continue de les fixer. Un d’entre eux va bien finir par se retourner et ainsi croiser mon regard. Allez ! Regardez-moi ! Quelqu’un, n’importe qui ! Je vous en supplie, juste un regard, rien qu’un regard.
Arthur s’est retourné ! Il balaie la salle du regard. Son regard se pose sur moi. Je retiens ma respiration. Deux ans c’est long !
Je les aperçois parfois dans les couloirs ou dans le campus, mais alors je change de chemin pour éviter qu’ils ne me voient, que nos regards se croisent. C’est d’ailleurs la raison qui fait que je ne viens jamais en cours le lundi matin. C’est le seul jour où on est dans la même salle. En venant ce matin, inconsciemment, je savais que je voudrais les voir, leur parler.
Son regard me traverse. Il me traverse comme si je n’existais pas. Quelque chose derrière moi... Je me retourne. Une petite brune, mignonne lui rend son regard. Elle aussi ne me remarque pas.
Mais qu’est-ce qui passe ! Suis-je devenu tant transparent, inutile, marginal, qu’on ne daigne même plus remarquer ma présence ?!
Arthur continue de fixer la fille.


Pareil là on retrouve le système d'énonciation qui me gênait au début.


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Il m’a définitivement effacé de sa mémoire. Les autres aussi. Mon cœur se sert. J’ai du mal à respirer. Des envies de suicides. Je ne suis plus un adolescent en mal de vivre. Continue. Je me noie ; les flots me submergent. Arrête. Je bats des bras, essaie de remonter à la surface. Continue. Cela devait arriver. Le deuil va débuter. Je ne les connais plus. Je ne les connais pas. Ils sont des étrangers. J’ai atteint la surface. Le soleil est caché derrière de gros nuages. Il fait gris, pluvieux, venteux. Une page blanche. Une plage de sable blanc. Ma récompense. Que le deuil commence !
À l’extérieur, le ciel est de la même couleur que celle de mon cœur, ténébreux. Je m’empresse de quitter le campus. Je dois trouver un métro. Je vais laisser la voiture. Il faut que je quitte ce lieu au plus vite. Je vais peut-être y rester, là où je vais… Là où je vais… Les sons ne sont pas pareils, le ciel est plus bleu, il y a plus de soleil, c’est un pays docteur, un monde intérieur, c’est un long chemin, là où je vais… Là où je vais. En prononçant ces paroles, Laurent Voulzy pensait certainement à son île natale. Moi je pense à l’autre côté de la frontière, là où l’herbe est plus verte… Il me faut un endroit où il y a du monde pour éviter la déprime. Il me faut une librairie.

Je tombe dans la gueule du loup : une bouche de métro. Je m’engouffre à la recherche de sa queue, de son existence ; car l’enfant crie au loup, mais personne ne veut le croire. Pourtant il est là, il vit, il existe ; pas de la même façon que les autres ; pas pour les mêmes raisons. Mais il est là. Il demeure, il pense, il est. Être incapable de le voir n’est pas la preuve de sa non-existence. L’enfant l’a vu. Sa parole a force de loi. Elle me suffit pour croire en lui.
Je vais commencer les recherches pour montrer à tous que l’animal existe.


et là j'aime beaucoup l'écriture aussi, même si elle est moins imagée on retrouve la fluidité de ton milieu de texte.



Bon en tout cas j'aime beaucoup ton texte, mais pour ma part je t'avoue que le changement brutal dans l'écriture m'a un peu gêné, je ne sais pas si c'est volontaire et si oui, quel effets voulais tu donner à ton texte?

Et quel est le sens de l'histoire ? je veux dire, quel est le lien entre ce garçon un peu marginal et d'un coup l'envolé lyrique de ton milieu de texte?

voila pour mes remarques, après tu les prends comme tu veux bien sur, et au plaisir de te relire :)
" une goutte d'eau est peu de chose. Mais, unie à un lac, quand séchera-t-elle? "

Ananda Dhvaja Sri Badhra


"Quand on est dans la merde jusqu'au coup, il ne reste plus qu'à chanter"

Samuel Beckett

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Seul Au Monde
« Réponse #4 le: 30 Août 2013 à 17:46:36 »
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le changement brutal dans l'écriture m'a un peu gêné, je ne sais pas si c'est volontaire et si oui, quel effets voulais tu donner à ton texte?

volontaire ? certainement. le changement de style d'écriture déonote une sorte d'incapacité du personnage a resté constant.
il est à la fois un doux rêveur marginal et un produit issue de la consommation sociétal. il ne se connait pas, il se cherche ; et dans la vie, et dans ses inspirations.

Citer
Et quel est le sens de l'histoire ?

juste la description d'un jeune homme solitaire perdu dans sa vie.
une histoire a t-elle vraiment besoin d'un sens pour parler aux émotions ?

dans tout les cas, merci de ta critique Hime  :)
Choking On The Truth

Hors ligne Hime

  • Tabellion
  • Messages: 55
Re : Seul Au Monde
« Réponse #5 le: 30 Août 2013 à 17:57:12 »
Citer
le changement de style d'écriture déonote une sorte d'incapacité du personnage a resté constant.
il est à la fois un doux rêveur marginal et un produit issue de la consommation sociétal. il ne se connait pas, il se cherche ; et dans la vie, et dans ses inspirations.

ça je l'ai compris et ressenti, y'a pas de problème, c'est même joliment inspiré  ;) malgré tout j'ai quand même un peu de mal avec l'effet journal intime du début, ça fait presque enfantin c'est peut être pour ça que la transition m'a bloqué. disons qu'on dirait que le texte a été par deux personnes différentes, et que les deux bouts ont juste été collés je sais pas si tu comprends ce que je veux dire  :-X

Après évidemment ça n'engage que moi, et tout le monde n'aime pas le même genre d'écriture bien entendu   ^^


Citer
une histoire a t-elle vraiment besoin d'un sens pour parler aux émotions ?

aucunement, je suis la première à écrire comme ça  ;D mais dans ce cas peut être que l'explication du personnage sur la fille et ses amis est un peu trop fournie si ton but est d' axer ton histoire sur lui et non le contexte environnant (encore un fois je sais pas si je m'exprime clairement :-[)
" une goutte d'eau est peu de chose. Mais, unie à un lac, quand séchera-t-elle? "

Ananda Dhvaja Sri Badhra


"Quand on est dans la merde jusqu'au coup, il ne reste plus qu'à chanter"

Samuel Beckett

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Seul Au Monde
« Réponse #6 le: 06 Septembre 2013 à 16:51:23 »
Citer
le texte a été écrit par deux personnes différentes, et que les deux bouts ont juste été collés

le personnage n'est pas uniformisé, il est changeant et versatile. Les événements et autres aléas de la vie font de lui ce qu'il.
Choking On The Truth

Verasoie

  • Invité
Re : Seul Au Monde
« Réponse #7 le: 06 Septembre 2013 à 19:23:11 »
Citer
Du genre au lendemain, j’ai changé du tout au tout.

Jour, pas genre

Citer
Le terme de cliché est, quelque chose en soit, de péjoratif.

Soit "le terme de cliché est péjoratif" soit "le terme de cliché a quelque chose de péjoratif", à la limite "le terme de cliché a quelque chose, en soi, de péjoratif", mais tel quel, c'est pas correct.

J'ai trouvé l'idée pas mal mais je reste un peu sur ma faim ! Le côté animal de la fin c'est ce qu'il y a de mieux, c'est vraiment la chute, et du coup je trouve qu'on passe dessus un peu trop vite.

Mais le passage poétique de la récré est pas mal.

Bonne continuation !

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Seul Au Monde
« Réponse #8 le: 14 Septembre 2013 à 00:47:17 »
Merci de ta critique vérasoie, ainsi que par les corrections
Choking On The Truth

Aahraz

  • Invité
Re : Seul Au Monde
« Réponse #9 le: 17 Septembre 2013 à 00:26:50 »
Hop !

Je rejoins l'avis émit au dessus : même si l'idée est de montrer que ton personnage oscille entre plusieurs façons d'être, le changement trop brut de style nuit réellement à la lecture. Je suis sorti plusieurs fois du texte en me disant "Attends, c'est le même, là? Et quel est le rapport?" A la limite, à l'inverse du dessus, j'ai préféré les parties plus terre-à-terre, plus platonique. Elles gagneraient surement à être un peu romancé. Le passage du milieu, comprenant les "je suis, je suis, je suis", m'a semblé d'une longueur un peu inutile. Alors, oui, ça chante et ça flatte l'oreille, mais au final, qu'est-ce qui en ressort réellement dans l'esprit du lecteur? De plus, les notions de notes, d'accords, et de mur me semblent contradictoires. Je suis peut-être à l'ouest (il est tard) mais je n'ai rien capté à ce passage, à part une certaine poésie, mais sans sens. Et l'abstrait, c'est pas trop mon délire.
Citer
Mon cœur se sert. J’ai du mal à respirer. Des envies de suicides. Je ne suis plus un adolescent en mal de vivre. Continue. Je me noie ; les flots me submergent. Arrête. Je bats des bras, essaie de remonter à la surface. Continue. Cela devait arriver. Le deuil va débuter. Je ne les connais plus. Je ne les connais pas. Ils sont des étrangers. J’ai atteint la surface. Le soleil est caché derrière de gros nuages. Il fait gris, pluvieux, venteux. Une page blanche. Une plage de sable blanc. Ma récompense. Que le deuil commence !
Là, y'a un truc qui me chiffonne. Arrête, continue... semblent directement dites au lecteur. Pas de guillemets, et un rythme qui se veut rapide mais qui semble saccadé, me donnant personnellement l'impression de ne pas juxtaposer d'idées ou de suivre un but. C'est un peu trop flou à mon gout.

Citer
Un après-midi, entre deux cours, je lui rendis son baisé
Baiser.
Citer
mais impossibles de le voir
Outch, le S !

Citer
Steak, pain, salade, tomate, oignon, pomme de terre
Un "hamburger" simple, voir "burger", aurait mieux collé", parce que sincérement, j'ai du mal à rapprocher la tomate seule de la société de consommation... Alors, ok, le fast-food, ouais, mais la longueur de l'énumération m'a semblé ennuyeuse. Toute la partie "aliments" me semble trop étirée.
Citer
À l’extérieur, le ciel est de la même couleur que celle de mon cœur, ténébreux.
C'est un peu lourd, et puis un coeur de couleur ténébreuse? Peut-être partir sur la lourdeur du ciel comme le poids d'un coeur mal en point? Là, ça fait vraiment surfait.
Citer
Je me lève et sors de l’amphi pour aller me dégourdir un peu les jambes, et me payer un café. Le distributeur est juste à gauche. Le café est vraiment infect.
Répétitions gênantes de café. Ca va énerver les lecteurs !

Il y a, par contre, de bonnes tournures et de très bonnes choses qui s'enchainent bien.

Citer
Je continue de les fixer. Un d’entre eux va bien finir par se retourner et ainsi croiser mon regard. Allez ! Regardez-moi ! Quelqu’un, n’importe qui ! Je vous en supplie, juste un regard, rien qu’un regard.
Ca fait beaucoup de regards, mais on entend la détresse du personnage. Peut-être enlever le "juste un regard", et à mes yeux, la phrase sonne et marque.

Citer
Mais qu’est-ce qui passe ! Suis-je devenu tant transparent, inutile, marginal, qu’on ne daigne même plus remarquer ma présence ?!
Comme quoi, c'est dans le plus simple sans pour autant forcer les phrases courtes que tu es le plus efficace.

La chute est floue, aussi, j'ai du mal à saisir le sens réel de l'histoire du loup, le rapport avec Antoine, le rapport réel.  Je suis navré mais personnellement, même si tu prétends que le sens ne touche pas les émotions, j'ai vraiment du mal à comprendre la simple portée de ton texte, le rapport entre certaines parties et les tenants et aboutissants. Un texte plus structuré aurait peut-être permis de voir le personnage, de le comprendre, plutôt que l'impression d'être face à une énigme sans réponse autre que l'affectif. C'est dommage, parce qu'on sent une réelle envie de faire ressentir des choses et une capacité à manier une plume rodée.

Bonne continuation !


Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Seul Au Monde
« Réponse #10 le: 25 Septembre 2013 à 01:05:09 »
Citer
Le changement trop brut de style nuit réellement à la lecture

Comme sur certaines personnes schizophrènes... Je m'essaies à une écriture schizophrénique, rythmée uniquement par
les évènements qui se passent dans la vie du personnage. C'est l'environnement qui change le personnage et par la même façon, mon écriture.

Citer
j'ai préféré les parties plus terre-à-terre, plus platonique. Elles gagneraient surement à être un peu romancé.

Justement c'est l'effet de vie de tout les jours très cartésien qui est recherché, romancer ces partis serait paradoxale.

Citer
qu'est-ce qui en ressort réellement dans l'esprit du lecteur?

Qu'il est éperdument amoureux de cette étrangère aux yeux immenses

Citer
De plus, les notions de notes, d'accords

Termes techniques pour décrire un parfum Cf: http://tpeparfum.wikeo.net/i-le-parfum-de-sa-description-a-sa-composition.html

Citer
Je suis un son, une note, un accord

Termes musicales...

Citer
Là, y'a un truc qui me chiffonne. Arrête, continue... semblent directement dites au lecteur. Pas de guillemets, et un rythme qui se veut rapide mais qui semble saccadé, me donnant personnellement l'impression de ne pas juxtaposer d'idées ou de suivre un but. C'est un peu trop flou à mon gout.

Pour montrer dans quel trouble se trouve le personnage. Face au stress, à la panique, à une forte émotion, le coeur s'emballe nos pensées deviennent hachées, incohérentes, longues, larmoyantes...

Citer
Un "hamburger" simple, voir "burger", aurait mieux collé", parce que sincèrement, j'ai du mal à rapprocher la tomate seule de la société de consommation... Alors, ok, le fast-food, ouais, mais la longueur de l'énumération m'a semblé ennuyeuse. Toute la partie "aliments" me semble trop étirée.

Burger c'est trops laconique, parfois (souvent plutôt) pour faire passer une idée il faut insister sur les mots, les accumuler ;
la brièveté d'une description la rend inutile, elle s'évapore vite de nos mémoires. Cf ; Cyrano

Merci pour la critique Aahraz, le texte est totalement sensé mais je dois dire qu'il provient d'un plus grand ensemble que je n'ose mettre sur ce forum car étant trop volumineux ; je me contente donc d'émietter les centaines de pages et de les disséminer sur le Mde. Cependant chaque partie est tout a fait autonome et se lit séparément.

Après si tu veux avoir une idée plus globale de l'histoire, fais moi signe  ;)
« Modifié: 25 Septembre 2013 à 01:08:32 par koutoumi »
Choking On The Truth

 


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