Bonsoir!
Je soumet ce texte, surtout parce que j'ai besoin de vos conseils. En faite, j'ai l'impression de déjà vu, de "clichés". Si j'ai écrit ce texte en me basant sur mes ressentis (et oui je sais pas très joyeux, mais bon
). Je n'arrive pas à ... à y mettre du moi. Oui je sais, c'est pas du tout cohérent. Et je crois que je devrais étoffer la fin...La demeure des Jardinet était très vaste, chacune des pièces étaient conçues dans le luxe et le confort. Une maison accueillante et chaleureuse. Bâtie sur plus de 3 hectares de terrain, elle était une parfaite hôte pour les invités de dernière minute. Pourtant ce soir là, la maison ne vibrait que par les pensées farouches d'une petite fille errant dans les tortueux couloirs de la maison. Les lampadaires, au dehors, projetaient leurs faisceaux crus contre les vitres dessinant ,de fait, de grands halos blafards à intervalles réguliers sur le carrelage.
Ambre n'avait d'autre projet que de continuer ainsi, jusqu'à la nuit venante qui se profilait déjà à l'horizon, nimbant le ciel de teintes violacées.
Résonnait encore, dans sa tête, le violent claquement de porte qui ,mettant fin à une énième querelle, était accompagné de vociférations et de propos qui aussi affreux qu'il puisse avoir été, n'étaient aussi effroyable que par la faute de la voix pétrie de rage qui les avait aboyés. La petite fille avait l'impression qu'un étau de plomb lui comprimait la poitrine, si bien que par moment elle devait s'appuyer contre le mur pour prendre le temps de respirer convenablement, et de ravaler ses sanglots au passage . Sa démarche lourde aurait suscité beaucoup de regards étonnés tant elle ne convenait pas à une petite fille de 8 ans. Tout comme le reste de sa jeune personne d'ailleurs. Qui aurait pu deviner que derrière ses traits juvéniles et ses pommettes saillantes se cachait un tel monstre ?
Un monstre, oui. Un monstre de courroux et de désinvolture. Un monstre de petite fille qui dédaigne les plus grands et cause des problèmes à ses pauvres petits géniteurs ridicules.
Un monstre, oui. Un monstre, pour ses parents.
Ambre continua sa marche funèbre ainsi durant un moment avant de se rendre au grenier. Un monticule d'objets esquintés résidaient dans cette pièce. Elle y trouvait de temps à autre des jouets intéressants avec lesquels elle mettait beaucoup de volonté à tenter d'oublier une scène sinistre .
La pièce était aussi poussiéreuse qu'à l'habitude, des amas d'objets inutiles jonchaient le plancher ébréché. Pourtant malgré l'indifférence que lui procura la vision de cette pièce oubliée, elle se sentit alors submergée par l'ambiance onirique de l'habitacle.
Ambre balaya la pièce du regard, jusqu'à ce que ses yeux s'arrêtent sur un ouvrage mis en évidence dans une boite dédiée au affaires de sa défunte grand-mère.
« Un livre ! Enfin quelque chose d'intéressant ! » Ses traits se changèrent quelque peu alors qu'elle s'approchait du bouquin. Décidément la quiétude de cette pièce la calmait.
Mais lorsqu'elle arriva à la hauteur du carton, elle se rendit compte que ce à quoi elle avait placé tant d'espoirs ne se révélait n'être qu'un cahier miteux. Elle s'en empara néanmoins, consciente qu'il lui faudrait de toute façon quelque chose pour rendre l'arrivée imminente de ses parents moins effrayante. Alors elle s'assit en tailleurs dans une zone de lumière diffusée par l'éclat seul de la lune qui luisait au travers du velux au-dessus de sa tête.
Rien, rien de sa vie ne l'avait autant absorbée. Et rien au monde, ne lui avait paru aussi proche de sa propre façon de voire les choses. Des histoires noires et macabres se succédaient dans le carnet, toutes les pages étaient remplies au stylo et chacune des histoires était agrémentées de gribouillages mettant à profit certains éléments du récit.
Oui, tellement absorbée dans sa lecture et dans le monde dans le quel celle-ci la plongea que lorsqu'un corbeau vint s'agiter derrière la petite fenêtre, elle ne s'étonna même pas du fait qu'il soit survenu à l'instant même où elle entamait l'histoire à son effigie.
Elle était tellement fascinée, qu'elle en oublia l'endroit où elle était, au point de ne manifester le moindre signe de frayeur lorsque le grenier se changea en un lieu bien plus étrange, qu'il ne l'était déjà. Rien ne semblait la maintenir au sol, comme si elle était assise dans la brume même. La lune pleine ne semblait n'avoir jamais été aussi proche et aussi présente. Des couleurs de toute nuances dansaient devant ses yeux, dessinant des ombres fantomatiques sur des voûtes imaginaires. Elle se releva et la brume se dissipa un peu, suffisamment pour qu'elle puisse s'apercevoir qu'elle était en réalité debout sur un fil au reflets irisés. Elle paniqua, et ne commença à perdre l'équilibre qu'au moment où elle réalisa ce sur quoi elle était. Ses jambes se dérobaient quand on la soutint par les épaules. La fillette releva la tête.
« Bonjour ».
L'homme qui lui avait parlé, était très grand et élancé. Ses membres étaient très fins et sa posture ne laissait paraître aucun signe de défaillance face à la situation incongrue dans le quel ils se trouvaient tout deux. Il était parfaitement aise debout sur un fil, adressant un grand sourire à Ambre derrière son visage singulièrement blême.
La petite fille le contempla un instant de ses grands yeux verts. Et lui la scrutait patiemment du haut de ses jambes immenses. Autant ce personnage lui paraissait saugrenus, autant elle l'appréciait à sa façon d'être différent.
« Tu viens ? ».
La fillette sursauta sur son fil et manqua une nouvelle fois de tomber. Mais l'humanoïde
'la rattrapa aussi facilement que la première fois.
-Le secret, c'est d'oublier le fil , lui chuchota-t-il en se baissant suffisamment pour pouvoir le lui dire dans l'oreille.
Il lui adressa un nouveau sourire avant de s'éloigner sur son fil et de disparaître dans le brouillard au couleurs étonnantes. Ambre voulut le suivre mais son fil la perturbait, à peine ferait elle un pas qu'elle chuterait et alors le funambule ne serait plus là pour la rattraper. Et qui sait ce qui se trouvait dans les abîmes de ce monde qui ne semblait même pas avoir de sol.
La brume se changea alors en un brouillard épais aux lueurs ,cette fois ci, bien plus sinistres. Le corbeau revint proclamant son chagrin à qui voulait l'entendre. Et Ambre le devina, c'était le même oiseau que celui qui était apparu au grenier. Et dans ses croassements elle lu l'injustice de l'incompris. De celui qui par sa différence, est vu comme le mal. Comme un monstre. Comme elle, un monstre de petite fille.
L'air se fit plus froid, les couleurs avaient totalement perdu de leurs éclats. A présent elles n'évoquaient que le mal, la peur et la mort.
Pourtant au loin toujours sur le fil, brillait une lueur. Ambre la regarda un moment avant de sourire.
Elle avait comprit.
Elle adressa un signe au funambule de sa petite main. Et murmura dans la nuit « Au revoir, le bonheur. » Doucement ,elle se laissa tomber du fil, et accompagnée de son corbeau, s'engouffra dans les ténèbres.
***
-Ambre ? Ambre ?! Où est elle encore passée, bon sang !!
Un homme soulevait les couvertures d'un grand lit désespérément vide en jurant contre sa petite fille.
La lumière était tamisée, la seule source de lumière provenant de la lampe de chevet trônant sur une table de nuit où s'entassait de nombreux livres. Se laissant aller dans un nouvel accès de rage, il balança un oreiller contre le mur. Posant ses yeux sur la place initiale de son projectile, il découvrit alors un carnet qui s'était trouvé en dessus du coussin.
Il le prit sans scrupule et l'ouvrit au hasard.
La dernière page paraissait luire d'un éclat étrange et envoûtant. L'encre qui la colorait dégoulinait encore mais ce fut ses propos qui marquèrent le père de la souffrance la plus totale et qui le laissèrent dans une agonie de chagrin pour le restant de ses jours. Un étau de plomb lui comprimant la poitrine et des idées monstrueuses flottant dans sa tête, alors qu'il errerait dans les frontières de la raisons et des rêves macabres qu'offrait ce mystérieux carnet.
Dans le grenier gisait le corps inerte d'une petite fille dont les traits figés dans un sourire étaient éclairés par la lune d'une nuit pleine de promesses. Dans ses mains, le cahier avait disparu. Et jamais , on ne revit le corbeau.