Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

12 Mai 2026 à 11:58:53
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Étoffons les phrases

Auteur Sujet: Étoffons les phrases  (Lu 20573 fois)

Unconscious Girl

  • Invité
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #45 le: 01 Avril 2013 à 09:48:19 »
Je veux que tu me baises

Lili regardait la rue par la fenêtre embrumée de la voiture. A la radio, du mauvais rap. Son père conduisait tranquillement. C'était un lundi matin. La nuit fut courte. Mais Lili savait s'en accommoder. Ce n'était pas la première fois. Ce ne serait pas la dernière. Elle savait faire semblant. Le masque de la tranquillité était un familier de Lili, elle savait le manier habilement, ni trop, ni pas assez.
Sa mère lui disait souvent "Les apparences sont trompeuses. Apparemment il faut tromper." Alors, Lili trompait, sans trop y penser, naturellement, parce qu'on lui avait appris.
Elle refoula ces larmes par une respiration. Elle ferma les yeux, se focalisa sur la musique. Le rappeur commençait le refrain connu de Lili, elle le voyait dans son clip, entouré d'une dizaine de filles au bord de sa piscine. Le summum du cliché. Elle oublia ces images pour se concentrer sur les paroles.

"Je veux que tu me baises. Meuf, je veux que tu me baises. Oh !"

Le père de Lili eut un gloussement. Lili ferma les yeux de toutes ses forces. Elle sentit soudain sa main puissante sur sa fine cuisse.
Elle prit une longue respiration. Remit le masque. Ouvrit les yeux pour les planter droit devant elle. Un sourire.
"Les apparences sont trompeuses. Apparemment il faut tromper."


PHRASE SUIVANTE: Ça te fait rire ?

Hors ligne Xeraphia

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 032
  • Rudetripping
Re : Re : Étoffons les phrases
« Réponse #46 le: 07 Mai 2013 à 05:29:07 »
PHRASE SUIVANTE: Ça te fait rire ?

-   Ça te fait rire ?
-   Ben… un peu, quand même.
-   T’es taré.
-   C’est toi qui n’as aucun humour.
Elle me regarde, un peu paumée. Elle ne le voit pas, l’humour. C’est dommage, parce qu’il est là. Comme une œuvre d’art. Splendide, discret : beaucoup de classe, cet humour qu’elle ne voit pas. Elle est trop terre-à-terre pour ça.
-   C’est quoi qui te fait rire ? Ce type est malade.
-   Farpaitement. Mais il m’amuse, qu'est-ce que tu veux que je te dise. Mais regarde-le, enfin ! Evidemment, je veux bien croire que ce n’est pas donné à tout le monde de…
Elle ne me laisse pas finir, elle s’éloigne en secouant la tête. Je lui ai fait peur, comme souvent. Elle se calmera, elle reviendra : on est trop proches pour se séparer pour de vrai. Il lui manque ce brin de folie pour apprécier ce que je vois, ce que j’aime, ce qui m’amuse, ce qui me fait vivre. Moi, je suis un artiste, un vrai, et je vois les autres. Un jour, je saurai lui montrer, et elle ne me demandera plus jamais si « Ça me fait rire ? » ; et même si elle ne verra jamais, ça me fera toujours rire.

Suivante : Un violon pleurait tendrement.

Hors ligne Fahrenheit

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #47 le: 09 Mai 2013 à 22:24:11 »
Citer
Suivante : Un violon pleurait tendrement.

Porté par la marée humaine, je marchais à travers le dédale des couloirs de la gare parisienne. L'air ambiant était saturé par l'odeur de la sueur et du parfum des gens tout autour de moi. M'arrêtant un instant pour acheter mon ticket, j'entendis au loin, à travers le capharnaüm de bruits de talons claquant le sol, une mélodie des plus agréable à l'oreille.
J'avançais parmi la foule jusqu'à son origine. L'homme au long manteau se dressait dans un coin, et un violon pleurait tendrement dans ses mains abîmées. La douce musique m'accompagna jusqu'au quai, et résonnait encore dans ma tête quand je sautai sur les rails, un sourire aux lèvres.

Phrase suivante : Leur foi m'effraie.
« Modifié: 09 Mai 2013 à 23:15:09 par Fahrenheit »
Dieu n'a pas fait de paupières pour les oreilles.

Hors ligne Guillaume

  • Tabellion
  • Messages: 44
  • The smaller the egg the bigger the beast
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #48 le: 22 Juin 2013 à 03:28:35 »
Pas évident, j'ai cogité un peu avant de trouver un contexte fiable. A vous de juger  ^^

D'une morosité des plus ignobles, les deux gardes me traînent jusque devant le juge. C'était un homme d'une envergure épatante. Son regard vous faisait savoir qu'il comprenait ce que vous ressentiez, comme si sa sagesse lui permettait de ressentir si précisément votre état d'esprit que son jugement allait être en connaissance de cause. Ses lèvres, humectées, venait de savourer un délicieux repas, certainement au Palais flatté ou un autre restaurant bien réputé du quartier. Il commençât calmement à me poser des questions quant à mes théories sur la forme de la Terre. J'y ai répondu plus que sereinement, tout en gardant un œil sur mes détracteurs, de vulgaires vautours apathiques, guettant une faille dans mon argumentation. Les crocs acérés, prêts à mettre une existence à l'état de débris. Toute cette coalition religieuse est venue me dévorer, ainsi une meute de loup dévorant les théoriciens scientifiques venant brusquer l'impôt religieux dans un quelconque domaine. Ils dirent un à un au juge que mes affirmations ont souillé les croyances du clergé, et que je ne suis qu'une marionnette hérétique que le Diable en personne anime. Leur foi m'effraie, elle pèse lourd, très lourd, et tend vers l'aveuglement. Son poids n'a d'autre choix que de venir s'accumuler sur les épaules du juge, qui finit par me condamner à mort.

Phrase suivante : "Je réalise alors que le temps m'avait rongé"
A vos claviers  :D

La peur n'est pas difficile à vaincre, une fois qu'on l'a saisie...

Eveil

  • Invité
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #49 le: 22 Juin 2013 à 16:26:10 »
Je suis vieux et moche, j’veux dire, j’suis même pas banal, comme les autres gens, nan, j’suis quelque chose d’autre, une créature fabuleuse. Ma barque elle tangue, droite gauche, tic-tac , j’suis pas loin de la fin, ça clapote sur le vieux bois, il a un peu perdu sa peinture bleue d’antan, lui aussi il est vieux et moche. J’suis comme un con, là au milieu de mon lac, dans mon lac y’a pas de poissons, le temps les a pris avant moi, sacrés poiscailles. Des fois, j’me dis que les gens ils manquent d’absurde dans leur vie. Toujours à faire ce qu’on attend d’eux, toujours là où on les attend. Mm, bin moi non. Je réalise que le temps m’avait rongé, pourtant j’me sens pas blessé, j’me sens pas affaibli, j’attends la suite de mon aventure, sereinement dans ma barque, une petite sieste un bel après-midi. J’suis vieux et moche, mais j’le vis bien, ouai.

next : j'ai peur des torchons

Hors ligne Silencieusee

  • Plumelette
  • Messages: 12
  • Hier j'es vu une chose merveilleuse, toi.
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #50 le: 21 Septembre 2013 à 13:56:05 »
Les phobies viennent mais ne partent presque jamais. Et quand on en guéris on a toujours un frisson comme qu'on on se souvient d'avant, moi je ne guérirai jamais car cette phobie reste au fond de moi. Enfant j'en ai failli mourir, de cette saloperie. Ce n'est pas une phobie ordinaire. Très handicapante même c'est la peur du TORCHON !!

Phrase suivante : Le chanteur imitait à la perfection la chanson.
Vaut mieux remonter ses manches que baisser son frog.
                      Maria Bodin

Marydelalune

  • Invité
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #51 le: 26 Septembre 2013 à 18:52:51 »
Un soir de pluie, ruelle déserte. Je me promène, mains dans le dos, au gré du vent. L'eau qui tombe du ciel me rentre dans les chaussures, pénètre mes vêtements, dégouline le long de mes tempes. Ce soir, je suis triste, triste et seule. Je continue mon chemin, flic flac, flic, flac, un pied dans une flaque. Je suis trempée. Comme si rester sous la pluie pouvait me laver de ce que je venais de voir, comme si je pouvais oublier cette abomination. J'écoute, pas un bruit. Je suis seule. Quand soudain, au détour d'un carrefour, je l'entends. Une voix douce, à la fois envoûtante et mélancolique, qui semble sortir de nulle part. Une voix masculine, qui chante une chanson bien connue. " Et la mer efface sur le sable les pas des amants désunis ". Yves Montand. Je me sens mieux, soudain, comme si ma tristesse trouvait refuge dans cette chanson. Le chanteur imitait à la perfection la chanson.

Phrase suivante : Il faut que je l'attrape, cette sale bête.  ^^

Aahraz

  • Invité
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #52 le: 29 Octobre 2013 à 18:46:34 »
Hop, j'tape le squat dans ce petit jeu ;p

Je la sens. Calme, froide, et noire, toujours logée au fond de mon tronc cérébral. Elle siffle et susurre de sordides logorrhées qui me rongent et me hantent continuellement, le jour, la nuit. Elle m'empâte la gorge, ses terribles mandibules m'inondant de dopamine. Elle suce avidement ce qu'il me reste d'adrénaline, m'offre ce que je paye d'ocytocine. Les synapses prisonnières de ses massives pattes velues, elle me berce mortellement. Je plane au dessus de l'enfer, les étoiles qui s'étirent et qui grossissent lentement au fond de mes yeux ne reflètent plus que des volutes du monde. Il va falloir faire quelque chose. Il faut que je l'attrape, cette sale bête...

Phrase suivante : Demain, il pleuvra.
« Modifié: 29 Octobre 2013 à 18:48:48 par Aahraz »

Hors ligne Ambrena

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 659
  • Perle de bois-sorcier
    • Mon Tumblr
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #53 le: 30 Octobre 2013 à 15:49:08 »
Hoplà idem

La nuit va très bientôt tomber. Le soleil n'est presque pas visible, maintenant. Les nuages s'ammoncelent au-dessus de la terre asséchée, à la fois réconfortants et menaçants. Réconfortants, parce qu'il n'a pas plu depuis si longtemps qu'aucune récolte n'a pu éclore, mais aussi menaçants en raison de la tempête qu'ils annoncent, de toute évidence. Oui, c'est sûr et certain : demain, il pleuvra.

Phrase suivant : Je n'ai jamais rien vu d'aussi hardcore de toute ma vie.
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

Hors ligne Pirouli

  • Calliopéen
  • Messages: 589
  • la vie est une pirouette
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #54 le: 30 Octobre 2013 à 17:02:37 »
Je n'ai rien vu d'aussi hardcore de toute ma vie. J'étais plantée derrière des ballots de paille fraîchement coupés, lorsque Jack mon voisin déboula dans la grange suivi de ma sœur aînée. Il se retourna vers elle avec précipitation et lui parla d'un ton veule.
– Viens vite à l'intérieur!
Ma sœur s’exécuta avec empressement. Elle tenait un sac de joute qui paraissait lourd. Elle était haletante. Il essaya de la calmer.
– Ça va bien se passer, ne t'inquiète pas.
Elle hocha la tête timidement. Jack sortit une fine corde de sa poche, l'accrocha à une poutre solidement. Il se retourna vers ma sœur.
– Approche, ça sera vite fait, pas le temps d'avoir mal...
Il empoigna son opinel à la lame affûtée.
– Où est la bête?
Elle lui tendit alors le sac qui bougeait dans tous les sens. Jack y plongea la main et en sortit mon lapin blanc! Paralysée par la stupeur, aucun son ne sortit de ma bouche. Avant que j'ai pu reprendre mes esprits, l'animal avait été assommé, attaché à la poutre, entaillé et pelé. La lame de l'opinel s'enfonça autour de son œil qui sortit de son orbite et libéra un flot de sang que ma sœur s'empressa de récupérer dans un bol. Mes jambes vacillèrent. Jack annonça:
– Maintenant c'est le tour du cochon!


Prochaine phrase : "Maintenant c'est le tour du cochon!"
Il vaut mieux être ivre que con, ça dure moins longtemps.

Hors ligne Mr. Tournesol

  • Calligraphe
  • Messages: 116
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #55 le: 01 Novembre 2013 à 20:10:57 »
Et je me tenais là, pieds et mains liés. Le visage marqué de crachats et de coups. Dégoulinant de crasse. Le reste du corps goudronné et emplumé. Dieu que leurs liens me tuaient la peau ; comme des putains de serpents occupés à me scier les poignets et les chevilles.
Aujourd'hui, le temps était doux. La brise à peine fraîche et le ciel bleu, parsemé de quelques nuages. Une belle journée. Je pensais... on a du mal à s'imaginer, nous, au milieu de tout ça. On pense que ça n'arrive jamais qu'aux autres. On voit les autres partir, mais on s'inquiète pas. On se dit que non, pas nous. Non. On se rassure.

Et ça arrive.
Aujourd'hui était un beau jour, et ma conscience oscillait entre l'odeur de chair brûlée et la déperdition morale. La détresse. Je reniflais un bon coup encore, et levais les yeux vers mon bourreau.

"Maintenant, c'est le tour du cochon !"

J'allais rejoindre Aimée. Plus qu'une vive seconde de souffrance.
Allons-y.

Au prochain : C'est Noël, les enfants !
« Modifié: 29 Décembre 2013 à 01:59:16 par Mr. Tournesol »

Hors ligne Loha

  • Plumelette
  • Messages: 16
  • Apprentie Magicienne et Chercheuse de rêves
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #56 le: 23 Mars 2014 à 11:01:07 »
Jeu très intéressant !

La clé tourne dans la serrure. Elle tourne la tête. Elle voit d'abord ses chaussures noires, ses chaussures trouées qui semblent avoir vécu plus longtemps que leur porteur. Son regard monte, passe sur le pantalon maladroitement rapiécé, s'arrête quelques instants sur cette chemise miteuse flottant sur le torse trop maigre.
Le visage de l'homme est creusé, vieilli par la misère et usé par les années. Un sourire qui parait déplacé sur cette mine fatiguée lui est destiné. Il lui désigne du regard ce qu'il tient dans sa main droite. La petite fille suit le regard. C'est un sapin, un de ceux qu'elle n'a jamais vu que chez les autres. Il ne doit pas faire plus d'un demi-mètre, il est tordu, certaines branches sont déjà marrons, il manque des aiguilles. Pourtant c'est un sapin. Un de ceux qu'on a laissés sur le bord du chemin, trop misérables pour être acceptés. La fillette a du mal à détacher ses yeux de l'arbre, mais son regard incrédule vient à nouveau se fixer sur son père.

"C'est Noël, les enfants !".


La phrase pour le prochain : "Parce que le silence est magnifique"
Laissez moi rêver encore un peu...

Hors ligne Chat-noir

  • Troubadour
  • Messages: 346
  • Grand marionnettiste de vos angoisses enfantines.
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #57 le: 24 Mars 2014 à 00:17:04 »
Josy était là, en haut de cette falaise, surplombant la mer emplie de rochers trappus. Elle ferma les yeux un instant mais la douleur cognait ses tempes, comme si elle voulait sortir de ce crâne inconfortable. Derrière elle, la petite fête foraine du village vivait, se mouvait de ce vent de bretagne. Les lumières de la grande roue brillaient, les musiques criaient. La jeune femme aurait voulu tout jeter dans cette abîme s'offrant devant elle : les orgues de barbaries, les vendeurs de barbapapa, les micros hurlant, les trains fantomes aux cris artificiels, les gens heureux... Tout ça mériterait de partir dans l'eau, ne lui laissant que tranquilité et mélancolie. Parce que le silence est magnifique et que le rompre est un affront terrible. Mais elle ne pouvait, Josy ne pouvait que rester figée là, seule, triste... Puis elle trouva une nouvelle solution : si elle ne pouvait jeter tout ce bonheur au dessus de la falaise, c'est elle ira rejoindre les profondeurs de la mer, mélange de mort et de tranquilité...

Bien bien bien, prochaine phrase : "Ce cerceuil est vraiment trop petit"... ^^
" Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. " - Edgar Allan Poe

Hors ligne Zorg

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #58 le: 16 Avril 2014 à 17:07:04 »

C'est ainsi. J'en suis retournée depuis trois jours, je me sens presque coupable. A qui en parler ? Personne ne lui accordait du temps à part moi. Avec cette tragédie, il pleut, je regarde la pluie couler en trombes, hypnotique, me remémorant les doux et déjà lointains souvenirs. J'aimais avant tout lui vider mon sac à propos de mon mari, mes névroses, mes faux espoirs. Bien qu'il fut déjà dans un état altéré deux mois avant de mourir, il écoutait calmement, sage, les yeux humides, sans commentaire futile et pesant. Ma fille Aline a tout de suite remarqué un changement au début de notre relation. Je souriais aux mauvaises nouvelles du jour, je préparais à manger le soir, je faisais des efforts pour articuler un "merci" à mon mari qui me complimentait sur ma perte de poids, cynique. Aline me décochait des flèches de reproche par les yeux : Maman, je sens que tu trompes mon père et Dieu, tu as un amant. Je n'avais pas envie d'expliquer les choses à l'époque, et ce serait encore plus insensé aujourd'hui. De toute façon, c'est fini, il est inerte. J'ai demandé à la voisine une boîte à chaussure, mais je me rends compte que ce cercueil est vraiment trop petit.

Tu mérites au moins un mausolée, pauvre hamster qui m'a apporté tant de réconfort.

La prochaine phrase est : "Rira bien qui rira le dernier !"


Hors ligne Become

  • Troubadour
  • Messages: 398
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #59 le: 20 Mai 2014 à 23:21:38 »
Ce midi, il allait retrouver sa mère . Elle adorait les gâteaux. Enfourchant son vélo,il se dirigea vers une boulangerie. Il lui fallait prendre la nationale puis la petite route dans les bois sombres, passer le moulin rouge. Il repensait à la fille de la soirée d’hier, le goût fugace des lèvres lorsqu’il  l’avait embrassée, son rouge à lèvre, ses yeux malicieux. Peut-être la reverrait-t-il. Il n’avait pas vu le camion droit devant. Des éboueurs qui revenaient du travail. Il ne voyait pas qu’il allait trop vite. Il tourne la tête, trop tard. La roue du vélo tourne, tourne sans vouloir s’arrêter. Il freine de toutes ses forces. Rien ne peut y faire. Il repense à sa mère : «  Fais attention sur la route». Une inquiétude qu’il chassait d’un haussement d’épaule. Huit ans qu’il prenait son vélo pour se déplacer, moins cher et plus pratique qu’une voiture. Le risque était moindre. Il était prudent, des petites routes de campagne qu’il parcourait avec aisance. Jamais il n’avait eu affaire à un automobiliste un peu rapide.
Le camion s’était arrêté brutalement devant un passage piéton qu’il n’avait pas vu, trop pressé. Le jeune homme insouciant sur son vélo ne le vit pas, trop confiant dans l’habitude. Peut-être était ce le printemps, le soleil, le parfum des fleurs qui le grisait ou des cheveux blonds brillant sous les spots colorés. Il n’eut que le temps de penser à sa mère « Fais attention à toi, sois prudent». Prudent il l'avait toujours été, mais insouciant aussi.

Prochaine phrase: " Chiche! t'es cap' ou t'es pas cap' ? "
Vivons d'humour et de crème fraîche

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.031 secondes avec 23 requêtes.