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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » « Une partie de monopoly », défi lancé par Rodjan.

Auteur Sujet: « Une partie de monopoly », défi lancé par Rodjan.  (Lu 1293 fois)

Hors ligne jojobanana

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« Une partie de monopoly », défi lancé par Rodjan.
« le: 29 Avril 2013 à 04:07:17 »

Voilà une petite histoire courte suite à un défi que m'as lancé -officieusement, sur skype =) - Rodjan, "Inventer une histoire basée sur une partie de Monopoly sur une trentaine de lignes" A vous la lecture! (Il s'est avéré que les 30 lignes étaient vraiment justes, j'ai eu du mal à jauger la place que prendt une ligne, mais au final ça passe)



-Mireille, apportez moi un café !
Tout en haut de son appartement haussmannien, rue de la paix, le vieil investisseur faisait ses comptes. Le soir tombait doucement, accéléré par les nuages de pollution parisienne. Il n’est jamais trop tard pour racheter tout Paris, telle est se devise. Et ainsi dans le nuage de fumée asphyxiante de son cigare, tout droit importé de La Havane, il faisait ses comptes.C'était de la bourse, des chiffres, des signes et devises monétaires, des obligations, et tout un tas d'informations financières qui lui servaient dans ses spéculations. Son costume était impeccablement bien taillé. Un costume évidemment hors de prix pour le commun des mortels, mais pas pour lui. Ses chaussures, hors de prix elles aussi, étaient encore mieux cirées que le parquet de Versailles.

Mireille, sa secrétaire, qui n’avait évidemment pour lui aucune autre importance ni fonction que de répondre au téléphone et lui apporter le café, entra dans la pièce, déposa le sombre liquide sur le bureau, et sans piper mot, s’éclipsa. Elle savait qu’à la moindre erreur de sa part, qu’au moindre regard jugé déplacé, qu’au moindre bruit de talon de trop, elle était vouée au licenciement. Evidemment, il était riche boursier, elle n’était que secrétaire. Elle était partie à temps, car le vieil Harpagon rentra dans une colère noire.

-L’Avenue Henri-Martin est à moi ! A moi et à moi seul ! J’y ai investi, spéculé, construit et embauché, et ce vieillard de Montelloni veut m’échanger cette rue contre la Place Pigalle ? Cette vieille place orange ? Et pourquoi ne pas augmenter les salaires des employés ou déclarer mon compte en Suisse pendant qu’on y est ! 
Il se calma. Il avait en effet tendance à être quelque peut impulsif. C’est vrai au final, il possédait déjà la quasi-totalité de Paris, avait la main mise sur des milliers de personnes. Il avait juste à refuser. Cette Place Pigalle, il s’en fichait. De toute façon, il l’aura bien un jour, d’une façon ou d’une autre. Il se décida à aller se coucher. Il écrasa son cigare dans le cendrier, et se leva avec effort.
Il s’assit lourdement sur son lit, et se déchaussa. En regardant le calendrier accroché au mur, il remarqua que Mireille était là depuis environ deux semaines. Il sera grand temps de la remplacer.

Le lendemain matin, à 5h00, il se leva comme à son habitude. Il chaussa ses chaussons, enfila son peignoir, et parti dans le salon vérifier si son appartement était vide. Personne. Ainsi il retourna dans sa chambre, enleva ses charentaises et son peignoir qu'il laissa sur le sol, et récupéra dans son portefeuilles une petite clé. Il ouvrit son coffre fort blindé. Il était rempli de lingots, de billets, et de pierres précieuses, car il s’était évidemment rendu propriétaire de la taxe de luxe. Il récupéra au fond du premier un autre coffre, plus petit. Il y rentra le digicode. Le coffre s’ouvrit lentement, faisant grincer les gonds et trembler la poussière collée là depuis bien plusieurs mois.  Soudainement, ses yeux noirs et avides se transformèrent en yeux émerveillés, emplis de couleurs et de papillons, à l’instar des gamins jouant au parc gratuit –qu’il possédait-. Tout joyeux, il en sortit alors des chaussons « némo » qu’il enfila, ainsi qu’une super cape de Superman rouge avec un magnifique « S », qu’il laça à son cou. Puis il se mit à courir comme un enfant au milieu de l’appartement, tournoyant, chavirant, bousculant, renversant ses dossiers importants en direction de la cuisine, pour se servir un biberon  tout chaud de chocolat, qu’il bu goulûment et  avec envie. Calmé, il s’assit sur le canapé, attrapa la télécommande, alluma l’écran plat dernière génération 52 pouces et programma la chaîne de TV pour enfant. Quelques minutes plus tard, on sonna. C’était la secrétaire. Elle demanda de sa voix criarde si elle pouvait entrer.
-Non ! s’écria-t-il, tu es la méchante et tu es là pour me kidnapper ! Il se précipita alors dans sa chambre, envoyant voler la télécommande et saisit dans le coffre fort encore ouvert son parachute brodé d’or, et l’enfila. Vite, il se précipita à la fenêtre du salon, en manquant de trébucher, puis ouvrit en grand la fenêtre. La circulation recommençait à gronder. Alors il se recula, se recula, pris son élan et sauta du haut du 4em étage, en ouvrant son parachute doré. Il s’y échappa des masses de billets, volant au gré du vent dans toute la rue, formant des tornades de papier et interpellant les badauds, avant de percuter violemment le sol, se brisant tous les os de son corps, le crâne fêlé sur le bitume gris et sombre des trottoires de Paris. Maintenant il gisait là, avec ses chaussons némo et sa cape Superman rouge. Il baignant dans son sang et son argent.
Montelloni sera content.
Non papillon, non va pas sur l'autoroute!

(Dixit Kriss de "minute papillon")

Hors ligne Rodjan

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Re : « Une partie de monopoly », défi lancé par Rodjan.
« Réponse #1 le: 29 Avril 2013 à 21:24:56 »
Bravo tu as relevé le défis! J'aime bien ton texte  mais j'ai une (et une seule) remarque:

Je pense que tu aurais du faire la transition du personnage sérieux qui deviens fou plus progressif.

Mais j'aime beaucoup la chute! -Jeux de mot de l'année.-

Hors ligne jojobanana

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Re : « Une partie de monopoly », défi lancé par Rodjan.
« Réponse #2 le: 29 Avril 2013 à 21:31:36 »
Pour moi -dans ma tête-, le personnage, sérieux et avare, retourne en enfance en s'habillant de sa cape et ses chaussons, ce qui le décrédibilise par rapport à son statut. Donc pour moi la transition ne se devait pas progressive.
Non papillon, non va pas sur l'autoroute!

(Dixit Kriss de "minute papillon")

 


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