Moi aussi je me suis essayé à cette contrainte ; une fable avec 12 mots-rimes imposés.
Merci April pour ton exemple.
Le soleil, ce loser
J’aime te serrer entre mes bras faible nature.
Pour mes quinquets ardents s’enflamme le monde.
A mes torrides forfaits ne résiste aucune peinture.
Même pas le sfumato d’une impérissable Joconde.
Ah ! que j’aime vous attraper vulgaire dindon,
Et sur ma rôtissoire vous embrocher. C’est amusant.
Dans les flammes vous dansez le rigodon.
Vous avez cessé vos ridicules glouglous séduisants.
Dans les rues les écologistes fiers,
Je les tiens à une honorable distance.
Je les enfouis sous leurs vieilles théories d’hier.
Il n’y a plus que le cri d’un nouveau-né pour mériter ma confiance.
Dans les cimetières, les feux follets plus vrais que nature,
Sautillent pour témoigner encore de l’ancien monde.
De celui-ci ne subsiste aucune peinture,
Sauf celle peut-être d’une onirique Joconde,
Qui rappelle comment distinguer l’homme du dindon,
Avec ses usines et ses jeux amusants
Beaucoup plus à la mode que les archaïques rigaudons,
Faisant de l’image un commerce séduisant,
Croyant connaître le monde de son regard fière.
Mais aujourd’hui de nouvelles créatures se promènent à distance
Leur marche soulève les cendres des paysages d’hier.
Elle ressemble à celle des robots. Eux, on peut leur faire confiance.
Assis autour d’une table qui n’a plus rien de nature,
Ils échangent des sons qui effraient le monde.
On pourrait les représenter comme une horrible peinture,
Quelque chose qui ferait encore sourire la Joconde,
Et regretter la moche allure décharnée des dindons.
Non, non, ne souriez pas, rien ici qui serait amusant.
Les feux follets déplorent le temps des rigaudons
Où sautiller était d’avoir un style séduisant.
Moi aussi je m’ennuie, je ne fais plus le fier,
Je n’ai plus rien à griller, même à distance,
Les arbres, maisons, humains idiots du climat d’hier.
En un robot, aucun capteur ne peut capter ma confiance.