Dans l'hémicycle se jouait la symphonie. Les vents cuivres répondaient aux vents bois, les percussions s'entraidaient à mesurer le temps partagé… Et que dire des cordes, leurs gabarits échelonnés à des tessitures complémentaires ! Lorsqu'un élément de la mélodie tonnait quelque part, il résonnait ailleurs juste après, tandis que la musique continuait sur ses chemins ; un pas de flûte, deux pas de hautbois, peut-être quatre pas de cor, et puis les violons. Chacun marchait sur son terrain, mais sur un seul terrain pour chacun d'entre eux. Ils jouaient en équipe, se renvoyaient la balle, glissaient des échos, intercalaient des réponses, comme autant de bonus extradimensionnels… Un esprit de groupe, et des nuances vous dis-je, de ces nuances éternellement complexes, des nuances à cinquante voix instrumentales qui se consolidaient les unes et les autres ! S'y ajoutaient évidemment les chœurs, ténor ou baryton, ce n'est pas la même chanson ? Si si, c'était un concert à plusieurs… Aucun de ces instruments n'était soliste, ils s'élèvaient tous ensemble, ou plutôt, élevaient la musique elle-même, se grimpant les uns sur les autres comme une pyramide de cirque, au milieu de l'hémicycle…
Hein ? Quoi ? Pas hémicycle, amphithéâtre ? Ah oui effectivement, ça a plus de sens...