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11 Septembre 2026 à 01:25:19
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un jour, un pigeon

Auteur Sujet: Un jour, un pigeon  (Lu 366 fois)

Hors ligne Joël de Bretagne

  • Aède
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Un jour, un pigeon
« le: 02 Septembre 2026 à 18:45:31 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
À l’angle du jardin se trouve un érable du Japon, Acer palmatum.
Une famille de pigeons s’y était installée tardivement dans l’année. Le nid de pigeon est sommaire : quelques brindilles disposées en croix suffisent pour que les oiseaux s’y installent.  Le nid, placé assez haut dans l’arbre, ne me permettait pas de distinguer ce qui s’y passait. Je voyais les allers-retours des parents, le bruit des ailes signalait du mouvement.
Ce jour-là, je suis sorti de la maison pour m’asseoir sur le banc au pied de l’érable. J’ai regardé derrière moi après avoir entendu comme un léger bruit, comme des feuilles froissées dans la plate-bande, et j’ai vu sur la pelouse le corps inanimé d’un bébé pigeon. Il était froid, lacéré de plaies, mort.
Derrière les larges feuilles d’anémones du Japon, j’entendis bouger. J’écartai les feuilles et m’apparut un bébé pigeon immobile, mais vivant, la tête tournée vers moi. Je le regardai sans voir de blessure. Dans l’arbre, le nid était détruit.
Autant le pigeon adulte est un bel oiseau, autant les petits sont laids, avec leur tête nue, leur gros bec démesuré.
Je suis allé chercher une serviette le plus vite possible pour l’entourer. Je l’ai pris dans mes mains et suis allé le déposer dans un carton. Ses ailes semblaient en bon état. Il avait dû tomber du nid pendant l’échauffourée et son frère lui avait sauvé la vie.
J’ai appelé un centre de soins spécialisé. Ils m’ont répondu que je pouvais l’amener le lendemain au centre et de ne pas le nourrir pendant la nuit. J’ai décidé de le garder.
Le lendemain matin, j’ai ramassé des brindilles que j’ai disposées en croix sur un embranchement de la haie de charmilles et j’ai déposé l’oisillon dessus.
Le jour suivant, le pigeonneau n’était plus dans le nid. Je l’ai retrouvé au pied de la haie. Dans le bûcher, tout près, j’ai vu une caissette en plastique d’un bleu vif, laide, et j’ai imaginé qu’elle pourrait être utile. Je l’ai posée sur une fourche, à environ un mètre quatre-vingt de hauteur. A l’intérieur, j’ai reconstitué un nid et déposé l’oisillon dessus.
J’ai attendu. Un jour, deux jours, trois jours. Rien.
Le cinquième jour, un pigeon adulte est apparu. Il s’est posé sur le nid. Il a déposé dans le bec du survivant un ver puis il est reparti. Il est ensuite revenu chaque jour s’occuper du pigeonneau jusqu’à ce que celui-ci soit capable de partir.
Depuis, chaque fois qu’un pigeon se pose près de ma terrasse l’émotion m’étreint, encore.
« Modifié: 02 Septembre 2026 à 18:50:05 par Joël de Bretagne »

Hors ligne April

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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #1 le: 03 Septembre 2026 à 14:10:47 »

Bonjour Joël,

Merci pour la dédicace  :)

Un récit doux et touchant. Une belle histoire de fragilité, de hasard et d’attention portée à une vie
— Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Johann Wolfgang von Goethe

— Tu peux tout.
April

Hors ligne Joël de Bretagne

  • Aède
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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #2 le: 03 Septembre 2026 à 16:19:26 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 03 Septembre 2026 à 17:36:49 par Joël de Bretagne »

Hors ligne Cendres

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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #3 le: 09 Septembre 2026 à 09:17:48 »
Merci pour le partage de ton récit.
J'imagine que tu dois nous raconter une expérience que tu as vécue.
Tu as pu sauver un bébé pigeon. C'est vrai qu'un oisillon, ce n'est pas très beau.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Luna Psylle

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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #4 le: 09 Septembre 2026 à 21:01:29 »
Salut,

Sur la forme :

Citer
Une famille de pigeons s’y était installée tardivement dans l’année.
s'y est
tardivement dans l'année sonne étrange. Il n'y a pas de faute, à première lecture, juste... surprenant à lire.
Ca pourrait être sympa qu'ils soient juste un couple à ce moment-là, ça pourrait permettre d'instaurer une ligne de temps : un couple, puis une famille avec la naissance des petits.

Citer
Le nid de pigeon est sommaire :
Je pense que tu peux retirer de pigeon, ça fait doublon avec la phrase juste avant et comme, justement, tu les cites à ce moment-là, on comprend que tu fais allusion à leur nid.

Citer
quelques brindilles disposées en croix suffisent pour que les oiseaux s’y installent.
en croix ? je comprends l'idée, mais je questionne plus la formulation. En vrai, c'est un tas anarchique, plus que des croix, même si, oui, l'image des croix fonctionne vu que les branchages finissent forcément par se croiser.

Citer
Le nid, placé assez haut dans l’arbre, ne me permettait pas de distinguer ce qui s’y passait. Je voyais les allers-retours des parents, le bruit des ailes signalait du mouvement.
Tu alternes entre présent et passé simple, ce qui instaure deux temps narratifs et ça ne rend pas super. Peut-être trancher entre présent et passé simple et t'y tenir pour une meilleure fluidité.
Je ne suis pas convaincue : s'il voit les parents, a-t-il encore besoin de préciser le bruit des ailes, qu'on suppose celui des parents ? s'il s'agit d'intégrer les bébés, ça pourrait avoir plus de sens de les entendre quand le narrateur sait qu'il n'y a pas de parents dans le nid.

Citer
J’ai regardé derrière moi après avoir entendu comme un léger bruit, comme des feuilles froissées dans la plate-bande, et j’ai vu sur la pelouse le corps inanimé d’un bébé pigeon. Il était froid, lacéré de plaies, mort.
répétition de bruit avec le paragraphe précédent.

Citer
Derrière les larges feuilles d’anémones du Japon, j’entendis bouger. J’écartai les feuilles et m’apparut un bébé pigeon immobile, mais vivant, la tête tournée vers moi.
répétition feuilles.

Citer
Je suis allé chercher une serviette le plus vite possible pour l’entourer.
Je suis sûre qu'il existe un verbe plus adapté, comme emmailloter, ou emmitoufler. Entourer, ça enlève tout cet aspect de prendre soin, de douceur, je trouve.

Citer
Il avait dû tomber du nid pendant l’échauffourée et son frère lui avait sauvé la vie.
En l'état, on ne sait pas, ton narrateur ne semble pas le savoir et ne peut que juste le supposer. Sur le moment, j'ai pensé à un coucou, à cause des oisillons renversés. Le coucou a cette méthode de renverser les œufs ou les oisillons du nid. Mais comme tu as parlé d'un nid détruit, ça me semble moins raisonnable, car le bébé coucou a l'instinct d'écarter les autres petits, pas de détruire le nid.

Citer
J’ai appelé un centre de soins spécialisé. Ils m’ont répondu que je pouvais l’amener le lendemain au centre et de ne pas le nourrir pendant la nuit. J’ai décidé de le garder.
Le lendemain matin, j’ai ramassé des brindilles que j’ai disposées en croix sur un embranchement de la haie de charmilles et j’ai déposé l’oisillon dessus.
Répétition de lendemain. Et pourquoi ne pas l'avoir emmené ? C'est la question qui me reste ici pour ton narrateur. Manque le raisonnement de ton narrateur, pour le comprendre, peut-être s'identifier à sa réaction.

Citer
Le jour suivant, le pigeonneau n’était plus dans le nid. Je l’ai retrouvé au pied de la haie.
Faut dire qu'il en est déjà à deux jours, dont au moins un sans nourriture, si le narrateur ne l'a pas nourri, comme conseillé par le centre, et en plus manipulé à plusieurs reprises et déposé dans un nid fait par le narrateur, certainement plus hasardeux que s'il avait été fabriqué par un couple de pigeons.

Citer
Dans le bûcher, tout près, j’ai vu une caissette en plastique d’un bleu vif, laide, et j’ai imaginé qu’elle pourrait être utile. Je l’ai posée sur une fourche, à environ un mètre quatre-vingt de hauteur. A l’intérieur, j’ai reconstitué un nid et déposé l’oisillon dessus.
J’ai attendu. Un jour, deux jours, trois jours. Rien.
J'ai un peu de mal à visualiser ici : en gros, la cagette est au bout des piques d'une fourche (pas dangereux, présenté comme ça ?) et les branchages sont dans la cagette ?

Citer
J’ai attendu. Un jour, deux jours, trois jours. Rien.
Pourquoi ? Là encore, l'intention du narrateur me manque, je ne comprends pas ses actions, ses réactions. Limite, je me pose quelques questions : il appelle le centre, mais ne l'y dépose pas, malgré le fait que l'oisillon retombe le lendemain, ensuite plusieurs jours à attendre, mais que fait-il pour l'oiseau ? le nourrit-il, d'une manière ou d'une autre ? l'aide-t-il ? ou se contente-t-il d'observer ? je suis perplexe sur toute l'intention de ton narrateur.

Citer
Il s’est posé sur le nid. Il a déposé dans le bec du survivant un ver puis il est reparti.
répétition entre posé/déposé.

Citer
Depuis, chaque fois qu’un pigeon se pose près de ma terrasse l’émotion m’étreint, encore.
terrasse, émotion

Sur le fond, je reste très perplexe. Le décor se prête à la poésie, mais elle m'a manqué. Et ensuite, toute l'intention du narrateur. Pour ma part, j'ai pensé à du sadisme, parce que je manque de détails et que tout ce que je sais c'est qu'il a récupéré l'oisillon, ne l'a pas emmené dans le centre, ne l'a pas nourri, l'a juste observé. Est-ce que l'oisillon a eu de la chance de survivre ? Peut-être... une sacrée bonne étoile, même.

Une bonne soirée à toi,
ar lath ma, vhenan
source avatar - The secrets of darkest magic, by Nipuni

Hors ligne Joël de Bretagne

  • Aède
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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #5 le: 09 Septembre 2026 à 22:52:35 »
Merci Luna mis à part le côté sadique qui me semble exagéré, j'ai pris plaisir à lire ta démonstration et tu ferais une excellente correctrice. Je te remercie d'avoir pris le temps de me lire. Si j'avais compris comment joindre une photo, je t'aurais envoyée celle de la caissette avec le pigeonneau dedans. Je ne pouvais pas le nourrir. Je lui ai juste laissé à boire  et surveillé son état. Merci encore dde ta lecture.
« Modifié: 09 Septembre 2026 à 22:54:16 par Joël de Bretagne »

Hors ligne Luna Psylle

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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #6 le: Hier à 06:26:32 »
Salut,

D'où l'importance d'exprimer certaines choses, ici les émotions du narrateur ;) et je dis bien narrateur, car je ne sais pas à la lecture qu'il s'agit d'une anecdote réelle. Pendant ma lecture d'hier, j'ai imaginé une mise en scène. Après, oui, sûrement que sadisme est un peu fort : désolée, je crois que les émotions de ma journée ont débordées sur mes mots :-[ même si la description donnée à la fin de mon commentaire reste concordante : pourquoi certains choix et non d'autres ?
D'ailleurs, je me rends compte que je n'ai pas développé le manque de poésie : dès le début, tu parles d'érable japonais et j'ai de suite pensé à Monet. À relire ton texte, il ne se prête peut-être pas tant à la poésie et c'est plus un biais de ma part. Ensuite, quand je parle poésie, je parle mélodie des mots, quand les sonorités vont ensemble, qu'on retrouve un certain tempo, avec des sons qui reviennent régulièrement. Une façon d'imaginer la prose poétique.

Une bonne journée à toi,
ar lath ma, vhenan
source avatar - The secrets of darkest magic, by Nipuni

Hors ligne Joël de Bretagne

  • Aède
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Re : Un jour, un pigeon
« Réponse #7 le: Hier à 08:36:31 »
Non tu m'as fait du bien. Je débute dans l'écriture. J'ai écrit toute ma vie professionnelle, des choses brutes,sèches, sans affect. J'écris en vers, parce que j' aime exposer et créer de l'émotion, vraie et simple. Quand j'ai lu le texte d'April sur la pie, mon histoire de pigeons attaqués par une pie m'est revenue. Mais il y a des résistances à exprimer l'émotion que m'a prodiguée le retour des parents. Comme assister à une naissance. J'en ai encore les poils qui se dressent en y pensant. Ton analyse reprend ce que je pensais moi même du texte. Donc merci à toi, je n'avais pas tort, je pense que je ne reviendrai plus sur ce texte. Il est sorti, j'ai eu du mal surtout à le faire tenir dans les 2500 signes que pensais être la contrainte. Diluer ne m'intéresse Pas.
« Modifié: Hier à 08:49:20 par Joël de Bretagne »

 


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