Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

19 Avril 2026 à 17:58:10
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?

Auteur Sujet: "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?  (Lu 7744 fois)

Hors ligne Aphone

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 687
  • La peur de son ombre
    • Bavardages d'un aphone
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #15 le: 29 Avril 2013 à 08:51:31 »
Citation de: Sixte
J'ai du mal à concevoir une idée qui soit trop complexe pour être exprimée

Il ne s'agit pas là de complexité mais peut-être de maîtrise, de manque d'expérience peut-être. Ma plus grande frustration est de ne pas parvenir à retranscrire ce qui était né dans mon esprit. Bien entendu, il est impossible de pouvoir offrir au lecteur la vision absolue ce qui était venu au monde dans ta tête, et c'est mieux ainsi. Car tu gardes ainsi une part d'exclusivité. Mais lorsque ton idée t'échappe au point qu'elle en devienne une forme rabougri à cent lieues de ce que tu t'étais imaginé, c'est vraiment gênant.

Insoupçonné, je me retrouve assez dans ce que tu dis, oui. Il est impossible de reproduire un instant, une ambiance qui a amené cette idée. Car il/elle est unique. S'il existait une recette pour l'instaurer, je l'achèterais sur l'instant. Mais c'est aussi ce qui rend l'écriture si merveilleuse. Elle ne se maîtrise pas. Elle est volatile, sauvage.
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #16 le: 29 Avril 2013 à 10:03:54 »
Sixte, mon problème, c'est que genre, j'ai vraiment /beaucoup/ d'idées. En fait, je fais du lien entre tout donc ça fait travailler autant l'imagination que la réflexion. Le résultat, c'est que je me construis des putain d'environnement en rêve ou en imagination et que ne peux juste pas les filer totalement. Idem pour les histoires. Et à la fin, quand on vient à la transmission d'idées, c'est la merde. Trop de liens. Donc là, ce serait la Shwarpzouille au "niveau 0". Et ensuite, les pensées qui me viennent une fois que je me concentre sur une idée (juste en l'écrivant), ça part vraiment en couille. Tu t'en doutes, le syndrome de la feuille blanche me touche pas trop. Ce serait plutôt le contraire, trop d'idées. Et j'ai aucune idée de la manière de les shwarpzouiller car je les apprécie toutes.

Dans ma situation, que ferais-tu ?
'ttention je vais peut-être dire une grosse bêtise  :mrgreen:
A te lire, j'ai l'impression que c'est peut-être parce que quand tu inventes, tu inventes des éléments (un monde, des scènes, des idées, des cadres...), et pas une histoire. Est-ce que ce serait ça ?
Enfin je dis ça parce qu'il me semble avoir déjà croisé des gens qui procédaient comme ça. Dans leur imagination, c'était une foule d'idées, de détails, de choses concernant leur monde imaginaire ; et du coup c'était ensuite qu'ils déterminaient une histoire à partir de là. Du coup leurs moments de blocage, c'était souvent : par où commencer l'histoire ? Comment introduire telle idée auprès du lecteur ?
D'ailleurs ce mode de fonctionnement de l'imagination m'intrigue, parce que moi c'est complètement inverse. J'ai effectivement des idées hors contexte, un concept pour une péripétie par ici, un élément de décor par là, une scène par cette autre côté ; qui flottent dans ma tête. Mais ça fait comme une sorte de stock. Quand j'invente une histoire, je l'invente direct sous forme de mots, et sous forme de transmission de l'histoire au lecteur. Je veux dire que je me demande pas comment je vais introduire telle idée : l'histoire est une sorte de fil, avec A qui conduit à B qui conduit à C, etc. Et les éléments de "stock", je puise dedans quand ça colle à l'ambiance que je voudrais donner à ce fil...
(Enfin je pense que beaucoup de gens fonctionnent comme ça, mais j'avais été surprise de voir qu'il y avait aussi la façon de faire inverse, c'est pour ça que je détaille  ::) )
Et puis après y a les idées du "stock" qui se suffisent à elles-mêmes, qui n'ont pas besoin de s'insérer dans quelque chose de plus vaste pour avoir du sens ; et du coup ça donne des nouvelles et des textes courts...
Quant à ne pas oublier ces éléments de stock, ou ces fils d'histoire pas déroulés jusqu'au bout, je les écris pas, parce que ça les fige et que je les trouve ridicules quand je les relis ^^ Du coup je les laisse flotter dans ma tête, j'en oublie souvent et après soudain je m'en rappelle, et ils sont un peu transformés. Bref, ça se fige que quand je puise dedans pour écrire l'histoire à un moment ou à un autre...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #17 le: 29 Avril 2013 à 11:09:21 »
Sixte, en rapport à la complexité, si tu as du temps, vas vers le 1, sinon, vers le 2.

1 . Je vais te parler de complexité algorithmique car ça a été théorisé et donc conceptualisé. Je t'invite donc à lire cet article de wikipedia pour comprendre les concepts que je vais utiliser si tu ne les connais pas déjà : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_complexit%C3%A9_des_algorithmes
Ensuite, le problème soulevé par la complexité est celui de parvenir à une tâche donnée en un temps raisonnable. Prenons la tâche, "retranscrire un maximum de mes idées" et considérons uniquement l'aspect quantitatif, c'est à dire, le nombre d'idées. Selon la méthode utilisée, on pourra modéliser une fonction de N (le nombre d'idées) qui donnera un temps en sortie, le temps passé total. Par exemple, partons sur la base "développer modérément chaque idée". Je considère que je prends 30 minutes par idée avec ce mode de fonctionnement. Si je le fais séquentiellement, on peut voir que f(N)=30N.
Donc avec deux idées, ça fait une heure de travail, mais si je dois juste prendre celles que j'ai en une heure de cours ET que je trouve intéressantes à développer (là, ça veut dire que j'en ai déjà bazardées beaucoup), ça fait déjà 5 heures.
On se rend compte que c'est pas rentable temporellement.
Là, je suis parti sur une complexité linéaire, c'est déjà parmi les plus rentable si on ne regarde pas les coefficients. Mais là, on voit assez rapidement que si je veux retranscrire beaucoup plus d'idées, ça bloque.
Les problèmes de complexité sont souvent du style, passer un problème qui a une fonction de complexité temporelle du style : f(N)=a^N (avec a un réel fixé) en f(N)=N^a
Bref, c'était juste pour te montrer que la quantité influe sur la complexité.
2 . En des termes plus simples, tu peux pas te permettre de traiter de la même manières 100 idées qu'une idée. Surtout si tu les as dans le même temps. Ma recherche ici, c'est donc, comment faire pour pouvoir les traiter en un intervalle de temps raisonnable.


Aphone : Le problème, c'est que les idées reposent sur une foultitude de liens qu'il faut expliquer et qui renvoient à d'autres idées qui faut expliquer à leur tour. Le jeu est de finalement tomber sur des idées qui sont soit connues par ton interlocuteur dans le cadre d'une conversation, soit communément admises par le cercle de tes lecteur dans le cadre d'un écrit. Dans le premier cas, si tu connais bien la personne avec qui tu parles, tu peux beaucoup affiner ton idée pour qu'elle colle à son cadre de pensée. Dans le second cas, en plus de ne pouvoir l'affiner dans le même intervalle de temps, les idées communément admises sont généralement trop floues pour permettre de faire passer en profondeur ton idée, elles laissent trop de part à la projection.

Milora : Je pense que tout le monde fonctionne selon un peu de ces systèmes. C'est rare de n'avoir aucune idée de ce que l'on va écrire (écriture automatique) et aussi rare d'écrire en collant parfaitement au schéma pré-établi, seulement dans les cas de brouillon-propre du collège.
J'ai essayé d'ouvrir un bloc-note avec des éléments que je voulais mettre dans mes écrits, sauf que rapidement, y'en avait trop. C'est pour ça que dernièrement, j'ai essayé de faire dans l'autre sens, mais plus j'y pense, plus y'a de détails et donc plus c'est difficile à retranscrire avec fidélité.

En revanche, le bloc-note pour les éléments, en me le ramenant en mémoire, tu m'as filé l'idée de l'utiliser pour les conversations

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #18 le: 29 Avril 2013 à 11:16:21 »

Milora : Je pense que tout le monde fonctionne selon un peu de ces systèmes. C'est rare de n'avoir aucune idée de ce que l'on va écrire (écriture automatique) et aussi rare d'écrire en collant parfaitement au schéma pré-établi, seulement dans les cas de brouillon-propre du collège.
Voui mais c'est pas à ça que je faisais référence  ::) J'ai encore dû être pas claire...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #19 le: 29 Avril 2013 à 11:21:45 »
Milo' : Effectivement, j'avais prévu ma réponse en deux parties, je t'ai passé que la partie avec laquelle faire l'analogie. Mais je me suis stefizgoudé l'esprit en répondant.

Remplace la partie cités par les deux systèmes de ton message et ça devrait le faire

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
  • Messages: 362
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #20 le: 29 Avril 2013 à 13:10:23 »
Aphone :

En fait, je ne parlais pas de la difficulté de transmettre fidèlement une idée (soit de faire naitre dans l'esprit du lecteur l'image que tu as dans la tienne), parce que c'est au mieux difficile, au pire impossible, et j'avais pas l'impression que ce soit la question (après, j'ai peut-être mal compris la question.
On peut expliquer des faits (je n'entends pas par là des évènements, mais en gros tout ce qui constitue l'histoire : personnalité des protagonistes, contexte blablabla) sans véritablement donner l'impression qu'on a, en tant qu'auteur, quand on "voit" ce qui se passe. Donc, sans parler de cette impression à transmettre, les concepts, eux, me paraissent toujours exprimables. Bref.

Insoupçonné :
Oui, je vois bien ce que tu dis, mais, même si la notion mathématique a le même nom que que la notion euh... civile  :mrgreen:, ça ne me semble pas du tout être la même chose.
Quand on fait des calculs de complexité (où quand on saute systématiquement ces questions  :-¬?), le problème de base, c'est quand même de voir le coût en opérations élémentaires (donc en énergie) du programme. On peut appeler ça complexité pour un ordinateur, mais ce n'est pas du tout comme a complexité de notre cerveau. Ce que je veux dire (je sens que je m'embrouille  ><) c'est que, faire trente-six fois la même chose (comme par exemple, quand on veut trier un tableau, regarder si la case n+1 a une valeur plus grande que la case 1), ce n'est pas plus complexe (pour nous, gentils humains  :mrgreen:) que de le faire une seule fois, c'est juste plus difficile, parce qu'on a plus de chance de se fatiguer, de faire des erreurs, d'être tellement frustrés par la répétitivité de la tâche qu'on est moins attentifs.
Bref, je trouve que le terme d'algorithmique ne veut pas dire la même chose que celui de la vraie vie (de la même façon, être normal, c'est pas forcément être perpendiculaire  :mrgreen:)
Mais bon, ça, c'est juste un problème de définition, j'ai compris ce que tu voulais dire, j'crois, et je vote pour le darwinisme des idées : celle qui arrive la première dans ton cerveau en poussant toutes les autres a le droit d'être écrite.  :huhu:
[img width= height=]http://nanowrimo.org/widget/graph/sixte.png[/img]

Hors ligne Ned Leztneik

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 942
  • Ressentir ou jouer ? C'est vous qui voyez !
    • La page de Ned
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #21 le: 29 Avril 2013 à 13:19:17 »
Darwinisme ou humanisme ?  :\?
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
----------
http://www.facebook.com/NedLeztneik

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #22 le: 30 Avril 2013 à 12:04:52 »
Sixte : J'ai compris ton point. Seulement, faire 36 fois la même chose en un même intervalle de temps, ou dans un intervalle de temps pas 36 fois plus grand que l'initial, c'est plus complexe car ça nécessite de faire appel à d'autres techniques. C'est dans ce sens là que je le disais, et c'est justement ces 'autres techniques' que les classiques que je recherche

Hors ligne Fahrenheit

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Re : "Forcer" l'écriture, ouai, mais dans quelle mesure ?
« Réponse #23 le: 06 Mai 2013 à 20:07:17 »
Si j'ai bien compris, en ce moment, je suis en blocage de Shwarpzouille. Ça se bouscule dans ma tête comme dans un concert de barbus à grosses chaussures, et résultat rien ne passe la porte du clavier. J'ai pas le réflexe de noter sur un bloc note, parce que la plupart de ces idées finiront à la corbeille. Et si j'écris en automatique, ça part tellement en n'importe quoi que j'ai peur de créer une fissure dans l'espace temps à force de taper des conneries comme je m’apprêtais à l'instant même.
En ce moment, j'ai un projet plutôt consistant, avec une bonne idée de base, je pense, et des plans/personnages plutôt construits,  mais je bloque sur un moment précis, et du coup tout le reste est en attente, vu que je ne peux écrire la suite, il faut que ce soit dans l'ordre, sinon j'abandonne.
En gros, je shwarpzouille à moitié dans ma tête, j'écris en... Semi-automatique ? Et j'essaye de shwarpzouiller chaque phrase, au fur et à mesure, en m'attardant sur tous les détails dès le premier jet. Et si c'est trop pourri au final, je supprime. C'est pas la bonne méthode, je sais, mais je suis tellement volatile que je risque de supprimer un texte pas terrible que j'aurais pu améliorer si je ne m'en étais pas lassée entre temps.
Voilà, voilà, je ne sais pas si j'ai répondu à ta question, ou si j'ai été très claire  :mrgreen:
Dieu n'a pas fait de paupières pour les oreilles.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.188 secondes avec 16 requêtes.