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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère

Auteur Sujet: [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère  (Lu 2558 fois)

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[Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« le: 05 Janvier 2013 à 18:16:55 »
 8)

Tout est dans le titre. Je vous donnerai mes propres impressions après quelques commentaires.

Merci.

______________

Aliénation passagère



*        *
*

   Mikhail hurlait à la mort. Une de ces plaintes stridentes qui déchiraient la nuit, dès que l'obscurité s'emparait des couloirs de l'Institut. Les notes suraiguës de sa voix transperçaient les murs et venaient frapper les tympans de mes oreilles. Je peinai à réaliser qu'il se trouvait à l'opposé du bâtiment, enfermé dans la chambre Andromeda. La force de sa voix me frappait comme si seulement quelques mètres me séparaient de lui. Je me baissai et regardai par le trou de la serrure. Elle me donnait une vision réduite du couloir qui se trouvait derrière la porte de ce placard. Mais suffisante pour que je devinai que les aide-soignants étaient loin, guidés par la douceur des cordes vocales de mon camarade. J'esquissai un sourire amusé ; j'abaissai délicatement la poignée en fer de la porte et l'ouvrit avec la même précaution.
   Ce couloir me fit peur. Il semblait interminable ; peut-être l'était-il ? A droite, je savais qu'il menait vers les pièces communes, le laboratoire d'analyses et la fameuse chambre Andromeda, si férocement évitée par mes congénères. Chacun savait que seul le repenti pouvait permettre de la quitter. Je n'avais encore jamais goutté à l'odeur aseptisée qui imprégnait ses murs capitonnés ; je rêvais de ne plus voir cette hantise guetter mes moindres gestes. Dans quelques minutes, ce serait le cas. La peur au ventre, je tournai vers la gauche et me mis à courir. J'entendais la plante de mes pieds nus frapper le sol de ce bruit sourd caractéristique ; le carrelage était si froid. Cette sensation accentuait encore les crampes qui saisissaient mon estomac. Le sang battait mes tempes, alors que la porte de secours se rapprochait. Je m'arrêtai juste devant, fixant la poignée. Derrière, la liberté. Mes rêves éveillés. La fin de cette souffrance. Une course contre la montre aussi. Contre les autres. Je pris une grande inspiration et poussai la porte. Une alarme se déclencha dès que la porte fût poussée d'un millimètre. Je la balançai violemment ; elle frappa la rambarde en métal du balcon. Sans y prêter attention, je me ruai dans les escaliers en colimaçon du même alliage. La surface gondolée pénétra la plante de mes pieds, l'endolorissant encore. Mais je n'y prêtais pas attention. Je descendis les marches une à une, toute mon attention concentrée sur mes gestes. Un pied. Puis l'autre. Et la respiration. Inspirer. Souffler. Inspirer. Souffler. Et, enfin. La terre ferme. La pelouse humide. Et cet air frais ; vivifiant. Je me remis à courir, la rosée nocturne adoucit le martyr de mes pieds. Je martelais la pelouse de mes petits pieds, le regard braqué vers l'étang. Il formait une sorte d'oval allongé qui trônait au centre du parc, voluptueusement logé dans le creux d'une pente. Tout autour, une barrière de pinèdes formait les limites naturelles de la propriété de l'Institut. Je devinai, bien au delà, les montagnes d' Altaï, caressant la cîme des cieux. Je m'arrêtais au bord de l'étang.
   Les lumières de la façade extérieure du bâtiment s'allumèrent, baignant le parc d'une lumière presque solaire, annihilant toute trace d'obscurité. Je plissai les yeux, regardant tout autour de moi. Déjà, des portes s'ouvraient tout autour. Des éclats de voix : « Là ! Dans le parc ! » L'agitation, partout. Et cette douleur grandissante dans ma poitrine. J'ôtais la fine chemise de nuit qui couvrait mon corps nu ; la brise glaciale du vent sibérien gifla mon nombril ; un frisson vrilla ma colonne vertébrale. J'avançai de deux nouveaux pas, pénétrant dans l'eau frigorifique de l'étang. Des bruits de pas précipités. Je devais me dépêcher. J'entrai dans l'eau le plus vite possible, courant presque contre la force de l'eau. Contre ma peur.
Contre ma défaite. Une main étreignit mon poignet, me tirant en arrière. Une autre enserra mon adbomen et une voix cria :
_ NON !!
Je réalisai après coup que c'était la mienne. Une plainte déchirante, si puissante que je ne pouvais croire qu'elle venait de ma gorge. Pourtant, nul doute ; la gorge était déchirée par la violence subite de ce cri. Le cri de mon désespoir. J'étais passée si près du but. Pour passer du rêve au cauchemar d'Andromeda.
   

*        *
*

   Ses globes oculaires étaient en feu. De ces feux lents, douloureux. Langoureux. Bercés par une fatigue tenace, férocement cramponnée à sa victime : Igor Skeranov. Il poussa un profond soupir, les mains resserrées autour du gobelet en plastique rempli de café. Son seul remède pour contenir cette folle envie de s'allonger par terre, par delà la durceur du carrelage et la froideur du courant d'air se glissant sous la porte. Il avala une longue gorgée ; le liquide salvateur lui brûla la gorge. Il aima cette douleur.
_ J'aime les barjots, murmura-t-il.
   Et il le fallait pour rester enfermé dans cette petite pièce, sans fenêtre. Obscure à souhait, tout juste éclairée par la lampe de bureau à la lueur pâle posée sur la table métallique, contre le mur. Un ordinateur portable était posé dessus, en veille, et dispensait son aura fantomatique autour de lui. Une grande vitre formait le mur du fond, devant lequel se trouvait Igor. Elle donnait une vue panoramique sur la pièce voisine, la fameuse chambre Andromeda. L'antre des dingues. Une salle tout juste plus grande que celle dans laquelle il buvait son café. Elle était capitonnée, ses murs recouverts d'épais coussins blancs qui avaient une double fonction : empêcher les bruits en provenance de l'extérieur de perturber le patient enfermé dans la pièce et éviter qu'il se jetât contre les murs pour se blesser. Il n'y avait pas de meuble. Juste cette porte, se détachant dans le capitonnement. Et les petites lampes circulaires, encastrées dans le plafonds.
   La victime d'Andromeda se nommait Elena Sverova. Igor en était tout étonné. Parmi tous les frappadingues de l'Institut, elle était de loin celle qui lui avait semblé la plus normale. Elle n'était arrivée que depuis trois semaines mais il avait eu plusieurs conversations avec elle. Des échanges censés, banals. Comme il pouvait en avoir avec n'importe qui. Au premier abord, Elena semblait tout à fait normale. A un détail près : elle refusait tout net d'aborder son passé, les raisons qui avaient amené son internement ici. Elle ne cessait de répéter que tout serait bientôt fini. C'est cette raison qui avait guider son arrivée à l'Institut.
   Présentement, elle s'éloignait de l'avis que s'était forgé Igor. Elle était assise sur le sol, adossée contre la vitre. Elle avait entouré ses bras autour de ses jambes, ses genoux ramenées contre son torse. Et elle cognait à intervalles réguliers sa tête contre la vitre. Le regard braqué sur le sol, elle murmurait des paroles qu'il était bien difficiles de comprendre, malgré les micros ancrés un peu partout dans la pièce.
_ Non, ils me tiennent. Ils ne me laisseront pas partir. […] J'ai essayé ! Je leur ai parlé, longtemps, pour qu'ils me prennent en sympathie. Mais ils ne me comprennent pas. Ils ne te comprennent pas. Ils ne me croient pas […] Pour eux, je ne peux être qu'une folle invétérée. […] Oui, tu as raison. Les aide-soignants ne sont que des pions. Ils obéissent. Le seul véritable responsable c'est Feorov.
   Elle frappa plus violemment la tête contre la vitre. Igor se décala de quelques pas, de manière à observer son visage. Elle avait dû être jolie, avant que son état mental ne se dégrade. Elle avait un visage mince, fin, à la peau pâle. Très pâle. Ses lèvres avaient perdu leur teinte rosée et la fatigue émaciait encore un peu plus son visage, lui attribuant une beauté mortuaire. Ses yeux bleus étaient cerclés de cernes profonds et rougis par la même fatigue qui rongeait Igor. Et ses cheveux étaient rasés. Très courts. Ils avaient repoussés durant les trois semaines de son internement mais ils accentuaient l'aspect maladif de la patiente. Une fureur incroyable striait son visage à l'évocation du Docteur Feorov.
   Igor sursauta. Plongée dans l'observation d'Elena, il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir. Une voix s'adressait à lui ; il manqua de peu de renverser la totalité de son café sur sa blouse blanche. Il se retourna vers le nouvel arrivant. Un grand homme aux cheveux grisonnants coupés courts. Il portait une barbe de trois jours argentés, assortie à ses lunettes ovales.
_ Dr Feorov, je ne vous avais pas entendu !
_ C'est ce que j'ai cru comprendre, sourit-il.
   Le psychiatre referma la porte derrière lui et rejoignit Igor. Elena avait bougé. Elle s'était relevé et regardait la vitre de très près, analysant le moindre de ses détails. Elle toucha le verre de l'extrémité de  ses doigts comme si c'était la première fois qu'elle voyait une telle matière. Elle posa ses mains sur la vitre, écartant au maximum les doigts, tirant sur les jointures et plaqua son oreille contre le froideur du verre.
_ Elle peut nous entendre ?
_ Non, impossible.
Elena ôta son oreille de la vitre et la fixa d'un regard froid, implacable. Inflexible. Elle recula de plusieurs pas, jusqu'à se retrouver aculée contre le mur opposé. Elle se mit alors à courir et se lança avec force contre la vitre, qui trembla à l'épreuve du choc. Le corps d'Elena rebondit et s'écroula sur le sol. Le Dr Feorov et Igor reculèrent d'un pas, surpris par l'attitude.
_ Vous en êtes bien sûr ?
Igor ne quitta pas la vitre du regard. Elena recommença. Une fois. Deux fois. Trois fois. Jusqu'à épuisement. Jusqu'à ce que son épaule lui fasse trop mal pour continuer. Alors, elle se mit à taper violemment les poings contre la vitre.
_ FEOROV ! SORTEZ DE LA !! FE-O-ROV !!
La furie d'Elena semblait n'avoir aucune limite. Ni de temps ni de force. Elle se nourrissait de son désespoir. Et il perdurait, perdurait...
_ Allez chercher Ivanova. Et administrez-lui d'autres calmants !
Igor regarda le psychiatre avec une lueur venimeuse dans le regard. Et pourquoi, lui, ô Dieu Feorov, n'entrait pas lui-même dans la cage aux fauves pour calmer la bête. Après tout, c'était après lui qu'elle en avait. C'était à lui de calmer les choses.
_ Docteur... Je ne pense pas que...
_ Je ne vous demande pas de penser. Agissez. Et vite.
A contre-coeur, Igor quitta la petite pièce, abandonnant son gobelet encore plein sur la table métallique. Il referma la porte derrière lui et s'arrêta. Il aurait juré entendre cette phrase : « Tout ira bien, mon enfant ».

*        *
*

   Je le hais. Je hais tout en lui. Son sourire miévreux, sa barbe parfaitement taillée, ses yeux verts ternes, vides. Froids. Et sa suffisance. Cette suffisance arctique. Il venait de refermer la porte capitonnée et se retourna vers moi, la main toujours posée sur la poignée. Il ne referma pas à clé. Il avait trop confiance en lui. Ou non. Il avait trop confiance dans la camisole de force qui m'enserrait le corps. J'avais beau essayé de bouger les bras, les mains, les doigts, rien y faisait. Le tissu me momifiait fermement. La mâchoire crispée, je devais m'avouer vaincue. Les calmants y étaient également pour quelque chose. J'avais l'impression de flotter dans l'air, voluptueusement installée dans un nuage de guimauve. Les premiers mots du Docteur Feorov ne me parvinrent pas. Il me fallut un effort conséquent pour décrypter les suivants.
_ … te sens-tu ?
Etait-il nécessaire que je réponde à pareille absurdité ? Et cette voix ! Cemiel dégoulinant.
_ J'ai eu peur pour toi, tout à l'heure. Tu aurais pu te faire très mal.
_ C'est ça. Murmurai-je.
Il quitta la porte et vint s'accroupir devant moi, tentant de darder mon regard. Mais je préférai ne pas le regarder directement, pour éviter l'envie que l'irrepressible de lui cracher au visage de ne me submerge.
_ Pourquoi as-tu fait ça ?
_ Réfléchissez un peu, je suis sûr que vous allez trouver.
_ Tu ne m'aimes vraiment pas ?
_ C'est un doux euphémisme.
_ Pourquoi ? Tu saurais me l'expliquer ?
_ Vous êtes vraiment d'une psychologie de comptoir pour un soi-disant psychiatre. A votre avis, pourquoi puis-je vous détester ?
_ Je suis là pour t'aider, Elena. Mes méthodes ne te plaisent peut-être pas, mais elles te permettront de reprendre une vie normale.
_ Vos méthodes ne servent qu'à endoctriner vos patients pour jouer avec. Vous êtes un torsionnaire qui se nourrit des maux des autres ! Vous êtes un monstre de sang.
_ Tu as encore essayé de te donner la mort, ce soir. Je veux simplement te convaincre que ce n'est pas la bonne solution. Tu en étais convaincue quand tu es arrivée ici.
_ Je vous ai dit ce que vous vouliez entendre, rien de plus.
_ C'était une erreur.
Qu'est-ce-qui l'était ? L'acte en lui-même ou sa révélation ? Le Docteur Feorov se releva. Il planta ses mains dans ses poches de pantalon et tourna les talons. Il fit quelques pas, laissant résonner l'écho de ses chaussures haut de gamme dans l'exiguïté de la pièce. Il réfléchissait.
_ Pourquoi veux-tu tant te donner la mort ?
_ Et pourquoi pas ?
Je me rappelai la première fois où je l'avais rencontré. J'avais cru une vision, tant son visage contrastait avec la nausée qu'il me procurait. J'étais allongée au milieu de mon salon, le couteau toujours posé à l'intérieur de ma main. Mes deux poignets étaient couverts du sang qui avait jailli de mes veines ouvertes, teignant le tapis jaunâtre d'une magnifique couleur cramoisie. Il me plaisait soudain beaucoup plus. Feorov était penché au dessus de moi, me murmurant que tout irait bien au travers d'étranges larmes que je voyais rouler sur ses joues. Je lui vociférai de me laisser tranquille. De me laisser partir loin de cette souffrance. Loin de ce labeur interminable. Mais il ne m'écoutait pas.
Il soupira.
_ Svetlana viendra te voir demain, je l'ai prévenue de tes exploits de ce soir.
_ Qui ?
_ Svetlana, ton amie d'enfance.
_ Je n'ai pas d'amis. Je n'en ai jamais eu.
_ Bien sûr que si. Vous étiez inséparables.

*        *
*

   Elle lui fit peur. Pourtant, Svetlana s'y était préparée. Trois semaines entières qu'elle s'y préparait. Mais des décennies n'y aurait suffi. Elle se rappelait son amie, la pétillante Elena. Un sourire souvent accroché à ses lèvres, pourvu qu'on eût posé un regard sur elle. Car, dès celui-ci détourné, le masque disparaissait. La tristesse voilait ses yeux. Elena n'était pas de ces personnes qui regorgent de joie de vivre. Elle avait été tant traumatisée par ses relations avec les autres ; martyrisée par les enfants, à l'école, risée de tous. Ruée de coups. Ruée d'insultes. Elle n'avait trouvé un réconfort qu'en rencontrant Svetlana. Elle avait supporté dix-huit longues années de souffrance physique et morale. Peut-être était-ce l'année de trop ?
   Svetlana remercia l'aide-soignant, qui referma la porte derrière elle. Pas assez. Elle se rouvrit légèrement, laissant un rai de lumière entrer. Svetlana avança d'un pas et posa son regard sur Elena. Elle était assise sur sa couche, adossée au mur froid, la tête entre les genoux. Elle ne releva même pas les yeux pour regarder qui était entré. Svetlana la rejoignit et s'assit sur le rebord du lit métallique. Cette pièce était horrible. Terne à souhait. Une prison au sens propre comme au figuré. Svetlana remarqua les poignets d'Elena ; elle portait encore les marques de sa tentative de suicide. Des fines cicatrices rougies qui striaient sa peau.
_ Elena...
Elle ne réagit pas. Elle fixait le drap, comme s'il était d'un quelconque intérêt.
_ Sergeï m'a expliqué ce qu'il s'est passé hier.
Rien.
_ Je lui ai demandé de ne plus t'enfermer dans cette chambre. Il va te trouver une autre salle pour dormir. Mais il ne faut pas que tu essaies de fuir.
Svetlana avait espéré une réaction, n'importe laquelle. Des pleurs, de la colère. Qu'elle accepte. Mais elle ne bougeait. Peut-être n'écoutait-elle pas ?
_ Non, je préfère rester ici.
_ Ici ? Mais cette pièce est froide, mal éclairée. Pas étonnant que tu te sentes mal !
_ Ce n'est pas parce tu t'y sens mal, que c'est le cas de tout le monde.
_ Elena...
Mais la discussion était close. Elena n'avait pas relevé les yeux mais son ton en disait long. Elle ne reviendrait pas sur le sujet. Svetlana soupira et porta son regard sur le mur. Elle y vit des inscriptions étranges, des dessins de lieux. Des collines, des arbres. Elena avait certainement utilisé une craie mais le dessin était d'un prodigieux réalisme. Le relief du mur le rendait presque vivant.
_ C'est toi qui l'as fait ?
Néant.
_ Qu'est-ce-que c'est ? La Toundra non ?
_ Arrête !
Svetlana se retourna vers son amie. Elle avait enfin relevé la tête et plantait sur elle un regard féroce, cerclé de cernes.
_ Je ne m'appelle pas Elena. Et tu n'es rien pour moi.
_ Bien sûr que si ! Je suis ton amie.
_ NON ! Tu n'es rien d'autre qu'une menteuse !
Elena se leva. Elle descendit du lit. Elle était plus petite d'une tête. Elle leva les yeux vers Svetlana, qui recula jusqu'au mur. Elena avança jusqu'à elle ; un lent sourire sadique se dessina sur ses lèvres.
_ Ce jeu te plaît ?
_ Elena, tu me fais peur.
_ Bouh !
Svetlana sursauta. Une seconde passa, baignée dans un silence total. La tension le maintint cinq nouvelles secondes puis Elena posa ses mains sur les épaules de son amie, et les étreignit avec force. Elle la poussa violemment. L'arrière du crâne de Svetlana frappa contre le mur de pierre ; elle tomba au sol, inerte. Une tâche de rouge marqua la pierre froide, auréolant le pied de la montagne d'une rivière de sang. Le regard d'Elena se porta sur la porte entrouverte. Une légère brise de vent s'insuffla dans la pièce.

*        *
*

   Le couloir était vide. Désert. J'avais pourtant l'impression d'être épiée. Que tous les regards de l'Institut étaient braqués sur moi. Toutes les oreilles examinaient mon moindre souffle. Guettant mes réactions. Ma peur poussait la porte de sortie, se jetait dans les escaliers de métal, toute son attention braquée sur la fontaine, dans le parc. Mais je restai clouée ici, mes pieds froids fermement plantés dans le carrelage. Une larme roulant sur ma joue. Mon monde merveilleux s'évanouissait, mes rêves d'évasion également. J'étais en cage. Et toute fuite était inutile. Ils me rattraperaient.

*        *
*

   Je frappai à la porte. Un « Entrez » évasif me répondit. Je m'exécutai et poussai la porte en bois de chêne. Entrai. Et la refermai derrière moi. La lumière m'aveugla. Je risquai un regard vers le bureau massif derrière lequel était assis le Docteur Feorov. Penché sur une feuille, il laissait glisser une plume dorée avec frénésie, y déposant des mots indescriptibles. Il releva les yeux. Un sourire exquis traversa mon visage tiré par la fatigue au regard de sa stupeur. Il ne s'attendait pas à me voir. Il inspecta l'écran de surveillance, posé sur le bord de son bureau ; certainement pour s'assurer que le reste de l'Institut ne subissait pas le même genre de surprises incongrues. Il redressa ses lunettes, perchées sur le bout de son nez et se leva plus rapidement qu'il ne l'eût souhaité de son grand fauteuil. Il me regarda un court instant, avant de regarder autour de lui. Comme s'il s'agissait d'une mauvaise blague. Ou d'une illusion de ses sens abusés.
_ Elena ? Que fais-tu ici ?
_ Je suis venue vous remercier.
_ Quoi ?
_ Oui, j'en suis la première surprise. Mais, voyez-vous, je sais reconnaître quand j'ai eu tort. Et là, c'est bel et bien le cas. J'aurais dû vous écouter depuis le début.
_ A quel sujet ?
Il ne maîtrisait rien. Je tirai les ficelles, jouant avec ses émotions comme un marionnettiste avec les membres de son pantin. Et j'adorai ça.
_ Il ne servait à rien d'essayer de fuir. Je voulais quitter cet endroit parce que je pensais que tout ce dont j'avais besoin se trouvait à l'extérieur. Alors que mon salut se trouvait ici.
Feorov fronça les sourcils. Il contourna le bureau et jeta discrètement un regard au dehors ; le parc était plongé dans un silence total, tout juste perturbé par un miaulement lointain et la peur crispée du psychiatre.
_ Comment es-tu sortie de ta chambre ?
_ Svetlana m'y a aidé.
_ Que lui as-tu fait ?
Je partis d'un rire incontrôlé. Le contrôle. Il était si futile, inutile. J'aimais cette sensation nouvelle qui véhiculait en moi. Sorte de liberté retrouvée, de douce froideur qui imprégnait chaque cellule de mon corps. Je la sentais dégouliner de ma nuque, rouler le long de ma colonne vertébrale et glacer l'extrémité de mes doigts.
_ Elena !
Ses yeux étaient écarquillés. Il se précipita vers moi, manquant renverser une des deux chaises disposées au devant de son bureau. Je fis un pas en arrière, puis un autre qui m'amena contre la porte que j'avais refermée. Un liquide coulait de mon nez. Je l'essuyais et remarquai le sang sur mes doigts. Un sourire explosa sur mes lèvres ; le sourire de la victoire. J'avais réussi.
Mes jambes fléchirent. Elles ne suffisaient plus à supporter le poids de mon corps. Je m'affaissai, glissant le long de la porte et tombai lourdement sur le sol. Mon regard se posa sur ce tapis vieux, poussiéreux et mourus dessus. Les chaussures haut de gamme de Feorov se précipitèrent ; il releva mon menton lourd, me regardant droit dans les yeux. Je ne voyais plus qu'un tableau flou, ses contours effacés par une pluie battante. La pluie de ma mort prochaine. De mon renouveau.

*        *
*

   Elena Sverova était sublime. Etait. Aujourd'hui, elle n'était qu'un cadavre de plus. Allongée sur la table mortuaire, au métal froid et immuable, elle était recouverte d'un simple drap blanc qui couvrait les parties de son corps les plus pudiques. Ses paupières closes regardaient le néon fantomatique de la salle d'autopsie, pendant que le Dr Esimov, légiste de son état, examinait un à un chacun de ses organes. La lumière gorgeait chaque striure de sa peau, mettant en exergue les sillons noirs qui partaient de sa gorge vers son coeur. Résidus du mélange médicamenteux mortel qu'elle avait avalé et qui lui avait valu ce trépas. Il cocha une dernière case sur son formulaire, et tourna le dos à sa patiente, pour rejoindre son bureau, dans la pièce adjacente. Il s'y enferma, posa le dossier sur son bureau et s'éloigna vers la cafetière, la seule compagnie qui pût le comprendre.
   Le drap frémit. Il forma un pic au niveau du nombril d'Elena qui se déplaça jusqu'à son torse. Avant de s'immobiliser. Le responsable sortit, rampant sur la peau morte de la jeune femme. Un coléoptère. Ou ce qui s'en rapprochait le plus. Sorte de croisement saugrenu entre une araignée filiforme et un scorpion squelettique, d'un bleu électrique indescriptible. Une antenne épaisse partait de ce qui ressemblait à un dard et se recourbait par dessus son corps fébrile. Il grimpa sur le visage inerte d'Elena et se posa sur son nez. Immobile. Une voix nasillarde jaillit de ce petit corps.
_ C'était moins une ma cocotte ! Deux heures de plus et tu restais coincée à jamais dans ce corps hideux. Tu aimes vraiment prendre des risques. A croire que tu veux vraiment me voir clamser !
L'antenne de l'arachnide s'allongea et se posa sur le front d'Elena. Un reflet bleu apparut et l'antenne pénétra la peau, sans qu'aucune goutte de sang n'apparut. Elle rouvrit les yeux ; ses rétines palirent jusqu'à obtenir la même couleur blanche que ses globes oculaires. L'arachnide recula, joignant toute la force de son maigre corps à son effort, pour tirer une autre antenne bleue, logée dans l'intérieur de la tête d'Elena. Il extirpa un autre squelette bleu, en tous points semblables à lui. Bientôt, deux étranges arachnides bleues se tinrent, reliées par leurs antennes, sur le visage de la défunte. Le trou dans son crâne demeura ouvert, mais aucune goutte de sang n'en sortit.
_ Tu ne sais pas ce que tu manques ! Répondit la deuxième arachnide.
_ Oh que si ! Et crois-moi, je n'ai aucunement envie d'y goutter.
_ Flippette !
Les deux bestioles sautèrent du corps mort sur le sol dallé, laissant éclater le cliquetis caractéristique des pattes sur le sol carrelé. Celle qui venait de s'extirper du crâne d'Elena Sverova était plus grande, plus forte. Nourrie d'une autre essence. Celle de la vie. Elle se dressait fièrement, hautaine. Les deux arachnides marchèrent jusqu'à la porte qui séparait la salle d'autopsie du bureau du légiste.
_ Quoi, lui ? S'insurgea la plus petite des deux. Il est déjà à moitié enterré, tu ne tiendras pas deux jours en lui !
_ Tu vois quelqu'un d'autre ?
_ Non.
_ J'ai pas envie de chercher pendant des lustres.
La plus grande des arachnides glissa son antenne entre la porte et son contour, jusqu'à parvenir à l'écarter suffisamment pour pouvoir passer. Elle se glissa à l'intérieur du bureau.
_ Et c'est reparti, ronchonna la deuxième arachnide.
La porte se referma sur la deuxième arachnide. Et sur la déchéance prédite du médecin légiste. Il avala sa dernière gorgée de café.
« Modifié: 05 Janvier 2013 à 23:20:32 par Aphone »
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #1 le: 07 Janvier 2013 à 17:59:46 »
Yo !

Alors, ton texte est un peu long et je sais plus exactement quels bouts de phrase je voulais relever (j'aurais dû les noter, tant pis). Donc je vais survoler une deuxième fois, mais je suis pas sûr de tout retrouver.

Ah, oui, une première chose à propos de tes tirets : tu devrais employer de vrais tirets ( "-", c'est à dire 6 sur ton clavier) plutôt que des underscores ( "_", c'est à dire 8 sur le clavier). Ca n'est pas plus gênant que ça, mais c'est quand même assez perturbant au départ, et puis je trouve les tirets plus lisibles et agréables.

Ensuite, dans les remarques personnelles :

Citer
Je n'avais encore jamais goutté à l'odeur aseptisée qui imprégnait ses murs capitonnés ; je rêvais de ne plus voir cette hantise guetter mes moindres gestes.
Ce bout de phrase - la deuxième partie surtout - me laisse une impression un peu bizarre. J'ai dû la relire pour saisir ce que tu voulais dire, je trouve pas ça très fluide. Je crois que c'est le coup des négations qui alourdit le sens : elle n'y a jamais goutté, mais elle ne veut plus cette hantise ? Parce qu'elle l'imagine, c'est ça, et qu'elle a peur de la connaître ? Mais je trouve que même si l'idée passe ou finit par passer, elle a du mal à faire son chemin. Il faudrait essayer de formuler autrement, peut-être, ou préciser que même si elle n'y a jamais goutté elle imagine très bien. Ou bien qu'elle a peur de la connaître un jour. Enfin, comme ça en tout cas, c'est un peu lourdingue.

Globalement, j'ai retrouvé l'impression régulièrement dans le texte, si je vois d'autres exemples je te les mettrai ; mais en gros, tu as parfois quelques tournures qui ne facilitent pas la visualisation ou la compréhension des images que tu évoques.

Citer
Une plainte déchirante, si puissante que je ne pouvais croire qu'elle venait de ma gorge. Pourtant, nul doute ; la gorge était déchirée par la violence subite de ce cri.
Je trouve ce petit bout de phrase un peu lourd aussi, sans doute à cause de la répétition.

Citer
Il aima cette douleur.
- J'aime les barjots, murmura-t-il.
Là aussi, je suis moyennement fan de la répétition, si tu peux trouver autre chose.

Citer
Etait-il nécessaire que je réponde à pareille absurdité ? Et cette voix ! Cemiel dégoulinant.
Ce miel. Sinon, j'aurais pas mis un point après dégoulinant, plutôt un point d'exclamation. Dans ce genre de cas, on s'attend à une gradation, une hausse du ton de la voix, donc une ponctuation au moins équivalente, sinon plus "expressive". Ici, je trouve que le point fait retomber l'effet et ne va pas.

Citer
- C'est ça. Murmurai-je.
Virgule à la place du premier point, plutôt. Et pas de majuscule à murmurai, même quand on met une ponctuation (on écrirait : "C'est ça ! murmurai-je." Mais Word et OpenOffice en mettent une automatiquement, donc c'est un peu chiant.)

Citer
- Réfléchissez un peu, je suis sûr que vous allez trouver.
Sûre.

Citer
Vous êtes un torsionnaire qui se nourrit des maux des autres !
Tortionnaire.

Citer
Une seconde passa, baignée dans un silence total. La tension le maintint cinq nouvelles secondes puis Elena posa ses mains sur les épaules de son amie
La partie en gras est-elle vraiment utile ? Je trouve la formulation maladroite et redondante avec la phrase juste avant. Je pense qu'il y a moyen que tu fusionnes les deux idées pour donner quelque chose de plus fluide.

Citer
- Svetlana m'y a aidé.
Aidée (elle a aidé qui ? m', aka moi, aka Elena, personnage féminin).

Citer
La porte se referma sur la deuxième arachnide. Et sur la déchéance prédite du médecin légiste
Tu utilises beaucoup ce système - mettre un point entre deux bouts de phrases qui pourraient en être une seule. Je sais que ça a vocation à mettre en valeur la deuxième partie, souvent nominale comme ici, mais tu t'en sers beaucoup durant le texte et du coup, ici en particulier, l'effet retombe. Résultat, ça se contente de hacher un peu la lecture. C'est loin d'être dramatique ou rébarbatif, mais ça coupe un peu dans l'élan de la lecture.
Du coup, je pense qu'en l'occurrence, une virgule ferait mieux l'affaire - et je pense qu'il faut que tu essayes de réserver cette technique pour les moments où tu as vraiment besoin de mettre quelque chose en valeur - un détail très important, un effet humoristique, que sais-je. En tout cas, modération est maître-mot d'un effet réussi.



Globalement : J'ai bien aimé ! Je m'attendais pas à la chute, à part peut-être dans les dernières lignes avant qu'elle arrive, donc bien joué ! Je l'ai bien aimée, même si je trouve le ton de la toute fin en décalage avec tout le reste du texte, donc ça fait un effet un poil bizarre, quand même. Peut-être si l'ambiance des parties à la première personne était un peu moins lourde, ou bien la fin un peu moins légère... Je sais pas. Il y a quelque chose à creuser là-dedans en tout cas, parce qu'en l'état, ça fait bizarre.

Au-delà de ça c'est bien maîtrisé, on s'y sent dans cette ambiance lourde et gluante comme du pudding et on se pose des questions sur cet asile et sur Elena. Ca semble long mais ça se lit vite au final. Bref, j'ai bien apprécié !

Merci pour la lecture !
Perdu

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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #2 le: 07 Janvier 2013 à 23:22:39 »
Exactement le genre de critique que j'aime recevoir et que je recherchais en m'inscrivant au MDE.

Au sujet des tirets, je me posais moi-même la question et, après ta remarque, je rectifierais pour mes prochains textes parce que c'est vrai que même au niveau visuel ça ne rend pas génial.

Globalement, le style est assez lourd si je lis entre les lignes de ton commentaires. Et je te rejoindrais sur ce plan. Pour remettre les choses dans leur contexte, j'ai été pris de court pour l'écriture de ce swap. Je ne trouvais pas de sujet, pas de sujet poignant en tous cas et la rédaction s'en est trouvée bâclée. Pour tout te dire, la chute est arrivée en pleine improvisation, certainement ce qui amène le manque de cohérence entre le début et la fin du texte.

Ce que je vais retenir de ta critique, c'est surtout de prêter attention à mon style, à ces tournures de phrases nominales un peu trop répétées. Cela risque d'être compliqué mais je vais le travailler.

Merci Rain, tes remarques vont m'être bien utiles. Merci pour ta lecture, en espérant que j'aurais d'autres commentaires parmi les soixante-dix autres lectures  :huhu:
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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #3 le: 07 Janvier 2013 à 23:42:34 »
Te fies pas trop au nombre de lecture, ce sont souvent des bots ou des invités. Il arrive aussi que ce soit des membres qui  voient la taille du texte, décident de repasser plus tard et oublient ensuite  :-¬? Mais je pense pas que ce soit la majorité. (Déjà, rien qu'en actualisant la page, tu rajoutes une vue.)

Concernant la lourdeur : attention, je n'ai pas dit que tout le texte, et tout ton style, était lourd, hein XD. Il y a un peu partout dans ton texte quelques tournures lourdes parce que légèrement maladroites (qui le sont probablement parce que tu n'as pas eu beaucoup de temps pour te relire), et les phrases nominales un peu trop nombreuses. J'ai rien contre les phrases nominales, elles savent être utiles, mais essaye d'en supprimer quelques unes.

Après, c'est différent de la lourdeur de l'ambiance, hein. J'aurais plutôt dû parler d'ambiance pesante, ça prête moins à confusion. En soi, une écriture pesante n'a rien de mal, elle contribue même à créer une atmosphère grave, angoissante ou autres caractéristiques du même genre - comme c'est le cas ici.

En fait, je pense que le mieux serait que tu relises ton texte, que tu essayes de corriger les tournures un peu maladroite et ça t'aidera déjà pas mal. Travailler sur cette histoire de cohérence à la fin devrait t'être utile aussi - enfin bref, je ne t'apprends rien XD.

Voilà, bon courage en tout cas !
Perdu

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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #4 le: 08 Janvier 2013 à 08:50:35 »
Pour les tirets, quand je suis sous Windows, je fais ALT-0151 pour faire le vrai tiret cadratin (comme ça '—').
De rien.
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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #5 le: 08 Janvier 2013 à 10:49:16 »
ah, voilà, j'ai enfin un petit moment pour poster une réponse!
En ce qui concerne le nombre de vues, j'ai bien dû passer 5 fois sur le sujet avant d'avoir le temps (et l'energie) de répondre.

Bref, j'étais ta swappée, alors je ne vais pas me lancer dans une critique détaillée de ton texte, car je ne l'ai pas lu dans cette optique, mais plutôt juste pour passer du bon temps (si on peut parler de bon temps sur un tel sujet!)
Eh bien, je dois dire que j'ai commencé par sourire, car le texte que j'ai écrit pour le swap se passe aussi en Russie. Puis j'ai dévoré ton texte, tout en me creusant la cervelle pour savoir ce qui se passait vraiment. Et j'ai fini en riant en visualisant les deux petites bestioles comme des petites bêtes style dessin animé, complètement farfelues et qui ne pensent qu'à faire des blagues et des paris!

Merci beaucoup pour ce moment bien sympa!
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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #6 le: 11 Avril 2013 à 09:36:28 »
Citer
pour que je devinai

Même si je comprends l'indicatif, c'est très moche.

Citer
que seul le repenti

repentir?

Citer
Je n'avais encore jamais goutté

goûté?

Citer
Derrière, la liberté. Mes rêves éveillés.

Je trouve ce passage très poétique.

Citer
Une alarme se déclencha dès que la porte fût poussée

Répétition de pousser. Eut bougé? D'ailleurs c'est un indicatif il me semble (dès que => action faite, pas potentielle)

Citer
une sorte d'oval

Ovale

Citer
Des échanges censés

Sensés :huhu:

Citer
C'est cette raison qui avait guider

Guidé.
Bizarre comme choix de mot d'ailleurs.

Citer
Elle avait entouré ses bras autour de ses jambes

Lourd, répétition et redondance  :-¬?

Citer
Elle s'était relevé

Relevée

Citer
Cemiel

Manque un  espace :m:

Citer
torsionnaire

Tortionnaire

Citer
_ Svetlana m'y a aidé.

Aidée

Citer
envie d'y goutter.

Pareil que plus haut

Bon, j'ai bien aimé. Pas spécialement vu passer la longueur et ton style m'a bien accroché. Je suis globalement d'accord avec ce qu'a dit Rain qui l'a bien dit :D

"We think you're dumb and we hate you too"
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : [Swap de Noël 2012]Aliénation passagère
« Réponse #7 le: 12 Avril 2013 à 09:31:23 »
Hé ! Mais ce texte avait presque pas été commenté !  :o

Citer
venaient frapper les tympans de mes oreilles.
Bon alors je chipote et je suis fatiguée, mais je trouver que "les tympans de mes oreilles" ça fait un peu pléonasme. On se doute que c'est ses tympans à lui, du coup je trouve que tympans + oreilles, ça fait un peu lourd quand même =/

Citer
Je me baissai et regardai par le trou de la serrure. Elle me donnait une vision réduite du couloir
techniquement, c'est le trou qui donne la vision du couloir, du coup à la lecture j'ai bugué sur ce "elle"...

Citer
Mais suffisante pour que je devinai que les aide-soignants étaient loin
pour que je devine, ou devinasse (si si)

Citer
j'abaissai délicatement la poignée en fer de la porte et l'ouvrit avec la même précaution.
l'ouvris

Citer
Chacun savait que seul le repenti pouvait permettre de la quitter.
repentir (r en fuite)

Citer
je rêvais de ne plus voir cette hantise guetter mes moindres gestes.
"ne plus voir cette hantise guetter" c'est un peu redondant, ça alourdit je trouve...

Citer
Contre les autres. Je pris une grande inspiration et poussai la porte. Une alarme se déclencha dès que la porte fût poussée d'un millimètre.
poussai/poussée

Citer
Je la balançai violemment
Je vois pas trop ce que ça veut dire, balancer une porte (à moins qu'il ne la fasse sortir de ses gonds...?)

Citer
elle frappa la rambarde en métal du balcon. Sans y prêter attention, je me ruai dans les escaliers en colimaçon du même alliage.
Je me trompe peut-être, mais je ne pense pas que le métal soit un alliage

Citer
La surface gondolée pénétra la plante de mes pieds, l'endolorissant encore.
Une surface qui pénètre quelque chose, je vois pas trop comment c'est possible ; et puis "l'endolorissant", je trouve ça assez lourd  :-X

Citer
la rosée nocturne adoucit le martyr de mes pieds. Je martelais la pelouse de mes petits pieds,
martyre, dans ce cas-là (le martyr c'est la personne qui subit le tourment, et ledit tourment c'est le martyre)
Et puis ça fait deux fois "pieds"

Citer
Je devinai, bien au delà, les montagnes d' Altaï, caressant la cîme des cieux. Je m'arrêtais au bord de l'étang.
au-delà, d'Altaï (pas d'espace après l'apostrophe), et m'arrêtai

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regardant tout autour de moi. Déjà, des portes s'ouvraient tout autour.
tout autour x2

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J'ôtais la fine chemise de nuit qui couvrait mon corps nu ; la brise glaciale du vent sibérien gifla mon nombril
j'ôtai, et je trouve que "gifla mon nombril" ça donne une impression de dérisoire ; je veux dire : il est nul dans la nuit et le froid sibérien, et il a froid qu'au nombril ? ça fait drôle ^^

Citer
l'eau frigorifique de l'étang.
Je suis pas sûre que frigorifique puisse s'employer dans ce sens ^ ^

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Une main étreignit mon poignet, me tirant en arrière. Une autre enserra mon adbomen et une voix cria :
c'est une très grande main, si elle peut enserrer un abdomen ; plutôt un bras, non ?
et faute de frappe sur abdomen

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_ NON !!
Pour les dialogues, tiret du 6 ou tiret cadratin

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Je réalisai après coup que c'était la mienne.
La mienne de quoi ??  ??? Dit comme ça, on dirait vraiment que tu fais référence à la main ; mais je suppose que tu parles de la voix, sauf que tu peux pas y faire référence comme ça, sans qu'y ait d'antécédent à ce "la mienne"...

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la durceur du carrelage
ouille ! dureté !

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Ruée de coups. Ruée d'insultes.
Ruée ^^

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Un reflet bleu apparut et l'antenne pénétra la peau, sans qu'aucune goutte de sang n'apparut.
En même temps c'est normal : si elle est morte, elle ne saigne plus

Je m'arrête là parce que c'est long et je sais pas si tu repasses souvent par ici, Aphone  :-[
(Je veux dire que j'ai bien sûr tout lu, mais j'ai commenté la forme que sur la première partie)



J'ai pas vraiment accroché, désolée  :-X J'ai trouvé l'idée de la fin sympa, mais j'ai eu l'impression que l'aspect fantastique n'était pas très bien géré : à mon sens, il aurait fallu des éléments troubles, étranges, dans le corps du texte, pour préparer la chute. Là j'ai un peu eu l'impression qu'elle sortait de nulle part ; que le reste du texte aurait pu être plus long ou plus court et que ça n'aurait rien changé. Comme si le corps du texte et la chute n'étaient pas très bien articulés.
Sinon je rejoins Rain pour dire que l'ambiance, bien que convenue, est bien posée. Mais j'ai eu plus de mal sur le style : il y a pas mal d'endroits où j'ai l'impression que tu emploies un mot à la place d'un autre, ou un mot qui ne colle pas bien avec le sens que tu veux lui donner ou avec la structure de la phrase.
Cela dit ça se lit bien, on ne sent pas passer la longueur du texte, donc ça c'est positif ! :)

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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