En 1984, nous avons traversé le désert du Sahara dans une vieille 504. Nous avons quitté l'asphalte à Reganne au sud de l'Algérie.
Nous avions pris à bord en "auto-stop" Akli, un grand touareg qui ne parlait pas un mot de français qui nous a accompagné jusqu'à Gao au Mali.
Nous nous sommes lancés d'abord dans la traversée du plateau du Tanezrouft, une plate et infinie étendue de sable de plus de 500 kilomètres.
Peut avant d'arriver à Bordj Mokhtar, dernier poste frontière à l'extrême sud de l'Algérie, nous avons été traversés par une subite tempête de sable.
Fech-Fech, nous avait dit Akli. C'est ainsi que les Arabes appellent cette fine poussière de sable transportée par le vent.
J'avais, à l'époque, écrit dans mon journal les impressions que cela m'avait procuré.
Extrait
"Il n'y a plus de repères visuels.
Nulle part et partout, l'horizon, le ciel et le sable nous entourent.
Le jour, dans le Tanezrouft, le ciel inonde une lumière immuable.
La toile immobile du désert se terne parfois d'un voile opaque.
Des cristaux de sable en mouvement: Le vent des sables.
Quand on le rencontre, il efface brutalement un environnement grandiose
pour le transformer en une atmosphère poussiéreuse, gazeuse d'apparence.
Etranges lueurs jaunes chlorosées, toujours du sable.
Le temps se fige alors dans la tempête silencieuse.
Ou va le sable?
Seulement plus loin, ou peut être vers le pays où des visions suspendues
aux "frontières de l'irréel" saisissent le voyageur égaré"
Traversée du Sahara décembre 1984