Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

05 Mai 2026 à 11:50:36
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les pieds dans le plat

Auteur Sujet: Les pieds dans le plat  (Lu 3139 fois)

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #15 le: 01 Novembre 2012 à 13:22:41 »
merci pour ta lecture Rain,
et merci d'avoir relevé la faute  :)

Hors ligne Kyoojin

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #16 le: 01 Novembre 2012 à 21:53:52 »
Je crois que la chose qui me fait le plus peur serait de me retrouver à 80-90 piges à faire le bilan de ma vie sur mon lit de mort en me disant qu'au fond j'ai eu une vie tout à fait "normale". On est tous différents avec des possibilités d'actions tellement variées que c'en est vraiment navrant de constater à quel point certains se plaisent à être comme tout le monde. Merci pour ce texte qui me renforce encore plus dans l'idée de vivre ma vie comme je l'entend même si la solitude est parfois pesante.

"De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans." 
Je trouve cette phrase un peu étrange, on a l'impression qu'ils sont nés respectivement à 14 et 12 ans mais ça vient peut être de moi  :)

Hors ligne Ewilan

  • Plumelette
  • Messages: 10
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #17 le: 03 Novembre 2012 à 18:29:28 »
Alors sache que j'ai beaucoup apprécié ton texte. Tu as un style bien particulier, tu te démarques, et c'est tant mieux.
J'aime tes descriptions de la vie quotidienne. Tout y est. Quelques fois ça m'a fait sourire. En effet, tu construits des phrases de telle manière que tu arrives à faire rire le lecteur. Tu traîtes un sujet triste humoristiquement. C'est assez amusant.
La platitude de vie qui est celle de bon nombre d'habitant de cette terre, est rigoureusement bien détaillée. On s'y croirait.
De plus ,tes descriptions remplies de cynisme et d'ironie sont à chaque fois on ne peut plus pertinente. Couplée à ça, le fait de ne pas voir de fautes d'orthographe dans ton texte, rend le tout très agréable à lire.
Vivement tes prochains écrits.

ps ; normalement, je ne fais pas que des éloges, mais quand c'est bon, et là ça l'est, généralement, il n'y a plus rien à dire. Vous ne croyez pas. Et bah, moi je trouve qu'il y a toujours quelque chose à dire. Même positivement. C'est par nos remarques
constructives que l'écrivain avance.

Espérons que mon avis soit un tant soi peu constructif, sinon je risque de me faire vanner.
Que dire d'autres, que bien que ton texte soit un peu mélodramatique, il est cependant très enrichissant, du point du vue moral, et nous fait prendre conscience, qu'on a pas à s'imposer une vie. Que ce ne sont pas les autres qui ont à choisir la vie que nous devons avoir. C'est un choix qui doit rester propre.

j'ai honte de le dire, parce que à côté de Sartre, ça fait un peu pitre, mais moi quand j'ai vu "Jean Paul" j'ai pensé Jean Paul Rouve. (personnage dont je suis fan aussi). Enfin ça n'a aucune importance !
Amicalement,Ewilan

Hors ligne Elhora

  • Prophète
  • Messages: 775
  • autiste, galère à comprendre les implicites...
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #18 le: 03 Novembre 2012 à 20:32:11 »
Salut Colette!!

Et bien je suis contente que ton texte ait autant plu parce qu'à ta place j'aurais eu peur aussi. Il remet les gens en question et en général, les gens n'aiment pas ça  :P
Personnellement, je ne l'ai pas trouvé déprimant simplement :  "tout à fait exact" et tellement juste.
Les temps que tu emploies ne m'ont pas du tout dérangée.  ;D

Bref, j'ai beaucoup aimé (arf, comme la majorité!). J'aurais bien aimé une phrase qui revient du genre : "Jean Paul aurait mieux fait de se suicider"  plusieurs fois dans le texte mais c'est mon côté cynique!

Donc, rien à dire, ton texte est super. C'est marrant qu'il soulève pour tout le monde de grandes questions existentielles. Pour autant, si tu avais choisi de faire l'apologie de quelqu'un qui a choisi de vivre autrement (donc l'inverse de ce que tu proposes) ton texte aurait-il été autant apprécié? Voilà, la question que soulève tout ça pour moi.

Sur ce je te fais une bise! Voilà, parce que je te remercie de penser ce que tu penses et de l'avoir très bien mis en mots!!

 :oxo:

Hors ligne Pisse tache

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #19 le: 04 Novembre 2012 à 04:47:18 »
Bonsoir ! (Enfin, à cette heure... bonjour ?)

J'ai lu ton texte. J'en pense pas mal de choses, à vrai dire, du bon et du moins bon. Excuse-moi, je fatigue, mon commentaire risque d'être un peu nébuleux, mais je vais tenter d'être exhaustif, au besoin je préciserai mon propos à l'occasion.

Tout d'abord, la première pensée que j'ai eue, c'est par rapport au titre : les pieds dans le plat. D'une certaine façon, tu les mets, oui ! Ce qui me fait rire, c'est qu'il y a une heure, je commentais un texte qui parlait à peu près du même dégoût de la société (celui de Minseub, avec un nom bizarre qui parle de crocodiles), et je lui écrivais justement qu'il sautait à pieds joints dans le plat. Alors, quand j'ai lu ce titre juste après avoir fini mon commentaire, j'ai pensé à ça, et la coïncidence continue puisque tu y vas aussi, dans ce plat, même si tu le fais plus doucement, avec plus de grâce, c'est quand même vachement moins lourdaud. Mais pourquoi ce titre ? Tu es consciente de traiter un poncif ? C'est un texte ancien que tu cherches à approfondir et dont tu es consciente des faiblesses ? Je ne comprends pas, le titre fait allusion à ça ou à quelque chose en rapport avec le récit qui m'aurait échappé ?

Alors, commençons par en parler, de ce plat. Je suis d'accord avec l'intégralité de ce qui est écrit ici à condition que tu penses avoir capturé un exemple exceptionnel de vie moyenne, un cas particulier. Certaines personnes vivent pendant quatre-vingts ans et ne font rien de plus remarquable que de pomper de l'air, c'est vrai, c'est triste. C'est un sujet largement traité, mais pour moi, le plat n'est pas là, je pense que même les poncifs peuvent être traités avec originalité, surtout quand ils sont aussi justes et cruels que celui-ci. Je pense que l'erreur, qui est une erreur ARCHI-commune, c'est d'affirmer que cette vie moyenne et fade est celle de la majorité, voire la totalité de la société. Pire encore : l'erreur, c'est d'associer un type de vie à un ensemble de personnes, à un ensemble informe, déshumanisé, de créer, comme je le disais à minseub, une classe de robots idiots qui formeraient une espèce de toile d'araignée qui serait notre société, idiote et intolérante à toute subversion, qui piégerait les esprits libres et les forcerait à vivre comme d'autres robots débiles. J'ai cru lire cette idée dans ton texte, j'ai cru comprendre que ton but, lorsque tu développes cet exemple de vie insipide, c'est de le généraliser à un ensemble de personnes. Dès les premières lignes, j'ai l'impression que c'est le but ultime de ton écrit : rien que la première ligne : "Jean-Paul, quarante-deux ans, commercial dans une grande entreprise de produits ménagers." Tu prends le prénom bateau du mec de classe moyenne, l'emploi du connard satisfait bien intégré dans la société de consommation, le mec gerbant en trois lignes tant il pue la figure littéraire du mec vide... C'est pas si simple dans la vrai vie, et ce raccourci est un lieu-commun. Donc, si c'est bien ce que tu as voulu faire, en effet, les pieds vont dans le plat, tu défonces la porte ouverte, enfin tout ce que tu veux, c'est déjà lu, c'est pas génial, et selon moi pas vrai.

Là où tu deviens intéressante, c'est lorsque tu cherches à nous faire comprendre qu'elle n'a pas fait exprès, qu'au fond d'elle, elle est vivante, qu'elle s'est retrouvée piégée. Tu le fais trop peu selon moi, mais suffisamment pour que je me pose réellement la question de ce que tu as voulu écrire ici. Si c'est un exemple de vie gâchée par le conformisme, si tu cherches à te pencher sur la détresse de ce personnage, d'expliquer que non, ce n'est pas un robot, que les circonstances ou sa lâcheté l'ont poussée à vivre une vie ridicule qui la rend malheureuse, là je te suis. D'ailleurs, j'ai trouvé les tout derniers paragraphes du texte superbes. Je me répète (je t'ai prévenu que je serai nébuleux, à cette heure) pour moi, le plat, c'est la déshumanisation. D'ailleurs, en évitant ce piège tentant, je pense qu'on peut très bien traiter de façon globale le problème que tu évoques ici, celui de la vie pour les apparences, qui reste dans les dans les clous, dans laquelle on peut se retrouver piégé, voire même le traiter comme un mal inhérent à la société contemporaine... je pense que ça peut être intéressant, mais avec plus de compassion, en parlant humanité, sentiments, cruauté, absurdité, en tentant d'expliquer comment on a pu en arriver là... il ne faut surtout pas parler de robots, à mon sens, il est là le lieu-commun dramatique.

Au niveau de la forme : il est clair que c'est bien foutu. J'ai juste une seule ridicule remarque :
Citer
De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans.
Écrit comme ça, ils sont nés à quatorze et douze ans, et leur âge les caractérise : ils ne grandiront jamais, les pauvres. On comprend ce que tu as voulu dire car ce qui est écrit est absurde et c'est pas bien dur à deviner, mais la lecture achoppe à ces mots.

Toujours au niveau de la forme : j'ai adoré plusieurs tournures. Ton écriture est neutre, mis à part de temps en temps des sortes de délicieux sursauts de cruauté. En vrac, j'ai relevé :
Citer
L’orgasme n’est pas chose que l’on partage lorsqu’on n’a pas le temps
Citer
Peu importe la saloperie qui occupe l’espace sonore, du moment qu’elle écrase le silence.
Citer
Il faut dire qu’elle n’a plus rien d’autre à astiquer depuis longtemps, elle se console comme elle peut.
Et surtout :
Citer
Claire Chazal qui évoque la situation dramatique en RDC, RPC, RPG, RDA, RFA, Syrie, Guerre du Golfe, Tchétchénie, printemps arabe, Hiroshima. Ça lui fait penser qu’il faut qu’elle passe chez le boucher demain sans faute
C'est volontaire ? Tu as voulu dire que ces boucheries lui ont fait penser à son gigot d'agneau chez Henri Boucher ? J'adore !

Enfin, globalement, les reproches que j'ai fait sur le texte étaient surtout une occasion de bavarder un peu du fond, parce que le sujet est intéressant. Ne va surtout pas croire que je trouve le texte mauvais : je l'ai lu jusqu'au bout, c'est parce qu'il m'a plu. Le lieu-commun dont j'ai parlé me dérange un peu, ça ne tue pas le texte pour autant, ton écriture dont j'ai chanté les louanges le rattrape, et le sujet n'est pas traité de façon idiote. J'y vois surtout de très belles choses, j'aimerais dire "prometteuses" mais j'aurais peur de passer pour le mec qui se la joue paternaliste, genre "regarde je t'apprends à faire", bon... C'est pas le ton de mon commentaire, comprends-bien. J'ai simplement l'impression d'avoir lu quelques pépites, une réflexion sous-jacente intéressante, mais noyée dans une espèce de mélasse un peu trop fade.

PS : J'ai mis une heure à rédiger ce commentaire et à le relire : il est toujours moche, plein de tournures hideuses et de répétitions, j'suis sûr que y a même des fautes qui traînent, désolé, je suis mort et j'ai pas le temps de faire mieux ! L'idée y est, je crois... Punaise je vais me coucher moi...
« Modifié: 04 Novembre 2012 à 05:24:47 par Pisse tache »

Hors ligne colette ambroziewicz

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #20 le: 04 Novembre 2012 à 21:54:44 »
Salut les gars,
merci beaucoup pour vos lectures  :)

à Kyoojin : merci pour ton commentaire! la solitude vaut mieux que l'ennui. Pour la phrase "De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans."  il va peut-être falloir que je la change, Pisse tache m'a fait la même remarque. Je trouvais pas ça choquant du tout, mais des fois faut se faire réveiller  :D
à Ewilan :  tu as raison, c'est important de commenter un texte! C'est toujours enrichissant d'avoir des retours, même positifs. SURTOUT positifs haha  ;) en tout cas, merci pour le tien!
à Elhora : merci beaucoup! Pour la phrase du le suicide de Jean-Paul, je ne voulais pas concentrer toute l'attention sur lui, juste cet avis au début et basta ciao jp. et aaah rien à voir, mais je viens de remarquer qu'il y a plein de smiley qui bougent o><o bonne soirée à toi
à Pisse tache (chic pseudo au passage  :mrgreen:) :Pour le texte en lui-même, je l'ai écrit le jour où je l'ai posté. Et oui, j'ai conscience de m'être attaquée à des stéréotypes. D'où le titre d'ailleurs.  et puis le plat, la platitude de la vie, l'ennui tout ça, double sens très trèèès alambiqué. Je n'ai pas du tout envie de généraliser, je ne crois pas qu'il faille réduire une foule à un modèle préconçu. Par contre, c'est difficile à mettre en oeuvre, en mots surtout. J'ai encore pas mal de boulot avant d'arriver à tenir un propos qui corresponde à ce que je pense réellement. Je te remercie pour ta lecture et ton commentaire en tout cas, je vais remédier bientôt au problème des gamins bloqués à 14 et 12 ans.
PS: Ton PS m'a bien fait rire

Hors ligne Cha

  • Tabellion
  • Messages: 43
  • Les mots ne m'expliquent pas tout...
    • Au coeur de l'entropie
Re : Les pieds dans le plat
« Réponse #21 le: 05 Novembre 2012 à 15:08:15 »
Salut,

J'ai vraiment apprécié la mélancolie qui en ressort et le sentiment d'être pris au piège dans des liens forts avec des proches qui ne correspondent finalement pas du tout à l'idéal que nous nous faisons de la vie, peut-être.
Mon ressentis c'est que finalement, cette femme dépend des liens qu'elle a tissé avec ces gens, et que ces liens sont plus puissants que sa capacité à en sortir pour être libre et correspondre à ces idées sur la vie : elle se sent vide car elle est comme morte, psychiquement c'est la mort, le néant émotionnel, elle est en total désaccord avec ce qui l'entour, mais elle y est attachée, et l'attachement est très (trop) puissant, elle est bloquée dans sa proximité avec les autres qui représentent désormais une barrière mentale et affective.

Cela raisonne tellement fort avec des moments vécus! Le désir d'avancer ensemble vers quelque chose de plus "haut", des idées nouvelles, une découverte, un voyage, et à la fois l'observation du total échec de compréhension entre les uns et les autres pour pouvoir se rejoindre autour d'une idée commune permettant ce même avancement. Alors il faut choisir entre avancer seul dans le déni de ceux qui ont construit une partie de nous-mêmes (et tout ce que les liens familiaux impliques, car les gens qui disent qu'il vaut mieux vivre seul que mal entouré, je suis bien d'accord, mais c'est très prétentieux aussi de croire que cela est possible dans le contexte familial, bien ancré dans certaines valeurs...) et l'autre choix qui est en l'occurrence choisi : renoncer à ses rêves pour être proche de ceux à qui l'on croit appartenir.

C'est mon ressentis.

J'ai vaguement vu quelques commentaires comme quoi ceci est "cliché", "enfoncer des portes ouvertes", je ne sais pas, peut-être qu'à force de lire ça et là on peut tomber régulièrement sur un même constat, mais si ce constat revient constamment c'est justement parce que rien ne bouge assez vite pour que l'on perçoive un changement quelconque, il n'y a donc, majoritairement, pas de prise de conscience.
Je retrouve énormément de personnes de mon propre entourage dans cette situation, j'ai pu observer quelques familles, je ne pense pas que cela soit autant un cliché qu'on puisse le penser, vraiment. J'ai même ressentis de la familiarité, j'ai vu des visages connus se dresser lors de la description des scènes, des états émotionnels passés, du malaise saisie, etc.

Je trouve cela bien écrit, puissant et on ne peut plus réaliste, pour de nombreuses personnes, bien que ce ne soit pas le cas de chacun, heureusement.

Bravo


Bien qu'il me manque énormément de quoi me "perfectionner", disons plutôt "m'ajuster", pour avoir un avis assez constructif sur le côté technique de l'écriture, cela ne change absolument rien, dans l'immédiat, au ressentis que je perçois. Marquant.
Les mots ne m'expliquent pas tout...

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.016 secondes avec 22 requêtes.