Je ne suis pas un artiste. Je ne suis pas un érudit. Je suis un travailleur lambda qui adore écrire. Je suis de ceux-là auxquels Brassens eût pu lancer « sans technique un don n'est rien qu'une sale manie ».
Cependant, mes textes, soumis à la lecture, ont eu l'heur de plaire.
Tout d'abord à moi-même, ce qui est la moindre des choses. Ensuite à mes proches, ce qui n'est pas un gage d'objectivité. Puis à des internautes, ce qui éveille des soupçons. Quand vint le tour des jury, des spectateurs et des auditeurs, même dans un petit pays comme la Nouvelle-Calédonie, j'ai commencé de ressentir une certaine fierté.
Je n'écris pas par amour des mots - le maçon est-il amoureux des parpaings avec lesquels il monte une maison? -.
Non, ce qui me plaît, c'est d'édifier mes pensées en une architecture qui m'est propre. J'use pour cela des différents matériaux de la langue française, passant sans vergogne d'archaïsmes en argot. Les émotions et autres sentiments y sont logés, cohabitant de plus ou moins bon gré avec l'humour et la dérision.
Ces deux derniers sont d'ailleurs les ingrédients majeurs de ma tambouille de rimeur.
La poésie est inextricablement liée à l'amour, à la mélancolie. Mais d'illustres noms ont déjà magistralement exploré et épuisé ce filon. Trop rarement, c'est malheureux, se pare-t-elle de sourires et d'ironie. Comme si la qualité littéraire se devait à une certaine honorabilité. C'est donc vers la jonglerie et la clownerie, que ma plume a glissé pour y exprimer ses désirs et désarrois. Et quoique vaille la qualité que je lui prête -j'ai une bonne opinion de moi-même-, elle trouve sa place en marge des pleurs, des amours pour toujours et autres plomberies plus ou moins bien entretenues.