Fluk avançait prudemment, les plantes serrées dans son poing, en se demandant pour la centième fois ce qui lui avait pris.
Il sentit les six yeux avant de les voir. Il s'arrêta net.
Le loup était là, assis à l'orée du campement, immobile comme une pierre, une très grande pierre avec des crocs. Son regard glissa de Fluk vers les plantes froissées dans sa main. Puis revint sur Fluk.
Ce regard n'annonçait rien de bon, vu que Fluk ne le comprenait pas.
À sa gauche, un bruit. Un nain, accroupi dans les fougères, se retourna vers lui avec l'expression de quelqu'un qu'on venait de déranger.
— Un gobelin ? chuchota-t-il en lorgnant les plantes. Avec des fleurs ? J'aurais tout vu.
Le loup inclina légèrement la tête, les yeux toujours fixés sur Fluk. Ce dernier fut absorbé par ces six joyaux. Il mimiqua involontairement le loup et pencha sa tête sur le coté... Un grognement coupa Fluk de ses non-nombreuses pensées. Il leva les plantes en guise de réponse. Ce n'était pas une explication, mais c'était tout ce qu'il avait.
Ce fut alors qu'il aperçut l'elfe allongée sur la couverture, derrière le loup, et la pierre runique incrustée dans sa peau. Quelque chose le figea, une démangeaison dans sa mémoire. Des pierres brillantes dans le noir de sa grotte, que la vieille lui avait dit de ne jamais toucher.
Le loup gronda doucement quand il s'approcha d'un pas.
Fluk s'arrêta, leva les mains, fleurs comprises.
Mais il savait. Et quelque chose lui disait que ce qu'il savait avait de l'importance.