Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Mai 2026 à 14:20:42
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Qu'est-ce qui nous empêche d'écouler totalement le flot de notre imagination?

Auteur Sujet: Qu'est-ce qui nous empêche d'écouler totalement le flot de notre imagination?  (Lu 3094 fois)

Hors ligne deadcorpse33

  • Scribe
  • Messages: 71
  • Explorateur de nouveaux genres
Je poste ce sujet sur un petit débat sur ce qui empêche selon vous un écrivain d'étaller toute
son imagination, de la transposer en un texte.
Quels sont les ennemis numero un de notre liberté imaginative?

-La non-ouverture au monde nous entourant, rester figé dans un monde
  psychorigide est une entrave à notre imagination.
  En effet, je suis très rationnaliste, athé, etc...
  Bref quand j'avais commencer mon roman "Aurores" je voulais partir sur un cadre réel 
  d'actualité avec un personnage surnaturel... J'ai longtemps réfléchi à ce paradoxe.
  En fait, en littérature, il n'y a pas de paradoxes, juste la logique que l'on veut intégrer au 
  texte. Cette logique peut être présente au premier degrès ou alors cachée par la symbolique
  du texte en lui même.

-La peur d'être bousculé par une opinion défavorable. Ou la peur de la critique.

-Faire un choix entre assumer son style totalement ou plaire au plus grand nombre.
  Il faut savoir doser ce mélange pour permettre l'immersion du lecteur dans votre univers.

-Le temps pour écrire (si vous n'êtes pas chômeur) est un grand obstacle.

-La drogue et l'alcool, je l'ai bien remarqué, ne stimule pas la créativité comme le prétendent
  certains mais vous sort de votre univers imaginaire pour la remplacer par des pulsions plus
  animale. Et on se met à écrire des choses ne nous ressemblant pas et pouvant porter tort
  autant aux autres qu'à vous.


Voilà quelques arguments. Si ce débat vous interesse et que vous voulez rajouter un argument ou encore en contredire un autre, lachez vos comms! :)
Un regard perçant et une âme d'enfant il te faudra, pour percer
la vérité métaphysique sans la cacher à toi, comme aux autres.
Un monde sans magie est affreux, pourtant il est réel.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
J'avoue que je ne comprends pas trop ce que tu veux dire... Qu'est-ce que tu entends par "écouler totalement le flot de notre imagination ?"
Tu veux dire : qu'est-ce qui nous empêche de nous lâcher dans un texte ?
Hm... Je sais pas, j'ai pas cette impression... Il m'est même arrivé de partir totalement en délire dans certains textes (sans pour autant qu'ils soient à mes yeux des délires personnels non relus ; je veux dire que j'avais vraiment travaillé ces textes). Du coup je dirais que si mes textes sont pas plus imaginatifs, c'est juste que j'ai pas davantage d'imagination...  ::)

Sinon, la limite à l'imagination que l'auteur peut déployer dans un texte, je dirais que c'est le lecteur. Un texte, on peut l'écrire pour soi-même, mais il n'exerce pas pleinement sa fonction de texte ; et d'ailleurs, s'il est écrit pour soi-même, ça ne sert à rien de se poser des questions littéraires à son sujet, vu qu'on est son propre destinataire.
Mais dès lors qu'un texte est pleinement texte, qu'il est écrit pour être lu par un lecteur (lecteur abstrait ; je veux dire qu'il est conçu pour être un support de communication), la seule limite à ce qu'on peut mettre dedans, c'est que le lecteur comprenne, se laisse emporter. AMHA.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

World End Girlfriend

  • Invité
Moi aussi j'ai pas trop saisi ce que tu voulais savoir, mais pour répondre à ta question, je pense que ce qui peut nous empêcher d'écouler le flot de notre imagination c'est notre limite en tant qu'écrivain.
Je veux dire, tout le monde à une grande imagination, surtout dans l'époque qui est la notre, mais ce qui fait la différence entre les gens normaux et les écrivains, c'est que ces derniers savent comment transformer les images dans leur têtes en mots, en phrases, en paragraphes, en chapitres, puis en livres.
A mon avis c'est cela qui influe en général. Cette capacité à transposer.
Après il y a sans doute d'autres critères qui jouent, mais le reste depend surtout de la personnalité de celui qui écrit.

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
  • Messages: 362
En fait, j'ai l'impression que tu parles de deux choses différentes :
- ce qui limite notre imagination (donc, tes arguments 1 et 5)
- ce qui limite l'expression de notre imagination (donc, les 2, 3, 4)
Ce n'est pas du tout pareil, je pense qu'il faut distinguer ces deux points.
Pour ce qui limite l'expression de notre imagination, je suis complètement d'accord avec Milora : c'est le lecteur hypothétique. Dès l'instant où le texte n'est pas destiné à être immédiatement brulé, il est destiné à un lecteur -qui peut-être l'auteur lui-même, à la rigueur-.
Sinon, ben, il peut y avoir plein de choses qui limitent notre imagination. C'est quand même assez mystérieux l'inspiration, donc bon. Mais c'est sûr qu'elle est quand même limitée par le monde qui nous entoure, par ce qu'on connait, ce qu'on a vécu.
Et sinon, WEG :
Citer
ce qui fait la différence entre les gens normaux et les écrivains
:mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
[img width= height=]http://nanowrimo.org/widget/graph/sixte.png[/img]

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
saaalut,

Pour moi il y a deux types d'imagination :
- celle qui est capable de construire une histoire cohérente en s'inspirant de ce qu'on a lu, vécu, vu etc. (limitation culturelle et contextuelle dont parle Sixte).
- celle qui est inventive. Celle-là je la surclasse. Ce sont les auteurs qui ont été capables d'inventer quelque chose qui n'avait jamais été fait. Autant Tolkien, c'est pas mon héros, autant il faut rendre à césar ce qui lui appartient : ce gars est un génie, il a inventé les standards de la fantasy. Maintenant ça semble banal, je conçois même mal une époque où ce genre d'épopée n'existait pas, et pourtant...
Ce genre d'imagination là, je ne sais pas si on peut l'acquérir. J'ai tendance à penser, comme toute chose, que pour inventer quelque chose nouveau, il faut avoir un esprit divergent, un esprit qui ne pense pas comme les autre et qui est capable de voir les choses tout autrement (Einstein et ses théories c'était ça). Du coup j'assimile le génie à la divergence mais c'est un autre sujet...

Le 1er type d'imagination est à la portée de tous, un peu de pirates, un peu de romance, je te lance un sort, des méchants qui feraient volte-face etc etc. On est tous capables de se faire une petite histoire. La rendre attractive ou intéressante c'est une autre paire de manches (sans parler de la sacro-sainte originalité, mais celle là ne me parle pas). Là entrent en scène les points évoqués par Mil, WEG et Sixte, savoir à qui tu t'adresses dans ton récit et organiser tes chapitres (le boulot de l'"écrivain" comme dit WEG).

Pour ce qui est de se lâcher, c'est à dire mettons que tu aies ton histoire et que tu saches qu'elle tient la route, comment lâcher la bride... je rapproche ça des exposés qu'on faisait en cours, on est tiraillé entre ce qu'on veut dire vraiment sur le ton qui nous plait, et l'"étiquette", le "protocole" à suivre en oral scolaire.
Je ne connais pas la solution. C'est facile de dire "mais fais comme tu veux toi, fais-toi plaisir avant tout, lâche tes phrases, et tant pis si ça plait pas", ce n'est pas facile à exécuter car tu sais que ce que tu écris va être lu, c'est tout à fait normal de vouloir contrôler son "flux" pour s'adapter au lectorat.  Mais ça reste un choix, hein  ::)

vala vala  :aah:
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Dot Quote

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 174
  • ?
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Je poste ce sujet sur un petit débat sur ce qui empêche selon vous un écrivain d'étaller toute
son imagination, de la transposer en un texte.
Quels sont les ennemis numero un de notre liberté imaginative?

Quelle que soit l'ardeur de celui qui écrit, le papier ne sera qu'une partie de la mécanique de l'imagination, qu'on pourrait définir comme l'histoire cérébrale de toute une vie. C'est possible d'en étaler ce qu'on juge d'intérêt, ce dont on est sûr que les mots résonneront ensemble, pour soi comme pour les autres.

C'est un peu comme si on te demandait quel détail tu retiendrais sur une photo ou une peinture. Certains verront les visages des gens qu'il y a dessus pendant que d'autres s'intéresseront au contre jour, où au paysage derrière. Il y en aura qui retiendront l'aspect graphique du cadrage et de la composition, et il y en aura qui préfèreront s'attarder sur les contrastes de couleur ou le grain de l'impression, la focale de l'objectif ou encore l'effet produit par les paramètres d'obturation.

En d'autres termes : c'est toujours toi et tes intérêts qui limitent la vision que tu as du monde, et donc que tu fais transparaitre à travers ton texte. Le meilleur moyen pour briser tes limites est donc : de voir ce qui se fait ailleurs, et de t'enrichir des nouveautés que tu reconnaitras d'après ton propre jugement. Mais attention à l'excès de culture, à force de trop brasser les idées on se complait dans la standardisation qui est l'apanage de nos gouvernements actuels. On dilue la soupe, quoi. Un savant mélange entre introspection et ouverture extérieure est donc la clé de tout ça.

Petite parenthèse à propos d'un avis que je ne partage pas tout à fait : la drogue a ses bienfaits dans une utilisation raisonnable. Tu peux lire Huxley, Thompson, Bukowski, ils avaient tous leurs vices et ont pourtant révolutionné l'histoire de la littérature. Pareil avec Apollinaire, Rimbaud, Sartre et j'en passe...


Personnellement, je rejoins un peu tous les avis sur ce point : nos propres limites sont inhérentes à notre histoire. La somme de ce qui est naturel chez nous, et de ce qu'on a vécu. C'est un peu comme le vin, chaque bouteille est différente selon ses origines, le climats et toussa. Et un côte du Rhône ne se boit pas de la même manière qu'un blanc de Savoie, justement parce qu'ils ont chacun leurs limites. A partir de tes propres atouts, c'est-à-dire tes perceptions propres, que tu forges avec l'expérience, là tu peux exploser tes limites pour progresser. Mais il faut les connaitre avant tout.
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