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01 Mai 2026 à 00:05:43
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Valkyrja

Auteur Sujet: Valkyrja  (Lu 9638 fois)

Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #15 le: 05 Décembre 2008 à 10:42:23 »
Citation de: Ernya
Citation de: Rain
Or, une malédiction semblait frapper la ferme du vieux Jon, nichée au fond d’un fjord de la côte ouest, loin de tout.
c'est le "or" que j'aime pas trop
je trouve qu'il fait un peu artificiel, en gros la transition est archi visible, c'est pas top-top  :-¬?

Tu proposes quelque chose, à la place ? Parce qu'en fait, j'arrive pas à trouver...
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Verasoie

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Re : Valkyrja
« Réponse #16 le: 05 Décembre 2008 à 11:30:47 »
Lu ^^ j'ai beaucoup apprécié. J'adore les pays du Nord de l'Europe et comme tu as rendu une ambiance... ^^

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et elle semblait aimer les animaux, mais ceux-ci semblaient étrangement nerveux.
sembler, deux fois... "étaient" étrangement nerveux suffirait je pense. ou autre chose^^

Un truc me chiffonne quand tu parles du soleil qui continue sa course : l'Islande est très au Nord, donc est-ce qu'aux alentours de Noël le jour dure assez pour qu'on le décrive comme ça? (est-ce que même il y a du jour?) J'ai aucune idée de combien durent les journées ou de ce que ça donne, je précise, c'est juste un doute qui m'a assaillie. ^^'

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Plusieurs hommes que j'estimais sont morts ici, ces six dernières années.
Tu as oublié de rechanger en deux années ^^

J'aime bien les passages ou on entrevoit Kyrr, sans savoir qui/ce qu'il est, sinon (quand elle rentre de la tempête, ou quand elle en parle à Jon)

Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #17 le: 05 Décembre 2008 à 11:37:33 »

Un truc me chiffonne quand tu parles du soleil qui continue sa course : l'Islande est très au Nord, donc est-ce qu'aux alentours de Noël le jour dure assez pour qu'on le décrive comme ça? (est-ce que même il y a du jour?) J'ai aucune idée de combien durent les journées ou de ce que ça donne, je précise, c'est juste un doute qui m'a assaillie. ^^'
J'dois avoué que j'y ai pas trop réfléchi... J'vais me documenter un peu, et j'vais corriger, si faut corriger.

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Plusieurs hommes que j'estimais sont morts ici, ces six dernières années.
Tu as oublié de rechanger en deux années ^^
Oups...

Bref, merci pour le commentaire, et content que ça t'ait plu ^^
Perdu

Hors ligne Milora

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Re : Valkyrja
« Réponse #18 le: 07 Mars 2009 à 17:40:57 »
Hé, j'ai bien aimé !  :)

J'ai trouvé quelques maladresses à certains passages, mais j'étais si prise dans ma lecture que je ne les ai pas relevés. J'aime bien le parfum de conte et je saurais pas dire grâce à quoi, mais en peu de mots l'ambiance est là. En fait, ce texte est tout simple, mais il est vraiment très prenant, je ne l'ai pas vu passer, alors que je redoutais un peu de me lancer dans une lecture aussi longue ! J'aime bien ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #19 le: 08 Mars 2009 à 23:01:04 »
Merci  :-[

D'ailleurs, ça me fait penser qu'il faut que je règle cette histoire de jours. Nohan Llyss a été en Islande donc je vais lui demander.
« Modifié: 08 Mars 2009 à 23:08:36 par Rain »
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Hors ligne Kei

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Re : Valkyrja
« Réponse #20 le: 08 Mars 2009 à 23:45:48 »
Rain, on devrait te donner le titre de conteur du MdE.
Une très bonne histoire, avec de jolies références à la mythologie nordique (ainsi qu'au TdF si je ne me trompe, avec Jon et le loup  ;) ), et un rythme qui vous garde en haleine.
Comme l'a souligné Mil', il reste quelques imperfections, mais je pense qu'après un polissage supplémentaire, le résultat sera des plus sympathiques!
Good, better, best. Never let it rest.
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Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #21 le: 08 Mars 2009 à 23:49:09 »
Conteur du MdE, rien que ça ? Merci ^^

Polissage supplémentaire qui arrivera de toutes manières bientôt. Pour les refs au TdF, en fait, Jon était un prénom imposé, et les loups sont de toutes façons les compagnons des Valkyries. Donc en fait, pas vraiment  :D

En tout cas, merci ^^
Perdu

Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #22 le: 03 Octobre 2010 à 00:43:27 »
Longtemps après...

J'ai opéré quelques modifications sur ce texte. J'ai changé le début, j'ai amélioré quelques passages, laissé d'autres tel quel. Je reposte en V2 au cas où vous voudriez vous amuser à comparer.

Bon, le texte est vieux et j'ai pas tout retouché. Il doit y avoir des différences de style entre certains passages. Si c'est vraiment choquant, je m'arrangerai pour que ça le soit moins. La correction n'est sans doute pas exempte d'erreurs non plus. Mais j'espère que le texte a gagné en fluidité, en lisibilité, etc. Je l'ai repris parce que bon, c'est quand même un texte que j'aime bien.
Bref.


Valkyrja

Il y a bien longtemps, en Islande, la tradition voulait que chaque année, au soir de Noël, toute la maisonnée se rende de concert à la messe de minuit dans le plus proche village. Ce soir-là, pendant un temps – quelques minutes, ou peut-être quelques heures – les routes se trouvaient ainsi parsemées de dizaines de petits points lumineux, comme autant de lucioles dansant dans la nuit.
La tradition voulait également que l’un des membres de la communauté se dévoue pour veiller sur le foyer en l’absence des autres, et préparer un grand festin afin de poursuivre la fête à la fin de la nuit.
La ferme du vieux Jon, nichée au fin fond d’un fjord éloigné de tout, n’avait jamais failli à la coutume : ses ouvriers et lui partaient à l’aube, passaient la journée au village, assistaient à la messe et revenaient à la fin de la nuit. Malgré tout, le sort semblait s’acharner sur l’endroit. Chaque année, le veilleur malchanceux était retrouvé, au matin, étendu dans la neige, et tout aussi froid. A l’intérieur de la ferme, toujours le même carnage – table brisée, repas saccagé, meubles renversés… Rien n’était jamais à l’abri de la tempête qui s’abattait là.
Si bien qu’un jour, en rentrant de la messe et en découvrant le nouveau corps, le vieux Jon décida qu’il garderait lui-même la maison l’année suivante.
« Après tout, dit-il après avoir réuni tous ses gens, cette demeure est la mienne et celle de mes ancêtres. Vous n’avez pas à mourir pour elle, ni même à gâcher une nuit de rires et de joie. »
Malgré les protestations de ses hommes, il refusa de changer d’avis. Et ils finirent malgré eux par l’accepter.
Plusieurs semaines passèrent. Un jour qu’un blizzard terrible hurlait ses malédictions au fjord et à tous ses habitants, une jeune fille transie de froid appelée Lineik se présenta à la porte de Jon, montée sur un grand étalon. Il l’accueillit de bon cœur et lui offrit refuge jusqu’à ce que la furie cesse. Or il apparut que la pauvre était la proie d’une violente fièvre, qui ne la relâcha que bien des jours après que le beau temps fut revenu.
La jeune fille guérie insista longuement pour rembourser sa dette et les précieux médicaments du vieil homme en travaillant dans la ferme pendant toute une année. Le brave Jon, qui avait au départ quelques scrupules à imposer un labeur si rude à une enfant si jeune, capitula finalement face à son obstination. Avec un soupir de soulagement, elle le remercia et, sans plus attendre, partit s’occuper des bêtes.
Avec le temps, Jon découvrit que sa nouvelle travailleuse était une jeune fille plutôt taciturne – elle parlait peu avec les autres et souriait plus rarement encore. Elle ne priait pas, ne les accompagnait jamais à l’église. Mais elle ne rechignait jamais à la tâche, et elle était toujours très gentille et polie, aussi Jon ne lui en faisait-il pas reproche.
Un soir, à l’approche de Noël, elle vint le retrouver et s’assit à ses côtés devant le feu de la grande cheminée. Les autres étaient déjà partis se coucher.
« Êtes-vous satisfait de mon travail ? lui demanda-t-elle après un temps de silence.
- Hé bien, oui, plutôt, répondit-il après un instant de réflexion. Pourquoi cette question ?
- M’accorderiez-vous une faveur ?
- Bien sûr, si je le peux, » fit-il encore, de plus en plus intrigué.
« J’aimerais rester ici et garder la maison, le soir de Noël. »
Il l’observa longuement, tentant de déchiffrer son regard. Ce qu’il vit un instant dans ses grands yeux pâles, c’était plus de force et de sagesse qu’il n’en avait contemplé chez aucun homme. C’était l’expérience de la souffrance, la traversée de mille ans de vie. Puis il reprit son souffle, et l’impression disparut. Il refusa.
« J’ai déjà décidé de rester moi-même, cette année. C’est beaucoup trop dangereux pour toi.
- C’est tout aussi dangereux pour vous. J’ai entendu les autres en parler. »
Le silence s’installa un moment.
« Si nous veillons tous les deux, reprit-elle, nous aurons plus de chance de nous en sortir. Qu’en dites vous ? »
Elle lui sourit timidement, du sourire sincère que seuls peuvent arborer ceux qui n’en ont pas l’habitude. Jon en fut conquis. Il sentit la sagesse de ses paroles, et sa présence le rassurait. Gêné de l’exposer au danger, il se laissa convaincre, non sans un soulagement coupable

*
*        *

La veille de Noël, une nouvelle tempête de neige éclata. Elle semblait vouloir s’établir quelques temps, et tous pensèrent que Lineik ne reviendrait pas à temps. Jon lui avait permis, une semaine plus tôt, d'aller rendre visite à ses sœurs. Leurs parents étaient morts. Elles habitaient, avait-elle dit, à plus d'une journée de cheval ; mais avec la tempête, ce serait du suicide que de s'aventurer sur les routes. Pourtant, dans la soirée, le temps se calma et le soleil couchant fit scintiller la neige sous un ciel qui virait à l'orange. Au loin, le vieux Jon put apercevoir la silhouette de Lineik, qui marchait tranquillement à côté de Norroen, sa monture. Alors qu'elle se rapprochait, il s'aperçut qu'elle transportait deux sacs : un long paquet presque aussi grand qu'elle, qu’elle portait en bandoulière, et un autre, plus gros et plus lourd, chargé sur Norroen. Une seconde, il crut remarquer une troisième forme derrière eux, mais l'ombre se volatilisa.
Comme la jeune fille arrivait devant lui, il eut la sensation qu'une brillante aura dorée l'enveloppait et que ses yeux avaient pris la teinte orangée du ciel. Puis cette impression disparut, et il se retrouva devant une simple jeune fille au regard envoûtant. La faisant entrer, le vieux fermier prit les sacs de Lineik, bien qu'elle insistât pour les garder. Il dut les lâcher aussitôt : ils pesaient bien plus qu'il ne l'avait pensé de prime abord. Il observa la frêle enfant et le robuste cheval avec admiration. Ils n’étaient même pas épuisés.
Plus tard, alors que tous s'étaient réunis pour le repas, Jon demanda à la jeune fille ce que contenait son sac.
« Vous le saurez bien assez tôt. »
Elle parlait doucement, et du regret perçait dans sa voix. Le vieil homme frissonna.

*
*        *

Le lendemain, tous les ouvriers partirent très tôt afin d'atteindre le village avant midi et profiter de leur journée de repos. Lineik et Jon passèrent une partie de leur matinée à soigner les bêtes. La jeune fille se débrouillait aussi bien que tous les autres, mais les animaux semblaient particulièrement nerveux en sa présence. Les chevaux autres que Norroen renâclaient. Les vaches semblaient vouloir s'enfuir à son approche. Et Goliath, le vieux chien de Jon, se tenait aussi loin que possible et grognait en la regardant passer. Une fois, Jon lui avait demandé si c'était ainsi avec tous les animaux.
« Oui, avait-elle répondu. Je crois qu'ils n'aiment pas mon odeur, ni celle de mon compagnon de voyage. Ils le redoutent. Il m'a suivie jusqu'ici et il n'est jamais très loin, même s'il sait se cacher et se fondre dans le décor. Je ne pense pas que vous le rencontrerez, ni que vous l'apprécieriez si vous le voyiez. »
Le vieil homme la crut, et n’insista pas.
Midi sonna alors qu'ils commençaient à préparer le repas pour le retour des autres. Ils s'attablèrent et mangèrent rapidement avant de se remettre au travail. Le vieux fermier se sentait de plus en plus nerveux tandis que l'heure de vérité approchait. Il allait enfin savoir ce qui se passait tous les ans. Dehors, les animaux s'agitaient également. L'atmosphère se faisait de plus en plus pesante à mesure que les étoiles se levaient. Vers minuit, alors que Jon finissait de disposer les plats sur la table pour le retour des ouvriers, il dansait presque sur place à cause de la tension. Lineik revint de sa chambre en portant ses deux paquets. Elle chantait un air qu'il ne reconnaissait pas. Il ne comprenait pas les paroles, mais le chant l’apaisa grandement. La jeune fille se figea soudain, et attendit en fixant un point sur le mur, sans cesser de fredonner. Enfin, la dernière note résonna. Elle tourna vers Jon son regard étrange, ses yeux qui semblaient maintenant aussi sombres et profonds que le ciel nocturne, et prononça deux mots, annonçant l'inéluctable.
« Ça commence. »
Un vent glacial commença soudain à souffler dans la maison. Le feu de la cheminée s'éteignit. Un trou étrange apparut dans le mur. Jon hoqueta d’horreur. Ce n’était pas son fjord, qu’il voyait de l’autre côté, mais une plaine enneigée où sévissait une puissante bise. Elle s'engouffrait de plus en plus dans le trou – il sembla même à Jon qu’elle l’élargissait.
« On ferait mieux de sortir ! »
Elle devait crier pour se faire entendre. Elle attrapa deux manteaux non loin, en lança un au vieil homme et lui saisit la main tandis que de l’autre elle prenait ses deux sacs. Jon se demanda rapidement, alors qu'il se laissait entraîner dehors, comment elle pouvait les tenir.
Il n’eut que le temps de voir une main géante, aussi grande que lui et dont le dos était recouvert d'immenses poils blancs, se glisser dans le trou et tenter de l'agrandir encore. Une fois à l’extérieur, il reprit son souffle. Les émotions fortes, ce n’était plus de son âge.
« Mais que se passe-t-il, à la fin ? »
Lineik ignora sa question.
« Allez vous cacher dans la forêt, vous devriez y être en sécurité. Je m'occupe de protéger le bétail. »
Le vieux Jon se releva. Cette fois, il soutint le regard de la jeune fille.
« Petite, cet endroit est mon seul et unique foyer. Je suis né ici. Même si j'ai voyagé, je suis toujours revenu ici. Je me suis marié ici, j'ai vu mes deux fils naître ici. Plusieurs hommes que j'estimais sont morts ici, ces dernières années. Je ne quitterai pas cet endroit, ne serait-ce que pour payer ma dette envers ces personnes. »
Le vieil homme ne fléchit pas face à la jeune fille. Les mêmes flammes brillaient dans leurs yeux. Lineik soupira. Puis elle détourna le regard vers la maison, d'où s'éleva un puissant hurlement. Un fracas énorme se fit entendre. Lineik ouvrit rapidement un de ses sacs, le gros, et en sortit ce qu'il contenait.  Une armure ! Et qui semblait solide. La surprise passée, il l’aida à s’en parer du mieux qu’il put.
Le toit de la maison vola en éclat après un nouveau rugissement, tandis qu'un homme, recouvert de longs poils blancs, se redressait. Un homme deux fois plus grand que la maison. Un géant. Il regarda autour de lui et posa les yeux sur les deux humains. A présent, Jon se savait dans un cauchemar. Il connaissait tous les mythes nordiques, bien sûr, les neuf mondes portés par l’Yggdrasil, et toutes les histoires de géants des glaces vivant dans le Jötunheim, mais de là à y croire...
« Alors c'est là que venait jouer mon fils, ces derniers temps ? » Il éclata d’un rire tonitruant.  « Midgard ! Cela fait bien longtemps que je ne suis pas venu par ici. »
Il avait une voix extrêmement grave et profonde, et il parlait lentement. Sa voix portait naturellement par dessus les bourrasques du vent. Il posa soudain son regard sur Lineik. Son visage refléta un étonnement sincère.
« Tiens, on dirait que je ne suis pas le seul à ne pas être d'ici. Tu as l’air bien jeune, pour être une Valkyrie. Que fais-tu là ?
- Ne te fie pas aux apparences ! On m'a envoyée pour refermer le passage ! » cria la jeune fille pour que le géant l'entende.
A nouveau, le géant éclata de rire. Jon n'en revenait toujours pas. Il ne comprenait pas tout, même s'il sentait qu'il se passait quelque chose de très grave et de très dangereux. En revanche, il comprenait très bien le mot « Valkyrie ». Des femmes venues d'Ásgard qu'on envoyait sur les champs de bataille pour ramener les âmes des héros morts au combat, afin qu'ils se préparent pour le Ragnarök. La grande bataille des dieux et des géants. La fin du monde tel que les hommes l’avaient connu.
Pour leurs ennemis, les Valkyries avaient la réputation de tueuses sanguinaires. Jon avait bien du mal à imaginer la jeune fille dans ce rôle.
Lineik défit le second paquet pour en sortir une large épée, presque aussi grande qu'elle, et couverte de runes. Elle la brandit devant elle de la main gauche, et Jon ne put qu'admirer la facilité avec laquelle elle maniait un objet de cette taille et de ce poids. Le géant, quant à lui, ne riait plus. Il observait l'épée avec une méfiance teintée de peur.
« Cette arme, c'est...
- C'est Gram, oui, l'épée de Sigfried de Xanten, feu mon père. Une épée qui a vaincu un dragon, et qui a été trempée dans son sang. Avant que tu partes, ou que tu meures, je voudrais te demander quelque chose. Pourquoi des passages apparaissent-ils de plus en plus souvent ? Depuis une décennie, on retrouve des populations décimées, des paysages réduits en cendres par les géants de Muspellheim, des endroits hantés par les morts de Nibelheim... »
Le géant sourit, d'un sourire mauvais.
« Je te le dirai peut-être, si tu m’amuses assez longtemps. Danse pour moi, fille de Sigfried ! »
Le géant enjamba le mur de la maison et frappa. Lineik recula d'un bond. L'immense poing s'abattit lourdement sur la neige, à l'endroit où la jeune fille s'était trouvée une seconde plus tôt. Celle-ci contourna la main et se dirigea vers une jambe, épée levée. L'attaque suivante arriva de l'autre main. Elle para de justesse et glissa dans la neige sur plusieurs mètres. Le colosse était rapide, beaucoup plus que son poids et sa taille impressionnante ne le suggéraient. Elle se redressa rapidement et repartit à l'attaque. L'échange continua pendant longtemps. Une valse au clair de lune, entre un géant et une enfant. Jon, lui, restait paralysé, ébahi. La chose paraissait tellement irréelle qu'il en oubliait d'avoir peur.
« Jon ! Allez ouvrir l'étable ! Faites sortir les animaux, faites-les fuir ! »
La voix de la jeune fille le tira de sa rêverie. Elle avait raison, un coup du géant avait manqué le bâtiment de peu. Sans aucun doute, il aurait volé en éclat s'il avait été touché. Il courut vers l'étable aussi vite qu'il put.
Lineik n'avait pas attendu de voir sa réaction et avait à nouveau foncé sur la créature, espérant l'éloigner pour que Jon puisse libérer les animaux sans danger. Elle n'y parvint que quelques secondes, mais cela suffit au vieil homme pour lui permettre de faire fuir les chevaux. Seul Norroen, nullement impressionné par le colosse, était resté et mangeait tranquillement son avoine. Lineik continua d'attaquer et d'esquiver, de parer quand elle n'avait pas le choix, mais ils se rapprochaient trop de Jon à son goût. La Valkyrie s'apprêtait à éviter un nouveau coup lorsqu'elle vit le vieil homme juste derrière elle. Si elle ne prenait pas le coup, Jon serait touché. Elle hésita une fraction de seconde. Son âme était bien, après tout, celle d'une servante des Ases, les dieux qui vivaient en Ásgard, celle d'une tueuse sanguinaire, celle d'une Valkyrie... Et pourtant, lors de ces derniers jours, Jon avait était gentil avec elle. C'était nouveau pour elle, envers un humain, mais elle appréciait le vieil homme. Alors elle leva son arme, elle saisit la lame avec sa main droite, et elle para le coup.
Elle continua d'encaisser ainsi. Ses bras s'engourdissaient, du sang commençait à ruisseler de ses mains, et elle dut poser un genou à terre. Mais elle tint bon. Elle tourna légèrement la tête vers Jon et lui sourit, comme pour le rassurer. Le vieil homme s'aperçut qu'il n'avait pas bougé alors qu'il aurait dû. Aussi vite qu'il le put, il s'éloigna. Lineik s'apprêta à esquiver le coup suivant mais elle n'eut pas le temps et le prit de plein fouet. Péniblement, elle se releva en s'aidant de son épée. Elle n'y arriverait pas ainsi, il lui fallait de l'aide.
Elle siffla de toutes ses forces.
Le géant s'arrêta et ne remarqua qu'à cet instant que quelque chose manquait. Une Valkyrie était toujours accompagnée de sa véritable monture. Pas un vulgaire cheval : celle avec laquelle elle partait en guerre et semait la panique chez ses ennemis. Alors, où était celle de cette guerrière ?
Derrière lui, une ombre apparut, vision fugace d'un être trop rapide pour qu'on le suive des yeux qui, d'un bond, atterrit sur le dos du colosse. Jon contempla l'animal bouche-bée. Il s'agissait d'un loup. Un beau loup, blanc, aux yeux dorés. Mais ce loup avait la taille d'un cheval. Il mordait avec fureur le bas de la nuque du géant, qui saignait abondamment. Celui-ci s'agita, se secoua, tenta de l'attraper, mais rien n'y fit : le loup tenait bon, enfonçant de plus en plus profondément ses crocs monstrueux et lacérant de ses griffes le dos du géant. Celui-ci finit par trébucher et tomba lourdement au sol. Lineik profita de l'occasion et posa le tranchant de son arme sur la gorge de son adversaire. Il s'immobilisa.
« Fais un seul mouvement et Gram se fera un plaisir de se nourrir de ton sang. Je préférerai ne pas le verser, je n'aime pas cela. Maintenant, réponds à ma question puis repars par où tu es arrivé, ou meurs !
- Tu t’attaches aux humains, à présent ? ricana le géant. Aurais-tu oublié ta condition ? Aurais tu oublié combien d’être vivants tu as massacré ? Combien des miens tes semblables et toi-même avez tué ? On ne change pas une Valkyrie, cracha-t-il avec mépris. Tu as peut-être sauvé la vie d'un vieillard alors que tu aurais pu y laisser la tienne. Tu l'as peut-être laissé sauver des animaux. Mais bientôt l'appel du sang se fera sentir, et tu sèmeras à nouveau la mort ! Ha ! Tu veux tant savoir ce qui se passe ? Très bien, je vais te le dire. Et même mieux, transmets ceci à Odin, servante des Ases : Ragnarök est en marche ! L’appel à la Guerre est lancé ! Fenrir s’agite dans sa cage, il a faim du Soleil ! Les passages ne sont que les prémices. L’Arbre-Monde tremble sur ses fondations, et les mondes se rencontrent. Souviens-t-en, Valkyrie ! Ragnarök est à vos portes. Et maintenant achève-moi ! »
Lineik leva son épée, et l’enfonça dans la peau tendre du cou du géant. Ce n’était pas quelque chose qu’elle aimait faire. Elle tenta de se raisonner en se disant qu’il ne serait pas rentré chez lui, qu’il aurait provoqué de nombreuses catastrophes. En vain. Elle détestait donner la mort. Triste ironie pour une Valkyrie.
Elle se releva, tituba un peu, retrouva son équilibre. Les paroles du géant l’avaient profondément secouée. Elle n’était pas prête pour la Grande Guerre. Puis elle secoua la tête pour chasser ces noires pensées, et se dirigea vers le passage dans le mur. Elle fredonna à nouveau ce vieux chant qu’elle avait entonné plus tôt, et lentement, le trou se referma. Plus aucun géant ne le franchirait, désormais.
Le grand loup s’approcha d’elle en boitant, et fourra son museau dans la main de la jeune fille. Elle le caressa un moment et massa sa patte blessée.
« Rentrons, mon ami. »
Sans un regard en arrière, ils s'éloignèrent, la main de Lineik toujours posée sur l'épaule du loup. Norroen la rattrapa au trot. Le vieux Jon la regarda partir, toujours figé, hébété par tout ce qu’il venait de voir. Il se sentait comme dans un rêve. Tout était allé trop vite. Il leva les yeux et contempla l'Aurore un moment, ces longues rivières de lumière qui parcourent le ciel nocturne. Cette vision lui provoquait toujours un pincement au cœur. Quand il la voyait, il comprenait que rien n’avait d’importance. Les hommes, Dieu – les dieux, se reprit-il, et les géants aussi – allaient et venaient sur les terres qu’ils habitaient. Le monde, lui, serait toujours là, et la vie qu’il portait, et les merveilles qui l’habitaient. Ragnarök lui-même n’y changerait rien.
Quand il sortit enfin de ses réflexions et qu’il baissa la tête, Lineik avait disparu.
« Modifié: 03 Octobre 2010 à 14:50:39 par Rain »
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Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : Valkyrja
« Réponse #23 le: 03 Octobre 2010 à 13:44:38 »
Citer
toute la maisonnée se rende d’un même pas
d'un même pas, ça fait un peu militaire  ;D

Citer
comme autant de lucioles convergeant vers les eaux pures d’un grand lac.
ok pour les lucioles, c'est toujours mignon comme comparaison. Mais pourquoi les eaux pures d'un grand lac?!

Citer
et préparer un grand festin afin de poursuivre la fête à la fin de la nuit.
Aah.

Citer
Chaque année, le veilleur était retrouvé, au matin, étendue dans la neige, et tout aussi froid.
étendu / je croyais que c'était Jon le veilleur, j'ai dû relire le paragraphe plusieurs fois xD

Citer
elle lui révéla qu’elle s’appelait Lineik
après des mois et des mois de guérison, elle lui dit seulement son nom maintenant ?

Citer
Elle ne priait pas, ne les accompagnait jamais à l’Eglise.
minuscule pour le lieu, majuscule pour la communauté (église)

Citer
C’était l’expérience de la souffrance, la traversée de mille ans de vie.
Joli

Citer
C’était un regard… inhumain.
Pas joli

Citer
« J’ai déjà décidé de rester moi-même, cette année.
Attends, je croyais que c'était lorsque Jon veillait à Noël qu'il avait récupéré la fille ? Donc le "cette année" devrait être affublé d'un encore ou quelque chose comme ça ? J'ai du mal avec la chronologie de ton histoire.

Citer
Et Goliath, le vieux chien de Jon
c'est marrant d'utiliser une référence chrétienne dans un contexte nordique!

Citer
L'atmosphère se faisait de plus en plus pesante à mesure que le soleil continuait sa course dans le ciel.
Le soleil se couche très tôt en hiver à cette latitude, non ?

Citer
« Jon ! Allez ouvrir l'étable ! Faites sortir les animaux, faites-les fuir ! Bon sang, Jon, réagissez ! »
Le "bon sang, jon, réagissez" me paraît extrêmement peu naturel  :mrgreen:


Je ne me souviens plus exactement de l'autre version.
Dans celle-ci, j'ai toujours apprécié la manière dont tu mènes le conte, le combat est très bien fait, l'ambiance et là. Mais la fin laisse un peu sur le faim. Au début tu étais plus du point de vue de Jon, au moment du combat celui de la Valkyrie et à la fin, après les révélations, on sait pas trop. Ca tombe un peu à l'eau : elle a saisi les enjeux délivrés par le géant, et c'est important pour elle mais on ressent pas du tout quel impact ça peut avoir sur Jon. Il est hébété, normal, mais... Je veux dire y'a un décalage entre l'importance que tu donnes à ce personnage au début et à la fin, alors que ce qu'il a vu devrait l'avoir profondément changé. Tu vois ce que je veux dire ? x)
Et c'est peut-être moi qui suis pas assez attentive mais j'ai cafouillé en croyant que Jon recueillait la petite au Noël 1 et affrontait la bête au Noël 2, mais en fait il la recueille hors Noël et l'action se passe au Noël 1... Mais je trouve pas ça très clairement exprimé, on s'emmêle les pinceaux.
J'ai bien aimé l'aurore boréale de la fin, ceci dit :] Et je t'admire de retravailler un ancien texte !

Hors ligne Rain

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Re : Re : Re : Valkyrja
« Réponse #24 le: 03 Octobre 2010 à 14:49:15 »
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toute la maisonnée se rende d’un même pas
d'un même pas, ça fait un peu militaire  ;D
Ouais, mais je trouvais rien d'autre et il était tard XD Et si je mets rien, ça fait bizarre, je trouve. "De concert" ?

Citer
comme autant de lucioles convergeant vers les eaux pures d’un grand lac.
ok pour les lucioles, c'est toujours mignon comme comparaison. Mais pourquoi les eaux pures d'un grand lac?!
Parce que si je m'arrête aux lucioles, je trouve la phrase bancal au niveau du rythme  :-¬? "comme autant de lucioles dansant dans la nuit" ? "dansant au gré du vent" ?

Citer
Chaque année, le veilleur était retrouvé, au matin, étendue dans la neige, et tout aussi froid.
étendu / je croyais que c'était Jon le veilleur, j'ai dû relire le paragraphe plusieurs fois xD
Oups pour la faute - et pourquoi forcément Jon ? Dans une ferme, il faut bien des ouvriers pour l'aider à travailler. Bon, je précise.


Citer
elle lui révéla qu’elle s’appelait Lineik
après des mois et des mois de guérison, elle lui dit seulement son nom maintenant ?
En disant "Bien longtemps", je pensais quand même pas à quelques mois XD Bon, j'ai remplacé par "Bien des jours". Ensuite, je pensais qu'avec une fièvre violente, on pense rarement à dire son nom XD Mais bon, j'ai précisé qu'elle s'appelle Lineik au moment où elle arrive.

Citer
Elle ne priait pas, ne les accompagnait jamais à l’Eglise.
minuscule pour le lieu, majuscule pour la communauté (église)
Certes, ça c'est l'heure tardive  :D

Citer
C’était l’expérience de la souffrance, la traversée de mille ans de vie.
Joli

Citer
C’était un regard… inhumain.
Pas joli
Pas joli supprimé parce que pas très utile.

Citer
« J’ai déjà décidé de rester moi-même, cette année.
Attends, je croyais que c'était lorsque Jon veillait à Noël qu'il avait récupéré la fille ? Donc le "cette année" devrait être affublé d'un encore ou quelque chose comme ça ? J'ai du mal avec la chronologie de ton histoire.

Un Noël, Jon rentre avec ses hommes. En découvrant le corps, il dit "Bon, écoutez, à partir de maintenant, c'est moi qui garderait la maison." Lineik arrive après quelques semaines. Le nouvel an a eu le temps de se passer. Cette année renvoie à la fin de l'année en cours. J'ai précisé un peu plus haut dans la phrase qui prête à confusion : "Si bien qu’un jour, en rentrant de la messe et en découvrant le nouveau corps, le vieux Jon décida qu’il garderait lui-même la maison l’année suivante."

Citer
Et Goliath, le vieux chien de Jon
c'est marrant d'utiliser une référence chrétienne dans un contexte nordique!
Parce que Noël, c'est chrétien, la messe et les prières aussi, et ces trois éléments m'étaient au départ imposés. J'ai joué le jeu jusqu'au bout : Jon est résolument chrétien. Pas Lineik  :mrgreen:

Citer
L'atmosphère se faisait de plus en plus pesante à mesure que le soleil continuait sa course dans le ciel.
Le soleil se couche très tôt en hiver à cette latitude, non ?
Ah, je savais que j'oubliais un truc. En fait, il se lève à peine. Si je me souviens bien, il fait nuit à trois ou quatre heures de l'après midi. "A mesure que les étoiles se levaient", ça passe mieux ?

Citer
« Jon ! Allez ouvrir l'étable ! Faites sortir les animaux, faites-les fuir ! Bon sang, Jon, réagissez ! »
Le "bon sang, jon, réagissez" me paraît extrêmement peu naturel  :mrgreen:
Vestige du texte d'origine  :-¬? J'ai viré ce morceau.


Je ne me souviens plus exactement de l'autre version.
Dans celle-ci, j'ai toujours apprécié la manière dont tu mènes le conte, le combat est très bien fait, l'ambiance et là. Mais la fin laisse un peu sur le faim. Au début tu étais plus du point de vue de Jon, au moment du combat celui de la Valkyrie et à la fin, après les révélations, on sait pas trop. Ca tombe un peu à l'eau : elle a saisi les enjeux délivrés par le géant, et c'est important pour elle mais on ressent pas du tout quel impact ça peut avoir sur Jon. Il est hébété, normal, mais... Je veux dire y'a un décalage entre l'importance que tu donnes à ce personnage au début et à la fin, alors que ce qu'il a vu devrait l'avoir profondément changé. Tu vois ce que je veux dire ? x)
Encore un vestige du texte d'origine  :-¬? Je vais essayer d'arranger ça. Mais c'est surtout que à la fin, tout de suite après le combat, je l'imagine pas autrement que hébété. Genre surpris, les bras ballants, tout s'est passé trop vite il lui faut un moment pour recommencer à penser. Ajoute à ça que tu viens de voir un géant bousiller ta maison, le premier truc que tu penses, c'est "c'est un cauchemar", donc tu prêtes pas trop d'attention à ce qui se raconte. Enfin, je le voyais comme ça. Je vais essayer de mieux le faire sentir.
Ca passe mieux ?


Et c'est peut-être moi qui suis pas assez attentive mais j'ai cafouillé en croyant que Jon recueillait la petite au Noël 1 et affrontait la bête au Noël 2, mais en fait il la recueille hors Noël et l'action se passe au Noël 1... Mais je trouve pas ça très clairement exprimé, on s'emmêle les pinceaux.
J'espère que j'ai amélioré le tir. Enfin, moi je pensais que ça se comprenait. Il rentre, il voit le cadavre, "bon, les mecs, maintenant c'est moi qui garde la piaule", il se passe un mois, un mois et demi, Lineik arrive et ensuite à la fin de l'année, Noël revient... Enfin bref.

J'ai bien aimé l'aurore boréale de la fin, ceci dit :] Et je t'admire de retravailler un ancien texte !
Moment de folie passagère, je doute de recommencer un jour  :D

Merci de la lecture et du commentaire.
Perdu

Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : Re : Re : Valkyrja
« Réponse #25 le: 03 Octobre 2010 à 15:12:29 »
Citer
Ouais, mais je trouvais rien d'autre et il était tard XD Et si je mets rien, ça fait bizarre, je trouve. "De concert" ?
dans un même élan ? tous ensemble ?

Citer
"comme autant de lucioles dansant dans la nuit" ? "dansant au gré du vent" ?
oui, ça me semble mieux (j'ai une préférence pour dansant dans la nuit)

Citer
Oups pour la faute - et pourquoi forcément Jon ? Dans une ferme, il faut bien des ouvriers pour l'aider à travailler. Bon, je précise.
Parce que c'était le seul que tu aies présenté ^^ On dirait qu'il vivait reclus tout seul dans sa ferme. C'est du moins la première image que j'avais.

Citer
En disant "Bien longtemps", je pensais quand même pas à quelques mois XD Bon, j'ai remplacé par "Bien des jours".
ah ok xD

J'aime bien ton explication  :mrgreen: c'est plus clair xD

Citer
Parce que Noël, c'est chrétien, la messe et les prières aussi, et ces trois éléments m'étaient au départ imposés.
aaaaah ! okay :)

Citer
Ah, je savais que j'oubliais un truc. En fait, il se lève à peine. Si je me souviens bien, il fait nuit à trois ou quatre heures de l'après midi. "A mesure que les étoiles se levaient", ça passe mieux ?
oui !

Citer
Enfin, je le voyais comme ça. Je vais essayer de mieux le faire sentir.
Ca passe mieux ?
Oui

Citer
Cette vision lui provoquait toujours un pincement au cœur. Quand il la voyait, il comprenait que rien n’avait d’importance. Les hommes, Dieu – les dieux, se reprit-il, et les géants aussi – allaient et venaient sur les terres qu’ils habitaient. Le monde, lui, serait toujours là, et la vie qu’il portait, et les merveilles qui l’habitaient. Ragnarök lui-même n’y changerait rien.
Sauf en gras : le démonstratif c'est lourdissime alors que le reste est léger
et
l'autre phrase en gras : quand même, le monde paraît sur le point de basculer dans une guerre et ça ne changerait rien ?! après ce que sa maison a subi ?! je comprends pas lol (je suis dure de fil de discussion aujourd'hui)

Hop :]

Hors ligne Kathya

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Re : Valkyrja
« Réponse #26 le: 09 Octobre 2010 à 19:20:20 »
Pour moi "Ragnarök lui-même n'y changerait rien" c'est que le monde renaît après le Ragnarök.

Citer
Elle s'engouffrait de plus en plus dans le trou – il sembla même à Jon qu’elle l’élargissait.
« On ferait mieux de sortir ! »
Elle devait crier pour se faire entendre.
Ca serait bien de remplacer "elle" par "Lineik".

Citer
Lineik s'apprêta à esquiver le coup suivant mais elle n'eut pas le temps et le prit de plein fouet.
Cette phrase m'a génée, si elle s'est apprêtée à s'esquiver ça laisserait entendre qu'elle a commencé à anticiper. Je vois plus ça comme un mauvais dosage qu'un vrai manque de temps. Enfin, j'aime pas la formulation, même si je l'explique mal. x'D

Globalement j'ai beaucoup aimé l'ambiance du texte, surtout le début. Un peu moins à partir du moment où apparaît le géant, où la valkyrie révèle sa vraie nature. J'ai eu l'impression qu'on en savait trop et que ça perdait de son mystère. (Bon après j'ai des bases en mythologie scandinave, ce qui laisse moins de place au suspens. x'D)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Milora

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Re : Valkyrja
« Réponse #27 le: 21 Septembre 2011 à 14:49:21 »
Tiens, j'avais pas lu cette version 2 !
Comme je sais que tu comptes reprendre ce texte, je t'ai fait un relevé détaillé :)

Ton texte a vraiment un côté très bien fait : c'est l'ambiance. Tout le début, avec les descriptions, les dialogues, les petits détails qui font vrais : on s'y sent.
J'aime bien l'impression qui se dégage du texte et puis l'histoire, et puis Lineik :)

Par contre, y a quelques trucs qui m'ont gênée :
- la disproportion entre la situation et la réaction de Jon (à deux moments : d'une au début ("oh, zut alors, tout le monde meurt chaque année... Bon, j'vais voir c'que j'peux faire !") et de deux pendant le combat (je trouve que son hébétude n'est pas assez ancrée dans le texte pour justifier qu'il reste paralysé. On dirait plutôt que tu n'as pas trop su quoi faire de lui pendant que les autres se battent, alors il disparaît de la narration pour réapparaître quand on a besoin de lui pour l'intrigue...)
- le passage du combat que j'ai trouvé un peu maladroit. Y a un peu trop souvent les mêmes expressions et les mêmes structures de phrases qui reviennent, du coup on n'arrive pas à se plonger dedans, on dirait que le style est beaucoup plus brouillon que dans le reste du texte.
- enfin, un détail : y a quand même énormément de mentions des yeux et du regard, à la fin du texte ça donne un peu une impression de répétition.

Voilà, en gros : j'ai bien aimé mais je pense qu'y a encore des bricoles à revoir !

Dans le détail :

Citer
Chaque année, le veilleur malchanceux était retrouvé, au matin, étendu dans la neige, et tout aussi froid. A l’intérieur de la ferme, toujours le même carnage – table brisée, repas saccagé, meubles renversés… Rien n’était jamais à l’abri de la tempête qui s’abattait là.
Si bien qu’un jour, en rentrant de la messe et en découvrant le nouveau corps, le vieux Jon décida qu’il garderait lui-même la maison l’année suivante.
« Après tout, dit-il après avoir réuni tous ses gens, cette demeure est la mienne et celle de mes ancêtres. Vous n’avez pas à mourir pour elle, ni même à gâcher une nuit de rires et de joie. »
Le type est retrouvé mort chaque année, et le patron se dit juste "ah tiens, pour changer, je vais m'y coller ?" Je trouve qu'il y a un certain décalage entre la gravité de la situation et la réaction des personnages...  :-\

Citer
Un jour qu’un blizzard terrible hurlait ses malédictions au fjord et à tous ses habitants
joli :)

Citer
lui demanda-t-elle après un temps de silence.
- Hé bien, oui, plutôt, répondit-il après un instant de réflexion.
après un temps/après un instant --> c'est pas les mêmes mots mis l'idée est quand même répétée, ça donne une sensation de déjà-vu.

Citer
Qu’en dites vous
tiret

Citer
Elle lui sourit timidement, du sourire sincère que seuls peuvent arborer ceux qui n’en ont pas l’habitude.
ceux qui n'ont pas l'habitude de sourire ou d'être sincère ? On peut comprendre les deux ce me semble.

Citer
Pourtant, dans la soirée, le temps se calma et le soleil couchant fit scintiller la neige sous un ciel qui virait à l'orange.
J'aime bien tes descriptions : en peu de mots, on s'y sent.

Citer
Puis cette impression disparut, et il se retrouva devant une simple jeune fille
Il y avait déjà "puis l'impression disparut" un peu plus haut, donc ça donne une impression de déjà vu, là aussi

Citer
il dansait presque sur place à cause de la tension
J'associe plus danser sur place à une excitation, une hâte, à l'enthousiasme ; plus qu'à la tension.

Citer
La jeune fille se figea soudain, et attendit en fixant un point sur le mur, sans cesser de fredonner. Enfin, la dernière note résonna. Elle tourna vers Jon son regard étrange, ses yeux qui semblaient maintenant aussi sombres et profonds que le ciel nocturne, et prononça deux mots, annonçant l'inéluctable.
« Ça commence. »
C'est tout personnel mais je trouve que ce passage fait un peu trop "tadaaaaam, c'était terrible !!!" ; alors que tout le reste est plus doux, plus ancré dans la lenteur et le mystère. Du coup ce passage m'est apparu trop facile, pas assez dans le ton du reste.

Citer
Un vent glacial commença soudain à souffler dans la maison.
Y avait déjà soudain juste au-dessus.

Citer
Les émotions fortes, ce n’était plus de son âge.
Je trouve la remarque un peu trop ironique pour le ton de ce passage...

Citer
Le vieux Jon se releva. Cette fois, il soutint le regard de la jeune fille.
[...]
Le vieil homme ne fléchit pas face à la jeune fille
Vieux-jeune fille/vieil homme-jeune fille : ça fait deux fois exactement la même structure...

Citer
La surprise passée, il l’aida à s’en parer du mieux qu’il put.
Je pense qu'il faut dire qui est ce "il".

Citer
« Alors c'est là que venait jouer mon fils, ces derniers temps ? » Il éclata d’un rire tonitruant.
Il faut dire que le "il" est le géant, sinon on croit que c'est Jon, en l'état.

Citer
Tiens, on dirait que je ne suis pas le seul à ne pas être d'ici. Tu as l’air bien jeune, pour être une Valkyrie.
"être" x2. Le deuxième peut virer je pense.

Citer
Il ne comprenait pas tout, même s'il sentait qu'il se passait quelque chose de très grave et de très dangereux. En revanche, il comprenait très bien le mot « Valkyrie ».
trois très = trop !
Je trouve que le paragraphe est un peu trop Wikipedia, aussi  :-[

Citer
L'immense poing s'abattit lourdement sur la neige, à l'endroit où la jeune fille s'était trouvée une seconde plus tôt. Celle-ci contourna la main et se dirigea vers une jambe, épée levée.
Dit comme ça, on dirait que le "celle-ci" se rapporte à la seconde...

Citer
L'attaque suivante arriva de l'autre main. Elle para de justesse et glissa dans la neige sur plusieurs mètres. Le colosse était rapide, beaucoup plus que son poids et sa taille impressionnante ne le suggéraient. Elle se redressa rapidement et repartit à l'attaque. L'échange continua pendant longtemps.
Attaque x 2
et la dernière phrase est un peu bancale (je pense que le "pendant", tu pourrais l'enlever ou le remplacer...)

Citer
La voix de la jeune fille le tira de sa rêverie.
"rêverie" me semble un peu léger comme terme, vu le contexte.

Citer
il aurait volé en éclat
Tu as déjà utilisé la même expression peu avant pour le toit (d'ailleurs, c'est "en éclats" ce me semble)

Citer
Sans aucun doute, il aurait volé en éclat s'il avait été touché. Il courut vers l'étable aussi vite qu'il put.
Y a un petit problème de syntaxe : ton premier "il" c'est le bâtiment, et ton deuxième c'est Jon, mais il n'y a pas de transition entre les deux...

Citer
Elle n'y parvint que quelques secondes, mais cela suffit au vieil homme pour lui permettre de faire fuir les chevaux.
Je pense que tu peux enlever le "lui permettre de" : c'est assez lourd et on comprend bien, sans.

Citer
Lineik continua d'attaquer et d'esquiver, de parer quand elle n'avait pas le choix, mais ils se rapprochaient trop de Jon à son goût.
au goût de qui ?

Citer
Jon avait était gentil avec elle
Oh !!!

Citer
C'était nouveau pour elle, envers un humain, mais elle appréciait le vieil homme.
Je crois pas que ce soit syntaxiquement très correct, ce "envers un humain" (ça se rattache à quoi ?)

Citer
Lineik s'apprêta à esquiver le coup suivant mais elle n'eut pas le temps
Attention, y avait déjà "elle s'apprêtait à esquiver" juste au-dessus. Idem pour continuer d'encaisser.

Citer
Le géant s'arrêta et ne remarqua qu'à cet instant que quelque chose manquait.
ça fait beaucoup de "qu"...

Citer
Pas un vulgaire cheval : celle avec laquelle elle partait en guerre et semait la panique chez ses ennemis. Alors, où était celle de cette guerrière ?
celle x2 + guerre/guerrière

Citer
n beau loup, blanc, aux yeux dorés. Mais ce loup avait la taille d'un cheval. Il mordait avec fureur le bas de la nuque du géant, qui saignait abondamment. Celui-ci s'agita, se secoua, tenta de l'attraper, mais rien n'y fit : le loup tenait bon, enfonçant de plus en plus profondément ses crocs monstrueux et lacérant de ses griffes le dos du géant. Celui-ci finit par trébucher et tomba lourdement au sol.
ça fait deux fois "celui-ci", et je trouve le premier pas très bien raccroché à la phrase d'avant...

Citer
Aurais tu oublié combien d’être vivants tu as massacré ? Combien des miens tes semblables et toi-même avez tué ?
massacrés, tués

Citer
L’Arbre-Monde tremble sur ses fondations, et les mondes se rencontrent.
monde x2

Citer
Elle fredonna à nouveau ce vieux chant qu’elle avait entonné plus tôt, et lentement, le trou se referma. Plus aucun géant ne le franchirait, désormais.
Alors c'est elle qui a ouvert le passage, plus tôt ?  ??? Pourquoi ?

Citer
Il leva les yeux et contempla l'Aurore un moment, ces longues rivières de lumière qui parcourent le ciel nocturne.
:coeur:

Citer
Quand il la voyait, il comprenait que rien n’avait d’importance. Les hommes, Dieu – les dieux, se reprit-il, et les géants aussi – allaient et venaient sur les terres qu’ils habitaient. Le monde, lui, serait toujours là, et la vie qu’il portait, et les merveilles qui l’habitaient. Ragnarök lui-même n’y changerait rien.
J'ai pas trop compris sa réflexion : il a perdu la foi mais en même temps il se remet à croire aux vieux mythes mais en même temps il croit que Ragnarök n'existera pas ?

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Plume d'argent

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Re : Valkyrja
« Réponse #28 le: 22 Septembre 2011 à 01:50:16 »
Mon avis à chaud ( à déguster avec modération) :

Ayant lu les deux versions successivement, je trouve la V2 mieux travaillée (tu me diras c'est le rôle d'une V2), j'apprécie notamment le début, pour son ambiance plus chaleureuse, plus vivante, pour le style.
Petite remarque et je cite :

Citer
« Après tout, dit-il après avoir réuni tous ses gens, cette demeure est la mienne et celle de mes ancêtres. Vous n’avez pas à mourir pour elle, ni même à gâcher une nuit de rires et de joie. »

Une formulation creuse pour cette phrase.

Ensuite, je n'aime pas trop l'arrivée de la jeune fille, je trouve celle de la V1 plus mystérieuse, laissant des doutes et des questions alors que celle de la V1 me fait penser que Lineik est arrivée par hasard, alors que plus tard on apprend qu'elle est envoyée pour fermer le passage.

Citer
mais avec la tempête, ce serait du suicide que de s'aventurer sur les routes.

Corrige-moi si je me trompe mais le terme suicide est plutôt récent, non ? Je le trouve un peu hors à propos dans ce contexte, si tu vois ce que je veux dire.

Citer
Elle semblait vouloir s’établir quelques temps, et tous pensèrent que Lineik ne reviendrait pas à

Hm-Hm

Concernant :
Citer
Pourtant, dans la soirée, le temps se calma et le soleil couchant fit scintiller la neige sous un ciel qui virait à l'orange.
et :
Citer
et que ses yeux avaient pris la teinte orangée du ciel.

Mode chipotage on juste pour dire que c'est dommage de répéter la même description, d'autant plus qu'elle est amenée de manière plus subtile dans la deuxième citation et qu'alors tu aurais pu apporter autre chose dans la description de la première phrase.

Citer
un long paquet presque aussi grand qu'elle, qu’elle portait en bandoulière,

Autant j'imagine mal un sac de cette taille porté en bandoulière (surtout contenant une armure !), autant je me demande si en ces temps là, on confectionnait des sacs pareils (je m'excuse de mon incultisme )

Citer
Il observa la frêle enfant et le robuste cheval avec admiration. Ils n’étaient même pas épuisés.

Avec admiration je veux bien, moi à sa place je me poserai des questions ^^ Et puis j'aime bien le passage de la V1 sur ceci.

Citer
Elle parlait doucement, et du regret perçait dans sa voix.

Ce qui est mal avec les textes bien écrits, c'est que les lecteurs souhaitent encore plus de perfection. Je ne sais pas si c'est un effet de style voulu, mais j'ai du mal avec cette phrase (doucement/percer) en fait plus que l'effet recherché, c'est plus la tournure notamment "et du regret ... " plutôt lourde. Enfin, un avis subjectif.

Là  :
Citer
Je crois qu'ils n'aiment pas mon odeur, ni celle de mon compagnon de voyage. Ils le redoutent.
je préfère :
Citer
Je crois qu'ils n'aiment pas mon odeur. Et je dois porter celle d'un compagnon qu'ils n'apprécient certainement pas
, tournure moins conventionnelle que la première et nettement plus mystérieuse.

Citer
Je ne pense pas que vous le rencontrerez, ni que vous l'apprécieriez si vous le voyiez. »

Là par contre j'ai un bug. Plutôt quand il la questionne sur le sac, elle lui dis qu'il verra bien assez tôt de quoi il s'agit. Si elle est convaincue qu'il assistera aux événements, pourquoi dire qu'il ne rencontrera pas son compagnon ? (n'est-ce pas du loup qu'il s'agit ?)

Je lirai la suite de la V2 plus tard et je te ferai part de mes impressions à ce moment.












Hors ligne Rain

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Re : Valkyrja
« Réponse #29 le: 22 Septembre 2011 à 13:26:10 »
Merci à vous deux pour vos commentaires !

Je les ai vite fait survolés et je suis à peu près d'accord avec tout ce que vous dites, mais j'y répondrai plus en détail un peu plus tard.

Je suis justement en train de réécrire ce texte dans une V3, qui change pas mal de trucs (à commencer par cette histoire de faille bizarre, en fait XD la nouvelle version n'est pas plus vraisemblable, mais quand même, je préfère).
Bref, j'apprécie tous les relevés que vous faites, ça m'aide à voir si j'ai bien fait de changer ce qui l'a été, et ce qui reste encore à améliorer.
Ca fait un moment que je suis dessus, j'avance pas vite parce que je suis rarement content de  ce que je fais (et puis je suis pas souvent le nez dessus non plus XD), mais enfin j'avance, un mot après l'autre. Donc un jour, j'aurai une version corrigée, un peu plus finale que celle-ci, et où Lineik devrait plus ressembler à une vraie Valkyrie, Jon servir un tout petit peu moins à rien (même si ce sera pas flagrant XD c'était un personnage imposé à la base, mais je me vois très mal sans lui, du coup, mais je sais pas encore trop comment le faire agir pendant le combat).

Bref, voilà, donc si je réponds pas c'est normal, je consulte vos commentaires, mais ma réponse ce sera la V3.

En tout cas, merci à vous !
Perdu

 


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