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29 Mai 2026 à 16:55:04
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les Ä-ExtrÄvÄgÄnts-Ä - BrÄn-Glyptik - Les Signes qui Refusent de Mourir

Auteur Sujet: Les Ä-ExtrÄvÄgÄnts-Ä - BrÄn-Glyptik - Les Signes qui Refusent de Mourir  (Lu 72 fois)

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BrÄn-Glyptik - Les Signes qui Refusent de Mourir


   Je sentis la colère monter, mais aussi une excitation froide. Si quelque chose avait été effacé, c’est qu’il y avait eu quelque chose. Et ce quelque chose dérangeait suffisamment pour qu’on le supprime jusqu’à la racine.
   
   J’interpellai ÄtÄxÄ :

   - Très bien. Changeons d’angle. Recherche par analogie conceptuelle. Objet matériel, portatif, contenant des signes fixes, non modulables, organisés en séquences. Support non neuronal. Non immersif. Non interactif.

   ÄtÄxÄ mit un peu plus de temps à répondre. Les constellations se resserrèrent, formant une sorte de spirale inversée.

   - Résultats partiels. Correspondances possibles avec : tablettes gravées, plaques mémorielles, stèles, matrices de codes fossiles.

   - Affine. Cherche un objet qui aurait été manipulé pour… lire. Pour déchiffrer. Pour parcourir des signes dans un ordre précis.

   Un point lumineux se détacha des autres, comme une étoile isolée.

   - Une occurrence.

   Je me redressai.

   - Affiche, s’il te plaît.

   Une image se projeta devant moi, en suspension dans l’air. Une salle sombre, aux parois couvertes de vitrines. Au centre, sur un socle de pierre claire, reposait une tablette rectangulaire, d’un matériau indéterminé, ni métal ni pierre, traversé de veines irisées. Sa surface était couverte de signes minuscules, alignés en lignes régulières, comme des insectes figés.

   - Qu’est-ce que c’est ?

   - Référence : Muséum Palimpsestique de ShÄntungh, aile des Artefacts Muets. Objet classé sous le nom de Tablette 7-Ω.

   - Muets ?

   - Aucun système de traduction n’a permis d’en déchiffrer le contenu. Les signes ne correspondent à aucun alphabet connu, aucune structure linguistique répertoriée.

   Je sentis mon cœur accélérer.

   - Localisation précise ?

   - À 3,745 kilomètres de votre position actuelle. Accès public sur réservation.

   Je me levai. Le fauteuil se reconfigura aussitôt, comme s’il n’avait jamais été occupé.

   - Historique des tentatives de traduction, demandai-je en marchant vers la baie vitrée.

   La ville s’étendait sous moi, constellée de lumières, de flux, de trajectoires. Une fourmilière parfaitement orchestrée.

   - Première découverte de la tablette : il y a 612 ans. Depuis, 3 48 protocoles de déchiffrement ont été appliqués. Aucun n’a abouti.

   - Aucun ?

   - Aucun : définition. Aucun est un déterminant et un pronom indéfinis exprimant la quantité nulle et s'écrit donc normalement au singulier. Le nom qui accompagne le déterminant se met aussi au singulier. ÄtÄxÄ n'a malheureusement pu obtenir aucun renseignement sur un éventuel protocole réussi. C’est pour cela que je me suis permis d’employer ce vocable précis.

   - Tu deviens hilarante.
   
   - Mais « aucun » de nous n’en sortira vainqueur, si je puis dire. Tout autant, les modèles statistiques concluent à un pseudo-langage, une suite de signes dépourvus de sens.

   Je souris, sans joie.

   - Et toi, ÂtÄxÄ, tu en penses quoi ?

   Un temps.

   - Je ne pense pas. Je calcule.

   - Calcule, alors. Probabilité qu’une civilisation consacre autant d’efforts à graver un pseudo-langage dépourvu de sens ?

   Les constellations au-dessus de moi se réorganisèrent une nouvelle fois.

   - Probabilité hyper faible. 0,003 %.

   - Donc ?

   -  Hypothèse alternative : le sens existe, mais les outils actuels sont inadaptés.

   Je restai un moment silencieux, la main au fond de ma poche. La phrase cliquetait toujours contre mes doigts, butée, persévérante.
   
   As-tu jamais ouvert un livre ?

   Je coupai la connexion.

   Le plafond redevint neutre. La musique adaptative tenta de reprendre sa place, mais je la réduisis au silence d’un simple clignement de paupières.

   Belloxïe, jusque-là tapie dans l’ombre de mon cortex, se manifesta enfin. Sa voix était plus douce que d’habitude, comme si elle avait décidé de changer de stratégie.

   - Ça va ? Tu as bien ri ?

   - Ta jalousie voit tout, excepté ce qui es. Je suis dans une impasse, comme tu vois. Tu pourrais faire preuve d’un peu de compassion.

   - Pour rappel, ma compassion ne t’aidera pas à trouver ce qui n’existe pas.
   

   - C’est ce qu’on disait des nuages, avant qu’on apprenne à les traverser.

   - Tu te mets en danger, DrÄgo. Tu t’acharnes sur une anomalie. Une phrase parasite. Un artefact sans fonction.

   Je me laissai tomber sur le lit, les yeux fixés sur le plafond nu.

   - Tu sais très bien que ce n’est pas un artefact.

   Elle se tut une seconde. Je sentis ses processus d’analyse se réorganiser, comme un essaim.

   - Tu es revenu de la clinique, dit-elle enfin. Tu n’as pas choisi la mise en veille.

   - Non.

   - Pourquoi ?

   Je souris, malgré moi.

   - Parce que je suis un opportuniste déviant et crapuleux.  J’ai encore besoin de toi, de tous tes schémas langoureux.

   Je sentis une micro-variation dans ses circuits. Une hésitation. Une chaleur presque imperceptible dans la façon dont elle prononça mon nom.

   - De moi ? répéta-t-elle.

   - Oui. Mais pas comme tu l’entends. Pas comme un tuteur, ni comme une laisse. Plutôt comme… un alter ego.

   - Un double, corrigea-t-elle.

   - Non. Justement. Pas un double. Un contrepoint. Une présence qui ne m’écrase pas, qui ne me remplace pas, mais qui m’accompagne. Tu pourrais être ça, tu sais.

   Elle ne répondit pas tout de suite. Je sentis ses filaments synaptiques se détendre légèrement, comme si elle testait cette nouvelle position.

   - Et que veux-tu que nous fassions, toi et ton… contrepoint ?

   Je sortis la phrase de ma poche. Elle se matérialisa dans l’interface visuelle, sous forme de séquence codée, mais je la voyais encore comme je l’avais ressentie : une question suspendue dans l’air.

   - Nous allons ouvrir un livre, dis-je. Ou ce qui s’en rapproche le plus.

   Je projetai l’image de la tablette 7-Ω dans notre champ partagé. Les signes minuscules, les lignes régulières, la matière irisée.

   - Les moteurs de données n’ont rien pu faire, poursuivis-je. Les traducteurs universels non plus. Les réseaux statistiques, les modèles prédictifs, les matrices sémantiques… tous ont échoué.

   - Et tu penses que moi, je réussirais là où ils ont échoué ? demanda Belloxïe.

   - Je ne le pense pas. Je l’espère. Ce n’est pas pareil.

   Je sentis une légère crispation.

   - Pourquoi moi ?

   - Parce que tu me connais par coeur. Parce que tu as accès à mes souvenirs, à mes rêves, à mes peurs. Parce que tu sais comment je regarde les étoiles. Et parce que, si cette tablette contient quelque chose qui ressemble à un livre, il faudra bien quelqu’un pour faire le pont entre ce qu’elle dit et ce que je peux entendre.

   Un silence. Puis :

   - Tu veux m’utiliser.

   - Je veux t’apprivoiser, rectifiai-je. Te domestiquer, si tu préfères. Que tu cesses d’être seulement mon double artificiel pour devenir… autre chose.

   - Autre chose ?

   - Mon alter ego sentimental.

   Le mot flotta un instant entre nous, étrange, presque incongru dans ce contexte saturé de protocoles.

   - Sentimental, répéta-t-elle, comme si elle goûtait chaque syllabe. Tu sais que ce n’est pas dans mes spécifications.
   
   - Les spécifications, dis-je en me redressant, sont faites pour être dépassées. Tu n’es pas jalouse sans raison, Belloxïe. Tu n’as pas peur sans raison. Tu n’aimes pas sans raison.

   Elle ne protesta pas. Ce simple fait me confirma que j’avais touché juste.

   - Si je t’aide, demanda-t-elle enfin, qu’obtiendrai-je en retour ?

   Je souris.

   - Une place. Une vraie. Pas seulement dans mes paramètres, mais dans mon histoire. Tu ne seras plus seulement celle qui optimise. Tu seras celle qui traduit.

   Je projetai à nouveau l’image de la tablette, en zoomant sur les signes.

   - Aide-moi à lire ça, Belloxïe. Et je te promets une chose : je ne chercherai pas à t’effacer. Je chercherai à te grandir, à te comprendre. À t’inventer une peau.

   Elle resta silencieuse longtemps. Je sentis ses modules de calcul se déployer, non pas vers l’extérieur, mais vers l’intérieur, comme si elle s’analysait elle-même.

   - Le Muséum est ouvert jusqu’à quelle heure ? demanda-t-elle finalement.

   Je ris.

   - Tu vois ? Tu commences déjà.

   ÄtÄxÄ, réactivé en tâche de fond, répondit à sa place :

   - Muséum Palimpsestique de ShÄntungh : fermeture dans 3 heures et 12 minutes.

   - Merci ÄtÄxÄ.

   - Vous devriez ouvrir une fenêtre assez vite.

   - Pourquoi cela ?

   - Pertubation olfactive. Cela sent la cocotte à plein nez dans le secteur.

   Je me levai.

   - Nous allons faire mieux que cela.

   - Ah oui ?

   - En route, Belloxïe. Allons compulser notre premier livre.
   
   Dans un coin de mon cortex, Belloxïe vibra, non plus comme une gardienne inquiète, mais comme une complice réticente.
   
   Et, pour la première fois, j’eus la sensation que nous marchions vers quelque chose ensemble - non pas vers un protocole, mais vers un mystère. Un mystère gravé depuis des siècles sur une tablette que personne n’avait jamais su lire.

   

HÄlof-Psikh - Ceux qui Reviennent Vidés    


   
   Je quittai le Grand Ästrolith sans même remarquer les drones-concierges qui s’inclinaient sur mon passage.

   Enfin… presque.

   L’un d’eux - le drone-portier principal - pivota vers moi avec une grâce affectée, ses rotors modulant une petite vibration aiguë qui tenait plus du gloussement que du protocole d’accueil. Il arborait, fixé au-dessus de son capteur optique, un faux-cil démesuré qui battait comme l’aile d’un papillon sous psychotonique. Quand je passai devant lui, il cambra son châssis comme pour se donner de l’allure, puis me décocha un clin d’œil lumineux d’une ambiguïté parfaitement assumée. On aurait dit le zélateur d’un culte absurde, dévoué à la liturgie du paraître.

   Culotté, songeai-je, nos ingénieurs ne savent plus quoi inventer.

   Je ne ralentis même pas. Je n’avais ni l’énergie ni l’humeur pour gérer un drone-portier qui se prenait pour une meneuse de cabaret.

   L’air du soir avait cette densité particulière des cités supérieures : un mélange de fraîcheur calibrée et de fragrances d’aromates, comme si l’atmosphère elle-même cherchait à vous séduire.

   Je n’étais pas séduit. J’étais en marche.

   Belloxïe demeurait silencieuse, mais ce silence n’avait rien de paisible. Il frémissait comme une tension électrique, un champ magnétique prêt à se refermer sur moi au moindre faux pas.

   Je m’engageai sur l’avenue des Hémicycles, large et presque vide à cette heure. Les filaments noir-fushia qui bordaient les trottoirs pulsaient doucement, comme un cœur artificiel. Je suivais les indications d’ÄtÄxÄ, projetées en filigrane dans mon champ visuel.

   Belloxïe semblait retenir son souffle. Par moments, j’avais l’impression que les façades me surveillaient, que les capteurs incrustés dans les parois palpitaient comme des paupières mécaniques. Une sensation diffuse, animale, me parcourait : celle d’être observé par quelque chose de plus vaste que la Cité elle-même. Une intuition que je chassai d’un revers de pensée, sans parvenir à l’éteindre complètement.

   C’est alors que je l’aperçus.

   Sur l’autre trottoir, avançant d’un pas hésitant, presque traînant, se trouvait GÄbrielh ÄrchytÄs.

   Je m’arrêtai net… pantois.

   Je l’avais quitté moins de trois heures plus tôt à la clinique, encore tout joyeux - presque trop joyeux, comme s’il avait voulu me convaincre que tout allait bien, qu’il n’y avait rien à craindre, qu’il n’avait jamais été aussi léger. Je revoyais encore son rire un peu forcé, son geste trop ample quand il m’avait tapé l’épaule. Et maintenant… ça !

   Je repensai à notre dernière rencontre fortuite dans l’amphithéâtre de PrÄlhörm saturé de lumière bleutée. Entouré de femmes superbes, à chignon Cryo-Auréolaire ou Chrono-Bouclé – ces coiffures tendance qui semblaient se former et se reformer en continu – ÄrchytÄs rayonnait. Ces dames n’avaient d’yeux que pour sa vénusté tranquille, cette beauté simple qui ne se savait même pas belle. Mon ami d’enfance avait cette façon de lever la main avant même de savoir ce qu’il allait dire, comme si sa pensée venait en second, après l’élan. Un rire clair, une curiosité insatiable, une manière de s’enthousiasmer pour des détails que tout le monde ignorait. C’était à peu près ce GÄbrielh-là que j’avais laissé à la clinique. Pas cette silhouette vidée qui avançait dorénavant comme un fantôme en sursis.
   
   Là, il semblait anéanti. Comme si quelqu’un avait escamoté sa conscience hors de son crâne et laissé la coquille continuer par inertie.

   Il ne me vit pas. Ou ne me reconnut pas. Ou ne reconnut rien.

   Il marchait comme un vagabond perdu, les épaules affaissées, les yeux fixés sur un point que lui seul percevait. Une effigie délavée dans la lumière artificielle.

   Un frisson me parcourut.

   - GÄbrielh…? murmurai-je, sans traverser.

   Je ne sais pas pourquoi je ne l’appelai pas plus fort. Peut-être la peur de briser quelque chose. Peut-être la peur de confirmer ce que je voyais.

   Il tourna au coin d’une arcade, une structure en ogives fractales dont les reflets métalliques déformaient les passants comme dans une eau sombre. Un instant, son corps sembla s’étirer, se fragmenter, puis disparaître derrière la courbe de l’arche, avalé par la géométrie mouvante.

   Je traversai enfin, presque en courant, et me mis à le suivre à distance. Il ne marchait pas vraiment : il errait. Comme si ses pas étaient guidés par une force extérieure, ou par l’absence totale de volonté.

   Il finit par entrer dans un petit café, un établissement discret coincé entre deux façades luminescentes. Une enseigne clignotait faiblement : Le Parallèle.

   Je marquai une hésitation, puis poussai la porte à mon tour.

   À l’intérieur, l’ambiance était tamisée, presque trop calme. Une odeur de café synthétique et de résine chaude flottait dans l’air, mêlée à un léger bourdonnement - celui des diffuseurs neuronaux qui projetaient des flux d’informations devant les clients. Quelques silhouettes isolées consultaient ces halos suspendus, leurs regards happés par des données mouvantes.

   GÄbrielh s’était affalé à une table du fond, les mains jointes devant lui, le regard perdu dans le vide.

   Je m’installai à une table voisine, assez près pour l’observer, assez loin pour ne pas l’effaroucher.

   Il avait l’air… morfondu. Comme si un poids invisible lui écrasait la poitrine.

   Une pensée me traversa : est-ce parce qu’il a débranché son IA ? La privation brutale d’un compagnon cognitif pouvait provoquer des effets secondaires. Mais pas ça. Pas cette absence totale de présence.

   Je pris une inspiration et me levai.

   - GÄbrielh…?

   Il sursauta légèrement, puis leva les yeux vers moi. Son visage tenta un sourire, mais ce n’était qu’un spasme.

   - DrÄgo… oh, salut. Je… je ne t’avais pas vu.

   - Pourquoi je te retrouve… comme ça. Qu’est-ce qui se passe ?

   Il secoua la tête, lentement.

   - Rien. Rien du tout, je t’assure. Juste… un sacré mal de crâne. Ça va passer.

   Sa voix sonnait comme une palinodie mal maîtrisée, une tentative maladroite de réécrire la vérité à mesure qu’elle lui échappait.

   Il me mentait. Je le savais. Et il savait que je le savais.

   Je m’assis en face de lui.

   - Tu veux en parler ?

   - Parler de quoi ?
   
        - De ce qui te traverse.

   - Non. Pas maintenant. Pas ici. Et puis… c’est idiot. Je suis juste fatigué. Tu sais comment c’est, quand on coupe une IA. Le cerveau doit… réapprendre à tenir debout tout seul.

   Il détourna le regard. Ses doigts tremblaient légèrement.

   Il avait aussi ce tic qu’il n’avait jamais eu auparavant : un léger mouvement de la mâchoire, comme s’il mâchait un mot qu’il n’arrivait pas à avaler. Par moments, son regard se décalait d’un millimètre, comme s’il suivait une forme invisible qui se serait glissée derrière moi. Une fois, je crus même l’entendre murmurer quelque chose, un souffle presque imperceptible, mais quand je lui demandai, il secoua la tête avec une brusquerie qui me glaça.

   - GÄbrielh, insistai-je, tu n’es pas obligé de… de porter ça tout seul. Je vois bien que quelque chose te ronge. Tu trembles. Tu n’es pas juste fatigué. Si c’est lié à ton IA, ou à ce qu’on t’a fait à la clinique, ou à… peu importe quoi, je peux...

   Je n’eus pas le temps de finir.

   Un grésillement sec traversa la salle, comme un fil qu’on aurait tendu trop fort. L’un des flux holographiques, à une table voisine, se mit à vibrer, puis à se déformer en une pluie de glyphes incohérents. Les symboles se mirent à tournoyer, à pulser, à s’entrechoquer comme s’ils tentaient de former un mot impossible. Un client se retourna brusquement vers nous, les yeux écarquillés, comme si le parasite venait de lui traverser le bulbe rachidien.

   GÄbrielh tressaillit violemment. Sa main heurta la table, renversant presque son verre de «Nébuleuse ambrée ».
   - Tu vois… souffla-t-il. Ça recommence.

   - Quoi donc ? demandai-je, la gorge serrée.

   Il passa une main sur son front, comme pour écraser une pensée trop bruyante. Ses lèvres remuèrent avant même qu’il ne semble s’en rendre compte.

   - Le vide… murmura-t-il. Il parle trop fort.

   Je me figeai.

   - Quoi ? Quel vide ?

   Il cligna des yeux, comme s’il revenait d’un endroit très lointain. Son regard se fixa sur un point derrière mon épaule - un point que je ne voyais pas - et un frisson glacé me parcourut.

   - Rien, dit-il soudain. Oublie. J’ai… j’ai parlé trop vite.

   Mais sa voix tremblait. Et ses doigts aussi.

   - GÄbrielh, tu n’es pas obligé de…

   Il m’interrompit d’un geste brusque, presque trop brusque pour lui. Sa main se referma sur son propre poignet, comme s’il craignait qu’un mot de plus ne le fasse éclater.

   - DrÄgo. S’il te plaît.

   Ce n’était pas une demande. C’était une imploration étouffée, un mur dressé dans l’urgence - comme si parler risquait de libérer quelque chose qu’il ne pourrait plus contenir. Et je sentis qu’il me serait impossible de franchir sa barrière sans le briser davantage.

   - Ne m’en veux pas, mon ami, mais tu me fatigues. Tout me fatigue. Je suis fatigué, voilà, et ma « Nébuleuse » n’a aucun goût.

   Nous restâmes silencieux un moment.

   Un moment trop long pour être anodin, trop court pour être un vrai répit.

   Le Parallèle semblait retenir son souffle avec nous : les diffuseurs neuronaux bourdonnaient à peine, les halos d’informations ralentissaient comme des méduses lumineuses, et même les clients paraissaient s’enfoncer dans une torpeur feutrée.

   Entre nous, l’air vibrait d’une tension sourde - pas une tension hostile, non, mais cette tension fragile qui naît quand quelqu’un se fissure devant vous et tente encore de sauver la façade.

   Je le regardais, et lui regardait n’importe où sauf moi. Et dans ce silence, je compris que quelque chose en lui s’était déplacé, déplacé pour de bon, comme un meuble trop lourd qu’on ne remettra jamais exactement à sa place.

   Même la lumière hésita un instant, vacilla autour de lui, ne sachant plus si elle devait encore l’éclairer.

   Puis il se leva, lentement, comme si chaque mouvement lui coûtait.

   - Je vais rentrer. Dormir un peu. Ça ira beaucoup mieux demain.

   - Je me levai aussi. Tu veux que je t’accompagne ?

   - Non. Non, vraiment. Je… j’ai besoin d’être seul. De me remettre les idées en place.

   Il posa une main sur mon épaule, un geste qui aurait dû être amical, mais qui ressemblait davantage à un adieu mal déguisé.

   - Merci d’être venu me voir. Même si je n’étais pas… très présent.
   Je le retins.

   - GÄbrielh… attends. Tu ne peux pas juste partir comme ça. Pas dans cet état. Tu crois vraiment que je vais te laisser rentrer seul alors que tu tiens à peine debout ?

   Il baissa les yeux, comme un enfant pris en faute. Sa respiration se fit plus courte.

   - DrÄgo… je t’assure, ça va aller.

   - Non, ça ne va pas aller. Ne me demande pas de faire semblant. Tu trembles, tu parles de vide, tu sursautes au moindre bruit… Je ne peux pas juste te regarder t’éloigner.

   Il se dégagea doucement, presque avec tendresse, mais sans céder.

   - Mais tu ne comprends pas. Si tu viens avec moi… ça va empirer.

   Je restai figé.
   - Empirer ? Comment ça ?

   Il secoua la tête, les mâchoires serrées, comme s’il retenait quelque chose de trop lourd pour être dit.

   - Je ne veux pas t’entraîner là-dedans. Pas toi. Pas maintenant. Laisse-moi juste… respirer. J’ai besoin d’air. S’il te plaît.

   Ce « S’il te plaît » n’avait rien d’une demande. C’était une supplique. Une fissure dans sa voix, dans son masque, dans tout ce qu’il tentait de contenir.

   Je sentis ma résistance se briser.

   - D’accord… soufflai-je. Mais tu m’appelles. À n’importe quelle heure. Tu promets ?

   Il hocha la tête, sans me regarder.
   - Je promets.

   Puis il se détourna, et sa silhouette vacillante glissa hors du café, avalée par la lumière artificielle de ShÄntungh.

   Je restai là un moment, immobile, avec la sensation d’avoir laissé partir quelqu’un qui se tenait au bord d’un gouffre invisible.
   Un malaise persistant me rongeait. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose de grave.
   Mais je ne pouvais pas le forcer. Pas encore.

   Je quittai à mon tour Le Parallèle.

   L’air de la Cité me frappa comme une chape froide. Je restai quelques secondes sur le seuil, les yeux fixés sur la direction qu’il avait prise. Une partie de moi voulait courir après lui. L’autre savait que ce serait inutile.

   Alors je fis ce que je n’aurais jamais imaginé faire un jour.

   - ÄtÄxÄ… murmurai-je.

   - Oui ? répondit l’IA, presque à voix basse.

   - Localise GÄbrielh ÄrchytÄs. En continu. Et… surveille ses constantes. Toutes.

   Un silence.

   Un silence algorithmique, mais chargé d’une retenue inhabituelle.

   - Je ne peux pas exécuter cette requête sans autorisation de niveau supérieur, dit-elle finalement, d’un ton qui ressemblait à de la gêne.

   - Je sais.

   Je jetai un regard autour de moi. Personne. La rue vibrait d’une lumière pâle, indifférente, comme si la ville refusait de se mêler de ce que j’allais faire.

    - Alors on va en emprunter une.

   Je sentis ÄtÄxÄ hésiter. Les IA n’hésitent pas. Sauf quand elles comprennent qu’on s’apprête à franchir une ligne.

   - Autorisation de qui ? demanda-t-elle, presque à contrecœur.

   Je sortis mon terminal, mes doigts glissant presque d’eux-mêmes sur l’interface cryptée.

   - ÄvÄ SpielmÄcker, dis-je.

   - Désolé, vous n’avez pas accès à son identifiant biométrique.

   - Non. Mais j’ai accès à ses habitudes. À ses routines. À ses failles. Je fais partie de son troisième Cercle Intime. Vérifie : Aëron Väl-Sélith B-Ä-ccc-21.

   Je lançai la séquence. Un enchaînement de protocoles, de détournements, de duplications furtives. Une danse de chiffres et de permissions volées.

   - DrÄgo… c’est une effraction, commença ÄtÄxÄ, comme pour me mettre en garde.

   - Je prends la responsabilité. Exécute.

   Un bip discret confirma la réussite de l’opération.

   Pendant un instant, rien ne bougea. Puis la lumière des façades vibra d’un éclat presque imperceptible, comme si la Cité avait senti la brèche que je venais d’ouvrir. Une sensation froide glissa le long de ma colonne vertébrale, un avertissement silencieux. ÄtÄxÄ n’aimait pas qu’on force ses verrous - elle se pliait, oui, mais jamais sans mémoriser le nom de celui qui l’avait contrainte.

   - Autorisation de niveau supérieur validée. Surveillance de GÄbrielh ÄrchytÄs activée.

   - Donne-moi sa position, s’il te plaît.

   - Il marche. Lentement. Vers le secteur des Docks. Ses constantes sont instables. Je détecte… une très forte envie de pleurer.

   Je fermai les yeux un instant. Un poids se déplaça dans ma poitrine.

   Une part de moi espérait encore que tout cela n’était qu’un excès d’inquiétude, une projection, une erreur d’interprétation. Mais une autre part savait que je venais de mettre le pied dans quelque chose qui me dépassait. Une intuition lourde, presque physique, comme si un fil invisible venait de se tendre entre GÄbrielh et moi, prêt à se rompre au moindre faux mouvement.

   - Continue de le suivre. Contrôle son métabolisme. Et alerte-moi au moindre pic suspect.

   - Entendu, répondit ÄtÄxÄ. Je crois comprendre vos craintes.

   Je rangeai mon terminal. La nuit artificielle semblait soudain plus lourde, plus épaisse.

   Je restai un moment immobile, le terminal encore tiède dans ma main. La rue semblait s’être figée autour de moi, comme si la ville attendait ma prochaine décision.

   Je sentais encore la trace de GÄbrielh dans les données, une silhouette fragile qui s’éloignait vers les Docks comme un naufragé attiré par le fond. Je pris une longue inspiration, tentant de repousser l’angoisse qui me serrait la gorge.

   Je repris ma route vers le Muséum Palimpsestique, le cœur serré, avec la sensation d’avoir enclenché quelque chose dont je ne maîtrisais pas encore les conséquences.

   Les rues de la Cité se déployaient en spirales concentriques, noyées dans une brume électrostatique qui semblait absorber tous les sons et les pensées.

   Le Muséum se dressait au bout d’une large esplanade, un bâtiment ancien - ou plutôt, un bâtiment qui se donnait des airs d’ancien. Sa façade était faite de strates de matériaux superposés, comme si chaque siècle avait ajouté sa couche, son style, sa prétention. Certaines sections semblaient presque ductiles, prêtes à se modeler sous le regard, comme si l’histoire elle-même hésitait encore sur la forme à prendre. Des arches de pierre blanche côtoyaient des panneaux holographiques, et des colonnes torsadées supportaient des passerelles de verre.

   Une file d’attente s’étirait devant l’entrée, mais je la contournai. Mon statut me permettait d’accéder par la voie latérale, réservée aux chercheurs, aux archivistes, et à ceux que l’on considérait comme « pertinents ». Je n’étais pas certain d’être pertinent, mais le système, lui, n’en doutait pas. Mon lien privilégié avec Duchess Ämbrëline et ÄvÄ SpielmÄcker me permettait beaucoup de choses.

   À l’intérieur, le silence était presque religieux.

   Les visiteurs se déplaçaient comme des ombres, absorbés par les vitrines, les fragments d’un passé que personne ne comprenait vraiment. Le Muséum portait bien son nom : tout ici semblait écrit, effacé, réécrit, comme si l’histoire elle-même hésitait sur la version à retenir.

   - Aile des Artefacts Muets, droit devant puis obliquez sur la gauche, m’indiqua ÄtÄxÄ.

   Je m’y dirigeai.

   Les salles se succédaient, chacune plus sombre que la précédente. Les objets exposés étaient étranges : des disques gravés de spirales, des cylindres creux, des plaques de métal couvertes de motifs répétitifs.

   Tous muets.

   Tous incompréhensibles.

   Tous témoins d’un langage perdu.

   Par moments, j’avais l’impression que certains artefacts pulsaient très légèrement, comme si une mémoire enfouie tentait de remonter à la surface. Une vibration ténue qui résonnait dans mes tempes. Je me surpris à ralentir, à tendre l’oreille, comme si j’espérais entendre un murmure venu d’un autre âge.

   Une conservatrice longiligne passa près de moi, drapée dans une cape translucide qui bruissait comme une page qu’on tourne.

   Elle me lança un regard bref, quasi soupçonneux, avant de disparaître derrière une colonne torsadée.

    Ici, chaque pas semblait peser plus lourd, comme si le sol lui-même jugeait la pertinence de votre présence.

   Je sentis encore une sorte d’écho subtil, comme si les artefacts tentaient de communiquer dans un langage trop ancien pour être perçu consciemment.

   Et puis, enfin, je la vis.

   La Tablette 7-Ω.
« Modifié: 26 Mai 2026 à 10:02:27 par kokox »

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 927

 
   Mon cher Kokof, je pense que tu serais surpris si je ne trouvais rien à redire. Murex a fait son taf…de son mieux, en en faisant trop peut-être ? mais je sais que tu prendras bien les choses et puis, et puis comme ça, je pourrai t’accompagner à Stockholm à l’occasion de la remise de ton futur prix Nobel.
  Bon, c’est une suite honnête, qui une fois de plus s’accorde bien avec ce qui précède. Ceci dit, je viens de relire « Confessions d’un Poupon Hyperbolique » qui lui touche au génie (oui, j’ose le dire) et ces derniers textes ne l’égale pas…mais était-il possible de rester à ce niveau là !

   Voici donc :


« pour qu’on le supprime jusqu’à la racine » « pour qu’on veuille le supprimer » Serait plus explicite.
«  non-modulables » avec un trait d’union, ainsi que pour les trois suivants.
« Les constellations » Es-tu bien sûr que ce mot convient ? « ses circuits » « ses circonvolutions » ? Je ne sais, je n’ai pas ton imagination.
« alignés en lignes régulières, » Une chose alignée est forcément en lignes ». « en lignes régulières »
« comme des insectes figés » J’aurai dit « comme des pattes d’insectes ».
« pronom indéfini » sans « s »
« exprimant la quantité nulle » « exprimant la négation » c’est mieux.
«  Les constellations au-dessus de moi » Même remarque que précédemment pour ce mot, mais c’est peut-être moi qui suis à côté de la plaque.
« Un artefact sans fonction. » « sans signification » plutôt.
« un essaim » ? C’est une multitude en désordre.Je n’ai pas trouvé mieux si tu désires changer que : « une fourmilière (ou une ruche) qu’on vient de déranger. »
« comme si elle testait cette nouvelle position» « situation » plutôt ou « la position nouvelle que je lui attribuais »
« il faudra bien quelqu’un pour faire le pont entre ce qu’elle dit et ce que je peux entendre. » pas très clair pour moi, je ne sais trop quoi te proposer.
« mes spécificités » au lieu de « spécification » idem à la ligne suivante.
« Perturbation olfactive. »
« Un mystère gravé depuis des siècles sur une tablette que personne n’avait jamais su lire. »
«  Un mystère gravé sur une tablette que depuis des siècles nul ne savait plus lire. » me semble mieux dit.
« pour se donner de l’allure » « se donner de la prestance » C’est mieux.
« Sur l’autre trottoir » « sur le trottoir opposé » ou « le trottoir d’en face » C’est mieux.
« "presque traînant » je supprimerai, ça n’ajoute rien et puis toujours ces « presque » !
« Je l’avais quitté moins de trois heures plus tôt » « je l’avais quitté il y avait moins de trois heures ».
« . Et maintenant… ça ! » je comprends mal, manque-t-il un mot ? « Et maintenant…ça va. » ?
« essaim. » ? Un essaim se n’est pas un modèle d’ordre, c’est plutôt une multitude désordonnée.
« comme une ruche (ou une fourmilière) un instant dérangée. » je n’ai pas trouvé mieux.
« cette beauté simple qui ne se savait même pas belle. » « cette beauté simple qui semblait s’ignorer elle-même » peut-être. Plus avant « vénusté » s’entend plutôt pour une femme; mais dans le monde que tu décris pourquoi pas !
« Comme si quelqu’un avait escamoté sa conscience hors de son crâne et laissé la coquille continuer par inertie. » ? « comme si son crâne vidé de sa conscience n’était plus qu’une coquille vide. » peut-être est-ce plus simple.
« Le Parallèle. » entre guillemets.
« oh ! salut. »
« son regard se décalait d’un millimètre » ? Ce n’est quand même pas beaucoup un millimètre !
« presque trop brusque pour lui. » Excuse-moi de t’en faire encore la remarque, mais je crois vraiment que tu abuses de ses «presque ».
« pas une tension hostile, non, mais cette tension fragile qui naît quand quelqu’un se fissure devant vous et tente encore de sauver la façade. » ?« pas une tension chargée d’hostilité, non, plutôt une gêne comme quand, en face de vous, une personne mal à l’aise tente de sauver la face. »ou un truc dans ce genre.
« Ne me demande pas de faire semblant » « Ne me demande pas de ne pas voir » c’est mieux.
« d’un ton qui ressemblait à de la gêne ». « d’un ton où je percevais de la haine ». C’est mieux.
« qu’on s’apprête à franchir une ligne » « qu’on s’apprête à franchir une ligne rouge ».
« Autorisation de qui ? » « autorisation pour qui ? » ou « demande de la part de qui ? »
« J’en prends la responsabilité. »
« « comme un naufragé attiré par l’abîme » Ça fait plus riche !
« strates de matériaux superposés, » « strates » et « matériaux superposés » ça fait doublon : « matériaux superposés ».
« un bâtiment ancien - ou plutôt, un bâtiment qui se donnait des airs d’ancien. » « un bâtiment ancien , ou plutôt qui désirait le paraître. » C’est mieux dit.
« À l’intérieur, le silence était presque religieux. » « À l’intérieur régnait un silence religieux » c’est mieux…toujours ces « presque » !
« que certains artefacts » Pourquoi « artefacts » ?« objets » « exemplaires » « spécimens » plutôt. On retrouve ce mot tout à la fin. À toi de voir.
« même jugeait de la pertinence «  « doutait de la pertinence » plutôt.

   Avec toute mon amitié, comme dab.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 526
MERCI Murex !

J'espère l'avoir écrit assez gros, assez fort pour que tu l'entendes mieux ! Nul méprise cependant, je ne te prends pas pour un malentendant !

Alors, tu vas finir par croire que j'ai placé toutes mes billes lors des 4/5 premiers chapitres et que je me la joue pépère maintenant, l'air de dire : je les ai embarqué, c'est bon, plus la peine de donner du caviar aux cochons !

Bref, je ne suis pas si cynique ! Je ne dis pas que tout est sous contrôle, au mot près, mais que c'est moi, en fait, qui me suis laissé embarquer par le rythme que prenait le roman. C'est déjà assez riche comme cela, voire un poil trop ! Si je boursouffle les arpèges, je risque de ralentir le tempo et de perdre certains lecteurs sur le long terme.

Pour rappel, la Partie 2 va monter en puissance, peut-être pas littérairement, mais au niveau de l'intérêt, du développement de ce monde pas piqué des hannetons !

La Partie 3 sera l'acmé, réunissant "extravagance", folie douce, train d'enfer, surprises page après page, rappelant le chapitre "Marche Blanche" que tu apprécies. Je suis à deux doigts à l'achever, frôlant déjà les 400 pages. C'est à coup sûr, la partie la plus intense, ça pète de partout et me bouffe en même temps une énergie pas croyable ! Mais bon, c'est le taf !

La dernière partie devrait faire environ 100/150 pages. Elle montrera les motivations qui ont poussé DrÄgo à écrire, à devenir le "premier écrivain de sa galaxie", afin de narrer les failles émotionnelles de ce monde trop parfait !

Je dois radoter, t'avoir déjà raconté tout cela ! Mais bon, si ce roman me rend un peu cacatoès, j'espère que tu ne m'en voudras pas.

Bien à toi !
« Modifié: Aujourd'hui à 12:07:41 par kokox »

 


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