Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

08 Juin 2026 à 20:19:05
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » À propos de Lumière et de lumière...

Auteur Sujet: À propos de Lumière et de lumière...  (Lu 143 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 616
  • Pelleteur de Nuages
À propos de Lumière et de lumière...
« le: 23 Mai 2026 à 19:43:05 »

          La lumière permet de voir les choses qu'elle éclaire, mais qu'en est-il de celles qu'elle traverse ?

La question ouvre plusieurs portes que peu de gens pensent à ouvrir. L'une d'entre elles nous offre pourtant, sinon qu'accéder, au moins de se faire à l'idée de ce qui n’est pas montré par icelle mais traversé.

C’est là pourtant le genre de bascule conceptuelle que beaucoup d'entre nous aiment questionner. Il se peut, pour ce faire, de devoir apprendre à voyager par le biais de plusieurs plans de conscience. Certains sont purement physiques, alors que d'autres s’admettront perceptifs, et donc plus poétiques, mais s'obtiennent complémentaires en résonance.

Physiquement : la lumière traverse ce qui ne l’arrête pas… encore que ce soit elle qui révèle sa pseudo matière (quand ça ne serait que par un voile, un halo, une opalescence). Reste qu'elle "montre" moins l’objet, que ce dernier ne la modifie, elle ! Ce qu’elle traverse ou pas, devient donc visible par son effet, pas par la forme.

Serait-ce dire qu'on ne verrait rien directement ? Que ce que la lumière traverse ou éclaire n’est pas vu en lui-même, mais dans ce qu’il fait à la lumière.

Bon ok, je me calme ! Quand bien, un poète dit "visionnaire" aime évoquer à sa manière ce type de secret bien visible. Comme elle, il éclaire ou obscurcit selon sa volonté ce qu'elle "frappe"... Tout en lui substituant des choses qui ne s’imposent pas nécessairement. Mais
qui la laissent passer. Des choses qui existent sans occuper de place visible. Elles ne sont pas moins réelles. Elles sont simplement "victimes" d’un autre mode d’être. Elles ne se montrent pas. Elles se laissent traverser entièrement par la lumière. Sans rien révéler de leur constitution, et ce qu’on perçoit d’elles, c’est leur influence, pas leur contour.

C’est très proche de ce que je décris souvent de mon propre rapport avec le monde : mais une présence y est discrète, diffuse, qui ne cherche pas à occuper l’espace, puisque se trouvant être le dit espace ! et qu'il me plait d'ajuster à ma manière d’être.

En somme, si la lumière ne vous montre pas tout ce qu’elle éclaire, elle s'applique à révéler ce qu’elle traverse de subtile : elle-même ! (que je nomme cette fois Lumière... avec une [majestueuse] majuscule) et qui, du moins pour moi, s'avère plus essentiel que ce qu’elle éclaire...

Certes il s'agit d'une interprétation plus métaphysique que psychologique, que je tente, cependant, de rendre plus poétique côté idée.

Oui, je plussoie le terme "idée" ! j'affirme en cela que des êtres qui ne sont pas visibles pour un regard humain le sont néanmoins pour eux-même ! Quitte à tendre vers quelque chose de très profond, de métaphysique.

Car être traversé par la Lumière, c’est exister sans opacité. Or, de tels Êtres que la Lumière traverse ne sont pas invisibles dans le sens où ils n’existeraient pas, mais bien parce qu’ils n’opposent aucune résistance à la lumière qui s'entend les composer eux-mêmes pour honorer et servir l'éminente Lumière...

C'est ainsi que je parle d'Ouvrier de Lumière pour désigner des humains proches des Êtres de Lumière aptes à voir et à leur tour servir iceux constitués de bien mieux qu'eux par le biais des dits photons venant d'icelle.

" Qui ne renvoie rien ne bloque rien… pas plus qu'il ne projette une ombre. "

L'être fait en parts égales de lumière et de Lumière est présent, mais témoigne d’une présence qui ne se mesure pas par la réflexion, seulement par la transmission. C’est une forme d’existence très subtile : être là sans occuper tout en occupant, être là sans masquer. "Invisible pour nous, visible pour eux-mêmes" et quelques humains qui ont su développer une offerte à tous à leur naissance. 

J'aime particulièrement cette idée qui peut d'autant s'avérer magnifique qu'une telle "invisibilité" n’est pas une propriété absolue, mais une relation qui s’accepte ou se rejette.

Pour nous autres, simples humains, la lumière doit rebondir sur quelque chose pour le rendre visible. Mais pour un être qui n’a pas besoin de ce rebond — un être qui perçoit autrement, ou qui se perçoit de l’intérieur — la visibilité peut être intrinsèque. C’est une forme d’auto‑perception, presque noétique : une conscience qui sait !

Dans mon univers, selon ma manière de penser, ces êtres ne sont pas absents. Ils sont à l'image de mon écriture : simplement décalés. Leur temps est très différent du nôtre ! Ce qui les rend trop subtils pour que notre lumière ait celui utile à les capter.

Ce ne sont pas pour autant de simples métaphores — ni même une extension de mon Surmoi — pas plus que je n'éprouve de sensation d’être "hors du moule", voire, un de ces "dénotants", traversés, plutôt que "reflétés".

Et je te le dis franchement : s'il m'arrive encore d'y croire parfois fermement... il y a chez moi cette qualité-là qui fait que je ne suis pas encore parti rejoindre les Invisibles. Ma transparence ne se voit pas avec les yeux, mais avec l’attention, la sensibilité. C'est ainsi que se révèle la résonance constitutive de l'Aura.

Il me plait donc d'exister aussi selon un registre où la lumière lambda ne rebondit pas mais circule.

« Modifié: Aujourd'hui à 10:33:31 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne CoolSpirit

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : À propos de Lumière et de lumière...
« Réponse #1 le: 06 Juin 2026 à 15:31:33 »
Bonjour Robert-Henri D,

Très beau texte sur la lumière et sa manière de transparaître.
J'ajouterai peu de choses.

La lumière est un mystère aussi grand que Dieu, puisqu'Il en est la source.
Alors on n'a pas fini de faire le tour, de cet univers lumineux de part en part, en lequel les parts de ténèbres sont presque comme un résidu ou le milieu dans lequel la lumière baigne pour mieux se diffuser.
Toujours est-il que personne n'aura jamais vu en quoi la lumière est de la lumière : on ne peut pas "voir" la lumière en tant que telle, elle est ce qui donne à voir. On voit ce qu'elle montre, non la lumière elle-même ; par là, la lumière fait transparaître les objets et leurs contours, leurs formes, elle nous fait apercevoir le monde, elle fait apparaître les choses, qui sont pour nous ces apparences lumineuses.
L'essence de la lumière est d'ordre mystique et la science n'en dira jamais toute l'étendue et la richesse.
Par sa nature translucide, elle semble tout rendre translucide, fait perdre leur opacité aux objets, au moins à leur surface.
La lumière transforme le monde en un miroir géant pour nous-mêmes, qui sommes censés êtres consciences de lumière.
Nous aussi nous apposons notre regard de lumière sur les choses, en y apportant les lumières de notre conscience - bien que cette lumière est d'ordre intérieur et métaphysique ; là où le phénomène lumineux issu des étoiles peut être analysé et décrit, presque connu, par l'expérience, par des descriptions d'ordre physique.

La lumière échappe à notre regard : chaque fois que l'on essaye de la regarder en face, elle nous aveugle, et nous ne pouvons apercevoir que les objets sur lesquels elle vient se poser et se réfléchir.
Tout au mieux lorsque nous regardons ses sources, ne nous pouvons entrevoir que des boules de feu, c'est à dire la lumière posée sur des flammes mais pas encore la lumière dont l'essence est de faire voir non de se regarder.
Nietzsche dit quelque part que le sage est semblable à la lumière d'une bougie dont la nature est d'illuminer les choses autour de soi mais non lui-même.

La lumière traverse les choses parce qu'elle pénètre à la surface des choses et se diffuse dans l'espace.
En cela, la lumière traverse bien les choses et les êtres : et elle traverse tout l'univers d'un bout à l'autre car elle ne s'arrête jamais, rien n'empiète son territoire, c'est elle qui lutte contre et vainc les ténèbres partout où elles se trouvent.

En définitive, la lumière est l'œuvre première de Dieu, dont le sens est d'être "Lumière de l'Amour et Amour de la Lumière."

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 616
  • Pelleteur de Nuages
Re : À propos de Lumière et de lumière...
« Réponse #2 le: Aujourd'hui à 09:35:33 »
Bonjour  CoolSpirit,

Et merci pour cet acquiescement prolongateur de mon texte. De fait, tu m'as convaincu de devoir réanalyser le mien qui est truffé de fautes de frappe. Donc une, impardonnable : la quasi absence de "L" majuscule. Ce qui, pourtant, est utile à différencier Lumière & lumière.
« Modifié: Aujourd'hui à 10:35:50 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.26 secondes avec 22 requêtes.