j'ai regardé un live de Tom waits et j'ai tenté de decrire rapidement ce que j'entendais et ce que je voyais pendant l'interpretation de cette chanson "heartattack and vine"
j'ai bien dit tenté

Lentement la lumiere se fait plus sombre , son champ d'action se restreint , se ressere jusqu'a ne plus former qu'un cercle indistinct. Pointé sur rien les projecteurs s'impatientent.
Une note , puis deux , a l'orgue hammond , signent le debut de la transe. Une nuée de notes s'envolle , éléctrifiant les nerfs , tordant la salle en une meme éxtatique convulsion. La grande gueule de Tom vient assombrir le cercle de lumiere, insurectionelle, cette gueule de collectionneur de coups de lame, taillée dans l'asphalte. Le triangle d'argent sous sa moue spartiate faisant office d'écume d'espoir sur l'océan déchainé de sa peau tannée. Envolée de l'orgue. Rappel a l'ordre de la contrebasse. Tom s'approche du micro que sa main libre, l'autre tenant une cigarette, vient recouvrir. Aussi soudaine qu'impitoyable s'abat la sentence de sa voix. Prenant racine dans le jus de charbon ardent qui tapisse ses entrailles, croissant au creux de sa poitrine, elle remonte inexorablement, arrachant dans sa course quelques lambeaux de chair et s'exhibe au sortir de sa bouche en un rale inarticulé,fier et fou.
Mouvement de recul du micro. La main fumeuse, prise d'une crise d'amok, se contorsione et vient mourir contre la cuisse. Feutre rabattu, bouffant le micro, levres écartelées, il assène chaque mot avec la puissance d'un taureaux doublée de la précision d'un faucon. Son corps entier chante avec lui, hurle, sue, s'evertue en secousses épileptiques. Il crache son ame en un orgasme inextingible, chaque vibration de cordes vocales se repercutant jusque dans les os des auditeurs. Puis elle retombe nonchalament en un sanglot éttouffé, abattue en plein vol. Dernier soubresaut derniere note plaquée a la hate pour ne pas ternir le cachet de cet ultime appel de l'ame.
C'est décidé je n'arreterai jamais de fumer.