Salut Huitième.
Joli titre ! Je connais pas la référence.
Comme d’habitude, je vais dans le détail, tu prends ce que tu veux parmi mes remarques.
Les sirènes de police hurlaient sous la pleine lune gorgée d’une lumière blafarde qui inondait les rues de Londres.
J’ai du mal à rentrer dans le texte avec une première phrase aussi longue. Dans un premier temps, les sirènes hurlent. Dans un deuxième, on aurait au-dessus la lune gorgée de lumière (j’aime bien l’idée même si gorgée d’une lumière blafarde je trouve ça plutôt contradictoire – pourquoi pas de lumière blanche d’ailleurs ?). Oh, une pleine lune qui dégorge sa lumière blafarde dans les rues de Londres. Désolée, je pense en écrivant. Bref. J’ai du mal à entrer dans le texte.
s’infiltrèrent par les interstices des fenêtres d’un vieux manoir Elisabéthain, puis se déversèrent dans une chambre délabrée
avec le « puis » j’imagine le son qui s’arrête au péage puis qui reprend sa route mdr
je te propose « s’infiltrèrent […] jusque dans une chambre » ça ferait moins mécanique.
élisabéthain (adjectif)
où gisait une forme sous des draps blancs et poussiéreux.
coupe la phrase ? « En son centre, sous des draps blancs et poussiéreux, gisait… une forme »
Sous son linceul cendreux, les yeux fermés, un vieillard attendait.
cendreux ? bof je croyais que c’était blanc. Et l’homophonie poussiéreux/cendreux me gêne
Ils respectaient le lieu avec cette sorte de révérence naïve
déférence ?
commune à ceux pour qui la grande aiguille rejoindra bientôt la petite dans un dernier fandango.
pertinent dans un contexte britannique ? tu trouves pas que ça alourdit carrément – surtout que pour moi le sens reste obscur ( ?)
Dans leur jeunesse, en revanche, sous la lune argentée, le manoir revêtait
le temps ne va pas je pense, là on dirait un imparfait d’habitude. Le manoir était revêtu ( ?) En fait j’essaye de comprendre le « en revanche » mais j’y arrive pas. Tu parles bien de la jeunesse des plus âgés ?
J’aime bien l’idée d’un tissu fait de légendes et de murmures. Les promesses du coup, je trouve que ça ne colle pas avec le reste de l’énumération.
La bâtisse se drapait alors dans une allégorie des temps anciens et les jouvenceaux encore pubères y voyaient la meilleure expression de leur courage naissant, au travers de visites nocturnes sous la clarté sélénite.
je suis bête, j’ai pas compris le truc de l’allégorie des temps anciens. « Jouvenceaux », tu es sûr que ça correspond au champ lexical global de ton texte ? Je voyais ça beaucoup plus XIXe que Moyen Age en fait. Tu me diras, plutôt normal, pour un manoir.
De son cou ruisselait un filet de sang pourpre et or, là où une balle, tirée par la justice expéditive en tout point des agents de la loi londoniens, l’avait caressé, effleurant sa jugulaire assez profondément pour provoquer l’écoulement.
du sang d’or ?? sinon : le « en tout point » nuit à la compréhension immédiate de la phrase. Je préfère perdre de la nuance (je me l’inventerais moi-même) plutôt que de sortir du texte parce qu’il fait des torticolis. D’ailleurs, est-ce que tu as besoin d’en faire des tonnes pour ce qui s’est passé en une seconde à peine ? Tu perds en crédibilité.
Franz allongea son compagnon d’infortune
! je croyais qu’ils faisaient équipe ? (d’ailleurs plutôt de fortune haha). Ils ne se retrouvent pas par hasard. Compagnon tout court suffira je pense !
dans un nuage de poussière et de toiles d’araignées, omniprésentes dans la bâtisse.
-15% de matières grasse stp (

un nuage je trouve ça un peu beaucoup – de la poussière qui se soulève parce qu’on pose un corps OK mais là tel quel on a pas l’idée de mouvement qui pourrait provoquer ce nuage donc ça fait un peu cheveu sur la soupe. Sinon le « omniprésentes dans la bâtisse » ce n’est pas plus utile que ça.)
Il ne comprenait pas encore comment ils avaient pu pénétrer dans ce manoir inoccupé depuis des lustres.
par la porte ? Il n’a pas l’air d’être plus inquiet que ça, c’est ça qui m’étonne ! Tu pourrais dire qu’il regarde fébrilement autour de lui, qu’il cherche des réponses à ses questions.
Plusieurs fois, sur le chemin qu’ils empruntèrent
qu’ils avaient emprunté (c’est dans le passé pour eux)
pour échapper à la pluie de balles qui fendait l’air autour d’eux, Albert, comme possédé, avait indiqué à Franz le chemin de la bâtisse
hum les pistolets étaient lents à charger à l’époque, non ? Du coup une pluie de balle, c’est difficile à imaginer. Rien à voir mais ça fait longtemps que tu utilises tout le temps « bâtisse », essaye de varier un peu

Que la porte fût effectivement ouverte ne faisait rien pour arranger l’inquiétude
apaiser ?
Il se mit à faire les cent pas en attendant que son acolyte revînt à lui.
euh il a poussé un râle quand même son pote. Il va pas revenir à lui tout seul.
Sous son linceul blanc cassé, le vieillard souriant ouvrit des yeux dont l’iris doré brillait aux reflets argentés de la lune.
ouvrit les yeux. L’iris doré brilla sous les reflets… -> Ce que je veux dire c’est qu’en règle générale, j’ai l’impression que tu vois très bien la scène et que tu as envie de nous donner plein de détails. Le problème, c’est que ce que tu gagnes en précision, tu le perds en intensité. Et pour créer de la tension, du rythme, il faut de l’intensité. Je te conseillerais donc d’essayer de temps en temps de faire deux phrases plutôt qu’une.
Un nouveau râle stoppa Franz dans sa course effrénée autour du salon.
lol on dirait qu’il a commencé un 100 m. Mais si c’est juste les cent pas parce qu’il est stressé, l’expression de la course convient pas très bien. Dans ses réflexions, tout simplement ? Il peut se trouver à la fenêtre, si tu veux montrer qu’il a bougé ?
Albert reprenait conscience. Ses yeux noirs accentuaient la pâleur et la lividité de son teint actuel.
de son teint point
Le sang séché qui teintait sa chemise de pourpre et de noir lui donnait l’apparence d’un mort en sursis.
cool le mort en sursis
Franz pouvait discerner l’interrogation dans le regard de son ami.
devinait l’interrogation (allège

)
Malgré ses paroles rassurantes, Franz ne vit dans les yeux de son compagnon qu’une terreur indicible.
euh pour moi s’il ressemble à un mort en sursis c’est plus de l’absence que j’aurais mis dans son regard, mais après tout tu fais ce que tu veux ! Mais je pense que tu aurais dû mentionner ça avant. Surtout qu’il a déjà croisé le regard de son compère sans commenter cette terreur.
« Le seul rapport que j’ai avec cette maison, c’est la frayeur qu’elle m’inspire. ». Ce furent les deux dernières paroles qu’Albert prononça avant de sombrer à nouveau dans la léthargie.
ça me semble très mécanique. Et surtout il a l’air en pleine possession de ses moyens, le petit Albert, alors qu’il était possédé jusque là. Albert parut vouloir ajouter quelque chose mais une sorte de vertige le reprit et il sembla sombrer à nouveau dans la léthargie. Enfin je sais pas mais peut-être un peu de transition pourrait le faire.
Ses paupières subissaient les mouvements de ses yeux alarmés, même en plein sommeil.
Sous ses paupières, X pouvait voir ses yeux rouler, comme fous. Je crois voir l’image que tu veux donner mais tel quel, je trouve que c’est lourd. Essaye de passer à la forme active le plus possible.
En tendant l’oreille vers ses lèvres gorgées de sang, il déchiffrait
hum tu déchiffres à l’oreille, toi ?

« Des ténèbres, j’ai regardé vers toi. Des ténèbres, j’ai crié ton nom ». Tout à coup, Albert ouvrit les yeux brusquement, criant cette fois à pleins poumons : « MA CONSCIENCE ET MES MAINS N’ONT PAS DE SANG HUMAIN ! ».
COOL
Et cette fois, il tomba comme une masse, perdu dans un sommeil profond et angoissant.
angoissant ? Oh mais ça affaiblit toute la phrase ! Il tomba comme une masse, point.
Franz, plus inquiet que jamais, décida de nettoyer le sang séché du cou de son ami afin de lui apporter quelque secours tardif.
le cou de son ami point (on se doute que c’est pour l’aider)
Il s’éloigna pour trouver la salle de bain, avec le maigre espoir qu’elle contienne cachets, baumes ou onguents, mais certain de revenir au moins avec un verre d’eau.
… peu convaincu d’y trouver… mais au moins, il se disait qu’il pourrait revenir avec…( ?)
Un cri strident lui vint du salon où il avait laissé ce pauvre Albert. Quand il arriva à son chevet, le pauvre garçon avait disparu !
pauvre, pauvre. Je les trouve bien gentils d’ailleurs pour des voleurs. D’ailleurs, maintenant que la police est partie ils peuvent peut-être songer à quitter la baraque, si elle leur inspire aussi peu confiance ?
L’inquiétude était si forte qu’elle l’étouffait presque.
pas très naturel (mécanique je dirais, encore une fois). Il sentit l’inquiétude lui monter dans la gorge, presque l’étouffer.
Quand Albert reparut, quelques minutes plus tard, il avait changé. Ce qui marqua d’abord Franz, en dehors de la lividité cadavérique de son comparse, c’était qu’Albert n’avait plus une goutte de sang sur le visage ou les habits.
frappa ? (sois plus direct bon sang !)
Ils étaient perçants, avec une pointe d’or qui les rendaient mystérieusement captivants.
à chaque fois tu figes l’action pour des descriptions l’idéal serait de les mêler sans que la description ralentisse l’action (parce que sinon, l’angoisse ne peut pas naitre si t’es tout le temps interrompu). Ses yeux le percèrent d’un pointe d’or et Franz ne put, malgré toute sa volonté, s’éloigner de ce regard.
Et surtout, ce qui emplissait de terreur de le cœur de Franz, le cadavre d’un vieil homme gisait à ses pieds.
quelle âme sensible, ce voleur. Je comprends pas, le regard le captive mais ce qui le fait le plus flipper c’est quelque chose qui est dans le coin de son œil. Je trouve que ça fait pas sens.
« Albert ? Tu… Tu te sens mieux ? », demanda-t-il à son ami à l’allure désormais si étrange.
moi j’aurais « Albert… C’est toi ?.. . Tu te sens mieux ? » Enfin l’idée c’est d’avoir + de doute dans la phrase.
Albert, qui jusqu’alors observait les alentours en souriant dans une sorte de transe
jusqu’alors ! et tu ne nous le dis pas avant ! ça décale tout si tu veux, on est pas dedans, ça marche pas
Les rayons argentés de la lune se reflétaient sur ses dents que dévoilait un sourire carnassier.
la préposition alourdit tout
« Albert… ? C’est qui ce vieux parterre ? »
espace entre par et terre lol
L’homme, qui ne répondait plus que négligemment au nom d’Albert
négligemment ? ça veut dire quoi ? (dans ce contexte lol)
toisa le cadavre de son regard d’or et se tourna vers Franz.
il est pas déjà tourné vers lui ?
D’une voix pure et profonde, il dit simplement « De profundis, aspexit ad te ». Puis, dans un cri assourdissant, il se jeta sur Franz et planta ses dents dans son cou.
bof pour le cri assourdissant. Dans un cri de chauve-souris ! Allons-y carrément. Ou alors strident.
Tandis que l’inconnu qui avait pris l’apparence de son ami le vidait de son sang et de sa vie, Franz eu la force de murmurer dans un dernier soupir : « qui… es-tu ? ».
Tandis que le monstre le vidait de son sang… (on a compris l’histoire)
La créature qui ressemblait en tout point à Albert
suppr !
jeta le cadavre encore chaud de Franz sur le sol
jeta ? laissa tomber non ?
En un sourire éclatant où scintillaient deux canines encore pourpre du sang chaud qui coulait sur son menton, il dit simplement : « Eu sunt Dracul* ».
et avec un sourire… pourpres
AAh lala j’aurais aimé accrocher plus ! Parce qu’il y a du potentiel ! Le thème est pas original mais enfin, ça n’empêche pas d’écrire un petit truc sympathique dessus et je suis pas contre. Mais pour ça, selon moi, il faut sérieusement dégraisser. Il y a beaucoup trop de lourdeurs. Tu veux bien faire, mais tu veux
trop bien faire. C’est en tout cas l’impression que ça donne. Laisse tomber les prépositions, les adverbes, les descriptions. Mets-toi à la place des personnages, donne + dans la sensation (mouvement d’air, lumière, peur, froid, blabla – il faut de l’atmosphère, de l’ambiance, des trucs qui grincent, des souris qui furètent, je sais pas) et si tu y tiens, essaye de glisser les touches de description dans le reste de la narration. D'ailleurs tes personnages pourraient être un peu moins naïfs... Enfin je les trouve très attentistes. Ils pourraient se méfier un peu, quand même !
Bref, ce qu'il faut retenir c'est que dans une nouvelle, ça ne marche pas de tout ralentir pour essayer de donner le plus de détails possible. Ah, je viens de lire ta réponse à WEG quand tu dis que c'était pour faire baroque... Mouais... Je suis pas trop convaincue. Fais confiance à ton lecteur, il saura combler les trous ! Laisse son imagination remplir les ombres de monstres, ce sera encore plus efficace ! Voilà voilà…
Au plaisir !