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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jaune citron [défi]

Auteur Sujet: Jaune citron [défi]  (Lu 8616 fois)

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
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Jaune citron [défi]
« le: 30 Mai 2012 à 00:25:43 »
C'est du grand n'importe quoi, j'admets.  :mrgreen:
N'empêche, c'était marrant à écrire et ça ressemble pas trop à ce que je fais en général.

Nouvelle version (avec 40% de sel en moins et la chance de gagner un voyage pour une demi-personne à Tombouctou !)

On reconnait la noblesse à trois qualités : la beauté de la chevelure, la finesse du pied, et l’élégance de la main. Donc, par extension, à la perfection des boucles, des souliers, et des gants.
Monsieur de Dreux-Soubise, comte de son état, avait le malheur d’être chauve et boiteux. Il était conscient que ces défauts entachaient son aristocratie, insultaient ses quatre-vingt-dix-huit quartiers de vieille noblesse et outrageaient de leur disgrâce toute la lignée des comtes de Dreux-Soubise, qui avait le rare privilège de remonter jusqu’à Saint Louis. Le pauvre homme, rejeton indigne d’ancêtres illustres pour l’excellence des ces trois qualités, en souffrait beaucoup. Mais, par chance, tout à la fois sa bravoure et sa honte lui avaient insufflé, muses compatissantes, un stratagème qu’il n’hésitait pas à qualifier de bien habile. Pour compenser sa première tare, il portait une perruque, et sa longue canne à pommeau d’or transformait sa claudication en démarche de patriarche. Si ces ruses n’étaient pas restées des artifices sans saveur, c’est parce qu’un éclair de génie les avait transcendées : monsieur de Dreux-Soubise portait des gants.
Il avait hérité de longues mains, fines, belles, délicates, légères : des mains qui ne déshonoraient pas un comte de Dreux-Soubise. Jeune garçon, il avait enchanté sa mère quand il s’asseyait au piano ; moins par sa virtuosité —son solfège était toujours resté approximatif, il confondait souvent les si et les do— que par la grâce avec laquelle il effleurait les touches. Jeune homme, on lui avait interdit la pratique de la boxe —qu’il avait pourtant insisté pour pratiquer—  de peur qu’il ne s’écorchât les doigts. Il avait même servi de modèle à son ami Cabanel et prêté ses mains à son merveilleux Ange Déchu. Seulement, le temps passant, des tâches d’un brun d’opprobre avaient fait leur apparition, déparant la peau diaphane. Les gants masquaient cette déchéance et, surtout, détournaient l’attention.
Il faut préciser que le comte de Dreux-Soubise ne portait pas n’importe quels gants. S’il n'accordait qu’une attention flegmatique à ses costumes, il choisissait en revanche ses gants avec un soin d’esthète éclairé. Les gentilshommes habillaient généralement leurs mains de noir ou de gris en hiver, de beige quand ils allaient au bois et de blanc les soirs d’opéra. Monsieur de Dreux-Soubise, lui, portait des gants jaune citron. C’était deux petites merveilles de cuir d’agneau perlé, confectionnées sur mesure par son gantier. Les peausseries, brillantes et lisses sur l’avers, au revers délicieusement doux, étaient assemblées avec art, et cousues à points si petits qu’il parvenait à peine à les discerner. Les gants descendaient assez bas sur le poignet et se fermaient par deux boutons carrés recouverts d’un velours dont le vert lui évoquait les sapins des berges du lac Léman.
Ces gants s’acquittaient de leur mission avec brio : si l’on rencontrait le comte à la sortie de son hôtel rue Vieille du temple, on ne voyait que ses mains. Il avait développé plus ou moins naturellement une gestuelle qui les mettait discrètement, mais méthodiquement en valeur. Quand il s’asseyait, il posait les mains sur le pommeau de sa canne d’un air docte. Quand il parlait, il agrémentait son propos de gracieuses paraboles dessinées du bout des doigts, et quand il marchait, il retenait son chapeau, comme pour se protéger d’un courant d’air qui lui aurait été personnellement destiné.
Tout naturellement, comme on a de l’affection pour sa vieille nourrice, il s’était pris d’amitié pour ces deux morceaux de cuir jaune, si bien qu’il avait commencé à leur parler. Oh, pas grand-chose, au début : le comte était un homme timide. Mais, à force de les côtoyer, il en était venu à se confier à eux. Il évoquait le souvenir de la comtesse, leur fils parti en Italie, ses paris à Longchamp dont feue son épouse aurait dit avec un petit rire qu’ils étaient déraisonnables, sa toux chronique. Quand il s’adressait aux gants, il ne les enlevait pas, il posait ses mains à plat, sur ses genoux et fixait les boutons en s’imaginant qu’ils étaient des yeux. Il leur parlait le matin quand il se levait, pour leur décrire le ciel et faire en conséquence ses pronostics sur la météo du jour. Il leur parlait en déjeunant, pour commenter le repas. Il leur parlait quand il tournait une page de son livre de chevet, pour formuler ses critiques. Il leur parlait avant de se mettre au lit, quand il les enlevait, pour leur souhaiter la bonne nuit.
Un beau matin, le comte décida d’aller se promener sur une Place des Vosges qui devait frissonner sous la brise et briller sous les éclaboussures du soleil printanier après une semaine où il s'était retranché dans son hôtel pour résister à un coup de froid tardif. Sa canne tintait joyeusement sur le pavé, un véritable souffle d’air justifiait qu’il portât la main à son chapeau, et ses gants paraissaient plus jaunes que jamais. Il marchait, fringant, sa claudication et sa toux presque oubliées, en conversant joyeusement avec ses gants. Il était de la meilleure humeur imaginable. Malheureusement, la fatalité avait décidé de perturber cette radieuse harmonie par une suite d’évènements qui devaient sceller le destin du comte de Dreux-Soubise.
Alors qu’il s’extasiait sur le ciel sans nuages, un de ces gros rats parisiens, qui ont parfois l’indécence de sortir en pleine rue, fondit stupidement sur lui. Mû par un réflexe salvateur et étonnamment preste, le comte fit un saut de côté pour éviter l’animal. Mais quand ses pieds retrouvèrent le sol, sa botte glissa sur un gravillon importun. Il brassa l’air avec de grands mouvements désordonnés, lâcha sa canne et finit par se rattraper in extremis au mur d’une maison voisine. Il poussa un grand soupir de soulagement, avant de s’apercevoir qu’il avait posé la main précisément sur un crochet métallique sournoisement dissimulé dans le mur. Le crochet avait déchiré le beau cuir jaune citron. Paniqué, le comte ôta son gant pour évaluer les dégâts. Au même moment, une fillette, de l’autre côté de la rue, aperçut le rat qui se faufilait dans une bouche d’égout et hurla de frayeur. Le comte, déjà tremblant d’émotion, sursauta et laissa échapper le gant. Le vent de ce matin de printemps, l’alizé qui avait décidé le comte à sortir après plusieurs jours de réclusion, happa alors le vêtement. Le cœur de monsieur de Dreux-Soubise eut un raté à la vue de l’objet chéri tournoyant dans le soleil. La petite œuvre d'art atterrit doucement dans la boue du caniveau. Le comte voulut se précipiter pour le soustraire à la fange. Il avait à peine esquissé un mouvement, qu’un fiacre lui coupa la route. Dès que la voiture fut passée, il s’élança. Le cheval avait piétiné le gant. A la vue du lambeau jaune souillé et déchiré, le cœur de monsieur de Dreux-Soubise s’arrêta tout à fait, et il tomba à la renverse, sa main nue convulsivement serrée sur l’autre gant qu’il portait encore.
On fut incapable de lui faire lâcher prise, si bien qu’on l’enterra avec un seul gant.     

Ancienne version

On reconnait la noblesse à trois qualités : la beauté de la chevelure, la finesse du pied, et l’élégance de la main. Donc, par extension, à la perfection des boucles, des souliers, et des gants. Monsieur de Dreux-Soubise, comte de son état, avait le malheur d’être chauve et boiteux. Il était parfaitement conscient que ces défauts entachaient son aristocratie, insultaient ses quatre-vingt-dix-huit quartiers de vieille noblesse, et outrageaient de leur disgrâce toute la lignée des comtes de Dreux-Soubise, qui avait le rare privilège de remonter jusqu’à Saint Louis. Le pauvre homme, rejeton indigne d’ancêtres illustres pour l’excellence des ces trois qualités, était fort malheureux. Par bonheur, tout à la fois sa bravoure et sa honte lui avaient insufflé, muses compatissantes, un stratagème bien habile. Pour compenser sa première tare, il portait une perruque et sa longue canne à pommeau d’or transformait sa claudication en démarche de patriarche. Mais un éclair de génie avait transcendé ces deux premières ruses : le comte de Dreux-Soubise portait des gants.

Il avait hérité de longues mains, fines, belles, délicates, légères : des mains qui ne déshonoraient pas un comte de Dreux-Soubise. Jeune garçon, il avait enchanté sa mère quand il s’asseyait au piano : moins par sa virtuosité –son solfège était toujours resté approximatif, il confondait souvent les si et les do- que par la grâce avec laquelle il effleurait les touches. Jeune homme, on lui avait interdit la pratique de la boxe, de peur qu’il ne s’écorchât les doigts. Adulte, il avait servi de modèle à Cabanel et avait prêté ses mains à son merveilleux Ange Déchu. Seulement, le temps passant, des tâches d’un brun d’opprobre avaient fait leur apparition, déparant sa peau diaphane. Les gants masquaient cette déchéance et, surtout, détournaient l’attention.

Il faut préciser que le comte de Dreux-Soubise ne portait pas n’importe quels gants. Ses préférés étaient une paire particulièrement originale, qui avait fait sensation dans les salons. Les gentilshommes habillaient généralement leurs mains de noir ou de gris en hiver, de beige quand ils allaient au bois, et de blanc les soirs d’opéra. Monsieur de Dreux-Soubise, lui, portait des gants jaune citron. C’était deux petites merveilles en cuir de vachette, cousues sur mesure par son gantier, brillantes et lisses à l’extérieur, délicieusement douces à l’intérieur. Ils descendaient assez bas sur le poignet, et se fermaient par un bouton carré vert sapin –nouvelle originalité dont il était assez fier.
Ces gants de vachette remplissaient leur fonction avec brio : si l’on rencontrait le comte à la sortie de son hôtel rue Vieille du temple, on ne voyait que ses mains. Il avait pour ce faire développé en plus toute une gestuelle visant à les mettre en valeur. Quand il s’asseyait, il posait les deux mains sur le pommeau de sa canne d’un air docte et quand il marchait, il retenait son chapeau, comme pour se protéger d’un courant d’air qui lui serait personnellement destiné. Il en était même venu à ne plus les quitter pendant les repas.

Ces gants étaient devenus l’ultime filin qui le raccrochait à son relatif succès en société, ses plus fidèles serviteurs. Tout naturellement, comme on songe avec tendresse à sa vieille nourrice, il s’était pris d’amitié pour ces deux morceaux de cuir jaune, si bien qu’il avait commencé à leur parler. Oh, pas grand-chose, au début : le comte était un homme timide. Mais, à force de les côtoyer, il en était venu à se confier à eux, à leur parler de son souvenir de la comtesse, de leur fils parti en Italie, de ses paris à Longchamp, de sa toux chronique. Quand il s’adressait à eux, il ne les enlevait pas, il posait ses mains à plat, sur ses genoux, et fixait les boutons en s’imaginant qu’ils étaient des yeux. Il leur parlait le matin quand il se levait, pour leur décrire le ciel qu’il voyait par la fenêtre et faire en conséquence ses pronostics sur la météo du jour. Il leur parlait en déjeunant, pour commenter le repas. Il leur parlait quand il tournait une page de son livre de chevet, pour formuler ses critiques. Il leur parlait avant de se mettre au lit, quand il les enlevait, pour leur souhaiter la bonne nuit. Il leur était très attaché.

Un beau matin de printemps, il était allé se promener sur une Place des Vosges resplendissante de clarté et frissonnante sous les premiers rayons du soleil. Sa canne tintait joyeusement sur le pavé, un véritable souffle d’air justifiait qu’il portât la main à son chapeau, et ses gants paraissaient plus jaunes que jamais. Il marchait, fringant, sa claudication et sa toux presque oubliées, en s'adressant joyeusement aux boutons. Il était de la meilleure humeur imaginable. Malheureusement, la fatalité avait décidé de perturber cette sublime harmonie.

Alors qu’il s’extasiait sur le ciel sans nuages, un de ces gros rats parisiens, qui ont parfois l’indécence de sortir en pleine rue, fondit stupidement sur les pieds du vieil homme. A cet instant précis, se produisit une suite évènements qui devaient sceller le destin du comte de Dreux-Soubise. Son premier réflexe, bien naturel, fut de sauter de côté pour éviter l'animal ; malgré son âge, le comte était toujours vif. Un instant plus tard, quand ses pieds retrouvèrent le sol, sa botte glissa sur un gravillon importun. déséquilibré, le comte de Dreux-Soubise brassa l’air en de grands mouvements désordonnés, lâcha sa canne, et se rattrapa in extremis au mur d’une maison voisine. Il eut à peine le temps de pousser un grand soupir de soulagement avant de s’apercevoir qu’il avait posé la main précisément sur un minuscule crochet métallique sournoisement dissimulé dans le mur. Le crochet avait écorché le beau cuir jaune citron. Paniqué, fébrile, le comte ôta son gant pour évaluer les dégâts. Alors qu'il examinait le gant, une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniqué par la cabriole du comte, cria sa frayeur. Le comte, déjà tremblant d’émotion, sursauta. Le petit vent printanier happa alors le gant, que le comte avait laissé échapper. Il s’envola. Le cœur de monsieur de Dreux-Soubise s’arrêta à la vue de l’objet chéri tournoyant dans le soleil. Le gant atterrit dans le caniveau boueux. Avant que le comte ait fait un mouvement, un cheval attelé à un fiacre de location piétina le gant. A la vue du lambeau jaune souillé et déchiré, le cœur de monsieur de Dreux-Soubise s’arrêta tout à fait. Il tomba à la renverse, sa main nue convulsivement serrée sur l’autre gant qu’il portait encore. On fut incapable de lui faire lâcher prise, si bien que n'ayant pu lui enfiler une autre paire, on l’enterra avec un seul des gants jaune citron.


Milora m'avait lancé le défi : "écris l'histoire d'un gant (ou d'une paire de gants)"   
« Modifié: 01 Avril 2013 à 22:44:05 par Sixte »
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Hors ligne Faina Louve

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #1 le: 30 Mai 2012 à 00:38:28 »

Un texte amusant et inattendu.  Si on m'avait demandé d'écrire l'histoire d'un gant, je crois que j'aurais fait page blanche.
J'aime particulièrement le style très soigné, et légèrement moqueur.

C'est le genre d'histoire qui reste dans la tête, sans qu'on en comprenne vraiment la finalité, mais qui rappelle plein de petites anecdotes tendres ou tristes.
"Te mordre. Te mordre comme je le fais chaque nuit dans les mauvais rêves qui peuplent le noir de ma solitude. Te mordre jusqu'à ce que je me noie dans ton sang."



"Mes nuits ont perdu leur goût de promesses et mon regard n'erre plus à fleur d'objet"

Hors ligne Doctor Grimm

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #2 le: 30 Mai 2012 à 00:45:15 »
J'ai beaucoup aimé.
C'est un texte vraiment super, j'ai rien à redire sur la syntaxe ou l'orthographe, tout est parfait de ce point de vue là. L'histoire est originale, et j'aime beaucoup la personnalité du compte, ou du moins ce que je crois en deviner : c'est un vieux monsieur très solitaire, en fait, non ?
Ah, et je veux les même gants !  :mrgreen:

Voilà .
Au plaisir !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Tomoyo

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #3 le: 30 Mai 2012 à 21:15:02 »
Saaalut,

Citer
Jeune homme, on lui avait interdit la pratique de la boxe, de peur qu’il ne s’écorchât les doigts.
J'ai trouvé ça étonnant, comme si c'était un sport qu'on proposait naturellement... :-\

Citer
on attache de l’affection  / Il leur était très attaché.
Certes il y a quelques lignes entre les deux, mais je sais pas pourquoi ça m'a sauté aux yeux...

Citer
Mû par un réflexe salvateur, celui-ci fit un saut de côté pour éviter l’animal.
huhuhu, je n'aurais pas dit "salvateur", j'y vois plus de la fuite et de la couardise :mrgreen: (ceci dit j'aurais eu tout à fait le même réflexe en question  :huhu:)

Citer
sa botte glissa sur un gravillon importun
ça m'a fait sourire qu'il n'y ait qu'un seul gravillon  ^^

Citer
A cet instant précis, se produisit une suite évènements qui devaient sceller le destin du comte de Dreux-Soubise.
J'adore ce genre de phrases  :D

Citer
Une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniqué par la cabriole du comte, cria sa frayeur.
paniquée
je ne suis pas fan du "cria sa frayeur"...

Citer
Le petit vent printanier de ce matin de printemps
nan, ça nan, je peux pas   :huhu:

Citer
Avant que le comte ait fait un mouvement, un cheval attelé à un fiacre de location piétina le gant
ahah ben jusque là je pensais que c'était à notre époque  ::)

J'ai beaucoup aimé ton texte, vraiment.
Je suis très vite tombée dedans, j'ai adoré le ton, la précision, le charme de ton écriture. L'histoire parait toute simple, mais c'est bien raconté.
Bref j'ai passé un bon moment, et il faudra vraiment que je te lise ::)

Merci pour ce texte!  :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Polgarat

  • Invité
Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #4 le: 30 Mai 2012 à 21:52:08 »
Ohoh, mon premier commentaire !  :D

C'est un très joli texte, soigné et dont j'ai beaucoup apprécié la lecture!

Le sujet est original et j'ai trouvé l'histoire très bien amenée. Entre autre, il semble qu'à première vue, j'aime beaucoup Monsieur Dreux-Soubise ! Imaginer un noble un peu bancale et sa petite touche de folie a été un exercice très plaisant !

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
  • Messages: 362
Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #5 le: 31 Mai 2012 à 00:26:04 »
Citer
légèrement moqueur
Je pensais pas faire ça au début, mais je me suis inspiré des blagues de Candide (je suis fan de Candide, faut préciser). Je suis contente que l'ironie transparaisse.
Citer
C'est le genre d'histoire qui reste dans la tête, sans qu'on en comprenne vraiment la finalité, mais qui rappelle plein de petites anecdotes tendres ou tristes.
Ah, ça me fait plaisir, ça ! Merci  :D


Citer
J'ai beaucoup aimé.
C'est un texte vraiment super, j'ai rien à redire sur la syntaxe ou l'orthographe, tout est parfait de ce point de vue là. L'histoire est originale, et j'aime beaucoup la personnalité du compte
:mrgreen:

Citer
c'est un vieux monsieur très solitaire, en fait, non ?
Le personnage m'est venu au fur et à mesure, en fait. Au début, j'étais partie pour faire une histoire au seizième siècle avec un comte qui se battait en duel, mais il a pas voulu, alors voilà. :mrgreen:
Oui, c'est un vieil homme solitaire, mais surtout rêveur, un peu mélancolique, à la limite de l’excentricité. J'le trouve sympa aussi;  :mrgreen:
Citer
Ah, et je veux les même gants !  :mrgreen:
Moi aussi ! Je crois que l'idée m'est venu d'Oscar Wilde (il me semble qu'il avait des gants jaunes, à moins que ce ne soit vert pomme).
Je sais pas si ça ce voit mais c'est certainement le texte que j'ai écrit qui a le plus de références implicites.


Saaalut,

Citer

   
Citer
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Jeune homme, on lui avait interdit la pratique de la boxe, de peur qu’il ne s’écorchât les doigts.

J'ai trouvé ça étonnant, comme si c'était un sport qu'on proposait naturellement... :-\
Oui, peut-être un peu. J'aurais pu mettre la savate mais je suis pas sure que ça existait au XIXème. J'ai pas trop d'idée d'un sport traditionnellement aristocratique qui abime les mains, donc bon.



   
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on attache de l’affection  / Il leur était très attaché.

Certes il y a quelques lignes entre les deux, mais je sais pas pourquoi ça m'a sauté aux yeux...
Yep, t'as raison, je change.


   
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Mû par un réflexe salvateur, celui-ci fit un saut de côté pour éviter l’animal.
huhuhu, je n'aurais pas dit "salvateur", j'y vois plus de la fuite et de la couardise :mrgreen: (ceci dit j'aurais eu tout à fait le même réflexe en question  :huhu:)
Ça m'avait aussi fait tiquer en l'écrivant mais pas pour la même raison : rigoureusement, c'est pas très salvateur puisque il meurt. Mais je trouve pas que ce soit vraiment de la couardise (genre quand t'as une voiture qui te fonçe dessus, tu t'écartes. Ok, là, c'est pas une voiture, mais il peut avoir confondu  :mrgreen: Enfin, ce que je veux dire c'est qu'avant de vraiment reconnaitre ce que c'est on a déjà le réflexe de se décaler.) Je vais chercher un autre truc.


   
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sa botte glissa sur un gravillon importun
ça m'a fait sourire qu'il n'y ait qu'un seul gravillon  ^^
C'était le but, pour donner une impression du style "vraiment pas de bol ce type : un rat, un gravillon, une petite fille, un crochet, un cheval, et il se prend les cinq"  :mrgreen:

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Une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniqué par la cabriole du comte, cria sa frayeur.

paniquée
je ne suis pas fan du "cria sa frayeur"...
Ah bon ? :( J'en étais vachement contente moi. Peut-être pas vachement, mais un peu quand même.

 
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Le petit vent printanier de ce matin de printemps

nan, ça nan, je peux pas   :huhu:
Doux Jésus, j'ai vraiment écrit ça ? Là, s'il y avait un smiley qui se tire une balle dans la tête, je le mettrai.  :mrgreen:

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Avant que le comte ait fait un mouvement, un cheval attelé à un fiacre de location piétina le gant
ahah ben jusque là je pensais que c'était à notre époque  ::)
Pourtant j'avais mis pas mal d'indices : Cabanel, le bois, l'hôtel particulier, l'opéra hebdomadaire. Je sais pas ça me paraissait tellement naturel que j'ai pas pensé que ça pouvait étonner. Du coup, ça améliore peut-être la chute, si ça surprend.
 
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J'ai beaucoup aimé ton texte, vraiment.
Je suis très vite tombée dedans, j'ai adoré le ton, la précision, le charme de ton écriture. L'histoire parait toute simple, mais c'est bien raconté.
Bref j'ai passé un bon moment, et il faudra vraiment que je te lise ::)
Merci merci merci. :D Je te fais une révérence virtuelle.  :mrgreen:

Merci à tous d'avoir pris la peine de commenter, je suis contente que ça vous plaise. :D

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Hors ligne Xeraphia

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #6 le: 31 Mai 2012 à 00:33:02 »
Hello o/
J'adore le ton du texte, ton ironie mielleuse, ton cote précieux, le personnage lui-même... bref ta petite satyre est spécialement bien tournée.
J'aime beaucoup moins le dernier paragraphe, par contre. Je trouve qu'il détonne avec le reste et globalement, moins bien écrit. J'ai aimé que le tout se passe très lentement, de façon assez dramatico-dramatique, mais j'ai vraiment buté sur la rédaction à ce moment du passage. J'adore l'idée de la fin par contre, et le petit détail qui tue, "On fut incapable de lui faire lâcher prise, si bien qu’on l’enterra avec un seul des gants jaune citron, n'ayant pu lui enfiler une autre paire. "
Une idée très originale et très bien traitée, en sorte. Ca m'arrive peu dernièrement, mais je n'ai pas laché ton texte jusqu'au point final ;) Et il m'a bien fait rire ;)

Hors ligne Menthe

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #7 le: 31 Mai 2012 à 12:50:36 »
Ah oui, comme j'ai lu ton texte quand tu l'as posté et que j'ai pas mis de com', ben voilà, petit passage.
C'est vraiment sympa, le ton, la fraîcheur, le rythme, le personnage. La chute est bien, et j'adore les gants (en même temps, si je les aimais pas, je serais passée à côté de l'essentiel lol). Me rappelle plus des trucs que j'ai pas aimés. On va dire que y en a pas  :mrgreen: (et puis si je m'en souviens pas, c'est que c'était pas important héhé)
Bravo pour ton défi  !
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne EveFuture

  • Tabellion
  • Messages: 57
Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #8 le: 01 Juin 2012 à 11:17:47 »
Je lis finalement peu de textes sur le forum ( en même temps, y'en a beaucoup). Il a y les textes sympathiques, ceux ayant de bons passages mais avec de gros défauts, ceux bien marrants, prenant pas la tête. Et puis y'a les bons, voire très bon, méritant limite un support papier. Ton texte fait partie de cette dernière catégorie. Déjà sur le style, rien à redire. Il est simple, accessible à tous et en même temps élégant, sans tomber dans le pompeux. Comme menthe, j'ai flashé sur les gants, avec ses couleurs, on aurait dit une friandise. Et puis ton personnage est attachant. j'ai l'impression que tu as comme une sorte d'ironie tendre envers lui. On entre vraîment dans l'histoire, on s'imagine dedans. Bref j'aime. Enfin, ton texte rappelle un peu Balzac ou Flaubert. Déjà, t'écris sur rien ( une paire de gants, non mais, y ' des défis tordus  ;D ), mais en plus, les codes sociaux, le paraître, comment faire bien en dupant son monde, j'ai le sentiment de me retrouver dans un chapitre de la Comédie Humaine.
Voilà, encore une fois, bravo.

"Le ciel vous tienne en joie"
"Je crois en la Fortune de l'Humanité, à l'avenir du cyanure..." Cioran

Hors ligne Äthan

  • Tabellion
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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #9 le: 01 Juin 2012 à 15:02:57 »
Salut Sixte!

"c’était deux petites merveilles en cuir de vachette" --> pas c'étaient plutôt?

"se produisit une suite évènements"   --> une suite d' événements
"qui devaient sceller" --> hmm ... j'aurais mis qui devait en parlant de la suite.


Citer
Ces gants étaient devenus l’ultime filin qui le raccrochait à son relatif succès en société, ses plus fidèles serviteurs. Tout naturellement, comme on songe avec tendresse à sa vieille nourrice, il s’était pris d’amitié pour ces deux morceaux de cuir jaune, si bien qu’il avait commencé à leur parler. Oh, pas grand-chose, au début : le comte était un homme timide. Mais, à force de les côtoyer, il en était venu à se confier à eux, à leur parler de son souvenir de la comtesse, de leur fils parti en Italie, de ses paris à Longchamp, de sa toux chronique.
Ce passage a fait mouche, c'est tout simplement terrible  :mrgreen:

Tout du long je me suis demandé à quoi ce ton bien particulier me faisait penser. Et j'ai trouvé. Ca me rappelle un peu, même pas mal Candide  :mrgreen:
J'ai beaucoup aimé toute l'ironie et le dépaysement. Toute une vie qui gravite autour de deux gants, seulement deux gants! Il fallait bien qu'il lui arrive une bricole à ce cuir de vachette. Hé.
+1 pour le Dreux-Soubise, c'est tellement beau  8)

Je regrette la mort et la fin un peu trop abruptes; mais sinon j'ai beaucoup aimé.
"shaming men [...] not by laughing at but by lashing them"
J.Swift

Hors ligne colinep11

  • Troubadour
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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #10 le: 05 Juin 2012 à 17:45:33 »
On reconnaît la noblesse à trois qualités

Citer
Le pauvre homme, rejeton indigne d’ancêtres illustres pour l’excellence de ces trois qualités, était fort malheureux.

Citer
–son solfège était toujours resté approximatif, il confondait souvent les si et les do-
Il faut mettre des espaces ici avant et après les tirets. Et puis puis plus loin aussi :)

Citer
Seulement, le temps passant, des taches d’un brun d’opprobre avaient fait leur apparition,


Citer
Alors qu’il s’extasiait sur le ciel sans nuage,

Citer
Déséquilibré, le comte de Dreux-Soubise brassa l’air

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une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniquée par la cabriole du comte, cria sa frayeur.


Ah ah !  :D J'adore, c'est très drôle ! En plus, la chute est très bien amenée ^^ Le défi a bien été relevé parce qu'en plus c'est pas facile d'écrire un texte sur des gans :P Bravo, est merci pour cette lecture :)
La lumière est une danseuse capricieuse consciente de sa grâce. Carlos Ruiz ZAFÓN

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #11 le: 07 Juin 2012 à 10:56:42 »
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Alors qu'il examinait le gant, une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniqué par la cabriole du comte, cria sa frayeur.
Je trouve la phrase un peu laborieuse, notamment à cause du "paniqué par la cabriole du comte" qui porte sur le rat, alors que le verbe, après, revient à la fillette ; du coup ça se comprend mais ce c'est pas très fluide, je trouve.

Voilà,  à part ça, j'ai absolument rien à redire au texte. Il est écrit avec une élégante toute ironique qui est pile dans le bon ton pour l'histoire, on sourit, amusé, de bout en bout, et c'est très bien écrit et mené.
Bref, défi relevé, et en plus, j'ai beaucoup apprécié ton texte ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #12 le: 15 Juin 2012 à 19:45:40 »
Bon, alors merci à tous d'avoir commenté, c'est cool.  :)

Xeraphia :

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J'aime beaucoup moins le dernier paragraphe, par contre. Je trouve qu'il détonne avec le reste et globalement, moins bien écrit. J'ai aimé que le tout se passe très lentement, de façon assez dramatico-dramatique, mais j'ai vraiment buté sur la rédaction à ce moment du passage.
Oui, je suis d'accord, la fin est limite baclée. J'y jetterai un coup d’œil à l'occasion, je pense. (Dramatico-dramatique ? :mrgreen:)

Menthe :
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C'est vraiment sympa, le ton, la fraîcheur, le rythme, le personnage.
L'effet léger que je voulais donner à l'air de ressortir : je suis contente, merci.
Au fait, ton nouvel avatar me fait peur, j'ai l'impression qu'elle va me mordre, cette pomme.

EveFuture :
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Je lis finalement peu de textes sur le forum ( en même temps, y'en a beaucoup). Il a y les textes sympathiques, ceux ayant de bons passages mais avec de gros défauts, ceux bien marrants, prenant pas la tête. Et puis y'a les bons, voire très bon, méritant limite un support papier. Ton texte fait partie de cette dernière catégorie. Déjà sur le style, rien à redire. Il est simple, accessible à tous et en même temps élégant, sans tomber dans le pompeux.

 Merci  :-[ Mais je vais finir par être fière, là.
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j'ai l'impression que tu as comme une sorte d'ironie tendre envers lui.
Oui, voilà, c'est exactement ça !
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les codes sociaux, le paraître, comment faire bien en dupant son monde
C'est des thèmes qui me tiennent assez à cœur, en fait. J'aime bien les personnages urbains, un peu policés, c'est bien si ça ressort dans ce texte, alors.
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"Le ciel vous tienne en joie"
Toi aussi, alors  :mrgreen:

Äthan :
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Tout du long je me suis demandé à quoi ce ton bien particulier me faisait penser. Et j'ai trouvé. Ca me rappelle un peu, même pas mal Candide  :mrgreen:
Vive Candide !

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+1 pour le Dreux-Soubise, c'est tellement beau  8)
N'est-ce pas ? Mais c'est pas de moi, malheureusement. C'est le nom d'un personnage secondaire (très secondaire) dans un Arsène Lupin.

colinep11 :

Je vais rectifier ce que tu as signalé, merci.
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En plus, la chute est très bien amenée ^^
Bon, ben, vous êtes pas tous du même avis sur ça, alors. Mais je reste moyennement satisfaite.

Milora :

 
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  Alors qu'il examinait le gant, une petite fille qui marchait juste derrière lui et que le rat bouscula, paniqué par la cabriole du comte, cria sa frayeur.
Je trouve la phrase un peu laborieuse, notamment à cause du "paniqué par la cabriole du comte" qui porte sur le rat, alors que le verbe, après, revient à la fillette ; du coup ça se comprend mais ce c'est pas très fluide, je trouve.
Je suis d'accord, c'est bof. En plus, cette phrase est trop longue, elle casse le rythme.

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Bref, défi relevé, et en plus, j'ai beaucoup apprécié ton texte ! :)
Merci à toi du défi, le gant, ça m'a assez inspirée !
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Hors ligne Milora

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #13 le: 24 Mars 2013 à 16:09:45 »
J'ai relu le texte pour faire la fiche pour le Pentacle, et j'ai pas résisté à l'envie de le remonter. Je l'aime toujours autant : ironique, amusant, distingué, on sourit de bout en bout avec - ou aux dépens - du pauvre comte...  :D

Vraiment bien joué, Sixte !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Jaune citron [défi]
« Réponse #14 le: 01 Avril 2013 à 22:35:49 »
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J'ai relu le texte pour faire la fiche pour le Pentacle, et j'ai pas résisté à l'envie de le remonter. Je l'aime toujours autant : ironique, amusant, distingué, on sourit de bout en bout avec - ou aux dépens - du pauvre comte...  :D
En fait, tu m'as donné envie de le relire pour comprendre ce qui pouvait bien mériter cet éloge.  :huhu:
Et puis en relisant, je me suis souvenue qu'il y avait vraiment plein de choses qui ne me plaisaient pas (dans la forme, ta fiche ne sera pas caduque, hein  :mrgreen:), donc voilà, je l'ai réécrit.

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Vraiment bien joué, Sixte !
Merchi  :-[
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