Salut salut !
Déjà merci à ceux qui m'ont lu, vous donnez de la force.
Maintenant, voici la septième et dernière lettre de cette courte nouvelle. Vous l'aurez deviné, ou pas, mais c'est une clef qui ouvre une porte bien plus grande. Mais j'aime l'idée de construire un grand univers, et de le livrer fragmenter. Parfois, je me prends un peu pour un scribe hermétique.
En ce qui concerne l'épilogue, il semble un peu bâclé. Je vais pas vous mentir, je trouve aussi que comme tel, bah il est pas au top de sa forme. Mais mon narrateur semble aussi pressé de quitter le monastère dans lequel il se trouve. Du coup, je vais peut-être le laisser comme ça.
Enfin, ça reste un deuxième ou troisième jet, donc j'aurais le temps d'y revenir.
Bonne lecture,
Merci d'être passé par ici,
Des bisoux,
Aïonia.
Lettre VII : Le Fils dans la Maison
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Épilogue – Avant les ombres Il y a des années qui se referment comme des portes.
D’autres qui s’ouvrent comme des gouffres.
Lorsque Yehoshua retourna à Nazareth, obéissant à Maryam et à Yossef, travaillant le bois comme un simple artisan, beaucoup crurent que tout rentrerait dans l’ordre. Que l’enfant du Temple n’était qu’un enfant. Que la lumière aperçue ce jour-là n’était qu’un reflet passager. Que les prophéties pouvaient dormir encor un peu.
Moi, je savais que rien n’était terminé.
Je le savais sans comprendre. Je le savais comme l’Hom sait qu’un vent lointain annonce une tempête avant même que les arbres ne commencent à plier.
Je le savais parce que, depuis la nuit du massacre, mes mains portaient un poids qu’aucune eau pure ne pouvait laver.
Je quittai Nazareth peu de temps après. Non par fuite. Par nécessité. Il y avait en moi une faim que ni les rouleaux, ni les prières, ni les sacrifices ne parvenaient à apaiser. Les questions me rongeaient comme un ver caché dans un fruit mûr.
Pourquoi cet enfant ?
Pourquoi Maintenant ?
Pourquoi moi ?
Je suivis les routes qui mènent aux bibliothèques d’Alexandrie aux temples ensevelis d’Égypte, aux marchés de Damas et aux déserts où les sages vont perdre leur nom pour tenter de retrouver leur âme.
Je marchai aussi vers mes propres ombres.
Car celui que j’avais rencontré dans la bâtisse ruinée cette nuit-là n’avait jamais quitté ma mémoire. Son visage revenait dans mes songes avec une netteté presqu’insupportable. Et ses paroles demeuraient en moi comme une écharde impossible à retirer :
« Les prophéties ne sont pas des chaînes.
La lumière n’est pas toujours celle que l’Hom enseigne. »
Je ne savais pas encor que ce n’était que le commencement. Que d’autres rencontres m’attendaient. D’autres voix. D’autres choix. Et que chacun me briserait un peu davantage. Que je passerai trente années à poursuivre un signe qui n’était pas destiné à mes yeux.
Ni que, lorsque Yehoshua reviendrait enfin, adulte, marchant vers ce que les hommes appelleraient son destin, je serais encor là. Fatigué. Usé. Presque vide. Mais enfin prêt à comprendre ce que mes yeux avaient contemplé depuis le commencement sans jamais parvenir à le saisir.
La première partie de mon histoire s’achève ici. Non par résolution. Mais par départ. Car avant la lumière viennent toujours les ombres.
Et c’est dans les ombres que j’allai m’enfoncer...