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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] La maison qui ne vit pas

Auteur Sujet: [Défi] La maison qui ne vit pas  (Lu 1315 fois)

Hors ligne Kerena

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[Défi] La maison qui ne vit pas
« le: 20 Septembre 2012 à 16:09:29 »
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Kerena, je te défie d'écrire un texte dans le domaine de l'étrange
Alors, j’ai bien compris le thème et le principe, mais faut dire que c’est pas trop ma tasse de thé. J’ai cherché une idée toute la matinée, mais finalement, je me suis basée sur une situation qui m’est vraiment arrivée, et où justement je m’étais dit « c’est trop étrange ce truc ! » ^^

Voilou, j’espère avoir respecté les termes du contrat, bonne lecture !



La maison qui ne vit pas


« Oh, merde ! » Sentant mon corps basculer vers l’avant, je me rattrape au pan de mur afin d’éviter la catastrophe imminente et rétablir mon équilibre. Je jette un œil courroucé autour de moi pour trouver le coupable : une lanière de sac, qui traîne à terre entre une pile de livres et une chaise encombrée de vêtements. « Emma ! Tu pourrais ranger tes affaires ! » Un marmonnement me répond. Pas évident, de vivre dans la même chambre que sa sœur, surtout lorsque ladite sœur est bordélique à souhaits. Je continue mon exercice d’équilibriste en enjambant ses cours de maths, perchée sur mes dix centimètres-aiguille.
Descendre les escaliers n’est pas non plus une mince affaire, d’autant que mes parents sont en pleine crise de rangement. C'est-à-dire que maintenant, on peut au moins circuler sur la moitié des marches. Je me dirige prudemment vers l’entrée, veillant à n’écraser ni la sacoche de mon père ni le sac à main de ma mère, et tente de trouver la clé de la voiture sous la pile de courrier.
« Maman ! Où sont les clés de la 107 ?
- Je ne sais pas, moi ! Regarde dans mes poches ! »
Je fouille dans ses poches, puis dans celles de mon père, sans succès. Je les découvre par hasard, dans un tiroir du meuble d’entrée. Je me dirige rapidement vers la cuisine, en état post-apocalypetit-déj. Je sais que j’y ai laissé mon téléphone, quelque part entre les bols de café, les miettes de pain et les taches de confiture. Il se cache finalement derrière la bouteille de lait, dans une petite marre de chocolat. « Merde… » Je l’essuie en vitesse avant de sortir rapidement de la maison, lançant au passage un « J’y vais, bon dimanche à ce soir ! » que j’espère suffisamment puissant pour couvrir la sono de mon père.
Je m’installe dans la voiture et souffle un coup. Un havre de paix, enfin. J’appelle Romain pour lui dire que j’arrive, et prends la route. Si lui est déjà venu, c’est la première fois que je vais chez mon copain, et j’avoue que ça me fait un peu peur.
J’arrive finalement devant une petite maison au crépi d’un blanc éclatant, et klaxonne un bon coup sec pour signaler mon arrivée. Je me gare et traverse le jardinet avant sur la pointe des pieds, car quelque chose me perturbe mais je ne mets pas le doigt dessus.
C’est Romain qui vient m’ouvrir, et après un bonjour satisfaisant, il me laisse passer.
« Je te laisse quelques minutes, j’ai un appel à passer. Essaye de ne pas faire trop de bruit, mon père est dans son bureau et il est du genre maniaque. Ma chambre est à l’étage, au fond du couloir. »
J’acquiesce et entre dans la maison. Romain ferme doucement la porte derrière moi.
Je m’apprête à poser le pied dans l’entrée, lorsque je remarque que ce n’est pas une bonne idée : le sol en simili-marbre brille et j’y aperçois mon reflet. Prévenante, je laisse mes talons sur le paillasson.
« Waouh… Une maison propre et rangée… »
Je traverse l’entrée et me dirige vers l’escalier, mais la curiosité l’emporte et je décide de faire le tour du rez-de-chaussée. La cuisine, d’abord. Ma mère dit que c’est ce qui reflète le mieux une famille. J’y entre, et je reste pantoise.
La pièce est vide.
Littéralement.
Il y a bien une table et un four, mais où sont les épices, paquets de pâtes et autres boîtes de fer qu’on trouve dans toutes les cuisines ? Etonnée, je m’approche pour observer la chose de plus près. J’ouvre un placard au sol, dont la porte pivote dans un silence parfait. Tout l’équipement est là, soigneusement rangé dans ses boîtes, placées comme un jeu de Tétris. Il y a encore le prix sur les batteurs : 200F. J’ouvre un autre placard, au-dessus de l’évier. Les assiettes sont empilées à côté des verres, alignés en rangées précises. Je referme doucement et observe la  cuisine d’ici. C’est incroyable. C’en est presque effrayant. Même l’évier est plus que nickel : pas une trace de calcaire, pas même une goutte d’eau. L’éponge, neuve, est placée dans l’axe des carreaux de la paillasse. Par la fenêtre, je vois le gazon et comprends ce qui m’a gênée : les brins d’herbe sont tous exactement de la même taille, coupés au millimètre près. Sur le mur, une horloge porte des fruits à la place des chiffres. Et là, je réalise une chose. Je tends l’oreille, mais rien, pas même un tic-tac. La maison est silencieuse. Je n’entends ni le père de Romain, ni les voitures dans la rue, ni même mon copain, qui téléphone devant la porte. En revanche, j’entends parfaitement les battements de mon cœur, qui résonnent à mes oreilles. Brusquement écrasée par ce silence, je laisse derrière moi la cuisine à l’effet aussi miroir que le sol de l’entrée, et je me dirige vers l’escalier. La chambre de mon copain me semble être le refuge idéal.
En montant les escaliers de bois – dont les marches n’émettent pas le moindre son -, j’ai une vue imprenable sur le salon, où ici aussi, chaque chose a sa place. Un bouquet de lys parfaitement rond est posé en plein milieu d’une table basse. Les télécommandes sont alignées parallèlement à la télévision. Je frissonne, et, refusant d’en voir plus, je monte rapidement à l’étage.
Ici aussi, le couloir est effrayant : les tableaux sont tous assortis, et je suis sûre qu’ils ont été accrochés avec une équerre. Je le traverse aussi vite que possible pour entrer dans la pièce du fond. Là, je me ravise : j’ai dû me tromper, c’est certainement la chambre de son père. Je ferme la porte et la preuve est là, collée en lettres de bois polis : « ROMAIN ».  Je me frotte les yeux, respire un bon coup et entre à nouveau.
Le papier peint est bleu. Le bureau est vide. Le couvre-lit ne porte pas un seul pli. Le cœur battant, je vais ouvrir le placard. Je reconnais bien les T-shirts de mon copain, parfaitement pliés, repassés, et empilés au millimètre. Etourdie, je veux m’assoir, mais la couette à fleurs bleues me rebute. Les murs, qui ne comportent même pas la moindre punaise, semblent vouloir m’étouffer. Les larmes aux yeux, je respire doucement pour me calmer.
Un déclic derrière moi me fait sursauter, et je me retourne avec un cri.
« Romain ! »
Souriant, il observe mes yeux larmoyants et mon air désemparé.
« Et oui… Bienvenue dans la maison qui ne vit pas. »

Comme je le disais en haut, c'est une situation que j'ai vraiment vécue, en moins flippant certes, mais c'est l'impression que j'ai eue... En plus c'est vraiment le nom que mon pote - et non mon copain - donne à son "chez-lui"... La maison ressemble à une maison de démonstration, c'est vraiment horrible XD Après je n'ai jamais écrit dans le registre de l'étrange, et je ne suis pas sûre d'avoir vraiment réussi...  :-\ A vous les studios !



« Modifié: 20 Septembre 2012 à 16:11:44 par Kerena »
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [Défi] La maison qui ne vit pas
« Réponse #1 le: 20 Septembre 2012 à 16:43:58 »
Dans le détail :
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afin d’éviter la catastrophe imminente et rétablir mon équilibre.
et de rétablir

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ladite sœur est bordélique à souhaits.
je pense pas qu'y ait de s à souhaits
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en état post-apocalypetit-déj.
:D

Depuis le début y a quand même beaucoup d'adverbes. Ex :
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Je me dirige rapidement vers la cuisine, en état post-apocalypetit-déj. Je sais que j’y ai laissé mon téléphone, quelque part entre les bols de café, les miettes de pain et les taches de confiture. Il se cache finalement derrière la bouteille de lait, dans une petite marre de chocolat. « Merde… » Je l’essuie en vitesse avant de sortir rapidement de la maison, lançant au passage un « J’y vais, bon dimanche à ce soir ! » que j’espère suffisamment puissant pour couvrir la sono de mon père.
(dont rapidement x2 ). Du coup ça alourdit un peu ton texte je trouve.

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Je me gare et traverse le jardinet avant sur la pointe des pieds, car quelque chose me perturbe mais je ne mets pas le doigt dessus.
Je trouve la partie en gras un peu maladroite

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et après un bonjour satisfaisant,
bug ^ ^

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Ma mère dit que c’est ce qui reflète le mieux une famille.
Le coeur de la maison : la cuisine !
*je sors  ::) *

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et observe la  cuisine d’ici.
espace en trop avant cuisine

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ni même mon copain, qui téléphone devant la porte.
devant quelle porte ? J'ai du mal à situer

Y a beaucoup de fois le mot "cuisine" dans ce passage.

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je laisse derrière moi la cuisine à l’effet aussi miroir que le sol de l’entrée
Hm, ça me fait bizarre. Une cuisine à l'effet miroir ? ça ne veut pas dire grand chose... Tu parles du sol ? Du coup la phrase est étrange...

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où ici aussi, chaque chose a sa place. Un bouquet de lys parfaitement rond est posé en plein milieu d’une table basse. Les télécommandes sont alignées parallèlement à la télévision. Je frissonne, et, refusant d’en voir plus, je monte rapidement à l’étage.
Ici aussi, le couloir est effrayant
ici aussi x2

Globalement :
ça se lit bien :) On sent que tu as été un peu vite ici (quelques répétitions, beaucoup d'adverbes en -ment, les phrases qui ont souvent la même structure), mais on sent une vraie aisance et une vraie fluidité dans ta façon d'écrire.
Après pour l'histoire... J'avoue que j'ai été un peu déçue  :-¬? Je m'attendais - même à la lecture de la première moitié du texte - à quelque chose de plus bizarre. Quelque chose qui pique vraiment la curiosité, qui donne une sensation d'étrange, limite de malaise, ou qui intrigue. Là, c'est pas très courant comme rangement de maison, mais j'ai trouvé que le texte restait trop descriptif, trop distant pour qu'on partage le malaise de la narratrice, dont on ne comprend pas trop pourquoi, tout à coup, elle se met à pleurer. Je pense que le texte aurait gagné à avoir plus de tension, plus d'ambiance.
Et puis ça m'a étonnée tout du long que ce soit son copain ; ou alors elle le connaît vraiment depuis très peu de temps. Mais elle n'a pas trop l'air de penser à lui ; enfin, disons qu'aucune pensée, aucun sentiment, aucun détail dans la maison ne la ramènent à comparer avec ce qu'elle sait de son copain.

Voilà, donc, ça se lit bien et l'idée est sympa, mais j'ai pas été trop trop convaincue par le traitement  :-[ J'ai plutôt eu l'impression de lire une tranche de vie qu'une nouvelle bizarre...  :-[
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [Défi] La maison qui ne vit pas
« Réponse #2 le: 20 Septembre 2012 à 16:51:05 »
Bonjour !


Oui, je trouve que ça se lit très bien. Comme tous tes textes, d'ailleurs.

Arrivé vers la moitié, je pensais que c'était cette première maison qui allait montrer quelque chose d'étrange.
Finalement, la description de la deuxième, si elle est en totale opposition avec la première, ne me semble pas suffisante. Pas suffisante dans la quantité de description, mais aussi dans la qualité : j'ai été plus impressionné par la première description qui occupe une bonne moitié du texte.

Je pense donc que tu es allée un peu trop vite, que tu n'as pas su bien te focaliser sur le malaise et que tu as un peu trop développé la première partie.
Peut-être que tu devrais laisser reposer ton texte un moment et que tout cela te sautera aux yeux d'ici quelques temps.


Cordialement,
O.
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Re : [Défi] La maison qui ne vit pas
« Réponse #3 le: 20 Septembre 2012 à 17:09:09 »
Chouette, des tomates  :mrgreen:

Plus sérieusement, je sai bien que mon texte est maladroit, comme je l'ai dit je savais pas trop comment traiter le sujet, et même si écrire ça m'a pris quelques heures (ouioui :huhu: ) je vois bien qu'il n'est pas au top.

Faudrait que je le reprenne, ouais, y mettre plus de... D'oppression, quelque chose comme ça. Mais là, en l'écrivant, j'arrivais pas à me mettre dans la peau du personnage (et merde, ça me soule puisqu'à la base c'est moi qui suis rentrée dans cette maison XD ).
Idem pour les adverbes, j'ai senti qu'il y en avait beaucoup. C'est pourtant même pas un premier jet, je me suis relue ><

Bref merci pour vos avis, même si j'ai pas vraiment de surprises à la lecture de vos remarques.

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Re : [Défi] La maison qui ne vit pas
« Réponse #4 le: 20 Septembre 2012 à 17:26:27 »
Ben je pense que c'est pas facile, comme genre  :mrgreen: C'est pour ça que c'était un défi  ::) Le plus simple c'est de faire un récit fantastique mais qui privilégie l'explication rationnelle à la fin - mais c'est moins drôle  :P

Tiens, j'ai retrouvé le texte auquel je pensais en te défiant (même si c'est pas exactement de l'étrange, c'est plus de l'insolite, du bizarre...) : http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_s%E2%80%99y_m%C3%A9prendre
La structure de ton texte y ressemble au final assez ; c'est juste que l'ambiance qui s'en dégage n'est pas étrange...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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