Sympathique petite incitation.
Je tente une impro, ce sera surement maladroit mais j'ai mon idée, 'tirée de faits réels'... =)
Le dos étendu sur l'herbe, je tends les extrémités. Jambes écartées, bras en croix : me voila harnaché au sol par les petits filins invisibles de la gravité. Autour de moi ? Rien. Je ne vois plus les arbres derrière, je n'entends plus le flot de la circulation à côté de la plage. Plus de draps tendus sur le gazon, ni de seaux en plastiques et de chateaux de sable à l'orée des vagues. Le bleu de l'azur a remplacé celui de l'eau, loin au dessus de mes yeux. Regardant l'infini de l'atmosphère au dessus de ma tête, je somnole tandis que mon corps s'allège, s'évapore. Cette après-midi passée allongée au soleil commence à m'alourdir les sens, et c'est de là qu'une étrange peur s'éveille. Une douce crainte provoquée par mon cerveau en manque de repère visuel.
Au dessus de moi, il n'y a plus de ligne d'horizon, il n'y a pas d'immeubles ni de montagnes, encore moins de champs, de prairies ou de forêts. Juste ce bleu diffus s'étendant sur des kilomètres jusqu'à la lisière de mes paupières ; ce tissu de velour tendu au dessus de ma tête. Je sais que derrière celui-ci, il y a du rien à perte d'existence. Rien que du vide dans lequel je ne pourrais jamais tomber.
Pourtant, lorsque la terre disparait de mon regard, je ne peux m'empêcher de l'imaginer...