Face à Retailleau adoubé, la droite continue à bouder
Élu avec 73,8% des suffrages, Bruno Retailleau a su s’imposer auprès des adhérents LR. Pour autant, le chemin menant à la présidentielle est loin d’être tracé.
« De Gérald Darmanin à Sarah Knafo » : depuis dimanche soir, le nuancier de Laurent Wauquiez ne semble résolument plus aux couleurs des Républicains. Alors que les cadres du parti ne parviennent pas à accorder leurs violons, l’adoubement de Bruno Retailleau a-t-il valeur de sacre ? Le paysage de la droite est éclaté. Avec la parution de son livre, teinté d’élan présidentiel et garnies de confidences, Gabriel Attal avance ses pions ; Xavier Bertrand « pense sérieusement à la suite » ; David Lisnard fantasme une « grande primaire » ; Edouard Philippe est galvanisé par les derniers sondages (prédit pour affronter voire l’emporter face au RN) ; Michel Barnier tance et réfléchit, Gérald Darmanin, lui, bâtit un projet dans l’ombre de Vendôme.
Orgueils et préjugés
Il est loin le temps de l’UMP, loin le temps où Nicolas Sarkozy faisait l’unanimité. Dans les rangs des LR, l’orgueil de l’un fait le préjugé de l’autre. Dans un an, 40 millions de français seront appelés à voter. Pour qui ? Pour quel programme ? Certes les comptes de compagne sont ouverts depuis le 1er avril ; mais à l’aune d’une promesse électorale qui se veut être rassembleuse, Les Républicains la jouent solitaire. Les Français ont besoin de lumière, de beaucoup de lumière en vue de l’élection présidentielle à venir. Laquelle est d’autant plus historique que le mot « dégagisme » est sur toutes les lèvres. À quand l’union des droites ? Peut-être jamais, pas pour cette fois. Les mois défilent. L’été sera chaud. L’hiver vient. Et aucun front commun à l’horizon.