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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.

Auteur Sujet: [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.  (Lu 2416 fois)

Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
  • Messages: 23
[Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« le: 04 Mars 2013 à 03:18:37 »
Bonjour, je vous fait parvenir à la suite de ce post la partie une de ma première nouvelle écrite en Novembre 2012, qui représente mes débuts dans l'écriture. Elle n'a été lue que par peu de personnes, c'est donc la première fois que je recevrai des critiques de parfaits inconnus. Normalement les évènements s'enchainent mieux en la lisant d'une traite, mais on m'a conseillé de le faire petit à petit et d'attendre vos retours :)
Merci d'avance pour la lecture.




1



Le réveil sonna une nouvelle fois, quelle heure était-il cette fois-ci ? Mes pensées nébuleuses m'empêchaient de savoir avec clarté si je somnolais ou si j'étais une nouvelle fois réveillé. Mes jambes tournoyaient dans le lit alors que je tendais mon bras gauche en direction de ma table basse afin de regarder l'heure. Je vis qu'il n'était pas encore l'aube et je reposais l'appareil d'un soupire las. Mon regard se dirigeait vers la fenêtre, en direction de cette ruelle sombre et embrumée, le cliquetis de la pluie résonnait contre le verre, tandis que j'appréhendais cette nouvelle journée en reclus du monde extérieur. Tout en m'asseyant sur ma couche, je sortis une cigarette de mon paquet presque vide et l'allumais en ne cessant de fixer l'unique vitre de mon infime studio. J'inspirais la fumée avec assurance en observant mon logis d'une seule pièce, les murs étaient vêtus d'un papier peint ignoble que je ne pouvais changer, la couleur jaunâtre du fond et les motifs violets définissaient un horrible manque de goût de la part de mon propriétaire. Ce lieu me répugnait au plus haut point, l'odeur nauséabonde de moisissure et d'humidité flottait dans l'air et offensait mes narines sans répit.

Je décidais finalement de me redresser sur mes pieds avec une assurance frisant le ridicule. Mon corps chancelant se dirigea machinalement en direction d'un gramophone qu'une personne âgée m'avait offert gratuitement alors que j'arpentais sans but dans un quartier malfamé de Londres. Je n'avais jamais été attaché à la technologie ou aux modalités contemporaines. L'actualité était une courbe ambulatoire et lunatique qui ne m'intéressait guère, mes pensées préféraient se diriger vers les faits morbides. Il m'arrivait régulièrement de prêter attention aux faits surnaturels, d'enrichir mon savoir auprès des tueurs du XXe et du XXIe siècle, de comprendre comment une personne pouvait basculer dans une telle démence, si profonde que seule la mort pourrait le repêcher de son insanité. Je me projetais une nouvelle fois dans un abri illusoire de mon esprit, imaginant à quoi pouvait ressembler la peur quand un être vivant la ressentait à son paroxysme. Ma main droite actionna le mécanisme du gramophone et le mit en route, mes tympans accueillaient toujours avec joie les dix meilleures performances de Johann Sebastian Bach, compositeur allemand du XVIIIe siècle.
Mon corps demeurait dressé, ne bougeant plus d'un centimètre. Mes yeux étaient arrêtés sur la décoration abjecte qui jonchait chaque centimètre de la pièce, mon esprit lui était probablement ailleurs, certainement en train de se demander par quel moyen sa vie allait prendre un tournant positif. Ma trente-quatrième année arrivait à grands pas et ma vie n'évoluait pas, le temps s'était figé depuis longtemps. L'année deux mille douze n'était qu'un nombre qui ne cessait de croître en nous faisant comprendre, jour après jour, que notre fin était proche.

Ma fatigue était constante, je dormais peu et quand il m'arrivait de trouver le sommeil j'étais plongé dans une horreur innommable, un maelström chaotique d'énergies cauchemardesques qui traquait et jouait avec mes peurs les plus ardues. Araignées et insectes répugnants en tout genre, fantômes, morts vivants et abominations, créatures tellement hideuses qu'elles en devenaient indescriptibles. Mon imagination bénéficiait d'un gigantesque terrain de jeu. Mais la chose qui m’atteignait certainement le plus était la peur de l'inconnu, l'atroce vide spatial, ou encore l'inquiétante obscurité qui pouvait cacher les mystères les plus insensés et impossibles. Je redoutais également la sensation d'être dans l'incapacité de définir la nature d'un son. Mais de toutes les craintes possibles, celle de l'inconnu était définitivement la plus forte. Mes pensées virevoltaient dans le même rythme que l'une des compositions de Johann Sebastian Bach, jusqu'à ce que mon alourdissement se reproduise.

L'épouvante à laquelle j'étais confronté m'avait offert une insomnie si forte que ma paranoïa ainsi que mon humeur sinistre se mêlaient à merveille tel un jeune couple en proie à l'amour. J'angoissais à l'idée qu'une sorte de créature vienne s'en prendre à moi pendant que mon cerveau devait se reposer, mon corps à la merci. Mon analyse s'était par la suite portée sur les êtres humains. Je songeais au fait qu'ils abritaient tous une créature au sein de leurs âmes, une chose répugnante qui défiait toute imagination, pouvant à peine être décrite et qui définissait la déchéance humaine jusqu'à son exacerbation. Après tout, l'Homme avait déjà prouvé plus d'une fois qu'il 'était un être sanguinaire et capable des pires horreurs, le craindre était chose normale compte tenu des événements passés. Bercé par ces pensées, je me décidais à me recoucher malgré la peur constante qui m'envahissait, mon corps m'imposait le repos. Je me rendormis.


Suite bientôt...
« Modifié: 04 Mars 2013 à 13:57:38 par Amaneith »

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #1 le: 04 Mars 2013 à 09:28:22 »
J'ai du mal à me situer dans le temps ... En quelle année se déroule ton histoire ? J'ai l'impression que la "chaîne temporelle" est rompue à plusieurs reprises.
En tout état de cause, j'attends la suite pour savoir si l'aspect anachronique est voulu.

En l'état, ce que je ne comprends surtout pas, c'est si ton personnage décrit ce qu'il ressent après avoir commencé à écouter la musique, ou s'il poursuit le récit de son éveil.
« Modifié: 04 Mars 2013 à 09:38:58 par Ned Leztneik »
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Hors ligne Kerena

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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #2 le: 04 Mars 2013 à 10:04:37 »
Citer
le son du cliquetis de la pluie résonnait contre le verre

C'est très très lourd tout ça (l'hôpital, la charité, tout ça  :-¬? ). Le cliquetis est déjà un son, donc faut virer un nom.
Le cliquetis de la pluie
Le son de la pluie
(mais jsuis pas fan)

Citer
je sortis une cigarette [...] et l'alluma

L'allumais

Citer
Mon corps chancelant se dirigeait machinalement

se dirigea

Citer
Ma main droite actionna le [...]gramophone et le mis en route

elle le mit

Citer
mes tympans accueillaient avec joie

Alors, ici y'a un souci. Le début de la phrase est au passé simple, donc soit ici on parle de l'instant même et tu mets accueillirent, soit tu parles d'une vérité générale et effectivement c'est l'imparfait qui convient ; le problème c'est que le lecteur pet pas deviner. Donc faudrait rajouter un ptit indice de temps, du style toujours.
mes tympans accueillaient toujours avec joie...

Citer
Mon corps demeurait dressé, ne bougeant plus d'un centimètre. Mes yeux étaient arrêtés sur la décoration abjecte qui jonchait chaque centimètre de la pièce, mon esprit lui était probablement ailleurs, certainement en train de se demander par quel moyen sa vie allait prendre un tournant positif

même remarque que précédemment : si on parle de vérité générale, il faut un indice. Si tu parles juste de cet instant précis, il faut mettre le passé simple.

Citer
ma vie n'évoluait

n'évoluait pas

Citer
la réaction logique de mon esprit serait la peur

la réaction à quoi ?

Citer
celle de l'inconnu est définitivement la plus forte

était

Citer
C'était bercé par ces pensées que je me décidais à me recoucher

Bercé par ces pensées, je me décidais à me recoucher


Bon, ben moi j'ai plutôt bien aimé. On ressent bien les peurs et phobies d'un personnage qui semble un brin psychopathe. Je vais guetter la suite =)
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
  • Messages: 514
Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #3 le: 04 Mars 2013 à 10:43:30 »
Bonjour bonjour :)

Si le personnage me semble intéressant (je dirais pas encore attachant, mais à mon avis encore rempli de quelques jolies surprises, j'ai aussi un peu de mal à situer l'action, ce qui se passe ou doit se passer (ou alors c'est exprès, je sais pas)...

C'est agréable à lire, bien que les phrases soit en grande partie longues et assez "tordues", avec des constructions relativement compliquées, ce qui ne facilite pas la tâche...

Donc pour l'instant, j'attends la suite !
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
  • Messages: 23
Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #4 le: 04 Mars 2013 à 14:05:18 »
Bonjour à vous :)


Pour répondre à Ned, le personnage pense à l'année 2012 dans le récit, ça se passe à cette époque. Cependant il possède deux ou trois choses " anciennes ", comme le gramophone ainsi que la vieille compilation de Bach. Après avoir écouté la musique il reste debout un moment et je partage aux lecteur ses multiples pensées, pardon si ça n'était pas très clair, je vais essayer de corriger ça :)

Merci Kerena pour ces multiples correction qui m'ont échappé, mais également concernant les deux trois phrases arrangées avec tes tournures.

Merci également Penruet pour ta lecture, je pense que si tu as du mal à te situer dans l'action, c'est parce que cette nouvelle était mon tout premier écrit " sérieux ". Je l'ai relu plusieurs fois bien évidemment pour essayer de corriger le maximum de fautes possibles, mais je n'ai pas repassé au peigne fin tous les passages pour conserver un élément de comparaison avec la deuxième et la troisième nouvelle.

La suite arrivera probablement dans la journée, ou peut être soirée. :)

Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
  • Messages: 23
Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #5 le: 04 Mars 2013 à 23:20:44 »
Je vous fait parvenir la suite de ma nouvelle ! Par contre je rajoute que cela n'aura pas besoin d'une correction poussée sur l'orthographe, la conjugaison ou la syntaxe. Comme je l'ai signalé plus haut, cet écrit date de plusieurs mois et je ne compte pas le corriger à la perfection. Je souhaite avant-tout un avis sur le fond, la forme, le scénario et surtout si mon " univers " plait. Bonne lecture :)





2


Alors que mes paupières s'ouvraient avec une mollesse sans noms, je constatais que la musique n'était plus celle de Johann Sebastian Bach, mais une mélodie angoissante voire même paralysant. Le résultat d'un croisement méphistophélique entre piano, violon et tambours, ainsi que d'autres instruments que je ne pourrai citer à cause de ma faible connaissance de l'art musical. Me redressant avec hâte sur mon lit lorsque la mélodie prit une tonalité stressante, je constatais à ce moment-là que ma cigarette antérieurement allumée s'était tout simplement éteinte sur mon torse. Désormais paniqué, j'accourus en direction du gramophone qui ne cessait d'accentuer ma peur avec son air inquiétant qui n'avait certainement pas sa place à côté des œuvres fabuleuses de Bach. À ma grande surprise, l'appareil ne fonctionnait pas et l'inquiétante mélodie s'était éteinte dès le moment où j'avais pris position devant l'ancienne machine. Me sentant impuissant face à un tel phénomène, mon esprit rationnel en conclut que j'étais probablement en train de rêvasser. Mais mon tempérament curieux me poussait à vouloir pour n'importe quel prix comprendre ce qu'il se passait. Désormais dans le silence le plus total, je réalisais qu'il ne pleuvait plus et que la sensation d'être épié par une forme surnaturelle était d'autant plus conséquente. Dans l'instant, un son grave venait de la cage d'escalier, le bruit était comparable à une brisure de porte à l'aide d'une arme de poing. Empressé, je pris une batte de base-ball métallique sous mon lit qui était plus un outil de défense qu'autre chose, et accouru jusque ma cage d'escalier.

Mon cœur battait la chamade, mes mains, qui tenaient l'arme métallique, tremblaient à n'en plus pouvoir. Je ressentais finalement à mon tour l'émotion la plus forte et la plus dangereuse dont l'homme pouvait être atteint, la peur. Cette crainte de l'inconnu fut amplifiée lorsque je réalisai l'obscurité envahissante dans laquelle je m'élançais à corps perdu. Ma vision était inutile face à ce néant sinistre, je dus me contenter alors de l'ouïe et du toucher pour m'orienter. Grâce à ma connaissance des lieux, je pus me diriger jusqu'aux escaliers faits de pierre, mon corps révulsait chaque marche entreprise dans cette obscurité totale, il voulait fuir, mais ma volonté le contredisait. Pour une raison qui me dépassait totalement, je devais à tout prix me rendre à l'origine du bruit. Une fois la dernière marche franchie, mon pied droit heurta quelque chose de semblable à une jambe humaine. Pris de panique, ma chute était accompagnée d'un cri torturé entre peur et surprise. J'entendis la batte ricocher dans la noirceur de la pièce et je pus avec ma chance me réceptionner sur mes mains avant que mon visage heurte le béton. Mon corps se retourna machinalement, espérant peut-être voir quelque chose de mon agresseur, à condition que celui-ci fût bien réel, mon grand esprit imaginaire pouvait encore me jouer des tours. Mais là, à ma grande surprise, je vis des yeux brillants d'une couleur violacée aussi surnaturelle qu'irréelle. La peur était si profonde qu'elle me hantait d'un puissant mutisme, à point tel que j'étais dans l'incapacité de produire un quelconque son d'appel à l'aide. Mon corps lui était englouti d'une atroce entropie qui me privait de toute action.

Cette chose au regard inhumain se contentait de me fixer lorsque j'entendis une nouvelle fois cette musique inquiétante, qui cette fois-ci n'émanait plus du gramophone, mais de mon esprit. Le son qu'elle produisait me faisait l'effet d'un tournevis qu'un être sadique pouvait enfoncer lentement dans mon crâne. La seule chose qui me vint à l'esprit fut de poser chacune de mes mains sur mes tempes, jusqu'à ce que mon subconscient me fit enfin pousser mon premier cri de douleur. L'espace de quelques secondes, j'eus la chance d'omettre complètement la présence de la créature qui me faisait face. Mon tourment s'estompait lentement et je pouvais à nouveau observer la " chose " qui se dressait à moins d'un mètre de ma personne. Elle me regardait, sans bouger ni émettre le quelconque bruit. Mes yeux commençaient à s'habituer à l'obscurité environnante de tel que je pouvais désormais discerner une silhouette totalement cauchemardesque. La chose se pencha en avant, puis elle tendit son bras qui ne ressemblait en rien à celui d'un humain. L'avant-bras était ressemblait à une gigantesque lame, semblable à une seule griffe très aiguisée. Mon corps entier était affecté de tremblements presque audibles et pourtant je me sentais incapable de fuir. Je me résignais cependant à mourir ici aussi bêtement, ma vie n'avait été qu'une succession d'échecs mais malgré tout j'avais besoin de croire en quelque chose de plus grand, je voyais une gigantesque énigme se dresser devant moi, un mystère que je devais résoudre à tout prix. J'éprouvais une sensation étrange malgré la peur qui me hantait en cet instant, je ressentais également une infime joie d'origine inconnue qui était totalement hors-contexte. Je préférais ne point m'attarder sur cette derrière émotion et plutôt de tenter de me concentrer sur un moyen de sortir vivant de cette situation. La créature bloqua son avant-bras tranchant contre ma poitrine, la seule solution qui me venait à l'esprit fut de pousser son bras vers une direction opposée puis, de prendre mes jambes à mon cou dans le noir sans fin de la cage d'escalier.

Mes mains faisaient office de bouclier à l'encontre des briques pierreuses non peintes qui recouvraient la partie inférieure du bâtiment. L'affolement dont ma course témoignait était extraordinairement pathétique, ne savant même pas où aller, je ne pouvais compter sur ma discrétion puisque celle-ci était bafouée par des sanglots succincts qui raisonnaient dans les couloirs obscurs. Je tournais en rond et j'en fus conscient qu'au bout de quelques secondes, ce fut en arrêtant ma course effrénée que je comprenais qu'il n'y avait aucun bruit. Les seuls sons d'ambiances furent ceux de ma palpitation cardiaque et mon essoufflement. Je marchais désormais à une allure lente, ce plat atmosphérique me fit réaliser qu'à présent j'étais une proie sur le point de mourir, la créature n'attendit point et se rua sur moi, perforant mon thorax grâce à l'atout naturellement monstrueux de ses bras. Je sentais la vie m'abandonner peu à peu et le goût du sang remontait dans ma gorge, envahissant mes poumons percés. Mes dernières pensées crépitaient tel un gigantesque feu d'artifice. Il prit le soin d'éviter de m'étouffer dans mon propre liquide vital quand il enfonça plus radicalement son bras libre au niveau de mon cœur.
"- Alors c'est ainsi que cela se termine... " Fut la dernière pensée qui occupa mon esprit.


Suite bientôt...
« Modifié: 05 Mars 2013 à 19:40:35 par Amaneith »

Hors ligne Mnemosyne

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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #6 le: 05 Mars 2013 à 17:45:33 »
Rien à dire, j'aime bien ton style. polir un peu certains passages, et revoir les verbes. Sinon, j'aime bien l'ambiance dans laquelle ça nous plonge.
Sinon, petite remarque subjective, j'aime pas les intrusion de l'auteur dans son récit, du style "le personnage écoutait Bach/Mozart/ Lorie" , c'est vrai que ça en dit un peu plus sur les caractéristiques du personnage etc, mais bon, je pense que c'est juste là pour dire "j'écoute de la bonne musique, regardez-moi, je m'y connais, etc etc". Du moins, c'est l'impression que j'ai eu et c'est désagréable.
« Modifié: 05 Mars 2013 à 17:47:23 par Mnemosyne »
Une femme avertie en vaut deux.

"Toute l'écriture est de la cochonnerie (...) Toute la gente littéraire est cochonne", Artaud.

Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #7 le: 05 Mars 2013 à 18:47:31 »
À vrai dire cela n'a pas grand chose à voir mais je pense que tu t'en doutes. Cependant merci pour ton retour ainsi que ta lecture.

Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #8 le: 05 Mars 2013 à 19:05:40 »
C'est assez sympa à lire, franchement glauque, j'adore ça, j'ai juste vu deux trucs, un "moon" , il y a un "o" de trop, et un "la seule solution qui me venait à l'esprit fit de...", c'est "u" (les deux sont côte à côte ^^).
Je trouve simplement bizarre que ça s'arrête là sans autre explication, sans rien de plus, mais bon...
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #9 le: 05 Mars 2013 à 19:39:13 »
Ah non mais il y a une suite :) Pardon, j'avais oublié de le signaler. Il y a cinq petits chapitres en tout !

Concernant le " moon " et le fit je ne les ai pas remarqués lors de la relecture, merci de me les avoir signalés. Je posterai la suite ce soir !

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #10 le: 05 Mars 2013 à 19:41:57 »
En tout cas, j'attends la suite avec plaisir Amaneith.
Une femme avertie en vaut deux.

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Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
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Re : [Première Nouvelle] Celui qui m'observait.
« Réponse #11 le: 06 Mars 2013 à 04:06:59 »
Et hop voici la troisième partie, je vous souhaite une bonne lecture :)





3




   J'avais imaginé maintes et maintes fois au cours de ma vie de quelle manière la mort pouvait se manifester. Existait-il un quelconque dieu ? Une force supérieure qui, après nous avoir accueillis dans son domaine, donnerait généreusement une autre vie, éternelle, sans péchés, maladies ou contraintes ? Mes pensées divulguaient à nouveau dans mon esprit sans que je puisse en comprendre la raison, pourquoi étais-je en train de penser ? Me demandais-je. Puis à nouveau, le réveil retentit. J'ouvris les yeux et ouïs la bruyante pluie maltraiter mon unique fenêtre, je me levais alors, pris d'un gigantesque et inattendu sursaut, questionnant l'intérêt de ma présence ici, l'utilité même de mon existence sur cette terre. Tandis que je sentis ma respiration s'apaiser, je ne pus m'empêcher de me demander si cela n'était qu'un simple rêve. Une horreur sortie tout droit de mon imagination, créée par mon subconscient dans le seul but de m'infliger mes propres maux. Où alors était-ce une sorte de purgatoire, une punition de la main de cet être nommé Dieu. Ce que j'avais vu ne pouvait être qu'une sanction, mais étrangement – et heureusement – j'étais incapable me souvenir concrètement de la créature qui m'avait ôté la vie une nuit plus tôt. Je pris le temps de manger un morceau et de relativiser chacun des événements, savoir si j'allais parler de ce qu'il s'était passé ou non était mon dilemme. Il était évident que je ne pouvais en parler à la police, l’aliénation serait leur diagnostic le plus probable et l'idée de me faire humilier me déplaisait fortement. J'avais eu un ami une fois à qui je pouvais confier mes secrets les plus enfouis, mais lui et moi avons été malencontreusement séparés depuis qu'il s'était marié il y avait maintenant six ans de cela. Suite à quelques renseignements, j'avais découvert qu'il avait quatre enfants et qu'il était un père de famille comblé. Un futur qui aurait pu être mien si mon existence n'avait pas été un enchaînement d'échecs et de rabaissement de soi. Nous n'avions point communiqué depuis mon refus d'assister à son mariage, le personnage égocentrique qu'il était l'avait naturellement mal pris. Après tout, je n'avais rien contre lui, mais le fait d'être entremêlé à des congénères suants et puants me révulsait. Je ne possédais en rien les attraits sociaux nécessaires pour espérer devenir l'homme qu'il était aujourd'hui, mais ça ne faisait rien, il était et resterait mon unique compagnon de route, je devais le contacter.

   Nicolas Wyatt, vivant au 299 Chelsea's Street à Londres. J'avais pensé qu'il était préférable de le contacter par téléphone plutôt que de s'inviter chez lui, la gêne serait fortement amoindrie et je pourrais ainsi mieux analyser sa réaction lorsqu'il réaliserait que j'étais au bout du fil. Sa femme décrocha l'appareil, elle ignorait mon existence, ou avait oublié le fait que nous avions déjà mangés ensemble avec son mari dans un restaurant quelques mois avant leur mariage. Ma voix incarnait le paroxysme de l'incertitude et elle le sentait, cela animait une sorte de peur en elle, mon comportement affectait grandement l'entretien avec Vera Wyatt, qui me raccrocha simplement au nez après que j'eus temps de transmettre le message que je souhaitais. Confortablement installé sur mon fauteuil, ma réflexion était une nouvelle fois guidée par une cigarette accrochée à mes lèvres. Je savais que l'appel allait être retourné. Après tout nous avions des souvenirs agréables et me remémorer mon passé à ses côtés me rend nostalgique. Les heures défilèrent tandis que la pluie continuait de frapper encore et encore la fenêtre. Moi, je restais là, inerte, mort physiquement, mais vivant psychologiquement, ne cessant de me questionner sur les événements récents. J'en étais même venu à me demander si avoir repris contacte était une bonne idée. Néanmoins, après plusieurs heures d'attente, le téléphone sonna pour la première fois depuis plusieurs mois.

   C'était Nicolas Wyatt, énervé et contrarié, sa femme avait dû lui faire parvenir la crainte qu'elle avait ressentie après une conversation longue comme trente secondes avec l'être spécial et différent que je pouvais être. Il était obsédé de découvrir la raison de mon inédite envie d'approche, ce à quoi je lui faisais comprendre le besoin simple de me confier à cœur ouvert avec une personne de confiance. Son tempérament chancelait entre l’agacement et la pitié, il accepta une rencontre chez lui quand sa famille serait de sortie. Nicolas avait à la fois honte de moi et ressentait une sorte de supériorité à mon égard, puisque selon son raisonnement typiquement banal, sa vie était réussie, contrairement à la mienne. Je subissais de manière plus subtile l’humiliation que je craignais quelques heures plus tôt, mais l'un de nous deux devait être en mesure d'ignorer sa fierté pour le bien des choses et j'en étais capable, lui non. Il fixa le rendez-vous au dimanche suivant, lorsque sa compagne accompagnerait les enfants chez sa famille pour la journée. Même si je fis semblant de ne rien entendre, j'écoutais les mesquineries qu'elle lui transmettait, lui suppliant de m'ignorer et de me laisser mourir, puisqu'elle aussi avait la vie dont elle rêvait, ménagère jusqu'à la fin de ses jours à privilégier les biens de ses enfants avant les siens. La conversation fut brève, mais tout avait été dit, son amitié me concernant s'était évaporée, cependant je n'en avais guère besoin. J'espérais qu'il pourrait me comprendre et qu'il me donnerait une solution miracle même s'il n'avait aucune connaissance dans la psychologie sociale. J'étais incapable de l'expliquer, mais j'espérais qu'il allait être la solution à mon problème, comme s'il était étroitement lié à tout cela. Peut-être même que tout ceci n'était qu'une farce dans l'unique but de renouer la relation amicale que nous avions... Non, ma paranoïa me faisait divaguer.

   Je reposais mon téléphone et j'allais à nouveau mettre en marche le gramophone pour écouter toujours et encore les mêmes prouesses de Bach, puis je me perdais une nouvelle fois dans mes songes, à demi éveillé. Il m'était désormais impossible de faire une nuit complète sans que je n'en sache la raison, mon cerveau s'éteignit approximativement une heure quand il décida qu'il était temps pour lui de se reposer. Jusqu'à ce que je me réveillai une nouvelle fois en sursaut, ma frayeur était toujours accompagnée de sueur et de larmes, parfois même de scarifications. Les heures défilaient au rythme de l'eau coulant sous les ponts, puis pris d'un énième sursaut, je me réveillais, apaisé et naturellement souriant. Mon regard se propagea à la fenêtre, il faisait nuit et il ne pleuvait plus, une première depuis belle lurette. Cette soudaine renaissance me fit presque oublier tous les événements de la journée, y compris ceux de la nuit dernière, ma bonne humeur était telle que j'eus l'envie d'échapper de cette prison dont je m'étais moi-même enfermé. Quelques pièces suffiraient pour m'acquérir un sandwich chez une épicerie ouverte à mes heures. Le ciel était couvert et la neige tant abondante que je devais régulièrement regarder où se posaient mes pieds. J'appréciais l'atmosphère de l'obscurité nocturne, ce noir ambiant qui faisait tant peur aux autres, mais qui m'offrait une sensation de liberté inégalable. Il était à mes yeux impossible de prendre conscience de ce ressenti lorsque nos sorties se limitaient aux heures du soleil, la nuit était un idéal pour moi qui n'appréciait guère partager mon temps en compagnie des êtres de ma propre espèce.

   Après m'être acheté ce que je désirais, j'allais me poser dans un parc où la neige en avait recouvert l'intégralité. Je regardais, pensif comme toujours, la surface blanche et brillante à mes pieds, profitant de ce petit instant de bonheur que je m'étais accordé. Jusqu'au moment où je fus réveillé de ma torpeur par un cri de terreur qui était définitivement féminin. Mon sursaut fit malencontreusement jeter mon sandwich dans le froid, puis je me relevais en regardant autour de moi, tentant de déterminer la localisation du hurlement. La femme hurla de nouveau, je me mis à courir en sa direction, manquant plusieurs fois de tomber à cause du verglas qui avait pris possession du goudron. Je haussais le ton à mon tour, lui signalant ma présence par l'intermédiaire de ma voix en tentant de la rassurer, mais une fois sur place j'étais tétanisé. La femme n'était déjà plus de ce monde, une silhouette lui avait ôté la vie de manière froide et brutale et tandis que j'étais dans l'incapacité de bouger, je reconnus instantanément les yeux violets et luminescents de la créature qui m'avait attaqué dans la cage d'escalier de mon appartement la nuit dernière. Mes membres tremblaient au moment où lui commençait à s'approcher, mon regard s'était posé sur l'une de ses aberrantes griffes qui remplaçaient son avant-bras, le sang de la jeune femme fraîchement occise marquait la neige au rythme de ses pas. Malgré la terreur qui envahissait chacun de mes membres, mon instinct de survie reprit le dessus et me fit courir à toute allure, je tentais désespérément d'oublier les avertissements de mon cerveau concernant la fatigue et l'essoufflement en persévérant dans ma fuite.

   La réaction logique d'une personne serait d'aller se réfugier dans un commissariat proche afin de transmettre mon témoignage. Mais ce ne fut pas le cas puisque je me dirigeais, toujours à toute vitesse, au 299 Chelsea's Street chez Nicolas et Vera Wyatt. Je prenais soin de reprendre mon souffle avant de sonner, je ne souhaitais pas leur faire peur, mais simplement leur expliquer ce que j'avais vu et demander de l'aide. Par chance, la créature était atrocement lente et cela m'avait permis de la semer plutôt facilement. Quoi qu'il en fut, je ne pouvais pas rentrer à mon appartement puis que l'abomination savait où j'habitais. Les premières alertes furent celles des enfants qui après avoir mis la lumière, demandaient probablement à leurs parents qui pouvait sonner avec une telle frénésie au beau milieu de la nuit. Nicolas m'ouvrit la porte, sa femme l'accompagnait, elle accrochait son épaule avec inquiétude. Il avait eu du mal à me reconnaître, mes repas étaient tellement légers ces dernières années que mon corps avait littéralement fondu, ne représentant qu'un simple assemblage d'os, mais ils étaient par-dessus tout étonnés du creux de mes joues qui témoignait un aspect cadavérique. J'expliquais de manière hâtive et peu claire ce qu'il venait de se passer, mais leur réaction fut décevante. Vera Wyatt me jugea fou, Nicolas, lui, était trahi par son expression faciale, je voyais son esprit se tirailler entre le choix de me claquer la porte au nez, ou de me faire confiance. Mais à la fin de sa réflexion, il secoua lentement la tête en me conseillant d'aller voir un médecin, puis il ferma la porte. Mon amertume était totale, après un tel coup de poignard, revoir la créature ne me ferait ni chaud ni froid. Au surplus de la situation, j'étais une nouvelle fois pris d'un haut-le-corps quand j’ouïs une sorte de grognement. Mon regard se tourna machinalement en direction du bruit, puis je poussais à mon tour un cri d'appel à l’aide, similaire à celui de la jeune femme qui était encore en vie il y avait moins d'une heure de cela. Je tambourinais la porte à l'égal d'un hystérique. Par chance, la fatigue de Nicolas le fit oublier de refermer à clé et j'avais compris cela quand j'eus désespérément tenté d'ouvrir celle-ci. Je refermais brusquement la porte derrière moi et cette fois-ci, j'avais pris soin de tourner le loquet afin de gagner du temps contre la créature.

   Nicolas et Vera étaient dans le salon, certainement en train de discuter de mon cas. Ils vociférèrent que je devais immédiatement sortir car je faisais peur aux enfants. Comme la peur m'empêchait de quitter les lieux, Nicolas me menaça d'appeler la police. Je m'approchai alors vers lui, l'encourageant volontiers à faire ce que je n'avais pas osé faire plus tôt. Puis en un instant, je voyais la vie de Nicolas s'évader de la même manière dont la créature avait ôté la mienne et celle de la jeune femme. D'une façon totalement illogique, ce monstre inhumain avait réussi à s'introduire dans la bâtisse alors que toutes les fenêtres étaient closes. Je reculais de quelques pas, la peur me paralysait devant ce spectacle qui se déroulait sous mes yeux. Grâce à la lumière du salon, j'avais une vision claire de l'horreur qui me hantait depuis vingt-quatre heures, sa peau était en putréfaction et son visage, si l'on pouvait l'appeler ainsi, n'avait absolument rien d'humain. Sa bouche était triplement plus grande que celle d'un homme ordinaire et il possédait une mâchoire plus conséquente que celle d'un requin. Sa boite crânienne était ouverte de moitié, laissant visible une partie de sa cervelle noire comme le charbon. Le pourrissement dont était affectée la créature se propageait sur son buste, poussant mon dégoût jusqu'au paroxysme. Ses jambes étaient d'une pilosité abondante, sa morphologie se révélait être le résultat entre une bête croisé avec un cadavre en décomposition. Ce qui me choquait le plus quand je regardais cette horrible erreur de la nature, c'était l'incroyable différence anatomique entre la partie supérieure et inférieure de son corps ; et pendant que je contemplais cette horreur, lui s'empressait d'occire Vera Wyatt par le même procédé et la même soif de sang dont il faisait preuve depuis quelques heures. J'accourus en direction des enfants et je les pris dans mes bras, nous montâmes les escaliers, puis nous filâmes dans leur chambre. Je refermai une nouvelle fois la porte derrière moi tandis qu'ils me fuyaient, pensant que j'allais leur faire du mal, à l'instar du monstre.

   Je les rassurais au mieux, bien que cela n'eut aucun effet. L'un d'entre eux osa me frapper au visage, pensant que j'étais responsable de la venue du monstre et donc de la mort de ses parents. En un sens, il n'avait pas tort, mais jusqu'à maintenant j'avais bien trop peur pour relativiser quoi que ce soit. Nous n'entendions plus aucun bruit en bas et au bout de cinq minutes de silence, je décidai de retourner au salon voir ce qu'il en était. Et cette fois-ci d'appeler en urgence la police ainsi qu'une ambulance. Avant de partir, j'avais conseillé aux enfants de s'enfouir dans les vêtements de leur armoire et quand ils commençaient à se sentir un peu plus en sécurité, je quittai la pièce. Je descendais lentement les escaliers, me maudissant de ne pas avoir prévu une quelconque arme afin de me défendre, quoique le monstre sanguinaire était si hideux que je ne savais si j'aurai eu la force de lui faire face. Une fois dans le salon, je vis le cadavre de Nicolas Wyatt étendu dans une mare de sang au milieu de la pièce et celui de sa femme sur le canapé à moins d'un mètre de lui. Aucunes traces de la créature sanguinaire, je me ruai alors en direction du téléphone et remarquai avec étonnement que la ligne était coupée.

   Au moment où je réalisais que j'avais sous-estimé l'intelligence dont cette abomination pouvait faire preuve, j'entendis l'un des enfants hurler à l'étage. Je laissais le téléphone tomber dans le sang de Nicolas dans mon élan de course effréné jusqu'à la chambre des enfants, après avoir ouvert brusquement la porte, je voyais la créature qui stationnait à deux mètres de celle-ci, il me fixait de ses yeux surnaturels. Mon regard se posait en direction de l'armoire et je poussais un gémissement de dégoût lorsque j'aperçus le sang qui commençait à couler sur la moquette. Il avait occis les enfants sans même ouvrir les portes coulissantes de la penderie, ne laissant que quatre fentes dans le bois ravagé. Je détournais mon regard tandis qu'il s'approchait lentement, personne n'aurait pu avoir la force nécessaire d'inspecter cette bête immonde dans les yeux. Mais il n'était pas question que je me fasse prendre une seconde fois, contrairement à ses autres victimes, j'étais toujours en vie. Cela voulait peut-être dire que j'étais le seul à pouvoir arrêter cette folie. Je courrais de nouveau en direction de la porte d'entrée et je quittais la bâtisse en la laissant cette fois-ci ouverte. La nuit était un avantage puisque j'étais couvert de sang, ainsi je ne pouvais plus faire peur à personne. À nouveau dans mon studio, je lavais frénétiquement mes affaires afin d'ôter le sang qui incrustait mes vêtements. Mon visage était en pleurs alors que je repensais au massacre qui venait de se dérouler sous mes yeux. Je faisais les cent pas, tentant de me calmer en me persuadant que l'origine de tout ceci n'était après tout qu'un simple rêve, puis la fatigue finissait par me rattraper, j'étais dans un état de choc et donc dans l'incapacité de m'endormir, mais ce fut l'un de ses moments où mon cerveau outrepassait ma volonté. J'étais assoupi.

 


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