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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger

Auteur Sujet: Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger  (Lu 1497 fois)

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Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger
« le: 07 Décembre 2012 à 19:10:23 »




Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger



Marcus Miller aimait fouler le sable, encore mouillé par les vagues, de sa petite plage privée de Coconut’s Beach. Ses énormes bottes en peau de croco croquaient le sable à pleines semelles, s’y enfonçant comme dans une épaisse et gluante sauce barbecue.

Tout en lisant son quotidien économique favori, il se délectait d’un juteux Cheese Burger, qui tachât de gras les titres de la bourse de Tokyo, «dans le mille», se dit-il alors tout en se libérant de ses larges chaussures qui emprisonnaient ses pieds comme le boulet d’un bagnard. Il se demanda alors pourquoi il lisait encore ces inepties… Il froissa le papier journal et le jeta à la mer, comme on y jette une bouteille anonyme, contenant le message d’un passé abandonné. Il se décida même, dans un élan de générosité, à remettre l’épiderme écaillée à son eau originelle, qui s’échappât dans la houle vers un avenir mysterieux  . Il prit tout de même la peine de terminer son précieux et juteux Cheese Burger, mignon petit pêché … Il portait des lunettes à monture dorée posée sur son large et long nez granuleux. Sous son double menton bien marqué, entre le col de sa chemise Lacoste blanche immaculé , trônait un Christ d’or, cloué à sa croix, étouffé entre les poils Poivre-Sel de son torse velu.

Marcus Miller avait eu une vie bien remplie, et de grâce, il ne la devait pas à Dieu, mais à son agilité déployé dans les marasmes de la finance, ou il avait fait briller les lingots des années durant. Longtemps il avait couru après les chiffres, sans jamais parvenir à les rattraper. Longtemps, il n’avait désiré qu’un peu plus de ses petits bouts de papiers en verts imprimés qu'on appelait Dollards. Dix billets, puis cent , un million de billets ; son compte en banque en dégueulait, et tout cela n’avait aujourd’hui plus aucune éspece de valeur, il en était totalement rassasié, pleinement gavé. Ce n’était plus rien que du papelard dont il se torchait, et il aurait beau déféquer encore deux cent mille années, que jamais il n’arriverait au bout du rouleau. Il avait à présent tiré la chasse de ce passé émietté.

Depuis qu’il avait raccroché ses gants usés par ce combat sans fin, il en profitait, se reposant de ces moments passé à brasser du vent. Il se rappelait nostalgique de ce temps béni de l’innocence, ou il n'était encore qu'un jeune con de Wall Street aux cheveux gominés , encore puceau de toutes les salissures de l'argent, des ambitions plein son attaché-case cuirassé, et prêt à déchiqueter ce monde vénal de ses dents acérées, comme dans un énorme et juteux Burger en carnivore qu’il était, scrutant ses proies de ses petits yeux lubriques dans les marécages poisseux d'une sombre salle de marché… Tout çela était belle et bien terminer...

 Tout ce que Marcus Miller voulait à présent, c’était profiter de son temps, enfin libéré de ses obligations, ou autres fluctuations et taux d'interêt. Pouvoir enfin se reposer, à la lisière d’un Oasis, comme le vieux et grassouillet crocodile qu’il était. Trop souvent il avait joué son sang-froid de prédateur à la roulette russe, tantôt gagnant, tantôt perdant, au final, sa retraite avait sonner comme son seul et unique lot de consolation.

Tout en rampant lourdement sur le sable chaud, il admirait ce magnifique couché de soleil aux lueurs rouge-orangé, qu’il avait si souvent manqué, prisonnier d’une tour de Babel en acier trempée, perdue dans une petite bulle spéculative. Tant de choses loupées en somme… Il en avait même oublié d’aimer une femme, oui, trop de fois Marcus Miller avait monnayé pour l’illusoire sentiment d’être chéri ne serait-ce qu’une seule nuit, tentant de faire fondre les draps glacé de la froideur d'une petite chambre d'hôtel, dans lesquels il s 'était si souvent térrer. Ces petites chambre d'hotêl, vide de cette chaleureuse douceur de la bienveillance et des sentiments vraies. Il l’avait peut-être enfin trouvée, cette femme à aimer. Il lui avait parlé comme ça, à la table d’un modeste petit café miteux du vieux port, dans lequel jamais il n’aurait auparavant posées ses larges pattes écaillées. Sans faux-semblant, avec franchise, il lui avait dit qu’elle l’intéressait. Elle n’était pas son genre de femme, enfin, pas le genre de femelle qu’on paye à être belle… C’était une femme d’une banalité extraordinaire et d’une simplicité des plus subtiles, les cheveux grisonnants, tout comme lui, à l’aurore de sa vie, et qui mangeait un gros Cheese Burger bien juteux sur le comptoir du bar. Ils avaient parlé de l’histoire de leurs vies, du boulanger qui augmentait les prix de ses croissants, du temps calme de ses derniers temps, de l’arthrite qui ankylosait leurs vieilles griffes usées par une vie à chasser le billet. Il en avait oublié comme le temps passe vite quand on parle de choses candides… Marcus Miller était simplement heureux, et enfin apaisé.

Il sentit tout d’un coup son cœur se bloquer, et pour cause, ses artères se bouchèrent, la graisse s’y étant trop accumulée. Il repensa alors à toutes ses bouffés de cigarettes hâtivement consumées au seuil d'une tour, à tous ses rails sniffer sur des bureaux boisés, tous ces cafés serrés pris à la volée, ces verres de vin qui l’avait enivré, tout ce stress vainement accumulée, et tout… Tous ces juteux Cheese burgers dans lesquelles il avait si souvent croqué, ultime pêché ! Tout cela l’avait tué, il partait, enfin libéré de sa petite cage dorée, comme le crocodile qu’il avait été...

À l’enterrement de Marcus Miller, peu de gens étaient présent, et sur leurs joues déséchées, lézardaient péniblement des larmes réptilienne. Pourtant, dans son cercueil nacré d’or, ses quelques instants de liberté suffirent, à en faire un cadavre au visage comblé… Sur sa tombe fut inscrit, en lettres d'argent: "Ma plus grande richesse, fut tout simplement d’avoir vécue"... Et sur la pierre tombale grise, sous le Christ d'or cloué à sa croix, gisaient un Cheese burger à moitié entamé et une botte en croco verte foncée…
« Modifié: 12 Décembre 2012 à 02:13:12 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

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La critique de Marie :)
« Réponse #1 le: 07 Décembre 2012 à 21:55:02 »
Voilà un commentaire :) Tu sais c'est un sacré travail de lire et de donner son avis comme ça en argumentant tout en objectivité. Tu devrais trouver un moyen de me remercier!   ;D

s’y enfonçant comme dans une épaisse et gluante sauce barbecue.
Gluante... du sable, c'est étrange quand même et pas très attractif.
1) Commençons donc pour les figures de style (là y'a des choses à dire). Tu utilises notamment au début énormément de comparaisons c'est un peu lourd (un peu c'est bien mais pas trop). Autrement, toujours sur l'idée des figures de style tu reprends énormément l'image du crocodile (attention au excès), un peu c'est intéressant, régulièrement tout le long de la nouvelle mais pas trop. Sinon, j'aime beaucoup la métaphore avec les toilettes. :) Beaucoup de figures de style = beaucoup de description.

2) Justement, la description. Décrire c'est important mais moi je voulais de l'action! Là, je suis resté sans ... Dommage...

3) La syntaxe. J'ai remarqué quelques trucs, notamment avec les virgules. Je m'explique en montrant les exemples:
«dans le mille» , se dit-il
Ou encore:
sa chemise Lacoste blanche immaculé , trônait un Christ d’or,
La virgule doit se coller au mot précédent.
Sur sa tombe fut inscrit, en lettres d'argent: Ma plus grande richesse, fut tout simplement d’avoir vécue...
Si j'ai bien compris (il n'y a pas de raison du contraire :) ) il s'agit d'une citation je la mettrais entre guillemet plutôt qu'en italique...
Et aussi, et là je déteste vraiment ça...
Et sur la pierre tombale grise,
Pas de ET pour commencer une phrase. C'est comme MAIS c'est  pas correcte.
Enfin... Voilà pour la syntaxe.

4) L'orthographe. Sacré orthographe. J'ai remarqué des fautes, m'enfin je suis pas la mieux placée pour te corriger... J'ai repéré mystérieux, terminé, terré, espèce, sniffés...

5) Le Réalisme. Sa mort n'est pas très réaliste après c'est peut être pas l'effet que tu recherchais. Si c'est le cas tu devrais peut être tourner ça davantage en comique ça serait sympa je pense.

6) Répétition de longtemps que je ne trouve pas top. Un soucis quand tu utilises espèce je ne sais plus où (j'arrive pas à retrouver le passage...)

J'attends ton texte corrigé :) et ton point de vue sur mes remarques. Le fond de ton texte pourrais vraiment être plus intéressant si il y avait plus d'action réfléchi y.

Au plaisir de te lire,
(Tu peux toi aussi prendre connaissance de ma prose  :-[ )

Marie
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne Moyen Moyen

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Re : Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger
« Réponse #2 le: 07 Décembre 2012 à 23:38:57 »
Mouai  :relou:
Rhooo... le fan de fight club qui nous fait de la prose à la Tyler Durden.

Bon, moi aussi j'aime bien ce film.
Là, on est quasi dans une fanfic... plutôt bien faites au demeurant (on reconnait la touche).
Mais ça manque de créativité pour moi.
Le type est un brin caricatural quand même... Tu me diras le film de Fincher ne fait pas dans la dentelle non plus mais bon.

Il ne se passe pour ainsi dire rien, le gars meurt (tiens encore un mort).
Ca m'a tout l'air d'avoir été un gros con avec un belle vie bien heureuse.
OK c'est un peu court je trouve.

Je pense que tu devrais plus creuser dans le délire.
Je me demande ce qu'à pu faire le serveur dans son cheeseburger avant de lui amener..  :mrgreen:

Bon c'est une bonne entame pour moi.
Voilà  ;)

ps: très bonne critique de marie! (voilà comme ça elle aura trouvé un Moyen Moyen pour la remercier)
« Modifié: 08 Décembre 2012 à 00:06:56 par Moyen Moyen »
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Hors ligne vinksdarkso

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Re : Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger
« Réponse #3 le: 08 Décembre 2012 à 02:46:28 »
marie => Très bonne critique en effet, je lirais ta prose sans aucun soucie. Tu sais c'est beaucoup de travail d'écrire une petite nouvelle quand on à pour bagage littéraire que sa b**e et son couteau! (vulgaire je sais....c'est pour dire que de la d'ou je viens on ne lit pas beaucoup racine et corneille et que suis assez jeune pour info...)
Donc ma prose est surement encore bien maladroite et c'est vraie que j'aime trop les déscriptions, faut que je me mette plus dans l'action t'as raison, mais j'avais pas bien préparer le sypnosis j'ai un peu écrit sa sans réfléchir à un scénario plus complexe. Voilà pour la défense. Concernant la plaignante, je trouve ces remarques très pertinente et je vais voir si je peux y faire du rettapage en relisant, encore et encore, si je peux modifier certaines tournures de phrase. Pour le Et après un point, c'est pas interdit par la loi de l'académie francaise, juste pas très catholique je le confesse. Et pour la sauce barbeuf, c'est un parti pris en référence au thème du titre (Cheese Burger).....Je vais y travailler ce week end, je ne suis qu'un simple profane autodidacte qui ne demande qu'a s'améliorer, pour te remercier je vais venir humblement clashé tes textes tkt pas ;).


Moyen Moyen => Mince je pensais passer inaperçue avec mon goût pour la satire politico-fight clubbiste :noange: . Si je comprend bien, tu voudrais une nouvelle plus allongé? Je trouvais sa lourd déja justement j'était parti dans l'idée de beaucoup moins écrire c'est marrant...Je sais pas pour le serveur, justement sa fais trop fight club la, mais t'inquiète la pisse et la merde sa n'a jamais tué personne (cf: scène du résto ou tyler pisse dans la bisque de homar)....Qu'entends tu éxactement par poussé le délire?

Voilà, merci à vous d'eux d'avoir passer du temps sur ma nouvelle, sa aide le jeune écrivain que j'éssai d'être, en toute modéstie... (je suis dans un bordel aussi avec mon début de roman...Mais ceci est une autre histoire!) Biz :mafio:


« Modifié: 08 Décembre 2012 à 02:56:02 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

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Re : Re : Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger
« Réponse #4 le: 08 Décembre 2012 à 07:17:02 »
Mince je pensais passer inaperçue avec mon goût pour la satire politico-fight clubbiste
Oui je sais, ton avatar en témoigne.

Si je comprend bien, tu voudrais une nouvelle plus allongé?
Pas forcément.
Je voyais un texte plus "creusé", moins entendu.

...

Enfin parce que moi je trouve que c'est important de creuser avant d'écrire.  ;D
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
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Hors ligne vinksdarkso

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Re : Petite fable de Wall $treet: Bottes en Croco et Cheese Burger
« Réponse #5 le: 08 Décembre 2012 à 12:42:35 »
Bah écoute je vais chercher la pelle tu t'occupes du camion? =)
« Modifié: 08 Décembre 2012 à 12:54:38 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

 


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