Bleu
Comme un ciel de Magritte
Avec de fins nuages
Pourtant
Teintés de fumée ocre
Le marais de Kerderff
S’en repaît
Une mouette solitaire
S’indiffère
Près du haras, sur un champ
brûlé de soleil
les chevaux baguenaudent
Le chant grave
de la vedette de Groix
perce la quiétude
Au haras sur la piste
Un cavalier et son cheval
prennent le temps à bras-le-corps
et se jouent des obstacles
Plus loin au-dessus d’une fontaine
un chêne penche ses branches
Vers l’eau tissée de mousse verte
Un peu plus loin
Un rocher a poussé au pied
d’un chêne
Encore plus loin
dans l’ombre
deux chevaux
l’un blanc l’autre noir
paisibles se frottent l’encolure
presque de la tendresse
J’ai pris le temps
il est l’heure de rentrer
C’était un matin différent
Comme tous les autres matins.