Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Étoffons les phrases

Auteur Sujet: Étoffons les phrases  (Lu 20591 fois)

Hors ligne western

  • Aède
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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #30 le: 27 Février 2013 à 12:02:52 »
Tu as l'air moins con, quand tu dors le revolver sous l'oreiller


Ils l'avaient bien prévenu, à l'agence lussifeyre. "Attention, c'est un métier de précision. Vous vous en sentez capable?"  Il fit oui de la tête, empocha l'objet, et tourna des talons. Pas une minute à perdre, une somme de travail  l'attendait.
Tout d'abord, une bonne sieste.  Quelle est la meilleur position pour un tireur couché? Il essaya tout. La tête sous l'oreiller.  sur l'oreiller?  Et puis tous ces bras, toutes ces jambes, à ne plus savoir qu'en faire. C'est pourtant vrai, que c'est un métier de précision.  Et ce flingue, pitaing !! Sous le matelas, tu parles d'un inconfort !!
Au bout d'un long moment, il se retrouva, les yeux rivés au plafond, son bras armé se ballotant  le long du lit. Ces imbéciles là, réalisa-t-il subitement, ils seraient fichus de me coller un blâme pour avoir rayé le parquet. Roulé en boule sous la couette,  le précieux emmailloté dans l'édredon, il se mit à rire.
Ah Ah!! Ils peuvent toujours rappliquer, sur ce coup là, chui bon!! Au moins là, tu as l'air moins con, 
quand tu dors le revolver sous l'oreiller !!

 
Et pourtant, elle tourne.

Hors ligne Kerena

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #31 le: 27 Février 2013 à 13:35:37 »
Mode écriture automatique on !

Le vieille horloge du salon tourne toujours, malgré ses cent vingt ans passés. Son tic-tac pénétrant rythme l'atmosphère et se répercute contre les murs vides. Son balancier doré continue éternellement ses va-et-viens, hypnotisant quiconque se risque à l'observer.
La vieille horloge du salon regarde tout. Les deux roses peintes au-dessus du cadran, semblables à deux yeux, scrutent la pièce, attentives au moindre mouvement. Mais le seul qui satisfait ce voyeurisme est celui de la poussière qui s'accumule sur les meubles.
La vieille horloge du salon aurait dû mourir il y a longtemps. Ses engrenages de bois sont gonflés d'humidité, ses poids son rouillés, la clé pour la remonter est abandonnée...
La vieille horloge du salon ne devrait plus fonctionner.
Et pourtant, elle tourne.



Pour la suite : Évidemment, quand on confond le sucre et le sel...

Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Doctor Grimm

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #32 le: 27 Février 2013 à 13:47:24 »
Evidemment, quand on confond le sucre et le sel...


Cette fois, c'est la bonne. Elle prend la petite bouteille, le liquide glougloute dedans. Elle débouche et approche de son nez, pas trop près. Aucune odeur. Elle en verse un peu dans la préparation. Pas de couleur non plus. Parfait. Cette fois, c'est la bonne.
Elle verse le dessert dans dix petits pots et recouvre de biscuits. Dans chaque pot, la dose nécessaire pour que tout s'arrête. Il suffit qu'il mange en entier. Après, à elle la fortune et les condoléances éplorées.
Elle entre dans la cuisine.
"Le dessert est prêt !"
Il la regarde approcher, énamouré. Elle sourit, il sourit. Son dessert préféré. Avide, il se saisit de sa cuillère et prend une riddicule portion. Il faut savourer. Sans remarquer les yeux avides de sa femme, il l'enfonce dans sa bouche.
Il y a un silence, puis il recrache tout, il s'étouffe presque.
"Mais qu'est-ce que t'as foutu la dedans ?!" Un moment, elle panique, on lui avait pourtant certifié ni goût ni odeur, elle ne comprend pas. Elle court vers la cuisine. Son regard s'arrête sur les ingrédients qu'elle a laissé en plan, toute à son impatience. Elle soupire. Encore raté.
Evidemment, quand on confond le sucre et le sel...


Pour la suite : Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
« Modifié: 27 Février 2013 à 13:49:00 par Doctor Grimm »
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Mnemosyne

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Re : Re : Étoffons les phrases
« Réponse #33 le: 27 Février 2013 à 17:05:44 »
Tu as l'air moins con, quand tu dors le revolver sous l'oreiller


Ils l'avaient bien prévenu, à l'agence lussifeyre. "Attention, c'est un métier de précision. Vous vous en sentez capable?"  Il fit oui de la tête, empocha l'objet, et tourna des talons. Pas une minute à perdre, une somme de travail  l'attendait.
Tout d'abord, une bonne sieste.  Quelle est la meilleur position pour un tireur couché? Il essaya tout. La tête sous l'oreiller.  sur l'oreiller?  Et puis tous ces bras, toutes ces jambes, à ne plus savoir qu'en faire. C'est pourtant vrai, que c'est un métier de précision.  Et ce flingue, pitaing !! Sous le matelas, tu parles d'un inconfort !!
Au bout d'un long moment, il se retrouva, les yeux rivés au plafond, son bras armé se ballotant  le long du lit. Ces imbéciles là, réalisa-t-il subitement, ils seraient fichus de me coller un blâme pour avoir rayé le parquet. Roulé en boule sous la couette,  le précieux emmailloté dans l'édredon, il se mit à rire.
Ah Ah!! Ils peuvent toujours rappliquer, sur ce coup là, chui bon!! Au moins là, tu as l'air moins con, 
quand tu dors le revolver sous l'oreiller !!

 
Et pourtant, elle tourne.

Trop de points d'interrogation. Ca tue tout le reste.
Une femme avertie en vaut deux.

"Toute l'écriture est de la cochonnerie (...) Toute la gente littéraire est cochonne", Artaud.

Hors ligne TiL

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #34 le: 27 Février 2013 à 17:21:35 »
C'est la phrase qu'il faut étoffer?  :o

Hors ligne Kerena

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #35 le: 27 Février 2013 à 17:22:38 »
Non, TiL, on en est là :

Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Mnemosyne

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Re : Re : Étoffons les phrases
« Réponse #36 le: 27 Février 2013 à 17:43:47 »
Non, TiL, on en est là :

Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
On avait beau crier, il ne écoutait pas cet enfoiré. Il gribouillait sur ces fiches, alors que nos vies ne tenaient qu'à un fil. On lui disait "noir", il écrivait "blanc". Pourtant, tout était clair, il n'avait qu'à nous écouter. Il s'entêtait dans ses hypothèses, effaçait, recommençait comme s'il était Dieu! Il a même tué un des nôtre. Pourtant il était réel. Il ne l'avait jamais trouvé sincère dans ses dialogues. On murmurait, criait. Sa plume aurait dû rebrousser chemin. Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer cet écrivain de mes deux.

Suivant: Mon miroir m'a menti, ce matin.
Une femme avertie en vaut deux.

"Toute l'écriture est de la cochonnerie (...) Toute la gente littéraire est cochonne", Artaud.

Hors ligne western

  • Aède
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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #37 le: 27 Février 2013 à 18:24:36 »
Mon miroir m'a menti, ce matin

Mon compagnon d'infortune, qui jamais ne m'a trahie. Lui seul sait me dire les mots véritables. Il connait la réponse à  mes questions, qui du voisinage, la topographie fine des plis de l'âge.  Quand je tire la tronche, posément il me dit   Vois ce  que tu deviens, tu es ce que tu hais.
sans ambage, sans fard, nue sous la lumière crue du premier soir.

J'ai regardé par dessus son épaule. J'y ai vu un sourire. Mon dieu, tout se perd. Mon miroir m'a menti ce matin.



Je me suis trompé quelquefois.

Anlor

  • Invité
Re : Étoffons les phrases
« Réponse #38 le: 27 Février 2013 à 18:40:29 »
Je me suis trompé quelquefois.

Oui, je l'admets, malgré ce que je te répètais sans cesse, je n'ai peut-être pas toujours raison. Je me suis peut-être trompé en te disant que c'était la saison rêvée pour aller camper en forêt et retrouver la vie sauvage. Peut-être aussi quand je t'ai dit de t'habiller léger car nous n'aurions pas froid. Ne pas s'intéresser à la météo avant de partir, une erreur, certainement. Nous étions trempés ; je n'aurait peut-être pas dû te dire que ça allait se calmer et qu'il fallait continuer d'avancer. Erreur, encore, quand tu m'as demandé si je savais où nous étions et que je t'ai répondu qu'il suffisait de regarder les étoiles, nous trouverions la sortie. C'est peut-être ma faute si tu es tombée malade et que je n'ai pas voulu appeler les secours car je voulais faire comme nos ancêtres, soigner ton mal de tête avec des plantes.
Je me suis peut-être trompé de plante, aussi, ça ne t'a pas vraiment guérie.




Attention, chérie, ça va couper !

Hors ligne Mnemosyne

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #39 le: 27 Février 2013 à 19:07:28 »
Trente minutes.
Non, quarante.
Cinquante?


J'sais plus. J'ai arrêté de compter mon impatience. C'est fou c'que les gens se perdent dans leurs monologues absurdes au téléphone dès qu'ils croient qu'on est là que pour ça. Il croit vraiment que je l'écoute ce con. J'attends qu'il raccroche. Qu'il me libère, mais non. Il fallait qu'il me parle de son chat. De sa voiture cabossée. Et de sa mère castratrice. Il veut couper les ponts avec elle, qu'il me dit. Oh non surtout pas. S'il croit qu'il va la remplacer par moi, je suis foutue. Et si je lui disais d'aller se faire pendre? Non, ça s'fait pas. Les gens doivent rester polis au téléphone. J'ai sommeil, bordel. Ah ouais... Main'ant il me parle de son boulot à la con. De ses querelles sournoises avec les collègues... Pffiou!
Il m'agace. Il faut que je dorme. Il n'est que quinze heures, mais il faut qu'je dorme. Il n'avait qu'à être moins soporifique.
J'vais l'envoyer paitre. Je dois l'envoyer paitre, pour le bien de tous. Non, mais j'peux pas...
Je sors avec lui. J'suis conne. Comment j'ai pu tomber amoureuse de lui?
J'répondrai à cette question plus tard. Pour le moment...
- Hey, chéri... Chéri? Tu m'écoutes? Là, je dois vraiment y aller ... (On s'obstine au bout du fil et on continue à parler) Chéri! ... Bon, ben... Attention, ça va couper.

CLAC.

Suivante: Mon chat est mort. Vive le chat!
Une femme avertie en vaut deux.

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Hors ligne western

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #40 le: 28 Février 2013 à 01:46:40 »
mon chat est mort. Vive le chat !

L'affaire tombait en rade, c'était clair, la phocéenne me menait en bateau. J'avalais une dernière rasade à fond de cale  pour me remettre à flot. J'ai pas senti le choc au début. Quand j'ai levé la tête, un gyrophare m'éblouissait plein pot.
   - Alors,  matelot, on  écume les chats crevés?
   - Il est Cat' heure moins le Cat', my Lord, mon chat est mort. Vive le chat !
   - C'est ça. Et ma cousine elle s'appelle Agnès. Vous aimez les expériences nouvelles? le panier de crabe. vous allez adorer.


-> faut reconnaitre, c'est du brutal.

« Modifié: 28 Février 2013 à 08:15:18 par western »

Hors ligne Mnemosyne

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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #41 le: 28 Février 2013 à 01:56:02 »
La tâche n'était pas aisée, j'avoue.
Une femme avertie en vaut deux.

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Hors ligne colinep11

  • Troubadour
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    • *Les photos de Coline*
Re : Re : Étoffons les phrases
« Réponse #42 le: 31 Mars 2013 à 11:13:22 »
-> faut reconnaitre, c'est du brutal.

               Bam ! Le poing tape de front sur sa joue. La sueur gicle de son visage. Mais vite, il se remet en place, prêt à parer un deuxième coup. Il tourne, saute d'un pied sur l'autre à petites foulées. Il se prépare, se rapproche peu à peu de son adversaire ; boum ! A son tour de frapper ! Il n'est pas décidé à se laisser vaincre. Son concurrent tombe brutalement.
               - Faut reconnaître, c'est du brutal ! s'exclame le commentateur. L'adversaire est au tapis, va-t-il se relever ?!
               Le boxer trottine paré à lancer un nouveau coup. Un de ses préparateurs lui passe un gant humide sur le visage mais le pugiliste le repousse violemment.
               - ...7, 8, 9, 10 ! Je déclare James LaMotta vainqueur par KO !





Les fleurs butinent les papillons.
« Modifié: 31 Mars 2013 à 11:15:03 par colinep11 »
La lumière est une danseuse capricieuse consciente de sa grâce. Carlos Ruiz ZAFÓN

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #43 le: 31 Mars 2013 à 12:18:39 »
Citer
Les fleurs butinent les papillons.


Je les avais connues autrefois. Si belles, elles offraient leurs couleur, sans armes. Il y a bien longtemps, légèrement posé sur leur tendres pistiles, leur polen attendait le papillon charmant.
Regarde aujourd'hui comme elles bondissent d'un papillon à l'autre.
Et toi, tu crois encore pouvoir ceuillir ta rose? Innocent!



Pour la suite :
Il regarde le bébé et il pleure.
« Modifié: 31 Mars 2013 à 12:21:47 par azerta »

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : Étoffons les phrases
« Réponse #44 le: 31 Mars 2013 à 17:15:54 »
Depuis qu'il est venu au monde, j'ai l'impression que notre couple n'est plus ce qu'il était. Il n'y plus de "nous", plus de tendresse, plus de regards complices. On était juste des parents. J'ai l'impression de me perdre dans ce minuscule petit corps qui me bouffe un peu plus chaque jour. Je n'ai plus de droit de dire "je veux", il fallait que tout passe par lui. Intolérable. J'aurais pu exister enfin quand il est en sommeil, mais non. Il se réveille toujours pour me rappeler que je suis génitrice. Marcel ne le voit pas. Il ne voit pas que je perds la tête. Que je suis disparais à chaque fois que je tends le sein. Je ne veux plus être mère. Je veux être juste une femme. Un individu. Une épouse peut-être. Mais pas mère. C'est au-dessus de mes forces. J'approche du berceau avec un oreiller. Ma délivrance. Au même moment, Marcel entre dans la pièce. Il regarde ce que je tiens entre mes mains. Il regarde le bébé et il pleure.
Il sait que c'est fini. Qu'il n'y a plus de couple. Plus de famille.

Phrase suivante: Je veux que tu me baises.
« Modifié: 31 Mars 2013 à 17:52:40 par Mnemosyne »
Une femme avertie en vaut deux.

"Toute l'écriture est de la cochonnerie (...) Toute la gente littéraire est cochonne", Artaud.

 


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