Bonjour,
j'y vois plutôt effectivement de la poésie en vers libres comme on dit. J'aime bien cette cavalcade.
On peut aimer plus ou moins le sujet, y voir la célébration d’une relation toxique. En tout cas, c’est singulier et coupant, de la romance au vitriol, fallait oser
des bricoles qui me semblent moins justes et d’autres qui font sacrément la maille. Donner un commentaire en poésie, ce n' est pas simple. Parfois, on touche l intimité des auteurs. Bon, normalement le mde, est fait pour ça, bosser la mécanique entre autres. Donc, je ne fais ces remarques que de là où je suis, c est à dire pas bien haut. On ne peut donc pas se faire mal, ni toi ni moi
La Faille
Tu me fais faire
des choses
que je ne savais pas
capables de moi.( bizarre, "dont je ne me savais pas capable... en tout cas y a un truc qui tiraille
Pas seulement avec mon corps.
Avec ma voix. (pourquoi avec ma voix ?)
Avec cette part de moi
que je croyais dressée,
fermée,
intouchable.
Tu entres quelque part
où personne ne va.
Ta façon de me regarder,
je la sens dans mon ventre
avant que tu poses la main.
Quelque chose de dangereux.
Une prise
que je croyais ne jamais donner
et que tu tiens déjà.
Et je sens tout céder
avant même d’avoir décidé
de te laisser entrer. ( là, bon passage, la main... qui pourrait être érotique, sensible mais qui fout quasi les jetons)
Je lutte comme on ment.
Pour la forme.
Pour sauver ce qui est déjà à genoux. ( dans ces trois vers, il me semble qu'on n'y est pas tout à fait, qu'il y a une contradiction trop importante dans les entre les deux derniers)
Tu n’as pas besoin
de me toucher
pour m’ouvrir.
Il suffit que tu sois là.
Trop près.
Trop calme.
Trop certain de la faille
que tu as trouvée.( ces 8 là sont percutants, font dresser les poils des bras et le cheveux sur la tête. Comme si on était le glaçon entre Kim et Michey... Mon dieu 1986! De quoi créer une manifestation féministe aussi)
Toi seul sais faire ça.
Défaire le calme.
Ouvrir la fièvre.
Mordre dans l’absence
jusqu’à ce que je revienne.
Encore.
Je te hais presque
de savoir ça.
De savoir exactement
où appuyer
pour faire tomber
ma bouche,
mes défenses,
ma raison.
Je ne peux pas arrêter
ce que tu fais monter en moi.
Même si je le voulais.
Surtout si je le voulais.
Je pourrais partir.
Je pourrais rompre le cercle.
Je pourrais redevenir
quelqu’un qui se possède.
Mais mon corps
n’a plus de maître
quand il te reconnaît. ( peut-être par moment trop explicite ou explicatif)
Il revient.
Traversé
par ce que toi seul
sais rouvrir. ( il revient, ça sonne un peu bizarre ici, ça donnerait l’impression que le jeu est fini… on penserait quasi le contraire, que le corps ne revient pas, qu’il est traversé, qu’il a traversé, qu’il traverse)
Tu me fais dire ton nom
comme si ce n’était plus un nom
mais une morsure.
Une reddition. ( reddition ou aveu, on est quasi dans la violence des scènes sado maso)
Une chose arrachée
du fond de moi.
Et plus je voudrais
me taire,
plus ça sort.
Bas.
Cru.
Que je n’aurais donné
à personne. ( Passage assez fort, le « ça » notamment)
Tu fais de moi
quelqu’un que je ne connais pas
mais qui me ressemble
quand même.( le quand même me semble de trop)
Cette femme que je tenais loin,
contenue,
faite taire, ( accroc dans les sonorités)
toi,
tu la rappelles.
Elle vient.
Sans frein.
Sans honte.
Elle me ressemble
à m’effrayer. Peut-être à condenser avec le précédent passage, à la place du « quand même »)
Si je ne pouvais plus t’avoir,
je crois que je deviendrais folle.
Pas folle d’amour.
Folle de privation.
Folle de peau vide.
Folle de cette faim
qui saurait encore ton chemin
même dans le noir.
Prends garde.
Parce que ce que tu réveilles
ne sait pas aimer doucement.
Ça mord.
Ça réclame.
Ça ne te demandera jamais pardon.
Et moi,
je ne sais plus
si je veux être sauvée
ou dévastée
jusqu’au bout. (Cette dégringolade à partir de « si je ne pouvais plus t’avoir » est aussi juste. Peut-être que le ver « si je ne pouvais plus t’avoir » est plus faible car il donnerait un pouvoir au sujet… quoique, une petite porte de sortie.)
B