premier jet vite fait, un classique pas vraiment travaillé; assez court pour être montré ici sans vous ennuyer

Mon verre saute littéralement avec ma main, je maudit ma Parkinson qui me fait gâcher un si vieux et rare et bon Whisky.
C'est la dernière bouteille au monde d'un Single Malt du nord de l’Écosse , fruité et doux, aux années innombrables depuis que j'ai perdu le compte des calendriers, depuis que les routes sont des lignes crevassées envahies par la mauvaise herbe, que l'humanité et ses cités ont disparues à tout jamais...
Pourtant ma tête est claire, il y a ces cadavres ambulants, vêtus de gris et blancs, purulents et ne saignants pas.
Demain il n'y aura pas de demain, dans cette caverne de reclus je vais mettre fin à mes jours, j'ai économisé ces dernières balles pour moi me laissant la gloire et l'honneur de décider de ma mort, d'échapper à leur sort.
La maladie, l'alcool et le manque de nourriture décente -depuis tant de jours que des plateaux de survie glanés ça et là déficients en goût et nutriment- m'ont affaiblit et parfois je divague, j'entends des voix familières, distantes et des cris, un lieu différent de la réalité, comme si je m'inventait un petit monde dans une pièce fermée... pour tromper l'horreur de mon sort mon cerveau que va il imaginer.
Ils arrivent, je les entends qui marchent de leur pas traînant...
Ils arrivent ils viennent pour moi...
Ils arrivent, ils sont là !
Le whisky me réchauffe sans me brûler, j'ai toute les sensations de l'alcool sans ses dangers.
Je met l'arme sur ma tempe, après un bref instant j’appuie finalement sur la gâchette.
Rien. Aucun Bang final...
Le revolver a toujours des balles, l'amorce a elle perdu sa poudre ? Est ce l'humidité qui arrête mon geste ?
Je fermes les yeux ils arrivent et vont me manger, zombis, morts parodies d'humanité mon cri ne peut plus s'arrêter tandis qu'ils vont me transformer comme eux, ou par miséricorde me dévorer, crever les yeux et éventrer mon torse pour sucer ma moelle et grignoter ma rate...alors je ne souffrirait plus ce calvaire d'être le dernier rescapé...condamné à être seul l'éternité qu'il me reste à survivre...oh non leurs doigts griffus sur moi, ils me labourent la chair au sang d'ongles acérés !!!
Les infirmiers virent le patient s'agiter. Renverser son gobelet d'eau, se frotter la tête avec un savon, rouler au sol se débattre tandis qu'ils lui injectent le calmant dans les veines.
Celui là il a clairement perdu les pédales...
Faut le piquer pour le calmer, qu'il dorme enfin...chaque soir il imagine se tuer, qu'imagine il donc d'autres se demandent ils parfois.