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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'Atelier » Cuisiner la langue : ustensiles et méthodes » [fond&forme] Don't tell it, show it

Auteur Sujet: [fond&forme] Don't tell it, show it  (Lu 7034 fois)

Hors ligne Titi

  • Tabellion
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[fond&forme] Don't tell it, show it
« le: 06 Février 2012 à 02:02:00 »
Pardon pour le titre en anglais mais voilé un des problème de mon manque de pratique en français : je ne connais pas la formule exacte en français. Une traduction directe est : ne le racontez pas, montrez-le.

C'est là un des reproches que j'ai entendu le plus souvent des amis qui ont lu des morceaux de mon livre. Et j'ai pu vérifier la justesse de ces critiques dans des ateliers d'écriture où mes textes "racontant" plaisaient moins que mes textes "montrant". J'ai aussi compris la logique et les raisons qui soutiennent cette position.

Mais le caractère très spécial de mon livre, une série de lettres dirigées à une personne en particulier (le lecteur est une espèce de voyeur) favorise les récits sur les descriptions.

Donc, ce que je voudrais apprendre, c'est comment mitiger l'effet d'un excès de récit. Comment faire attractif au lecteur ces récits. Comment compenser les avantages du "show it" sur le "tell it".


Je sais, encore une question bizarre du vieux bizarre.  :o . Comme motard, je suis habitué et j'espère ne pas trop emmerder le monde avec mon attitude et mes pots :-P

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Don't tell it, show it
« Réponse #1 le: 06 Février 2012 à 10:09:03 »
Je pense que quand les gens disent "montre-le", ça ne veut pas dire qu'il faut éliminer du récit. Ça veut dire qu'il faut éviter de commenter le texte (en particulier les impressions des personnages), qu'il ne faut pas dire au lecteur ce qu'il est censé ressentir, mais le lui faire ressentir.
Exemple bidon : éviter le "Gertrude avait peur" pour préférer un passage faisant ressentir cette peur, ou la montrant implicitement au lecteur (je sais pas, moi : "Oh mon Dieu ! Une pomme géante carnivore fonçait sur elle ! Gertrude se mit à trembler, elle aurait voulu fuir mais les poires n'ont pas de jambes"). Evidemment, ça ne passe pas seulement - comme on le trouve parfois - par la description détaillée des réaction physiologiques du personnage (tremblement, hérissements, bouche sèche, et tout ce qu'on peut imaginer), mais par le choix des mots, le rythme des phrases, etc. C'est pour ça que j'aime pas trop ce "montre", comme formulation. Il ne s'agit pas de transposer quelque chose de visuel dans un texte (ce n'est donc pas au niveau des descriptions que ça se situe) ; mais plutôt de viser à plonger le lecteur dedans.

Après, j'avoue que je ne suis pas fan de ce fameux "show don't tell" que certains forums d'écriture mettent en avant à tort et à travers comme un soi-disant conseil technique. Parce que ça dépend beaucoup du texte, de l'effet que tu veux produire. (Et que j'aime pas les règles d'écriture  :mrgreen: )
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kasprzak

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    • Mike Kasprzak
Re : Don't tell it, show it
« Réponse #2 le: 06 Février 2012 à 14:02:37 »
Titi, tu devrais nous présenter un texte, une petit nouvelle, ou autre chose quoi que ce soit, ça sera plus pertinent de discuter sur du concret !
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

http://www.lecafardheretique.fr/

Hors ligne Titi

  • Tabellion
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Re : Re : Don't tell it, show it
« Réponse #3 le: 06 Février 2012 à 14:16:43 »
Je pense que quand les gens disent "montre-le", ça ne veut pas dire qu'il faut éliminer du récit. Ça veut dire qu'il faut éviter de commenter le texte (en particulier les impressions des personnages), qu'il ne faut pas dire au lecteur ce qu'il est censé ressentir, mais le lui faire ressentir.
Précisément là est le problème de mon livre : comme il s'agit d'une série de lettres adressée à une personne, il est écrit en première personne. De plus, son but est justement de montrer mes sentiments, d'exprimer tout ce que je ressent. Je ne dis pas au lecteur ce qu'il est censé ressentir sinon ce que je ressent, moi. Je ne commente pas le texte. Le texte *est* une exposition de mes sentiments.
Citer
Exemple bidon : éviter le "Gertrude avait peur" pour préférer un passage faisant ressentir cette peur, ou la montrant implicitement au lecteur (je sais pas, moi : "Oh mon Dieu ! Une pomme géante carnivore fonçait sur elle ! Gertrude se mit à trembler, elle aurait voulu fuir mais les poires n'ont pas de jambes"). Evidemment, ça ne passe pas seulement - comme on le trouve parfois - par la description détaillée des réaction physiologiques du personnage (tremblement, hérissements, bouche sècheO, et tout ce qu'on peut imaginer), mais par le choix des mots, le rythme des phrases, etc. C'est pour ça que j'aime pas trop ce "montre", comme formulation. Il ne s'agit pas de transposer quelque chose de visuel dans un texte (ce n'est donc pas au niveau des descriptions que ça se situe) ; mais plutôt de viser à plonger le lecteur dedans.

Après, j'avoue que je ne suis pas fan de ce fameux "show don't tell" que certains forums d'écriture mettent en avant à tort et à travers comme un soi-disant conseil technique. Parce que ça dépend beaucoup du texte, de l'effet que tu veux produire. (Et que j'aime pas les règles d'écriture  :mrgreen: )

Moi c'est juste le contraire. Non seulement les règles ne me gênent pas mais les contraintes augmentent ma créativité. C'est ce qui arrive quand un technicien essaye de produire de l'art. :)




Titi, tu devrais nous présenter un texte, une petit nouvelle, ou autre chose quoi que ce soit, ça sera plus pertinent de discuter sur du concret !
Encore mes tics de science : la théorie avant la pratique...

Je vais essayer. Je vais chercher quelque chose qui représente bien ce que je fais et l'effet que je désire.
« Modifié: 06 Février 2012 à 14:25:38 par ernya »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Don't tell it, show it
« Réponse #4 le: 06 Février 2012 à 14:46:09 »
Tu peux éviter les doubles posts, s'il te plait ? Si tu veux ajouter quelque chose à un message déjà posté, il suffit de faire "modifier", en haut à droite.  :) Merci.

Pour en revenir au sujet :

Citer
Précisément là est le problème de mon livre : comme il s'agit d'une série de lettres adressée à une personne, il est écrit en première personne. De plus, son but est justement de montrer mes sentiments, d'exprimer tout ce que je ressent. Je ne dis pas au lecteur ce qu'il est censé ressentir sinon ce que je ressent, moi. Je ne commente pas le texte. Le texte *est* une exposition de mes sentiments.
Je rejoins Kasp, pour le coup : c'est difficile de dire quelque chose par rapport à tes textes à toi, sans les avoir lus. Ici on pourra discuter théorie, mais ça sera difficile de donner des conseils (quel grand mot) sur un cas particulier sans qu'on l'ait vu...  :-\
En tous cas, que le texte parle de tes sentiments ou pas, j'ai envie de dire que ça n'a pas grand chose avoir avec la question. La question ne porte pas sur le thème (sentiments/actions/autres), mais sur la façon de le transmettre au lecteur.

Citer
Moi c'est juste le contraire. Non seulement les règles ne me gênent pas mais les contraintes augmentent ma créativité. C'est ce qui arrive quand un technicien essaye de produire de l'art.
Je fais une parenthèse, mais il faut distinguer règle et contrainte. Une contrainte, c'est une norme imposée (par soi-même ou par un genre), qui oblige à prendre telle orientation dans l'écriture d'un texte. Ecrire en vers, par exemple : on peut écrire sans vers, mais si on choisit d'en mettre, c'est une contrainte.
Là, tu nous parles plutôt de règles. D'une sorte de mode d'emploi implicite qu'il faudrait connaître pour arriver à le suivre et que ça donne de bons textes. Or, il n'en existe pas en écriture. Il faut écrire, et voir si ça marche ou pas.
Bien sûr, tu pourras toujours trouver des constantes : un récit suit un schéma narratif, on ne mélange pas les temps de narration, etc. Mais tout ça, c'est des observation a posteriori, ça ne se vérifie pas sur tous les textes.
La seule règle qu'il faut appliquer, c'est de respecter la syntaxe et la grammaire correctement (sauf choix délibéré)...   ::)

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Titi

  • Tabellion
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Re : Re : Don't tell it, show it
« Réponse #5 le: 06 Février 2012 à 21:36:36 »
Tu peux éviter les doubles posts, s'il te plait ? Si tu veux ajouter quelque chose à un message déjà posté, il suffit de faire "modifier", en haut à droite.  :) Merci.

Pour en revenir au sujet :

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Précisément là est le problème de mon livre : comme il s'agit d'une série de lettres adressée à une personne, il est écrit en première personne. De plus, son but est justement de montrer mes sentiments, d'exprimer tout ce que je ressent. Je ne dis pas au lecteur ce qu'il est censé ressentir sinon ce que je ressent, moi. Je ne commente pas le texte. Le texte *est* une exposition de mes sentiments.
Je rejoins Kasp, pour le coup : c'est difficile de dire quelque chose par rapport à tes textes à toi, sans les avoir lus. Ici on pourra discuter théorie, mais ça sera difficile de donner des conseils (quel grand mot) sur un cas particulier sans qu'on l'ait vu...  :-\
Je sais et donc je vais essayer de voir ce que je pourrais soumettre.
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En tous cas, que le texte parle de tes sentiments ou pas, j'ai envie de dire que ça n'a pas grand chose avoir avec la question. La question ne porte pas sur le thème (sentiments/actions/autres), mais sur la façon de le transmettre au lecteur.
Là est mon problème. Je ne vois pas comment transmettre mes sentiments au lecteur sans raconter (tell) ce que je sens.

Je connais la théorie et je comprend la différence entre sire que "Gertrude a peur" contre "Gertrude tremble comme une feuille". Et lorsque je parle de ces sentiments, je mentionne aussi des choses "extérieures" comme les pleurs. Mais la substance, "the meat", la seule façon d'exprimer ces sentiments de la manière la plus précise m'oblige à décrire ce que je sens en moi, non seulement les signes extérieurs qui les dévoilent.

Et, en plus, il s'agit de lettres...
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Moi c'est juste le contraire. Non seulement les règles ne me gênent pas mais les contraintes augmentent ma créativité. C'est ce qui arrive quand un technicien essaye de produire de l'art.
Je fais une parenthèse, mais il faut distinguer règle et contrainte. Une contrainte, c'est une norme imposée (par soi-même ou par un genre), qui oblige à prendre telle orientation dans l'écriture d'un texte. Ecrire en vers, par exemple : on peut écrire sans vers, mais si on choisit d'en mettre, c'est une contrainte.
Là, tu nous parles plutôt de règles. D'une sorte de mode d'emploi implicite qu'il faudrait connaître pour arriver à le suivre et que ça donne de bons textes. Or, il n'en existe pas en écriture. Il faut écrire, et voir si ça marche ou pas.
Et il faut avoir l'oreille musicale, ce que je n'ai pas beaucoup. :/
Citer
Bien sûr, tu pourras toujours trouver des constantes : un récit suit un schéma narratif, on ne mélange pas les temps de narration, etc. Mais tout ça, c'est des observation a posteriori, ça ne se vérifie pas sur tous les textes.
La seule règle qu'il faut appliquer, c'est de respecter la syntaxe et la grammaire correctement (sauf choix délibéré)...   ::)
Même ça n'est pas une règle absolue. Une anacoluthe, para exemple, est une erreur syntactique qui peut-être utilisée pour créer un effet comme le désordre, le déséquilibre, mettre l’emphase sur une autre partie de la phrase.

Et c'est ce genre de "règles" que je cherches. Pas des règles absolues, pas des règles rigides, pas des règles sans exceptions. Plus que des règles, des indications, des suggestions. En réalité, comme dans le cas des anacoluthes, j'ai déjà réuni quelques unes de ces "règles". Mais il m'en manque encore beaucoup et je continue à chercher.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Re : Don't tell it, show it
« Réponse #6 le: 06 Février 2012 à 22:23:20 »
Citer
Là est mon problème. Je ne vois pas comment transmettre mes sentiments au lecteur sans raconter (tell) ce que je sens.

? mais euh pourquoi tu veux "transmettre" tes sentiments au lecteur ? C'est pas le but, il me semble, quand on écrit. Il n'y a pas lieu de vouloir "transmettre" tes sentiments au lecteur. Les sentiments que le lecteur aura, tu n'en sais rien, ça dépend de lui. Tu peux exprimer des sentiments, ça oui, mais quand tu vas dire "je suis triste", y en a que ça fera rire, d'autres pleurer... Moi quand j'écris je ne me demande pas quel sentiment je veux que le lecteur ressente. Je me dis il faut que soit agréable à lire. Après, les sentiments que les gens injectent dans ce qu'ils lisent... ça nous dépasse, ça nous échappe  ^^.

Citer
Et, en plus, il s'agit de lettres...
Est-ce que tu peux développer un peu + en quoi, selon toi, le fait qu'il s'agisse de lettres te ferait pencher du côté du "tell"? pour ma part je ne comprends pas trop. ;)

Citer
Là, tu nous parles plutôt de règles. D'une sorte de mode d'emploi implicite qu'il faudrait connaître pour arriver à le suivre et que ça donne de bons textes. Or, il n'en existe pas en écriture. Il faut écrire, et voir si ça marche ou pas.
+ 1.

Citer
Et il faut avoir l'oreille musicale, ce que je n'ai pas beaucoup. :/

A mon humble avis, c'est ça qu'il faut que tu bosses, et pas autre chose. Demande toi ce qui te plait quand un bouquin te plait. Lis tes phrases à voix haute, en les hurlant, en les chuchotant. Rumine les, répète les toi dix fois. Si au bout de la dixième fois elles te plaisent encore,c 'est qu'il y a un bon rythme, un bon "beat". 8)

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Et c'est ce genre de "règles" que je cherches. Pas des règles absolues, pas des règles rigides, pas des règles sans exceptions. Plus que des règles, des indications, des suggestions. En réalité, comme dans le cas des anacoluthes, j'ai déjà réuni quelques unes de ces "règles". Mais il m'en manque encore beaucoup et je continue à chercher.
mmh... franchement, avoir quelques "règles" pourquoi pas, mais je rejoins l'avis des autres : ne t'enlise pas là-dedans.

Je suis pas loin de penser que tu te prends la quiche pour pas grand-ch'  ;) :-).

Tu as la chance de savoir ce dont tu veux parler, ton projet est assez clair dans ta tête. Ecris ces fameuses lettres (et montre nous des trucs) mais n'attends pas d'avoir trouvé je ne sais quelles règles avant de te lancer :-). ce serait du temps perdu. il faut essayer, tester, tâtonner.

C'est pas tant des règles que un ton qu'il faut que tu trouves. Et quand tu auras trouvé un ton, tu t'apercevras peut-être que ça va de pair avec telle règle, mais voilà.
A mon avis les grands écrivains fonctionnent pas mal comme ça. Ils cherchent un ton, une voix. Je ne suis pas sûr qu'ils cherchent vraiment des règles - même si sans doute ils en trouvent inopinément en route. 8) Proust ne s'est pas d'abord dit "il faut que je fasse des phrases longues". Il a cherché un ton et il se trouve que ça l'amenait à faire des phrases longues. Camus ne s'est pas d'abord dit "il faut que je fasse des phrases courtes". Il a cherché un ton et il se trouve que ça l'a amené à faire des phrases courtes. A mon avis c'est plutôt comme ça que ça se passe.

Fondamentalement, sur cette histoire de show versus tell, moi je pense que ce que ça veut dire en gros, c'est "mets de la chair, donne des choses à sentir au lecteur, décris, évoque, colore ton texte, donne lui des trucs nourrissants". j'aime bien l'expression "donner à sentir". après, tu ne sais pas ce qu'il sentira. mais tu as + de chances qu'il sente quelque chose si tu lui dis "j'ai dégusté à pleine bouche une pomme croquante, juteuse et rouge" que si tu lui dis "j'ai mangé une pomme". à mon avis c'est ni + ni moins que ça que signifie cette histoire de show versus tell.  ;)
Autrement dit, c'est juste un encouragement à ne pas être trop "sec", à donner à sentir. enfin moi c'est comme ça que je la (com)prends, cette phrase.

(et par ailleurs, être "sec", et dire seulement "j'ai mangé une pomme", avoir une langue décantée, ça peut donner beaucoup de choses à sentir, genre "le grand cahier", "l'étranger"... mais bref fin de la parenthèse).

et en tout cas, dans un même texte, on peut sans doute articuler passages un peu secs (tell) et plus roboratifs (show).
« Modifié: 07 Février 2012 à 08:08:16 par Meilhac »

Hors ligne Titi

  • Tabellion
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Re : Re : Re : Re : Don't tell it, show it
« Réponse #7 le: 06 Février 2012 à 22:55:59 »
Citer
Là est mon problème. Je ne vois pas comment transmettre mes sentiments au lecteur sans raconter (tell) ce que je sens.

? mais euh pourquoi tu veux "transmettre" tes sentiments au lecteur ? C'est pas le but, il me semble, quand on écrit. Il n'y a pas lieu de vouloir "transmettre" tes sentiments au lecteur. Les sentiments que le lecteur aura, tu n'en sais rien, ça dépend de lui. Tu peux exprimer des sentiments, ça oui, mais quand tu vas dire "je suis triste", y en a que ça fera rire, d'autres pleurer... Moi quand j'écris je ne me demande pas quel sentiment je veux que le lecteur ressente. Je me dis il faut que soit agréable à lire. Après, les sentiments que les gens injectent dans ce qu'ils lisent... ça nous dépasse, ça nous échappe  ^^.
Je me suis mal exprimé. Mes 40 ans sans français montrent leur nez.

Avec "transmettre", je me réfère seulement à dire, à raconter, les exprimer précisément. Les décrire, oui, mais une description intérieure, pas extérieure. Montrer la tourmente psychique interne et non les larmes externes.

De plus, je suis conscient de ce que tu m'expliques. Tous les lecteurs de ces lettres, moins 1, sont dans la position de voyeurs qui lisent des lettres qui ne leur sont pas dirigées. Donc leur réaction peuvent varier énormément. Mais je voudrais que *mes* sentiments soient clairs pour eux. Et je sais que beaucoup vont rire de choses tristes pour moi. Et peut-être même vice-versa.

Est-ce plus clair ainsi, ou je patauge encore ?

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Et, en plus, il s'agit de lettres...
Est-ce que tu peux développer un peu + en quoi, selon toi, le fait qu'il s'agisse de lettres te ferait pencher du côté du "tell"? pour ma part je ne comprends pas trop. ;)

Bias, peut-être dû aux lettres que j'ai lues et celle que j'ai moi-même écrites. Beaucoup. Mon premier amour vivait à l'autre bout du pays et nous avons maintenu une correspondance pendant près de 6 ans.  Je parle de lettres entre intimes, amants même. Le "tell" est plus intime, surtout avec le "moi à toi" des intimes.

Hors ligne Milora

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Re : Don't tell it, show it
« Réponse #8 le: 06 Février 2012 à 23:34:44 »
Je rejoins Meilhac. (Meilhac, d'ailleurs, t'as mis tes balises de citations à l'envers, lol  :D C'est déconcertant ^^)


Citer
Je connais la théorie et je comprend la différence entre sire que "Gertrude a peur" contre "Gertrude tremble comme une feuille". Et lorsque je parle de ces sentiments, je mentionne aussi des choses "extérieures" comme les pleurs. Mais la substance, "the meat", la seule façon d'exprimer ces sentiments de la manière la plus précise m'oblige à décrire ce que je sens en moi, non seulement les signes extérieurs qui les dévoilent.
Ah non mais justement, j'essayais de dire le contraire ^^
Beaucoup des gens qui te sortent "mets plus de show et moins de tell" semblent sous-entendre qu'il faut montrer des signes extérieurs. Mais non, ça resterait dans la description (même si c'est encore différent du commentaire).
Mais, je sais pas, un exemple tout bête : prends un livre avec une scène d'action réussie. Essaye de voir comment ça se fait que tu as été embarqué par le suspense. Ce sera, je sais pas, moi, des phrases plus hachées, des perceptions embrouillées de la part du personnage principal, tel champs lexical, etc. C'est cet ensemble qui va faire que le lecteur partage en partie la panique du personnage. Pas le fait que le narrateur ait dit "Jean-Gustave avait peur de se faire tirer dessus", ni "Jean-Gustave sentit une sueur froide dans son dos, ses jambes étaient molles, le sang battait à ses oreilles, le troisième nerf de son auriculaire gauche le titillait".
Est-ce que je me suis mieux exprimée, cette fois ?  :-X

Mais sur le "comment faire", je rejoins à nouveau Meilhac : faut essayer jusqu'à ce que ça prenne. Tu écris, si ça se trouve le lecteur est de suite convaincu. Sinon, tu écris, le lecteur te dit ce qui l'a empêché d'être pris par le texte, tu déconstruits un peu ta propre prose, et tu corriges.
Parce que sinon, à vouloir réfléchir trop sur la théorie avant d'écrire, tu vas peut être tomber sur des normes à suivre, mais ça a toutes les chances de produire un récit stéréotypé - ce qui serait dommage !

Cela dit, si les règles d'écriture et les modes d'emplois te rassurent, tu peux aller faire un tour sur le forum d'écriture Cocyclics (spécialisé en SFFF). Ce serait très réducteur de dire que les gens y suivent ces normes, mais il est vrai que plusieurs membres les considèrent comme une béquille intéressante, et tu trouveras peut-être des indications dans les sections Masques et tubas ou La Plume dans la palme...
(Ceci dit, je reste persuadée que c'est pas la bonne solution de suivre une méthode déterminée a priori  ::) ! )
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kasprzak

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    • Mike Kasprzak
Re : Don't tell it, show it
« Réponse #9 le: 07 Février 2012 à 08:09:18 »
Je viens de découvrir ces notions de tell et de show, mais à priori je vois pas non plus de règles formelles là dessus

et d'ailleurs t'as surement raison sur un point Titi, pour des lettres, le tell se prête beaucoup mieux !

Maintenant je pense que la différence entre une vraie lettre intime et un texte écrit, de la littérature quoi, vient de la manière d'écrire ce "tell". Peut être qu'il te faudrait ajouter un peu plus de poésie, de musique, de sensibilité littéraire dans ton écriture ? Je pense que c'est ça qui doit manquer (sans avoir encore pu lire ce que tu écris) plutôt que de vouloir transformer du tell en show, (tel quel ça serait un peu chaud  :-¬? )
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

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