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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Petit traité de l'ininspiration

Auteur Sujet: Petit traité de l'ininspiration  (Lu 1626 fois)

Hors ligne vinksdarkso

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Petit traité de l'ininspiration
« le: 25 Mai 2013 à 12:26:57 »
Petit traité de l'ininspiration
par un écrivain raté



« L'inspiration, ce n'est peut-être que la joie d'écrire : elle ne la précède pas. » Jule Renard.Extrait de son Journal 1893 - 1898




?

Rien ?!

Non…Rien…

Rien non plus par-là ?

Non. Y’a vraiment rien qui me vient...



Quelle idée saugrenue aussi, que d'écrire sur les mots qui fuient ! Autant poser son doigt sur le trou d’un vieux tuyau d’où jaillirait un flot d'eau infini en se pavanant de l'avoir réparer !
 
En l’occurrence, c’est mon crâne qui est percé, et c’est comme si mes idées coulaient sans cesse, sans que je ne puisse les rattraper. Je suis inondé de toutes parts, ma plume trempe dans l'encrier sans fond de ma médiocrité, me plongeant dans les méandres de l'ininspiration.

Je me sens aussi insignifiant qu'un poisson rouge écervelé, nageant dans l'eau bleutée de son bocal, piégé dans sa géode de verre. A la seule différence que mes pensées baignent dans un poisseux liquide spinal, et sont prisonnières d'une geôle d’os et de chair; mais comme ce petit poisson rouge, elles tournent en rond, sans jamais parvenir à s'arrêter.

D’ailleurs, je ne sais plus vraiment où je voulais en venir, j’ai déjà oublié…
Ce fichu cerveau me sort par les trous de nez; et c'est encore une pitoyable métaphore qui tombe à l’eau !

Ah si, ça y'est! Je crois que j’ai retrouvé le court de ma pensée, je disais que… Que je n’en ai aucune, d'idée.

C’est vraiment frustrant, et même exaspérant... D’ailleurs, je n’en peux plus! J’étouffe, je suffoque ! Je me saisis à la hâte d’une clope. Il faut peut-être que je fume un peu, ne serait-ce que pour me remplir de quelque chose? Non, il est déjà trop tard. Je le sais, je le sens. De malignes métaphrases se propagent dans les moindres recoins de mon cortex cérébral, elle se diffusent, gangrènant littéralement mon style, Oh ! Ouf, une onomatopée a rattrapé mon stylo...  D'accord, c'est désormais très clair: j'ai le cancer des bons mots !

Je tente en vain d’aspirer et d’expirer lentement, d'extirper le peu d’inspiration qu'il me reste, quitte à aller jusqu’à l’exaspération, quitte à exploser ! Qu'importe, il faut que je m'exprime, que j'expie mes pêchers, que je puise en moi la force d'une ultime bouffée créatrice. Je n'y arrive plus, et rien n’y fait, je suis en train de me noyer dans un trou de nez et… Crotte, je mélange tout !

Bon Dieu, mais pourquoi ne m'a tu pas offert le génie satirique d’un voltaire, les échappées lyriques d’un Rostand ou le cynisme tranchant de Stephen King ?! Pourquoi me laisser ainsi, orphelin du néant, quand dans ta bonté, tu n'as même pas daigné m’offrir la fougue du travailleur acharné ? Ô malheur! Ô miséricorde suprême ! Ô, je meurs ! Oui, je meurs dans un océan de surenchère et dans les torrents de l'extrapolation !

Pauvre de moi! Je ne suis rien d’autre qu’un écrivaillions anonyme, nue et dénué de talent, ayant pour seule arme une plume triomphalement plantée dans le derrière que je brandis avec l’adresse et la grâce de l'oisillon au bord du nid, éspérant naïvement voir ses premiers mots s'envoler ! Mais de mots je manque, et mon latin je perds. Je ne ponds pas d'E, pas plus que je n’ai d'L pour voler, je n’ai que mon Q posée sur cette chaise, à écrire ces phrases insensées: une envolée lyrique qui bat de l’aile; et je reste persuadé que ni L ni E ne comprennent vraiment mon alphabet, sans parler de mon ortograf, depuis longtemps D C D, sans doutes le vestige de SMS trop souvent envoyés, emballé à la vas-vite, le tout enterré sous un ama de coquilles…

Non, en vérité, la seule chose qui s’envole en moi, c’est l’inspiration, et sans elle je… Bah je me sens bien con !

Tiens, mais qu'elle est donc cette douce voix qui me chuchote à l’oreille : Qu’est-ce donc qui te pousse encore à écrire alors ? Hum… Freud dirais que c'est surement mon surmoi qui me susurre subtilement ces mots (bon sang qu'elle est sotte cette assonance !).

Répondons tout de même à la rhétorique : Je dirais que c'est parce que je suis un doux rêveur, et ne dit-on pas que les songes sont faits pour mieux dormir? Non, on ne le dit pas ! Heureusement d’ailleurs, parce que cela me semble assez stupide. Ce que j'éssai maladroitement de dire, c’est que je me demande parfois si je roupille lorsque mes mots s’éveillent, et je pense que c'est cela être écrivain: dormir les yeux grands ouverts, et coucher sur un lit de papier, de doux rêves éveillés…

Mais c’est bien d'un cauchemar, dont je suis en train d'accoucher !

En fait, j'ai toujours pensé qu’il y avait dans l’écriture quelque chose de nombriliste. Une façon pour l’âme de duper la mort. Une façon de rendre les idées, pertinentes ou futiles, des plus intelligentes aux plus débiles, indélébiles. Écrire inscrit les mots dans le temps, ce qui leurs offres le privilège d’aspirer à l’éternité, à l’immortalité; même si dans mon cas je doute fort qu'a l'image d'un Homer (l’antique, pas le jaune) ou de l’aristo Socrate, on lira mes élucubrations dans deux milles ans. Mais enfin qui sait ? Peut-être qu’un jour ce texte sera le dernier de notre chère planète, et quel drame je vous le dis, pour la littérature terrienne !

Arrêtons nous là d'étaler ce présent torchon, qui ne saurait épongé cette bien triste et liquide démonstration.

Pour l’heure, j’en ai fini avec toi ! Pas toi, mon hypothétique lecteur, je parle bien sûr de la grande dame tout de blanc vêtu, à l’œillet lubrique et aux mœurs dévergondées, celle dont la virginité fut violé sous vos yeux ebahies: cette grande pucelle de papier, mon ex compagne, la bien nommé "page blanche" !

Je crois qu'il est temps maintenant pour le jeune scribouillard à la plume excité que je suis, de se calmer un peu, et de regarder la vérité en face, car c'est bien votre humble serviteur qui est la péripathéticienne de cette histoire: ecrire, qu'est ce donc d'autre que s'éffeuillé l'esprit, s'éxhiber l'âme? C'est un strip tease de cervelle, une lap dance de jolies phrases, et je m'ennivre de ce cocktail de mots sur le comptoir du bar louche qu'est mon cerveau, jusqu'a en dégeulé deux ou trois vers. Il faut que je me fasse une raison: je suis accroc! Je le confesse.

Je tourne en rond, comme un poisson autour de son nombril. Je suis en panne d’inspiration, et malgré tout quel bonheur...Quel bonheur d’écrire !



Contrairement au bocal, le triangle à

un bout. Donc, tout triangle

a une fin. Dans ce cas

finissons

-en

!

FIN
« Modifié: 28 Mai 2013 à 23:50:50 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne Papillote

  • Aède
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Re : Traité d'ininspiration
« Réponse #1 le: 25 Mai 2013 à 13:09:46 »
Que de belles images ! Elles sont si bien décrites qu'on en oublie les fautes d'orthographe... Je reviendrais sur ce qui me paraît un peu léger plus tard.

Hors ligne ManonS

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Re : Traité d'ininspiration
« Réponse #2 le: 25 Mai 2013 à 13:37:27 »
J'adore !  Tout à fait le genre de textes que j'écris moi-même et je me reconnais très bien dedans !

Excuse moi, mon commentaire n'est pas très constructif mais du haut de mes 15 ans et de mon inexpérience je me vois mal commenter un texte dans sa forme et son fond ^^ mais je voulais juste dire que j'ai vraiment aimé
« Je crois que l'on écrit pour créer un monde dans lequel on puisse vivre. » Anaïs Nin

FBFPH

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Re : Traité d'ininspiration
« Réponse #3 le: 25 Mai 2013 à 16:15:19 »
Citer
de le réparé…
réparer

Citer
me noyé

noyer

Citer
, dénuée talent
de talent

Citer
ent planté dans le
plantée

Citer
rs mots s’envolé !
s'envoler

Citer
persuadé que ni L ni E ne comprenne vraiment mon alphabet, sans
comprennent

Citer
gés, le tout emballer à la vas-v
emballé

Citer
tournez donc vous couché dans  le d
vous coucher

Le style est vraiment intéressant, c'est dommage que trop de fautes d'orthographes viennent gâcher ton texte.
Pour le fond, c'est intéressant mais je n'ai pas tellement accroché ( les fautes n'aident pas), quelques images sont très belles, mais pour moi il manque une vraie progression. Je reconnais qu'il y a bien un début et une fin qui sont articulés et ont du sens, mais entre les deux on retrouve plus une liste de choses qui te viennent (à l'esprit) vis-à-vis du thème de l'ininspiration.

Hors ligne Dot Quote

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #4 le: 25 Mai 2013 à 18:37:50 »
le titre était allêchant

en revanche les nombreuses exclamations modales déteignent très vite le 'traité" sur le 'petit'

mais tu explores les bonnes pistes, je suis sur que l'écrivain raté n'est encore que l'écrivain qui ne s'assume pas
.

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #5 le: 25 Mai 2013 à 19:08:47 »
 :coeur:

Avec une mention particulière pour:
"être écrivain, c’est avant tout dormir les yeux grands ouverts, et coucher sur un lit de papier de doux rêves éveillés"
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Hors ligne western

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #6 le: 26 Mai 2013 à 09:51:56 »
quel bonheur de tourner en rond comme un poisson autour de son nombril? lol.

bon c'est pas pour cette fois. la prochaine peut-être.

Hors ligne vinksdarkso

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #7 le: 27 Mai 2013 à 10:27:43 »
@Tous: Voilà je crois avoir corrigé la grande majorité des fautes, j'ai également retravaillé certaines phrases, je crois que c'est surement mon textes le plus exigeant au niveau stylistique et apparament, ça s'est vue, même si je ne veux pas que ça ai l'air "condescendant". Comme dis dans le texte, j'ai encore quelques lacunes en ortho, pardon pour ça.

@ Papillote: Non ne reviens pas! Ca me vas très bien comme ça! ^^

@ ManonS: Merci Manon, mais tu sais il n'y a aucun complexe à avoir je ne suis que de sept ans moins profane que toi, mais je reste un profane (débutant). T'as pas de complexe à avoir pour critiquer mes textes (ni pour en écrire toi même d'ailleur)! A quinze ans, je savais à peine écrire la date sans faire de fautes (j'éxagère à peine), donc voilà.... Merci du compliment en tout cas, et bonne continuation à toi, écrire à ton âge te servira pour le restant de ta vie.

@Dot Quote: Hey! Ceci n'est pas un texte autobiographique: En vérité, je suis un écrivain génial qui vend des millions de best sellers à travers le monde :-¬?
Pour répondre à ta remarque: je crois qu'il y'a moins d'éxclamation dans la nouvelle version, c'était pour donner de la vie au texte, et une illusion de spontanéité.

@ FBTH: Je comprends ce que tu veux dires, le premier jet à été écris en écriture spontanée, et donc, ça part un peu dans tout les sens, mais sa traduit justement je fait que je n'étais pas inspiré par quelque chose de précis etc.

@Ned: Merci, c'est toujours agréable de recevoir un compliment d'un écrivain experimenté. J'ai changer la phrase que t'aimes en enlenvant le doux (pas que de doux rêves dans l'écriture).

@Western: Ouais lol, l'inspiration du moment que veux tu... Qu'entends tu par "pas pour cette fois?"

Merci à tous, surement A+
« Modifié: 27 Mai 2013 à 10:37:21 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #8 le: 27 Mai 2013 à 10:43:14 »
et coucher sur le papier des rêves éveillés avec le sang de l'âme ...
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Hors ligne OliveDuWeb

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  • Une tapenade de mots dans une mer d'huile d'idées
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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #9 le: 27 Mai 2013 à 10:52:24 »
Contrairement à d'autres, le titre m'avait plutôt fait fuir. Je me disais "encore un auteur qui ne sait de quoi parler et qui parle du manque d'inspiration".
Je me suis malgré tout risqué à jeter un œil sur le contenu.
Bien m'en a prit.
De jolies images, de bonnes idées.
Bon, encore des fautes, mais ça progresse de ce côté.

Merci.
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Hors ligne vinksdarkso

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Re : Petit traité d'ininspiration
« Réponse #10 le: 27 Mai 2013 à 13:10:58 »
@ Ned:  Ouais... Pas mal aussi mais ça fais un peu règles douloureuse nocturne... :D Non plus sèrieusement y'a assez d'âme dans le texte (le mot je veux dire) pour en rajouter encore une.

@ Olive du web: Merci à toi. C'est vrai que c'est un peu un sujet de secour quand on sais pas quoi écrire, c'est pour ça que j'ai vraiment voulut m'appliquer à faire un truc bien, pour justement faire contre pied avec le sujet de base...
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

 


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