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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une poursuite au milieu d'un roman

Auteur Sujet: Une poursuite au milieu d'un roman  (Lu 1595 fois)

Xelaez

  • Invité
Une poursuite au milieu d'un roman
« le: 09 Novembre 2012 à 16:38:38 »
Un souffle saccadé...
Une vision secouée...
Vert et marron se reflétaient dans des pupilles dilatées par l'adrénaline....


Nigel se laissait dangereusement entraîner par la pente, menaçant de le faire déraper sur les cailloux du chemin qu'il dévalait. Il fuyait. Sans savoir quoi, mais son instinct le pressait, alors il fuyait, et courait sans retenue.
Tandis que des gravillons se glissaient dans ses chaussures, le jeune homme maintenait un semblant d'équilibre par de maladroit moulinet des bras ; chaque cahot faisait plier ses genoux, embrasant ses cuisses.
La forêt elle-même s'attaquait à lui. Les branches le fouettaient hargneusement comme pour faciliter la tâche de ce qui le pourchassait, promettant coupures et ecchymoses à son passage.
Le sol était sec, mais ne le resterait pas longtemps avec l'orage qui approchait... Bientôt le terrain serait dangereusement glissant.

Il haletait, peinait à reprendre son souffle, les poumons à vif ; jetant un bref coup d'œil derrière lui, il n'aperçut que les fourrés se froisser, et perçu cette odeur... Terrifié, cela suffit à alimenter sa frénésie.

Nigel était un adolescent de 16 ans plutôt banal, en apparence. Intelligent mais dépourvu d'intérêt pour la scolarité, il passait la majorité de son temps avec ses amis, directement ou non, grâce à tous les moyens de communication qu'il avait à disposition. Il ne se posait pas plus de questions qu'il n'en fallait, et vivait sa vie comme il l'entendait...

Son téléphone bipa. L'adolescent grommela d’incompréhensibles propos et posa sa main sur la poche où se trouvait l'appareil.
Soudain entraîné par l'inertie de sa descente, il trébucha. Son tibia droit heurta une pierre plate, alors une effroyable douleur le paralysa, tandis que l'angoisse grandissante alimentait sa panique. La peur le releva, l'adrénaline l'anesthésia, il décampa de nouveau.

Autant qu'il se souvienne, le jeune homme avait toujours cherché à se libérer. Il n'avait jamais su de quoi, mais étant très instinctif, du besoin allait la raison, et jamais il n'approfondit son introspection.
Sa liberté, il l'avait cherché dans le mouvement. À quatre ans il entra dans l'école de gym du quartier, à six ans, il entra dans celle de cirque, et à treize ans il abandonna tout. En effet, les règles l'entravaient, et bridaient sa créativité. Depuis, il laissait libre court à sa passion au cœur de la forêt, là, personne ne le jugerait. Il l'explorait, escaladait ses plus grands arbres, sautait de branches en branches... Tel un Tarzan de la ville, ainsi ses amis l'appelait.
Parfois, lorsqu'il était tard, il lui arrivait d’aller en ville et grimpait sur les toits des plus hauts immeubles pour y contempler ce qui, dans la nuit, éclairait son visage de ce fait apaisé...

La traque reprit. Ignorant la gêne qu'occasionnait sa blessure, Nigel franchissait racines et broussailles, écartait épines et branchages, puis dérapa sur de la mousse, humide... S'étant rattrapé, il continua prudemment, pour enfin s'arrêter devant le plus gros chêne qu'il eût jamais vu.
Une goutte tomba sur son nez,  le faisant froncer. Le jeune homme écarta donc ses bras couvert de terre, paumes vers le haut. Ils en furent rapidement lavés.

«  Déjà la pluie », souffla-t-il en les laissant tomber.

De la terre allait naître la boue, les versants deviendraient glissants, et les traces de son passage n'en seraient que mieux visibles...
Alors qu'il s'était arrêté, la douleur le surprit, fusa, et tint bon.
Le jeune homme se crispa et ne pût retenir un petit cri... Puis jura.
Blessé, il s'appuya sur l'arbre pour soulager sa blessure. Il devait s'arrêter, et le savait.
Il tâta la poche de son jean où était son portable, et le sorti, en morceaux. Se sachant seul dans un coin si reculé de la forêt, coin que lui-même n'avait jamais exploré, il avait conscience de ne pas pouvoir espérer de l'aide....la panique se jeta sur sa proie.
Il se laissa glisser sur les racines de l'arbre - non sans une grimace de douleur -, plia les genoux gauche et y croisa ses bras pour y loger sa tête, laissant la jambe blessée tendue.
Des spasmes faisaient maintenant trembler sa poitrine qui se soulevait puis se relâchait confusément, une boule lui déchirait le ventre, tandis que de ses yeux, les larmes coulaient à flots. Nigel pleurait, dorénavant confronté à sa mort.

Alors, des feuilles tombèrent de l'arbre contre lequel il était adossé, avec toute la majesté que suggérait leur couleur et leur manière de se poser délicatement sur la jambe blessé de l'adolescent.
L'intéressé ne s'en aperçu pas.
Un cataplasme se forma là où les feuilles étaient tombées.
Le jeune homme leva les yeux vers sa blessure... La douleur refluait étrangement. Pourtant, il ne s'en soucia pas et riva son regard douloureusement résolu vers là d'où il venait, attendant fébrilement la faucheuse qui le poursuivait. L'odeur aigre emplissait peu à peu l'endroit...

Le tonnerre gronda. La foudre s'était abattue non loin de là, étrangement Nigel le sentait...
Soudain, ses doigts crépitèrent. La panique revint au galop, il haleta, écarquillant les yeux face à ses mains qu'il fit lentement tourner devant lui. D'étranges étincelles y dansaient, aussi blanche que la foudre, et vives comme l'éclair, elles entouraient ses mains, s'agitant entre ses doigts.

Alors, en un sursaut, jaillirent devant lui deux immondes bêtes, trapues, entièrement poilus, au pelage cramoisi, et dont les crocs jaunis sortaient ostensiblement de leur gueule baveuse.
Nigel faillit tourner de l'œil. Son cœur battait à une vitesse folle et menaçait de passer à travers sa poitrine.
L'odeur aigre maintenant empoisonnait l'atmosphère le rendant irrespirable.
Ses poursuivants le regardaient avec cette gourmandise sadique que leur procurait sa terreur.
Ils firent jouer leurs griffes, tel un boucher aiguise ses couteaux avant d'œuvrer, puis claquèrent leur mâchoire simultanément.
Le garçon, terrorisé, chercha à fuir, pédalant et griffant la terre, y laissant de nombreux sillons...
A ce moment les monstres bondirent.
La scène tourna au ralenti pour l'adolescent totalement désorienté.
Un spasme secoua son corps entier. Et alors que les monstres, toutes griffes dehors, sautaient vers lui, un éclair s'abattit devant le jeune homme, les réduisant en cendre.
À la fois choqué et terrifié, Nigel n'osait bouger... Curieusement il n'était pas sourd, mais ne s'en félicita pas.
Alors il lui sembla que le monde tournait, et tandis qu'il était toujours adossé au gros chêne, il bascula en arrière.

Hors ligne Loïc

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Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #1 le: 11 Novembre 2012 à 16:15:49 »
Citer
Un souffle saccadé...
Une vision secouée...

Les points du suspension ne transmettent pas vraiment l'ambiance que tu veux y mettre. Une virgule irait mieux entre les deux, sur un paragraphe avec la ligne qui suit.

Citer
Nigel se laissait dangereusement entraîner par la pente, menaçant de le faire déraper sur les cailloux du chemin qu'il dévalait.
Le problème, là, c'est que comme c'est écrit, "menaçant" s'applique à Nigel. Faudrait plutôt mettre "qui menaçait"

Citer
Tandis que des gravillons se glissaient dans ses chaussures, le jeune homme maintenait un semblant d'équilibre par de maladroit moulinet des bras ; chaque cahot faisait plier ses genoux, embrasant ses cuisses.
J'ai du mal avec "tandis que". Idem avec "par de", c'est un peu lourd. De maladroits moulinets (il n'en fait pas qu'un). Je ne comprends pas trop ce que tu veux dire par "embrasant ses cuisses". Enfin, je comprends l'idée mais je ne visualise pas.

Citer
promettant coupures et ecchymoses à son passage.
Ca ne veut pas dire grand-chose.

Citer
Il haletait, peinait à reprendre son souffle, les poumons à vif ; jetant un bref coup d'œil derrière lui, il n'aperçut que les fourrés se froisser, et perçu cette odeur... Terrifié, cela suffit à alimenter sa frénésie.
Perçut. Il y a de sérieux problèmes de construction dans ce passage, je trouve.

Citer
Nigel était un adolescent de 16 ans plutôt banal, en apparence. Intelligent mais dépourvu d'intérêt pour la scolarité, il passait la majorité de son temps avec ses amis, directement ou non, grâce à tous les moyens de communication qu'il avait à disposition. Il ne se posait pas plus de questions qu'il n'en fallait, et vivait sa vie comme il l'entendait...
Inutile dans une nouvelle, tardif si c'est au milieu du roman. Lourd de toute façon.

Citer
Son tibia droit heurta une pierre plate, alors une effroyable douleur le paralysa, tandis que l'angoisse grandissante alimentait sa panique. La peur le releva, l'adrénaline l'anesthésia, il décampa de nouveau.
Un peu lourd.

Citer
Il n'avait jamais su de quoi, mais étant très instinctif, du besoin allait la raison, et jamais il n'approfondit son introspection.
Je ne comprends pas.

Citer
il l'avait cherché dans le mouvement
Cherchée

Citer
À quatre ans il entra dans l'école de gym du quartier, à six ans, il entra dans celle de cirque, et à treize ans il abandonna tout.
A mettre au plus-que-parfait. Puis la répétition de "entrer" n'est pas nécessaire. D'une manière générale, raconter l'histoire du mec en plein milieu d'une scène de poursuite, bof.

Citer
En effet, les règles l'entravaient, et bridaient sa créativité

Pas besoin de virgule

Citer
Depuis, il laissait libre court à sa passion au cœur de la forêt, là, personne ne le jugerait.

Idem. Jugeait.

Citer
Il l'explorait, escaladait ses plus grands arbres, sautait de branches en branches... Tel un Tarzan de la ville, ainsi ses amis l'appelait.

En escaladait les... ainsi que ses amis l'appelaient (les amis appellent)

Citer
il lui arrivait d’aller en ville et grimpait

Une relecture ne ferait pas de mal. Il lui arrivait d'aller en ville et de grimper.

Citer
le faisant froncer

Froncer est transitif. On fronce donc quelque chose.

Citer
ses bras couvert

Couverts

Citer
et ne pût

Put

Je n'ai plus corrigé à la fin, il y avait vraiment trop de fortes. Je te conseille de faire une grosse relecture attentive de ton texte pour en éliminer toutes les grosses fautes d'orthographe, de grammaire et de syntaxe.
Pour le fond, je suis pas convaincu non plus. Disons que je n'ai pas trop réussi à comprendre ce qui  arrive à ton personnage, ni à ressentir ce qu'il ressent.
Faut pas désespérer, surtout que là c'est surtout la forme qui dessert le texte. Régler ce problème laissera déjà plus de visibilité pour le reste.
« Modifié: 11 Novembre 2012 à 16:23:33 par Loïc »
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #2 le: 11 Novembre 2012 à 22:39:50 »
J'ai lu ton texte, je suis en gros d'accord avec Loic, il faut que tu retravailles. Ce serait trop long de te donner une liste de corrections et en plus je ne pense pas que cela aiderait.

Conseils :

- il faut que tu abrèges tes phrases. En gros le reproche c'est que c'est trop long et trop lourd. La raison c'est que tu n'as pas confiance dans tes mots, donc tu cherches à en rajouter des tonnes. Pas besoin ! Aies confiance, coupes tes phrases.

- alternes le rythme. Si tu veux avoir de l'effet il faut que tu soignes ton rythme, et une manière simple c'est d'alterner les phrases longues avec des phrases très courtes. Par exemple :

Citer
Nigel se laissait dangereusement entraîner par la pente, menaçant de le faire déraper sur les cailloux du chemin qu'il dévalait. Il fuyait.

Si tu retravailles la première phrase, tu peux obtenir qqch comme "Nigel se laissait dangeureusement entraîner par la pente. Il fuyait. A chaque instant il menaçait de déraper sur les cailloux...", enfin bref un truc du genre. En découpant les phrases, en les réduisant tu donnes du rythme à ton texte - caractère importantissime pour un sujet de ce genre.

Le point positif c'est le détail de tes descriptions. On voit bien que tu es imprégné de ton univers, tu as de l'imagination, c'est bien. Mais il faut travailler ton écriture.

Tu lis quoi en général?

Mon blog qui essaie tant bien que mal de décoller :

http://legallyspeaking.eu/

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Xelaez

  • Invité
Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #3 le: 14 Novembre 2012 à 20:35:54 »
Merci pour vos remarque constructives. Et sans ironie, ça fait plaisir.

Citer
il faudrait mettre "qui menaçait"

Mais, "menaçant" et "qui menaçait" ce n'est pas la même chose ?

Effectivement, je suis peut être un peu lourd. Ensuite, pour les passages qui racontent l'histoire du personnage, j'avais prévu d'en faire un roman -si je puis dire-.

Par quoi devrais-je remplacer "tandis que" et "par de" ?

Les cahots embrasent ses cuisses par l'effort qu'ils lui demandent.

Je ne comprends pas en quoi ma phrase, celle où tu m'as corrigé "perçût", est elle mal construite.

Je lis un peu de tout, avec une préférence pour la Fantasy et le fantastique. Mais en ce moment je lis "L'œuvre" de Zola.

J'aurais du, je le pense aussi, me relire d'avantage.

Merci à vous deux.

Hors ligne loana90

  • Calliopéen
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Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #4 le: 15 Novembre 2012 à 08:35:42 »
Oui pas mal de fautes, fais une bonne relecture.
Sinon ton texte est vraiment sympa, je me suis sentie oppressée par cette fuite et l'ambiance qu'elle dégage. Bravo.

Hors ligne Loïc

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  • Prout
Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #5 le: 15 Novembre 2012 à 09:20:22 »
Citer
Mais, "menaçant" et "qui menaçait" ce n'est pas la même chose ?
J'ai expliqué: le participe présent s'applique au personnage, sujet de la phrase précédente. Le "qui" reprend bien la pente, ce qui donne sens.

Citer
Par quoi devrais-je remplacer "tandis que" et "par de" ?
Ben ou tu les laisses, ou faut changer l'ensemble de la phrase.

Citer
Je ne comprends pas en quoi ma phrase, celle où tu m'as corrigé "perçût", est elle mal construite.
Un peu dur à expliquer. Bon, et puis ce n'est que mon avis, si personne te dit rien dessus... (ou comment se débarrasser du problème ^^)
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Xelaez

  • Invité
Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #6 le: 15 Novembre 2012 à 21:19:07 »
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je me suis sentie oppressée par cette fuite et l'ambiance qu'elle dégage. Bravo.


Merci Loana, ça fait plaisir.

Loïc, je te remercie pour tes remarques qui vont me permettre d'avancer, sincèrement.
 

Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
  • Messages: 514
Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #7 le: 15 Novembre 2012 à 21:30:51 »
J'aime bien, c'est assez haletant, assez oppressant oui, mais je suis d'accord, quelques lourdeurs et des phrases un poil longues qui te ralentissent...du travail là dessus et ce sera niquel !
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Xelaez

  • Invité
Re : Une poursuite au milieu d'un roman
« Réponse #8 le: 16 Novembre 2012 à 21:27:33 »
Merci beaucoup, j'y penserai.

 


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