Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les pieds dans le plat

Auteur Sujet: Les pieds dans le plat  (Lu 3153 fois)

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
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Les pieds dans le plat
« le: 28 Octobre 2012 à 22:11:06 »
Jean-Paul, quarante-deux ans, commercial dans une grande entreprise de produits ménagers.
Il est marié à Muriel, quarante et un an, passable pour son âge. Ensemble ils ont deux enfants, un garçon et une fille. Propriétaire depuis peu d’un pavillon impersonnel dans une banlieue impersonnelle d’une moyenne ville française, il se félicite et se glorifie d’avoir réussi à offrir stabilité et sécurité à sa famille.
Jean-Paul ferait mieux de commettre un bon suicide.

Avec Muriel, c’était par confort. A vingt-cinq ans, jeune prolétaire fraichement diplômé, il était temps pour lui de devenir un homme respectable sous tous rapports.  A cet âge, ne pas être marié, ou au moins engagé dans une relation, c’est presque la déchéance sociale. Il a rencontré Muriel à un dîner quelconque, elle était seule, quelconque, comme lui pressée par le temps. Il lui a rapidement parlé de mariage, famille, travail et respectabilité, elle était d’accord. Moins d’un an après leur rencontre, ils ont signé pour la vie. 

Ils n’ont jamais  parlé d’amour. A l’âge qu’ils avaient, le plus important était de s’établir. L’amour n’offre pas de statut social. A l’âge qu’ils ont aujourd’hui, l’amour ne s’offre plus. Ils l’ont tué dans l’œuf, leur couple n’est que platement figuratif.
De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans. Aucun n’a été conçu dans un orgasme partagé. L’orgasme n’est pas chose que l’on partage lorsqu’on n’a pas le temps, et biologiquement, c’était le bon timing pour Muriel. Ils étaient pressés par leurs familles, elles-mêmes pressées de tromper l’ennui. Un joli poupon, ça distrait aux repas de famille. Quand personne n’a plus rien à dire au moment du fromage, les pleurs d’un bébé sont toujours bienvenus. On se bat alors pour avoir le privilège inestimable de quitter la table et de s’occuper du nouveau-né. Plutôt avoir les mains dans la merde que de passer une minute de plus dans le climat pesant qui règne autour d’un poulet-frites. Ca occupe les mains, ça occupe l’esprit, ça fait oublier pour une minute la platitude de la conversation.

Ça se passait comme ça chez Jean-Paul et Muriel le dimanche quand les enfants étaient petits. Ça se passait comme ça au même moment, hier ou aujourd’hui chez Stéphane et Véronique, Xavier et Anne-Laure, Michel et Brigitte, Patrick et Dominique, chez Julien et Sabrina… Dans chaque pavillon impersonnel de chaque banlieue impersonnelle de n’importe quelle ville moyenne de France, dans chaque foyer, digne d’un décor de catalogue Ikea, Fly, But, Conforama, le manège est le même. Ça parle pour ne rien dire, ça rit sans y croire, ça s’indigne dans le vent pour du vent, ça trompe le temps comme ça peut.
La chaine-hifi dernier cri râle la triste actualité musicale d’une triste culture de masse reflet du triste paysage du mauvais goût. Ainsi dans leurs salon, on se sent dans son propre salon, on y entend Bénabar, Calogero, Garou, et parfois un vieux classique anglais. Peu importe la saloperie qui occupe l’espace sonore, du moment qu’elle écrase le silence.
Jipé et Muriel rendent acceptable l’insupportable. Ces gens font perdurer un système qui prospère grâce à leur conscience mise en veille. En passant en mode automatique de leur propre vie, ils ont sacrifié leur dignité sur l’autel de leur pouvoir d’achat. Ils consomment comme il faut, leurs placards sont remplis de Bonduelle, Géant Vert, Pampers et Panzani, Coca-Cola, Carrefour, Danone et Malabar. Sur leurs étagères, Scrabble, Monopoly, La Bonne Paye prennent la poussière. Mais qui paiera la facture ? Leurs enfants, qu’ils endorment à leur image, à l’image d’une population qui suit le berger grand patron du monde. La facture se paiera, se paie déjà, mais leurs yeux sont fermés. Leur bibliothèque elle, comme une peau de chagrin rétrécit au gré des brocantes annuelles. Peu à peu, la vision de ces livres les met mal à l’aise et leur rappelle avec écœurement l’époque où ils savaient lire, quand leurs cerveaux fonctionnaient pour autre chose que pour le quotidien. Ils n’ont plus le temps pour ça aujourd’hui.

Aujourd’hui, ces gens sont occupés. Aujourd’hui, la télévision trône fière et majestueuse au milieu du salon. Elle irradie, elle rayonne, elle réconforte. Muriel est ravie chaque jour lorsque vient le moment de dépoussiérer l’écran plat dix mille pouces. C’est leur petit moment privilégié à elles. A mesure que la bibliothèque diminue, l’écran s’élargit et gagne en haute définition, multiplie nuances de couleurs et réalisme. Ou comment entrer dans sa télé et devenir la star cathodique de sa propre vie.  Ton potentiel s’est consumé à mesure que tu te boursouflais dans ta résignation, sorry darling.
Mais Muriel ne lâche rien, et lorsqu’elle empoigne son chiffon pour briquer la télévision, elle approche le plaisir. Il faut dire qu’elle n’a plus rien d’autre à astiquer depuis longtemps, elle se console comme elle peut. Elle enlace de ses deux bras le quadrilatère noir, colle son corps au poste, le manipule avec précaution. Il n’est pas bien épais, c’est leur fierté, ce serait trop idiot de le faire tomber de son piédestal. Dans un va et vient vertical, elle caresse le plasma, le nettoie tendrement avec tout son amour et un chiffon doux Swiffer acheté spécialement pour cet usage. Ce faisant, elle pense affectueusement à sa famille. Elle se figure le bonheur qu’ils auront tous en regardant ensemble le journal télévisé sur un écran propre comme au premier jour.

Le journal après diner, c’est une institution. L’apogée de la réunion familiale. La cohésion du noyau. L’absolue perfection de la réunification réussie. Quelque fois pourtant, Thomas zappe cet instant magique où tous les êtres de la famille ne font plus qu’un. Il s’enferme alors dans sa chambre, allume son ordinateur et se connecte sur MSN pour discuter avec ses copains. Quand cela arrive, Muriel cache son chagrin. Elle ne comprend pas, mais elle se tait. A l’intérieur, elle lui reproche de négliger sa famille pour des personnes qu’il fréquente toute la journée au collège. Elle ne dit rien car elle a à cœur de ne pas troubler l’harmonie du foyer, mais elle en souffre. C’est une mère, et une mère aime savoir que ses enfants ont encore un peu besoin d’elle. Ça donne un sens à sa vie, ça la fait se sentir utile. Avec Sophie, elle a encore un peu de temps, elle  est encore dépendante d’elle. Mais Thomas … Il commence à prendre ses distances, il lui échappe peu à peu. Il grandit, et avec sa croissance elle prend conscience du temps qui passe et qu’elle ne peut pas retenir. Le temps lui échappe comme Thomas lui échappe et comme bientôt Sophie lui échappera. Et quand ils seront partis tous les deux, à qui sera-t-elle utile ? Qui parlera avec elle ? Jean-Paul a laissé filer son affection pour elle, et elle n’a plus d’amitié pour lui depuis longtemps. Ils resteront là à se regarder vieillir, ils deviendront incontinents ensemble sans échanger d’autres mots que « Passe-moi le sel ».

Quand son esprit en arrive là, elle préfère éloigner d’elle ces idées et se concentrer sur Claire Chazal qui évoque la situation dramatique en RDC, RPC, RPG, RDA, RFA, Syrie, Guerre du Golfe, Tchétchénie, printemps arabe, Hiroshima. Ça lui fait penser qu’il faut qu’elle passe chez le boucher demain sans faute. A Auchan aussi, elle n’a plus de Special K. Elle dresse mentalement une liste : Sophie a besoin d’un cahier à grands carreaux maxi format, il faut du shampooing, antipelliculaire pour Jean-Paul, cheveux normaux pour les autres, de l’ail il en reste, mais il n’y a plus de yaourts …

La soirée passe, la nuit passe, un autre jour se lève, un de plus au compteur de sa vie. Elle va faire les courses, 258,54 euros de facture, elle ne se formalise pas. Le coût de la vie augmente alors on paie avec la carte la somme que demande la caissière. La vie augmente, Muriel ne dit rien. Muriel ne pense même pas à dire quelque chose. En dix ans, sa facture a considérablement augmenté. Et puis quoi ? C’est le coût de la vie qui augmente. Si on veut faire les courses, il faut passer à la caisse. Et si la dame à la caisse demande 258,54 euros, même si c’est presque la moitié du RSA, on le paie avec la carte. Et on rentre chez soi avec le monospace. Chez soi, on remplit les placards qui n’étaient même pas vides, on fait ci, on fait ça, on nettoie la télé et on prépare le repas du soir.

A table, Sophie dit à Muriel qu’elle s’est trompée de cahier, parce qu’elle a pris des petits carreaux alors qu’elle, elle lui avait dit à GRANDS carreaux, elle insiste sur le GRANDS et fixe sa mère d’un regard accusateur. Muriel demande si les petits carreaux ça ne peut pas faire l’affaire, Sophie dit que non le professeur de géographie a bien dit qu’il fallait un cahier maxi format à GRANDS carreaux. Alors Jean-Paul, pas pour venir en aide à Muriel mais pour râler un bon coup s’indigne que les professeurs fassent leur loi en demandant tel ou tel cahier, qu’est-ce que ça peut bien leur foutre que les cahiers aient des petits ou des GRANDS carreaux ! Ils ont 3 mois de vacances par an et ils viennent nous faire chier pour des carreaux. Et bla bla bla, il beugle, bla bla bla, les auto-stoppeurs à l’entrée de l’autoroute en rentrant du bureau, bla bla bla, les élections, bla bla bla, la gauche, bla, la droite, bla, le nautisme, bla, le rouge, l’herbe à chats, le scoutisme , les moulins à vent qu’il brasse et rebrasse et bla bla bla. Ils ont fini de manger, Muriel dit qu’elle rachètera un cahier le lendemain. Et bla bla bla, Sophie se plaint qu’elle n’a pas de cahier pour demain, Jean-Paul dit bla bla bla, c’est le moment que choisi Thomas pour quitter la table en annonçant une soirée MSN, Jean-Paul bla bla bla, Sophie bla, bla, bla, Thomas absent… Trop. C’en est trop.

Muriel assiste impuissante à ce désordre. La tête lui tourne. Elle s’assied une minute, prend sa tête entre ses mains, colle ses mains sur ses oreilles et ferme les yeux. Elle plisse avec force ses paupières, serre sa tête de ses bras, elle essaie de ne penser à rien. Une minute passe, elle respire à fond, puis se lève et débarrasse la table en souriant. Crise évitée, comme toujours.
Ses yeux ne sourient pas. Ses yeux sont vides. Pauvre, pauvre Muriel que personne ne plaint. Mais personne ne la plaindra, elle est la seule responsable de sa victimisation. Imbécile. Dans tes autres vies, tu prendras soin de ne pas t’endormir. Si tu choisis de n’être personne, au moins sois Ulysse, utilise le mouton pour foutre le camp plutôt que de devenir mouton. Ma chère Muriel, l’esprit grégaire ne te mènera nulle part. Il aurait fallu ne jamais s’endormir. Il aurait fallu laisser tes yeux ouverts se promener sur chaque chose de la vie.

A l’avenir, les yeux de Muriel ne souriront plus qu’à de très rares occasions.
Ils souriront pleins de larmes au mariage de Sophie.
Ils pleureront pendant trois semaines sans arrêt à la mort de Thomas – accident de voiture sur route mouillée.
Ils souriront à la naissance de Matthieu et Louise, ses jumeaux de petits-enfants.
Ils s’allumeront faiblement quelque fois après cela. Le dimanche, au moment du fromage lorsqu’elle sera autorisée à changer les couches des bébés, mais c’est tout.

Elle mourra à quatre-vingt-deux ans, soit six ans après Jean-Paul – crise cardiaque.
Quelques minutes avant de mourir, elle aura le temps de se souvenir, reconsidérer ce qu’a été sa vie. Famille, mariage, stabilité, monotonie, mort dans l’âme, mort de l’âme. Elle veut se lever une dernière fois, crier, pleurer, enrager, mais l’heure n’est plus à la révolte. L’heure est à la mort, alors elle meurt, convenablement comme tout ce qu’elle a toujours fait.
« Modifié: 01 Novembre 2012 à 13:21:39 par colette ambroziewicz »

Hors ligne OliveDuWeb

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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #1 le: 28 Octobre 2012 à 23:09:00 »
Bonsoir !


C'est triste.
Volontairement triste.

Quelques énumérations m'ont un peu fait froncer les sourcils au début, mais je les ai très vite oubliées.

Le rythme est un peu rapide. On saute vite du coq à l'âne.

Après avoir terminé la lecture, je suis resté plusieurs minutes à me demander ce qu'il fallait que je retienne de cette histoire. Peut-être parce qu'il est tard et que mon cerveau, qui vient de passer un week-end fatiguant, a du mal à tourner assez vite. Le vide. Voilà, c'est ça. La vie de cette femme aura été un grand vide.

Je me demande ce qui t'a fait choisir quelles parties de sa vie raconter au passé, quelles parties au présent et au futur. Ça n'engage que moi, mais j'aurais tout mis au passé pour situer le présent au moment de sa mort, quand elle reconsidère sa vie.

La petite phrase en italique à quelques lignes du début m'a laissé présager une suite différente, mais elle introduit bien la suite.

Malgré une tristesse poignante — je dis ça pour moi qui n'en suis pas très fan — je suis allé facilement au bout du texte. Tu fais bien passer ton message, avec un style peut-être un peu conventionnel (rassure-toi, j'ai du mal à m'en défaire aussi) mais efficace.


Merci.

O.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne Doctor Grimm

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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #2 le: 29 Octobre 2012 à 00:51:19 »
Salut  :)


Un seul truc à dire pour moi : c'est magnifique. C'est poignant et triste, ça monte et monte à la gorge jusqu'à ce qu'on ait les larmes aux yeux sans savoir pourquoi.

Bravo pour de vrai,
Doc.
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Kerena

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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #3 le: 29 Octobre 2012 à 09:56:23 »
Une seule chose à dire pour ma part : je vais éviter au maximum de vivre comme ça ^^
C'est bête à dire, mais "on est mieux seul(e) que mal accompagné(e)"

Merci pour cette prise de conscience, même si ça joue parfois dans le cliché. J'y ai un peu retrouvé la vie de chez moi il y a quelques mois, même si je sais que mes parents se sont mariés par amour (sinon ils auraient divorcé depuis longtemps ^^) et que la vie y a changé depuis.

Bref, ça m'a rendue bien mélancolique tout ça...  :huhu:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Freakazoid

  • Calliopéen
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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #4 le: 29 Octobre 2012 à 11:23:45 »
Pareil, avis plutôt positif sur ce texte.

"Plutôt" car tu n'évites pas les clichés du genre "la famille perd son temps devant la télé et est victime de notre société de consommation".  C'est peut-être un mal de notre société mais tout le monde en parle et c'est redondant à la longue.

Ceci dit, j'ai quand même bien accroché à la lecture ! Ce que j'en retiens, c'est qu'il ne faut pas laisser passer sa vie en restant dans les clous. Il n'y a pas si longtemps, j'ai fait une petite déprime à ce sujet.

Quand j'étais plus jeune, je me disais "je bosserai dans les jeux vidéo, je serai scénariste, dessinateur bla bla". Mais je n'ai jamais osé m'engager dans les filières scolaires qui me mèneraient à mes rêves, sous prétexte que, si je me plante au final, j'aurai du mal à trouver un job.Finalement, à 26 ans, je me suis rendu compte qu'en suivant un chemin qui, s'il était "sûr", ne me convenait pas vraiment, je me suis retrouvé naturellement avec une situation qui ne me satisfaisait pas entièrement.

Ce n'est que très récemment que je me suis foutu une bonne claque mentale : je suis encore jeune, j'ai encore le temps de faire des choses qui me plaisent ! Je ne prévois pas de plaquer mon boulot pour autant mais je me suis remis à écrire (ainsi qu'à dessiner), avec la ferme intention dans un premier temps d'envoyer mon roman à des éditeurs, et de ne pas me résigner en espérant un jour être édité.

Désolé, je raconte ma vie mais c'est pour dire à quelle point ton texte m'a personnellement touché.

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
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  • Schrödinger cat
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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #5 le: 29 Octobre 2012 à 11:26:50 »
Freaka, je pense qu'au final tu résumes la situation de bon nombre d'entre nous :huhu:

Bref, désolée pour le flood, c'était pour dire que Freaka a réussi à exprimer ce que je n'ai pas su ^^
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne loana90

  • Calliopéen
  • Messages: 429
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #6 le: 29 Octobre 2012 à 11:34:04 »
wow... Alors c'est ça la vie ?  :'( Ca me fait penser au film d'hier ( Deux jours à tuer avec Dupontel), avec un sacré mélange de Bidonchon chantant "comme d'habitude". C'est triste et très bien décrit. Bravo !

Jon Ho

  • Invité
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #7 le: 29 Octobre 2012 à 11:47:48 »
Ah bravo, merci de foutre le bourdon aux jeunes membres du forum ^^
Sinon c'est un texte qui sonne tristement juste.
Un bon texte qui se lit avec la dose d'amertume que la vie mérite.

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #8 le: 29 Octobre 2012 à 13:19:01 »
Merci beaucoup à vous tous d'avoir lu
et encore plus, merci d'avoir fait part de vos impressions, je suis trop émue, haha. non c'est vrai, c'est la première fois que je partage un texte commeça, j'avais peur des retours un peu... oui mon niveau de confiance en soi n'est pas au top
BREF,
Je suis tout à fait consciente que ce texte est fait de clichés, d'où le titre ... En fait, j'avais tellement l'impression d'enfoncer des portes ouvertes que j'ai pas mal hésité avant de poster. J'aimerais bien réussir à terme à affiner ma réflexion, à subtiliser un peu tout ça. Ce qui m'embête aussi, c'est l'aspect moralisateur que ça peut avoir... Encore du travail, donc.

En tout cas, je suis vraiment ravie d'avoir suscité autre chose que de l'indifférence, c'est la première chose importante selon moi dans l'écriture.

@OliveduWeb : Pour le choix des temps, je t'avoue que je n'ai pas trop réfléchi, ça me semblait faire sens. J'aimais bien l'idée de couvrir un peu tous les moments de sa vie. Je vais revoir un peu le texte, essayer le passé partout, tu as peut-être raison ? et pour le style conventionnel, je suis vraiment d'accord avec toi. je ne voulais pas m'impliquer, sinon j'aurais essayé de la secouerje l'aurais trop prise dans mes bras. Merci pour tes remarques, merci pour ta lecture
@Doctor Grimm : waouh, merci beaucoup. je suis contente d'avoir pu te toucher un peu
@Kerena : Totalement d'accord avec toi, mieux vaut être seule!(que mal accompagnée évidemment). Oui pour le cliché, le sujet est un peu facile, je le reconnais. Et longue vie d'amour à tes parents alors  ^^
@Freakazoid : la chose la plus importante est de ne pas s'endormir, de ne pas se complaire dans une existence de subsistance. La seule démarche d'une "claque mentale" est admirable. J'ai été touchée que tu "racontes ta vie", et je te souhaite de ne pas te décourager à garder les yeux ouverts.
@loana90 : ne pleures pas! la vie c'est ce qu'on en fait, faut juste pas s'endormir (mon mot d'ordre du jour on dirait  ::) ), et lutter! Et j'ai vu il y a longtemps ce film, je savais pas du tout de quoi il traitait, je pensais que le type allait passer son temps à buter tout le monde, et en fait, NON pas du tout. Merci pour ta lecture
@Jon Ho : haha, j'avoue je pensais pas que ça ferait cet effet... merci pour ta lecture et ta remarque

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #9 le: 29 Octobre 2012 à 19:10:32 »
Je l'ai lu hier soir, et le seul mot qui m'est venu à l'esprit c'est celui-là: Surpuissant.
Franchement, ton texte est juste surpuissant, je ne trouve pas d'autre superlatif assez fort  ><
J'ai kiffé en particulier le passage du blablabla où on tombe dans un sorte de vertige... Puissant  :P
Bref, j'aime.

Hors ligne jess

  • Tabellion
  • Messages: 37
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #10 le: 30 Octobre 2012 à 09:49:27 »
Ton texte m'a beaucoup plut.
Le temps qui passe, le poids des conventions, la cage dorée du train-train quotidien...
Deux petits points qui m'ont  décontenancée:
1) Le choix du/des temps qui fait qu'on ne sait pas trop où nous sommes dans la vie du personnage, a quel moment de sa vie nous situer.

2) Le début de ton récit est centré sur Jean-Paul, la phrase «Jean-Paul devrait commettre un bon suicide» reste en suspens alors que c,est la chute de ton introduction, c'est tout de même une phrase clef. Aurais-tu changé d'idée en cours d'écriture?

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #11 le: 30 Octobre 2012 à 20:15:45 »
à World End Girlfriend : merci beaucoup pour ta lecture, je suis vraiment ravie que ce texte t'ait plu.

à jess : pour le choix des temps, comme je l'ai expliqué plus haut, j'aimais bien avoir une vue d'ensemble sur la vie de Muriel. Le passé avec le début du couple, le présent avec la vie quotidienne, rapidement le futur... je vais quand même tester en mettant tout au passé, mais je crois que je vais laisser comme ça tout de même  :)
et pour l'intro sur jipé, je n'ai pas changé d'idée en cours de route, j'aimais bien avoir la présentation du patriarche, tout fier de sa réussite sociale, mais qui franchement n'apporte rien. voilàvoilà, merci beaucoup pour ta lecture!

bonne soirée

Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #12 le: 30 Octobre 2012 à 23:10:33 »
Han, j'en suis baba.

Magnifique narration, c'est déroulé au poil, avec humour et blablabla, c'est dire sans dire, c'est dire ! La classe quoi, ça fait plaisir de lire.

(Je sais pas pourquoi au début j'ai lu Jean-Paul et j'ai pensé à Sartre, mais ça n'a aucun rapport, c'était pour l'anecdote).

Ah oui, tu n'aimes pas Ikea ? (non je plaisante)

[y a plusieurs passages que j'ai vraiment trop aimés, mais en particulier la conclusion qui est franchement super bien menée, avec l'histoire des yeux et tout, et le retour aux couches l'air de rien, et puis la révolte et Ulysse, je mélange tout, mais on me pardonnera si je fais des amalgames, c'est parce que je suis dentiste en devenir]
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #13 le: 31 Octobre 2012 à 00:25:10 »
merci!
(moi jean-paul ça me fait penser à jean-paul müller le père de ma voisine en cm2. mais j'ai pas du tout pensé à lui en écrivant. ni jamais avant maintenant d'ailleurs)
(et haha, "le retour aux couches")

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
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Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #14 le: 31 Octobre 2012 à 00:52:42 »
Même si j'ai bien aimé, je serai peut être un peu moins enthousiaste que les autres  :-¬?. Comme Olive, en fait, je trouve ça très pessimisto-déprimant, alors j'arrive pas à rentrer dedans. Et même si elles sont dans le ton du texte, j'avoue que j'ai trouvé les énumérations du début un peu lassantes et je les ai sautées  :-[.

Bref, c'est pas tellement mon style de texte XD. Néanmoins, j'ai pas eu de mal à le lire jusque à la fin, ce qui est toujours un bon point. Et malgré tout ça donne quand même à réfléchir, ce qui est un autre très bon point. C'est effectivement assez peu enviable comme vie, vue comme ça, et pourtant tristement vrai, comme dit Jon  >< Finalement, je suis content de pas être rentré complètement dedans, sinon j'aurais déprimé pendant tout ce qui me reste de soirée XD.

Ah, j'avais repéré une faute :

Citation de: Colette
Dans chaque pavillon impersonnel de chaque banlieue impersonnelle de n’importe quelle ville moyen de France,
Moyenne.

Heu, voilà XD. La lecture était intéressante et instructive, même si je trouve ça trop déprimant pour dire que c'était une "bonne" lecture (enfin, je me comprends XD).
Perdu

 


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