Pour répondre au sujet (j'ignore un peu les messages et la mini-polémique qui a traîné même si j'ai tout lu, je ne pense pas avoir ma place dans la discussion !) je pense que ce genre de réaction à la relecture d'un texte arrive forcément lorsqu'on commence à écrire des textes qui touchent aux sentiments. La raison en est simple : un sentiment ça ne s'invente pas, faut aller chercher les nôtres. Alors parfois, on cherche à décrire quelque chose de beau, un sentiment fort qui touchera le lecteur et on arrive sans le vouloir à faire sortir un truc puant qui traîne au fond de nos cerveaux planqué derrière nos névroses : c'est à ce moment que la relecture peut devenir un sport assez extrême, genre grand-huit émotionnel.
Je pense que c'est plutôt sain, c'est une bonne façon d'arriver à se comprendre, ça permet de s'examiner la cafetière en éclaté, et par ailleurs j'imagine que c'est un excellent moyen de toucher au vrai : de saisir des émotions vraiment humaines, d'insuffler un peu de vie au milieu des mots.
Sans rire, y a un texte que j'ai écrit et foutu sur le net, je sais pas le lire en entier ! Pourtant il évoque une histoire totalement fictionnelle, et je suis d'ailleurs le seul à savoir qu'en fait il possède une dimension extrêmement personnelle, mais voilà, sa lecture me chamboule tellement que quand j'essaie d'y retourner, j'arrête au milieu, c'est trop. Je trouve que c'est aussi une belle façon d'avoir une preuve physique de ce qui se trame au fond de nos esprits : à la lecture d'un texte qui y touche, les sentiments reviennent à l'évidence, alors que quand on les cherche sans outil on ne les trouve pas forcément.