Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Interlude champêtre

Auteur Sujet: Interlude champêtre  (Lu 2516 fois)

Hors ligne Kasprzak

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    • Mike Kasprzak
Interlude champêtre
« le: 22 Mars 2012 à 15:02:27 »
Allez un dernier texte, histoire de partir gaiement

Interlude champêtre


On était fin juin et le soleil était tout puissant. J'avais plus une thune et je suis tombé sur cette annonce. « Recherche personne motivée et de bonne condition physique pour coupage de branches. Nourri, logé, blanchi. Payé 5 euros de l'heure. Juillet — Août ».
Ça valait le coup. 5 de l'heure c'est pas énorme, mais le reste est fourni directement par le patron. C'est pas tous les jours qu'on est nourri, logé et blanchi. Même si faut bien le voir, c'est pris sur le salaire, mais ce n’est pas pareil.
J'ai passé un coup de fil, ils avaient encore trouvé personne. Le type avait l'air un peu vieux et m'a demandé si j'avais déjà coupé du bois. Bien sûr, je lui ai dit. Ce n’était pas si faux que ça. Mais juste quelques branches, vite fait, quand j'avais 5 ou 6 ans. Il m'a demandé aussi, si j'étais de bonne condition. J'suis un rude gaillard, je lui ai répondu. Il m'a donné rendez-vous chez lui histoire de faire le point.
C'était au fin de fond de nulle part. Une fois qu'on avait été dans le coin le plus reculé de la campagne, fallait encore trouver un vieux chemin de terre caché derrière des peupliers, des saules, et des fantômes de paysans morts au labeur. Assez glauque quand même. Mais pourquoi pas ?
Je suis arrivé dans la cour d'une vieille ferme, ça correspondait bien au reste, rien à redire. Les briques rouges, les petits bâtiments disséminés un peu partout, les coqs qui couraient derrière les poules et le chat allongé au soleil qui ne bronchait pas, tout ça me paraissait cohérent.
J'ai tapé à la porte, il y avait même une petite cloche en laiton à côté de l'entrée. C'était même pas kitsch, c'était dans le ton. L'âme du lieu semblait être en accord avec le lieu lui-même. Un vieux m'a ouvert, il était grand, costaud même, plus que moi et le visage agréable, mais il avait l'air d'en avoir vécu. C'était le visage d'un type qui en connaissait un rayon. On a papoté, il m'a dit qu'il n’avait eu personne d'autre et que je ferais l'affaire. Ça m'allait aussi. J'avais hâte de me confronter à la Nature !

Il m'a fait visiter les lieux. Ça a été assez rapide. Là, il m'a dit, c'est la cuisine, on mange vers 17 h 30, là c'est la salle de bains, ici, il m'a dit en ressortant, il y a une clé pour rentrer le matin ou le soir si on dort. Dehors, il m'a dit, là-bas, la petite cabane, c'est les toilettes, et par ici, en me montrant une échelle en bois qui donnait dans les combles, c'est ta chambre. Il a fini en me disant que je commençais le lendemain, qu'il m'expliquerait tout le truc pendant le dîner et que je pouvais dormir là le soir.

J'ai monté cette échelle en bois. Elle tenait pas tant que ça, disons que fallait pas jouer avec le feu une fois dessus. On sentait bien que si elle avait un moment de faiblesse elle pouvait vous laisser tomber comme ça au milieu du vide.
La porte était en bois aussi, pas de clé, juste un loquet qu'on pouvait fermer à la main. Inutile en quelque sorte. Mais vu l'intérieur, ça ne m’étonnait pas. Il y avait juste un lit et un bureau, et quelques livres. Juste le nécessaire. Et ce n’était pas plus mal. Pas de télé, pas d'internet et pas d'ordi. Juste soi-même et le terrible poids de la condition humaine.
Je me suis allongé pour voir, c'était confortable, la couverture était chaude et vraiment moelleuse, presque remplie d'amour même. Et c'est toujours bon à prendre !
Je me suis installé sur le lit, y avait pas un bruit dans cette campagne, ça sentait le vieux, mais c'était agréable, le soleil éclairait toute la pièce et je me sentais bien.
Je me suis assoupi un peu et puis j'ai entendu le papy m’appeler d'en bas de l'échelle.
— Ouais ? j'ai dit
— On va manger là.
— OK, j'arrive.

Je suis redescendu en faisant gaffe de ne pas me casser la gueule et dans la cuisine tout était déjà prêt. C'était bien sympa ça. Bon, y avait pas grand-chose, c'était des pâtes avec un peu de beurre, une tranche de jambon et une bouteille de vin, pour nous deux. Moi ça m'allait. J'étais pas trop difficile avec la nourriture et en plus il y avait un peu de vin, alors ça m'allait vraiment.
— Ça va t'aimes bien les pâtes ? il m'a demandé le grand-père
— Ouais, j'aime bien, y a pas de souci.
— Tu vas prendre du vin ?
— Ouais, bien sûr.
Il m'a servi un verre et on s'est mis à manger. On a papoté un peu de tout et rien. Il avait l'air bien sympa. Pas le genre moralisateur non. Il m'a expliqué aussi ce que je devais faire exactement et la quantité de travail qu'il attendait. Il pensait que je pouvais bosser environ 7 heures par jour pendant 2 mois, samedi compris pour faire tout le boulot. Et le boulot c'était de couper les branches de tout un tas d'arbres qui étaient déjà abattus et de ramener ensuite tous ces arbres nus au même endroit dans le champ. Ça me paraissait correct.
La mamie n’avait pas mangé avec nous, trop fatiguée il m'a expliqué le vieux bonhomme. Il nous a resservi un verre et on a continué de boire pendant que les poules se promenaient dans le jardin et que la campagne s'endormait.
Mine de rien, on a fini la bouteille comme ça, à 18 heures, juste à deux, en parlant de tout et de rien. Je l'aimais bien ce papy. Il avait un avis sur tout, mais pas l'avis de tout le monde, comme s'il avait perçu quelque chose dans tout ça. Et ce n’est pas donné à tout le monde, j'en ai vu un tas de bonhommes qu'arrivait pas à sortir leur nez de toute cette merde, mais lui si, et ça me plaisait vraiment.
Ensuite, je suis remonté dans ma chambre, il avait fait chaud toute la journée, les verres de vin commençaient à me travailler et le lit avait l'air de m'appeler dans ces grands bras tout confortables. J'ai pas résisté, je me suis foutu à poil, je me suis allongé et je me suis endormi jusqu'au lendemain.

Je me suis réveillé, il était 7 heures du mat. Je suis sorti. En marcel. J'étais beau gosse, mais des petits bras. Pas très musclés. J'ai été dans le champ. Le soleil commençait à rayonner. Y a même des oiseaux qui chantaient. On aurait dit un de ces matins d'avant le commencement. D'avant le grand bordel. Comme si les hommes n'existaient pas encore. J'étais bien là, j'étais à ma place, je me sentais bien.
Il y avait une petite rosée qui était posée partout et la lumière du soleil rasant paraissait tout humide. Comme si les premiers rayons ruisselaient jusqu'au sol.
J'ai pris mes outils et j'ai commencé à tailler les branches, c'était pas très dur, mais il y en avait beaucoup et tous les oiseaux continuaient de chanter autour pendant que je coupais et coupais, et c'était fatigant en fait.
J'ai fait ça plusieurs jours d'affilée. Au début, j'en ai chié, j'avais l'impression que les branches repoussaient, comme dans un de ces mythes grecs où les dieux trouvent toujours les châtiments les plus cruels possible. Mais j'ai surmonté ça et finalement j'avais pris le coup de main.
Le papy continuait de me donner à manger le midi et le soir, avec du vin et tout. Et on s'entendait bien même. Les toilettes étaient dehors, mais ça ne me posait pas tant de problèmes que ça, tant qu'il ne pleuvait pas.
J'ai vu deux ou trois fois une fille passer par là, sur le chemin. Une rousse, je crois, elle avait l'air pas mal du tout, mais elle avait l'air bien jeune aussi.
Pendant des dizaines de jours, je coupais des branches, autour des moineaux qui piaffaient et des prunes qui poussaient.
Le soir et le midi, je mangeais et buvait avec le grand-père. L'était toujours aussi cool et j'aimais toujours ça.
Au bout d'un mois, j'avais commencé à avoir de sacrés gros bras et la rousse est repassée par là. Je l'ai appelée et elle est venue.
Elle était toute fraîche, ses cheveux flottaient au soleil. Elle avait des petits yeux plein de sourires et son visage était qu'innocence.
— Ça va ? je lui ai demandé
— Oui, ça va bien, merci et toi ?
Plein de douceur dans la voix.
— Pas mal oui. Ça fait plusieurs fois que je te vois passé ici. T'habites dans le coin ?
— Je suis venu voir ma tante pendant une semaine. Elle habite juste là.
Elle continuait de sourire tout en parlant. On a discuté encore un peu puis elle a dit qu'elle devait y aller et aussi qu'elle reviendrait me voir dès qu'elle pouvait.
Le soir, j'avais bu un peu plus que d'habitude. Faut dire que pour une fois mon hôte avait pas eu très soif alors il m'avait laissé boire la bouteille tout seul. Je ne me suis pas fait prier. Après le repas, je suis sorti, le soleil commençait à descendre, mais il faisait toujours bon et l'alcool chantait dans mon sang.
Sur un chemin de terre, j'ai croisé un type avec un chien. Il avait pas l'air méchant. Le type non plus d'ailleurs. Un de ces types qui a pu l'air d'attendre grand-chose dans la vie. Ses yeux, sa bouche et sa peau qui tombaient un peu avaient l'air d'être fatigués et de s'ennuyer. Avec le soleil qui était bas, les feuilles au ras de notre tête étaient pleines de lumière et moi ça me mettait de bonne humeur alors j'ai eu envie de lui parler.
— Salut, j'ai dit
— Bonsoir...
— C'est quoi comme chien ?
— C'est un épagneul.
— Il a l'air un peu vieux.
— Ouais, il a 13 ans. Il est plus tout jeune.
— C'est un chien de chasse ça non ?
— Ouais, mais maintenant il court plus beaucoup.
— Il a dû en ramener des canards ? Je lui ai demandé en rigolant.
— Hé hé, un peu ouais, mais pas tant que ça.
Il avait retrouvé le sourire et le soleil éclairait le fond de ses yeux.
— Tu chasses un peu toi ? je lui ai demandé.
— Un peu. Pas trop. Et toi ?
— Nan, je suis pas trop fan, je lui ai dit. À cause des oiseaux qui saignent.
— Oui moi, non plus. J'y vais juste quelquefois. Puis ça fait plaisir au chien.
— Je comprends !
— Bon, j'habite là, moi, je vais rentrer. Ma femme a dû préparer la soupe, il m'a dit avec un clin d'oeil. Alors bonne soirée.
— Ouaip, bonne soirée aussi. Ciao.

Y avait pas grand-chose à faire dans cette campagne, et pas grand monde à voir, mais l'air était chaud et les gens avaient l'air sympa. Je me suis posé sur un banc et j'ai continué de boire les rayons du soleil qui coulaient un peu partout autour de moi. Y avait plus un bruit comme si tout le monde était en paix. Et moi ça me bottait bien. C'était reposant.
Je suis resté là jusqu'à ce que le soleil se couche et je suis retourné dans ma chambre. Je me suis endormi tout de suite, plein de soleil dans le corps.

Le lendemain, j'ai revu ma rousse. Elle est venue me voir d'elle même, elle avait l'air de flotter dans l'air et de voler dans sa robe blanche. On a papoté quelques dizaines de minutes et elle m'a dit qu'elle devait s'en aller aujourd'hui. Je lui ai dit que j'étais heureux de l'avoir rencontré et c'était bien vrai.
Elle m'a déposé un baiser sur le bord des lèvres et elle s'est envolée. Des filles comme ça j'en avais pas croisé souvent.
C'est le genre de fille qui se donne, qui s'offre. Mais je ne parle pas de son corps, ce n’est pas son corps qu'elle donne, c'est encore autre chose. C'était peut-être bien de l'Amour. On sent une caresse derrière la nuque, comme un vent parfumé de printemps, de coquillages ou d'herbe mouillée qui vous frôle le cou, et v'là que c'est ça, c'est de l'Amour. C'est de l'amour qu'elle donnait comme ça sans prévenir.

Je l'ai regardée partir et j'ai été content de l'avoir rencontré cette petite. C'est comme si, étant donné que ce genre de chose ça existe, le reste aussi valait le coup. Comme si tout le reste était justifié du coup. Toutes les autres merdes habituelles devenaient supportables.
Il me restait que deux semaines à faire et elles sont passées bien vite. J'avais dénudé tous les arbres et j'en avais fait un beau tas.
Finalement, j'ai fini une semaine avant. J'ai été voir le vieux, il m'a payé et il m'a dit que si je voulais, je pouvais rester là encore la semaine qui restait. J'ai pensé à la couverture pleine de tendresse, aux spaghettis tous blancs dans l'assiette et au vin à table tous les jours, mais je n’avais plus rien à faire ici. Non, il me fallait rebondir là dessus et repartir au front. Je lui ai dit que j'avais à faire, j'ai dit au revoir à tout le monde, j'ai laissé les poules dans le jardin et le chat qui était toujours en train de dormir, j'ai laissé le soleil parfait et je me suis en allé.
« Modifié: 02 Avril 2012 à 13:20:57 par Kasprzak »
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

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Hors ligne Taowin

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Re : Interlude champêtre
« Réponse #1 le: 22 Mars 2012 à 15:39:25 »
Une histoire sympa, petite bouffée d'air optimiste. Attention quand même à certaines maladresses, comme les transitions populaire/sophistiqué trop brutale, qui font perdre en crédibilité le texte, comme

On sent une caresse derrière la nuque, comme un vent parfumé de printemps, de coquillages ou d'herbe mouillée qui vous frôle le cou, et v'là que c'est ça, c'est de l'Amour.

Essaie d’écrire de jolie chose dans un langage approximatif ou borne toi à un langage plus soutenu, mais évite les mélanges brusques

Hors ligne Piga

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Re : Interlude champêtre
« Réponse #2 le: 22 Mars 2012 à 17:05:34 »
Citer
tout les jours

tous

Citer
il y a même
j'aurais mis l'imparfait

Citer
le terrible poids de la condition humaine.
ça n'a pas l'air si terrible

Citer
j'ai entendu le papy m’appelait
m'appeler

 
Citer
à 18 heures,
on mange tôt à la campagne

 
Citer
s'il avait perçu quelque chose dans tout ça.
c'est quoi ce quelque chose?

 
Citer
tas de bonhomme qu'arrivait
pluriel

Citer
D'avant le grand bordel. Comme si les hommes n'existaient pas encore. J'étais bien là, j'étais à ma place, je me sentais bien.
Il y avait une petite rosée qui était posée partout et la lumière du soleil rasant paraissait tout humide. Comme si les premiers rayons ruisselaient jusqu'au sol.
j'aime bien

Citer
— Salut, j'ai dit
— Bonsoir...
— C'est quoi comme chien ?
— C'est un épagneul.
— Il a l'air un peu vieux,
— Ouais, il a 13 ans. Il est plus tout jeune.
— C'est un chien de chasse ça non ?
— Ouais, mais maintenant il court plus beaucoup.
— Il a du en ramener des canards ? Je lui ai demandé en rigolant.
— Hé hé, un peu ouais, mais pas tant que ça.
Il avait retrouvé le sourire et le soleil éclairait le fond de ses yeux.
— Tu chasses un peu toi ? je lui ai demandé.
— Un peu. Pas trop. Et toi ?
— Nan, je suis pas trop fan, je lui ai dit. À cause des oiseaux qui saignent.
— Oui moi, non plus. J'y vais juste quelquefois. Puis ça fait plaisir au chien.
— Je comprends !
— Bon, j'habite là, moi, je vais rentrer. Ma femme a dû préparer la soupe, il m'a dit avec un clin d'oeil. Alors bonne soirée.
— Ouaip, bonne soirée aussi. Ciao.

je trouve ce dialogue un peu long

Citer
On sent une caresse derrière la nuque, comme un vent parfumé de printemps, de coquillages ou d'herbe mouillée qui vous frôle le cou,

bien

Citer
et v'là que c'est ça,

moins bien

Citer
Je l'ai regardé
regardée


Mes remarques ne sont que du détail.
Jusqu'à la fin j'ai eu peur que ton histoire se termine mal.
Heureusement, non. Cela reste une bonne bouffée d'oxygène.
"Le rire a été donné aux hommes par Dieu pour les consoler d'être intelligents."

Hors ligne Trente Mai

  • Tabellion
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  • Demain est un autre jour
Re : Interlude champêtre
« Réponse #3 le: 24 Mars 2012 à 15:39:13 »
J'ai vraiment aimé ton texte, au style humoristique accrocheur. Ainsi que l'interlude champêtre plaisant, accompagné aussi d'un interlude amoureux.
C'est ce point que je trouve un peu décevant. Tout le texte est vraiment super (en tout cas de mon point de vue), mais quand on arrive à "Le lendemain, j'ai revu ma rousse.", ce passage sur l'amour est, je trouve, beaucoup trop court, et il mériterait d'être davantage développé dans la découverte de l'amour : et je parle uniquement sur le plan platonique que tu lui as donné, justement sans tomber dans la facilité d'une relation physique. Ce développement donnerait plus de profondeur à l'ensemble et rééquilibrerait cette partie avec la première.
Bon, j'espère ne pas radoter par rapport aux autres commentaires que je vais m'empresser d'aller lire.
Lecture très agréable, encore une fois, merci  :)

Hors ligne Kasprzak

  • Prophète
  • Messages: 623
    • Mike Kasprzak
Re : Interlude champêtre
« Réponse #4 le: 28 Mars 2012 à 18:00:10 »
corrigé. merci
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

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adrien709

  • Invité
Re : Interlude champêtre
« Réponse #5 le: 28 Mars 2012 à 22:26:39 »
J'ai bien aimé ton texte. Il est très réaliste. Vraiment j'ai adoré. C'est une bouffée d'optimisme

Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Interlude champêtre
« Réponse #6 le: 28 Mars 2012 à 22:46:52 »
Je préférais le temps où ton pseudo n'avait pas de majuscule. Cherche pas, je prends juste facilement des habitudes.

J'ai lu ton texte il y a quelques temps, à vrai dire quand tu l'as posté. Je n'ai pas pris le temps de le commenter avant, c'est bien dommage. Bref, je m'amende pour cette fois. Là.

Je ne reviendrai pas sur les points tatillons de forme, d'une part parce que je ne me rappelle plus ce qui m'avait chagrinée, et pas, et d'autre part parce que je me doute que ce n'est probablement pas ce que tu recherches dans les commentaires qu'on te donne.

(tu remarqueras que jusqu'à présent, je n'ai fait qu'évoquer ton texte, quelle longue intro !)

Globalement, j'ai bien aimé ce texte, un peu léger, assez champêtre (comme son nom l'indique). Il manquait presque un peu de ta rudesse habituelle. Je veux dire par rudesse, ce côté un peu sec, presque grossier, limite provoque (parfois carrément provoque, en fait) qui finalement donne leur caractère à tes textes. Dans ce contexte-ci, ce n'est pas gênant, mais parfois on aurait presque tendance à s'assoupir. Tout est il que j'aime cette façon évidente d'enchaîner les faits et les actions, les dialogues sont ceux des hommes de tous les jours, on reste toujours ancré dans la réalité à te lire, et c'est ce qui est bien. On se demande quand même un peu la finalité, une fois arrivé au bout. Mais le texte se suffit. C'était cool, on a profité du voyage, il y avait du soleil et de la sueur, et l'odeur du bois, tout est bien qui finit bien.

Tu racontes un peu ton histoire, aussi ? L'expérience semble avoir été intéressante, si elle se rapproche un peu de ce que tu as évoqué là.


Au plaisir de te relire, si tu repasses dans les parages.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Kasprzak

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    • Mike Kasprzak
Re : Interlude champêtre
« Réponse #7 le: 02 Avril 2012 à 13:20:26 »
Yeah Menthe. En fait cette histoire c'est 95% du vécu, 5% mon rapport à l'écriture (la fin et le titre)

mais t'as raison sur un point, la finalité, en fait mes textes ont un peu de mal à se suffire à eux mêmes encore, mais dans leur ensemble ils tiennent la route.

(PS : en MP donnes mon adresse MSN ou email)

et sinon je vous ferais de la pub pour notre 1er numéro de webzine, et je ferai de la pub pour votre Mammouth, sans problème girls and guys
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Hors ligne Néon

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Re : Interlude champêtre
« Réponse #8 le: 02 Avril 2012 à 18:55:04 »
(J'aime pas trop détailler les points quand je commente un texte, mais je fais l'effort, vu qu'on fait comme ça ici)

Citer
pour coupage de branches

Je sais bien que tu dis "coupage" parce que tu veux user d'une langue légère, mais je trouve pas ça très joli, "coupe" peut suffire si tu ne veux pas mettre "élagage", surtout que c'est une petite annonce, c'est pas une pensée, ni un dialogue...

Citer
C'est pas tous les jours qu'on est nourri, logé et blanchi. Même si faut bien le voir, c'est pris sur le salaire, mais ce n’est pas pareil.

je comprends mal le "mais ce n'est pas pareil"

Citer
et des fantômes de paysans morts au labeur

je trouve que c'est pas l'endroit pour placer cette blague, là il te décrit la route, tu es au téléphone, comme la saillie semble plutôt venir de ta perception, je l'aurais plutôt vue quand toi tu vas sur place, ou alors si tu tiens à la laisser là, peut-être l'amener autrement (du coup, si tu changes ça, l'adjectif "glauque" sera remis en question aussi...).

Citer
et que je ferais l'affaire

j'aurais plutôt vu un futur... mais bon, futur/conditionnel, ça pose toujours question dans ce genre de phrases.

Citer
Pas le genre moralisateur non

je suis perplexe... je vois bien ce que tu veux dire, mais on a tellement rien de votre conversation que je vois mal cet adjectif à ce moment-là, pourquoi il t'aurait fait la morale ? peut-être que tu peux dire qu'il était cool avec un autre adjectif, plus pertinent dans cette description, je sais pas... Si tu gardes, je pense qu'il faut une virgule avant le "non".

Bon j'arrête un peu avec les citations. Il y a encore quelques fautes ici ou là (dans le premier dialogue avec la rousse, tu la vois "passé" au lieu de "passer" ; plus loin, toujours avec la rousse, tu dis "heureux de t'avoir rencontré", pour "rencontrée"...), avant ça (désolé je viens de le voir que maintenant) tu dis "je mangeais et buvait" pour buvais, bref, les fautes on s'en fiche un peu, enfin à moins que tu en sois à la publication...

Je trouve que tu emploies énormément "avoir l'air de", et ça s'amplifie vers la fin du texte, c'est dommage, en plus d'être une répétition pas toujours opportune, c'est surtout une facilité de langage qui t'éloigne de jolies formules à trouver. En plus, des jolies formules, il y en a, comme la description qui évoque le commencement des temps, la chair du vieux, cette chair qui s'ennuie, etc. Il y a aussi la répétition de "content (ou heureux) de l'avoir rencontrée" (la rousse), des fois les répétitions sont bien, évidemment, mais des fois elles empêchent de trouver des phrases sympas. Y a aussi beaucoup beaucoup de "je dis", "il dit", si c'est voulu à chaque fois, ok, mais sinon vois si par-ci par-là tu peux pas mettre du dialogue au style direct, comme ça, paf au milieu de ta description.

J'aimerais bien te donner une indication pour le style... je peux me tromper, mais j'ai l'impression que dans la mécanique des phrases tu pourrais faire encore mieux, plus direct, faire encore moins "littéraire" et encore plus efficace... si ça t'intéresse, je vais y réfléchir (c'est très dur je trouve, de donner des conseils sur le style, déjà c'est un peu prétentieux, et puis c'est le genre de trucs qu'on aime trouver tout seul, non ?)...

En tous cas, bonne continuation dans "toute cette merde" !



« Modifié: 02 Avril 2012 à 19:21:47 par Néon »
in girum imus nocte et consumimur igni

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Hors ligne Kasprzak

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    • Mike Kasprzak
Re : Interlude champêtre
« Réponse #9 le: 03 Avril 2012 à 11:14:12 »
Salut Néon ! pour le style, je pense que je vois ce que tu veux dire. ça manque de force en fait. En image ou juste au niveau des mots employés ! J'en suis bien conscient, faut que je travaille ça. J'y ferais bien attention à la prochaine nouvelle ! (ça va bientot faire un an que j'écris. Vu que j'avais écrit suite au passage d'un dépanneur pour ma chaudière, il y a un an. Je vais bientot féter mon 1er anniversaire d'écriture  :P )


Sinon pour répondre à tes remarques dans le détail.

Coupage de branches. Mouais c'est vrai qu'il y a mieux. Je voulais jouer justement sur des termes assez connotés dans l'annonce pour montrer un peu que c'est pas forcément très professionnel.

le "mais ce n'est pas pareil". Peut être une facilité de ma part. En fait ça veut dire que le fait que le salaire soit diminué parce que je suis nourri, logé, blanchi, c'est différent d'avoir un salaire plus fort mais avec lequel il fait payé ensuite un loyer et la bouffe. L'impression est différente. Tu vois un peu ce que je voulais dire.


Pour les fantômes de paysans. En fait, soit tu as lu un peu trop vite, soit c'est pas mal expliqué. Mais là le narrateur, n'est plus au téléphone, mais bien sur la route. Donc c'est bien quand le narrateur est sur place. En fait je voulais montrer avec un nouveau paragraphe que le passage au téléphone était bien fini.


Pour le moralisateur. Bonne remarque ouais. En fait j'ai été fainéant sur ce passage. Du coup il manque des infos pour que la remarque soit juste.


Après je suis d'accord aussi avec les répétitions, il y a un peu de travail à faire là dessus. Je le garde en tête. Il faut que je réfléchisse un peu plus avant d'écrire, que je sois plus sensible encore à ce que j'écris.

Merci pour ta lecture et tes commentaires !
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