Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 Avril 2026 à 16:44:55
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Premier chapitre de mon roman Nachalah

Auteur Sujet: Premier chapitre de mon roman Nachalah  (Lu 27 fois)

Hors ligne Pierre95

  • Plumelette
  • Messages: 8
Premier chapitre de mon roman Nachalah
« le: Hier à 16:10:07 »
1.
Nachalah (Transmission).


Sept années. Sept longues années s'étaient écoulées depuis la disparition brutale de Sarah, et Jacob n'avait jamais accepté cette séparation aussi soudaine qu'inattendue. Le temps, censé apaiser les douleurs, n'avait fait qu'approfondir le gouffre dans lequel il s'était réfugié.
Dès les premiers jours qui suivirent la perte de son épouse, Jacob s'était complètement renfermé sur lui-même, comme une huître refermant sa coquille pour protéger une perle brisée. Il avait clos les volets de l'appartement, plongeant les pièces dans une pénombre perpétuelle qui reflétait l'obscurité de son âme. La lumière du jour lui semblait désormais obscène, une insulte à son deuil. Il ne mangeait pratiquement plus, quelques bouchées de pain sec, un peu d'eau, juste assez pour maintenir le corps en vie alors que l'esprit dérivait ailleurs. Son apparence témoignait de cette déchéance : il ne se rasait plus, laissant sa barbe pousser en broussaille grisonnante, ne sortait plus, si ce n'est pour de rares occasions qui le forçaient à affronter un monde devenu étranger.
Les nuits étaient les pires. Jacob ne dormait que quelques heures, par bribes entrecoupées de cauchemars où Sarah lui échappait sans cesse. Il passait l'essentiel de son temps assis dans le grand fauteuil de Sarah, celui où elle avait rendu son dernier souffle. Ses doigts caressaient machinalement le tissu usé des accoudoirs, cherchant à y retrouver la chaleur de celle qui n'était plus. Son regard se perdait dans le vide qui emplissait ce qui restait de sa vie, ce vide immense qui avait tout englouti. Ses yeux restaient constamment mouillés de larmes qui ne coulaient même plus, il n'en avait plus assez.
Le téléphone sonnait parfois dans le silence de l'appartement, résonnant comme une cloche fêlée dans une église abandonnée. Jacob ne répondait plus. Les courriers s'empilaient derrière la porte, non ouverts, non lus. Factures, lettres administratives, mots de condoléances tardifs, tout cela n'avait plus d'importance. Le monde extérieur avait cessé d'exister pour lui, ou plutôt, c'est lui qui avait cessé d'exister pour le monde.
Il n'avait ouvert sa porte que quelques fois à son fils aîné, David, qui s'inquiétait de n'avoir aucune nouvelle de son père. David frappait avec insistance, appelait à travers la porte close, mêlant supplications et menaces bienveillantes, jusqu'à ce que Jacob, vaincu par l'épuisement plus que par la volonté, consente à tourner la clé dans la serrure. À chaque visite, David découvrait un homme un peu plus diminué, un peu plus absent, comme si son père se dissolvait lentement dans le chagrin.
David l'avait incité à renouer avec une existence un peu plus normale : reprendre des forces, sortir prendre l'air, peut-être même recevoir quelques visites. Mais ses paroles raisonnables se heurtaient à un mur d'indifférence. David lui avait dit, avec cette franchise douloureuse que seul un fils peut avoir, que se torturer ainsi ne ferait pas revenir Sarah. À chaque fois, Jacob lui avait répondu la même chose, d'une voix éteinte mais étrangement ferme : son seul souhait était d'aller la retrouver, d'en finir une bonne fois pour toutes. La mort n'était plus un ennemi à combattre, mais une amie à accueillir, une libération attendue avec impatience.
En ce jour d'avril 2005, quelque chose changea soudainement en Jacob, sans que ce fût prévisible le moins du monde. Ce n'était pas un événement extérieur qui provoqua ce bouleversement, mais plutôt une transformation intérieure, une sensation étrange qui s'empara de lui au réveil.
Il ne comprit pas immédiatement la raison de ce changement. Était-ce un frisson particulier le long de sa colonne vertébrale ? Un battement de cœur irrégulier qui résonnait différemment ? Une lucidité nouvelle qui dissipait le brouillard dans lequel il évoluait depuis sept ans ? Au fil des heures, il sentit monter en lui un espoir, certes peu joyeux, teinté même d'une forme de résignation sereine, mais un espoir tout de même. Ce qu'il attendait depuis sept années, depuis deux mille cinq cent cinquante-cinq jours d'agonie lente, allait enfin se réaliser.
Il sentit que sa dernière heure allait bientôt sonner, qu'il allait enfin pouvoir rejoindre Sarah. Cette certitude ne lui venait pas d'un pressentiment vague ou d'une superstition, mais d'une connaissance intime de son propre corps, de ses mécanismes qui se déréglaient. Paradoxalement, cette proximité avec la mort le rendait heureux, d'un bonheur austère, grave, mais authentique.
La fin, il lui faisait face sans la moindre peur. Au contraire, il la souhaitait tant, l'avait appelée de ses vœux pendant ces sept années interminables. Jacob la sentait dans ses os fatigués qui craquaient à chaque mouvement, dans son souffle court qui peinait à remplir ses poumons, dans les battements irréguliers de son cœur qui semblait hésiter avant chaque nouvelle pulsation. Son corps tout entier lui envoyait des signaux, lui murmurait que le voyage touchait à sa fin.
Pourtant, malgré cette conviction profonde, Jacob se leva ce matin-là avec une énergie qu'il n'avait plus connue depuis des années. Il ouvrit les volets pour la première fois depuis des mois, laissant la lumière inonder l'appartement plongé dans les ténèbres. La poussière dansait dans les rayons du soleil, révélant l'état d'abandon du lieu. Mais Jacob ne voyait pas le désordre, il voyait la beauté de la lumière, cette même lumière qui avait illuminé tant de moments partagés avec Sarah.
La rue des Rosiers avait ce jour-là des allures d'été précoce en ce milieu du mois d'avril. Le printemps parisien déployait ses charmes avec une générosité inattendue. Le ciel, d'un bleu sans tache, pur et lumineux comme on en voit rarement dans la capitale, baignait les pavés d'une lumière dorée, presque liquide, qui semblait couler entre les façades anciennes. Les volets entrouverts des appartements laissaient échapper des éclats de vie, des voix qui s'interpellaient en yiddish, des rires d'enfants, des bribes de musique orientale qui s'échappaient d'un poste de radio.
L'air portait déjà les promesses du muguet et du lilas, ces parfums printaniers qui annoncent le renouveau. Les passants flânaient avec une nonchalance inhabituelle pour un samedi après-midi, comme s'ils s'étaient affranchis du temps, comme si les horloges avaient ralenti leur course folle. Ils goûtaient à cette chaleur inattendue comme à une douceur volée au cœur du printemps, un cadeau de la nature avant les rigueurs de l'été.
Il y avait dans l'atmosphère quelque chose de suspendu, de délicieusement lent, comme une scène de film tournée au ralenti. Les commerçants bavardaient sur le pas de leurs boutiques, les mères surveillaient d'un œil distrait leurs enfants qui jouaient dans la rue, les anciens du quartier étaient installés sur les bancs, leurs visages ridés tournés vers le soleil comme des tournesols.
Comme chaque jour lorsque Sarah était encore en vie, comme pendant toutes ces années de bonheur simple et tranquille, à quatorze heures précises, Jacob Fiddleman descendit les marches usées de son domicile au numéro 17 de la rue des Rosiers. Ses pieds connaissaient chaque marche, chaque irrégularité de la pierre, par cœur. Il n'avait pas besoin de regarder où il posait les pieds, ce chemin, il l'avait emprunté des milliers de fois.
Il portait toujours le même manteau de drap gris, élimé aux coudes et au col par les années, mais soigneusement boutonné malgré la douceur de la température. Ce manteau avait été un cadeau de Sarah, vingt ans plus tôt, et Jacob refusait de s'en séparer. Sur sa tête reposait un chapeau feutré légèrement de travers, il n'avait jamais réussi à le mettre parfaitement droit, et Sarah se moquait gentiment de lui pour cela. Aujourd'hui encore, par habitude ou par défi, il le portait de cette façon un peu décalée.
Sa démarche, bien que ralentie par les années et affaiblie par les mois de réclusion, restait droite, presque cérémonieuse. Jacob avait toujours eu cette prestance naturelle, cette dignité dans le port qui témoignait d'une vie traversée avec honneur malgré les épreuves.
Il salua les commerçants d'un hochement de tête poli, le boulanger qui arrangeait sa vitrine, la fleuriste qui arrosait ses plantes, le libraire qui rangeait des ouvrages sur l'étal extérieur. Certains lui rendirent son salut avec une chaleur particulière, heureux de le revoir après si longtemps. D'autres détournèrent le regard, mal à l'aise face à cette résurrection inattendue du vieux Jacob.
Il échangea même quelques mots avec la boulangère, Mme Lévy, qui lui glissa un pain frais dans un sac en papier en refusant son argent d'un geste de la main.
— Pour vous, M. Fiddleman, c'est offert aujourd'hui.
Jacob la remercia d'une voix rauque, sa voix était rouillée par le manque d'usage. Puis il s'arrêta devant la devanture du vieux libraire, M. Cohen, qui finissait de ranger ses livres avant la fermeture du shabbat. Ils échangèrent quelques phrases sur le temps qu'il faisait, sur la beauté de cette journée printanière.
Puis Jacob tourna à droite rue Mahler, suivant le parcours gravé dans sa mémoire et dans ses muscles. Il rejoignit ensuite la rue Saint-Antoine, cette artère animée où les voitures klaxonnaient et où la foule se pressait. De là, il gagna la place de la Bastille, cette vaste esplanade dominée par la colonne de Juillet. Il s'arrêta un instant, reprenant son souffle, observant les touristes qui photographiaient le monument, les Parisiens qui se hâtaient vers le métro.
Ensuite, il descendit lentement les escaliers qui menaient vers les quais du port de l'Arsenal, ces marches raides qui lui demandèrent un effort considérable. Ses jambes tremblaient légèrement, mais il s'accrocha à la rampe et poursuivit sa descente, marche après marche, respirant profondément entre chaque palier.
Là, sur les berges du port, c'était toujours le même rituel sacré, répété pendant des décennies de vie commune avec Sarah. Il s'assit sur un banc de bois un peu bancal, ce même banc qu'il avait adopté il y avait si longtemps, celui qui faisait face à l'eau et offrait la meilleure vue sur le ballet des bateaux. La peinture verte s'écaillait sous ses mains, révélant le bois grisé par les intempéries.
De là, il observait les bateaux qui glissaient en silence sur l'eau calme du bassin, leurs coques colorées se reflétant dans le miroir liquide. Il regardait les amoureux enlacés qui déambulaient main dans la main le long du quai, leurs rires cristallins portés par la brise légère. Les enfants couraient derrière les pigeons dans une chorégraphie joyeuse et désordonnée, leurs cris d'excitation résonnant contre les façades des immeubles bordant le port.
Il sortit de sa poche un morceau de vieux pain qu'il émietta entre ses doigts noueux, ses articulations gonflées par l'arthrite. Les miettes tombaient au sol, attirant immédiatement les moineaux qui piaillaient et se disputaient les morceaux. Les pigeons, plus lourds et moins agiles, arrivaient ensuite, chassant les petits oiseaux de leur territoire. Parfois même, un ou deux canards curieux quittaient l'eau pour venir picorer les offrandes de ce vieil homme solitaire.
C'était un moment suspendu, presque sacré, un instant d'apaisement dans le tumulte du monde. Pour Jacob, assis sur ce banc face à l'eau qui clapotait doucement, le temps semblait s'arrêter. Les bruits de la ville s'estompaient, ne laissant plus que le murmure de l'eau, le chant des oiseaux, et les battements de son propre cœur.
Aujourd'hui, en ce jour d'avril 2005, il se remémorait les jours si nombreux où il avait parcouru ce chemin avec Sarah à son bras. Il revoyait son sourire radieux quand elle découvrait un nouveau bateau amarré au quai, son rire cristallin quand un canard particulièrement audacieux venait manger dans sa main, son regard tendre quand elle se tournait vers lui en silence, sans avoir besoin de mots pour dire son amour.
Sarah le regardait en souriant de ce sourire qui lui faisait battre le cœur comme la première fois qu'il l'avait accompagnée à cet endroit, il y avait si longtemps, plus d'un demi-siècle auparavant, quand ils étaient jeunes et que l'avenir s'ouvrait devant eux comme un livre aux pages blanches.
Il était assis sur le banc du quai, son banc, leur banc, ce banc sur lequel tant de mots d'amour avaient été échangés au fil des décennies. Chacun de ces mots résonnait encore dans sa mémoire avec une clarté parfaite. Il pouvait encore entendre la voix de Sarah, légèrement voilée, murmurant des confidences. Il pouvait sentir la pression de sa main dans la sienne, le poids de sa tête sur son épaule lors des soirs d'été.
Il resta là, immobile, perdu dans ses souvenirs. Combien de temps ? Nul ne le sait. Le temps s'était dissous dans la torpeur de cette après-midi printanière. Les minutes devenaient des heures, les heures se confondaient. Le soleil progressait lentement dans le ciel, projetant des ombres mouvantes sur l'eau du bassin.
Lorsqu'il sortit enfin de ses songes et de la torpeur qui l'avaient envahi, happé brutalement par la réalité, il fut pris d'un étrange malaise. Ce n'était pas une douleur aiguë, mais plutôt une sensation diffuse, inquiétante, qui se répandait dans tout son corps comme une vague froide.
Sa respiration se fit saccadée, irrégulière. Il avait du mal à inspirer profondément, comme si ses poumons refusaient de se remplir complètement. Son cœur battait de manière chaotique, tantôt trop vite, tantôt trop lent, résonnant dans sa tête comme un tambour déréglé. Il sentait chaque pulsation dans ses tempes, dans sa gorge, dans ses poignets.
Une sueur froide perla sur son front malgré la douceur de la température. Ses mains se mirent à trembler légèrement, et il dut les serrer l'une contre l'autre pour contrôler ce tremblement. Une faiblesse soudaine envahit ses membres, comme si toute son énergie s'échappait de lui.
Jacob sut alors, avec une certitude absolue, que le moment était venu. Le moment de retrouver Sarah, de rejoindre tous ceux qu'il avait côtoyés durant sa longue vie, à Paris, dans le Marais de son enfance, à Auschwitz, dans les baraquements de l'horreur où tant d'amis avaient péri, en Pologne, sa terre natale aux souvenirs doux-amers. Tous ceux qui avaient quitté ce monde avant lui l'attendaient quelque part, dans un lieu dont il ignorait la nature mais qu'il espérait réel.
Mais soudain, au milieu de cette acceptation sereine de sa fin prochaine, une pensée le frappa avec la violence d'une décharge électrique. Il lui restait une tâche à accomplir avant de mourir. Une tâche qu'il lui était impossible de ne pas effectuer, un devoir sacré qui transcendait même sa propre mort.
Il devait faire la Nachalah, la Transmission en hébreu.
Ce mot, chargé de six millénaires d'histoire, résonna dans son esprit avec une force nouvelle. La Nachalah. Ce n'était rien de religieux, rien qui concernât les rites ou les prières. La Nachalah était bien plus importante que sa vie, que son couple avec Sarah, que sa famille même. C'était un héritage qui traversait les âges, un secret transmis de génération en génération depuis la nuit des temps.
Il était Le Dépositaire. Un rôle, un fardeau, une responsabilité qui lui avaient été transmis par sa mère dans des circonstances qu'il n'oublierait jamais. Elle-même l'avait reçu de son mari, le père de Jacob, avant qu'il ne parte pour la Grande Guerre dont il ne reviendrait jamais. Et son père l'avait reçu du sien, et ainsi de suite, remontant dans le temps à travers les générations, depuis près de six mille ans. Six mille ans d'histoire, de secrets jalousement gardés, de transmissions effectuées à l'article de la mort, dans l'urgence ou dans le calme, mais toujours avec la même solennité, le même poids d'éternité.
Cette prise de conscience lui redonna instantanément une force qu'il croyait avoir perdue. Il ne pouvait pas mourir maintenant, pas encore. Pas avant d'avoir accompli son devoir ultime. Pas avant d'avoir transmis le fardeau à un successeur digne de confiance.
Jacob se leva du banc avec difficulté, prenant appui sur l'accoudoir de bois. Ses jambes flageolaient sous lui, refusant presque de le porter. Il tituba jusqu'en haut du port, remontant avec peine la pente douce qui menait au boulevard de la Bastille. Chaque pas était une épreuve, chaque mètre parcouru une victoire contre son corps défaillant.
Il avançait en faisant face à la mort qui rôdait autour de lui, qui le suivait comme une ombre fidèle. Il pouvait presque la voir, cette silhouette encapuchonnée, faisant étinceler la lame de sa faux en guise d'appel. Mais Jacob résistait, luttait contre l'attraction du néant. Pas encore. Pas maintenant. Pas avant.
Arrivé boulevard de la Bastille, épuisé et haletant, il héla un taxi d'un geste tremblant de la main. Le chauffeur, un homme d'âge mûr au visage buriné, l'aida à s'installer sur la banquette arrière, inquiet de voir ce vieillard au teint cireux.
— Vous allez bien, monsieur ? Vous voulez que je vous conduise à l'hôpital ? demanda-t-il avec sollicitude.
Jacob refusa d'un signe de tête et donna son adresse d'une voix à peine audible :
— Dix-sept rue des Rosiers.
Le taxi le reconduisit chez lui à travers les rues de Paris qui défilaient derrière la vitre, floues et irréelles. Le trajet qui lui avait semblé si facile à l'aller paraissait maintenant interminable. Jacob luttait pour rester conscient, agrippé à la poignée de la portière, respirant avec difficulté.
Une fois rentré chez lui, non sans grandes difficultés, il avait dû s'agripper à la rampe pour monter les marches, s'arrêtant toutes les dix marches pour reprendre son souffle, Jacob s'effondra presque dans le fauteuil de l'entrée. Il resta là quelques minutes, les yeux fermés, rassemblant les dernières forces qui lui restaient.
Puis, avec une détermination qui défiait l'état de son corps, il attrapa le téléphone portable que David lui avait offert quelques années auparavant et qu'il répugnait tant à utiliser. Cet appareil moderne, avec ses touches minuscules et ses fonctions incompréhensibles, lui avait toujours semblé superflu, une complication inutile dans un monde déjà trop compliqué. Mais dans les circonstances présentes, cet objet détesté allait lui rendre un ultime service.
Ses doigts tremblants peinèrent à composer le numéro de David. Il s'y reprit à plusieurs fois, effaçant des chiffres, recommençant. Enfin, le téléphone se mit à sonner à l'autre bout de la ligne.
Il fallait que David vienne. Vite. Très vite.
Car Jacob savait que le temps lui était compté, que chaque minute pouvait être la dernière, et qu'il devait transmettre le secret avant que la mort ne vienne refermer ses lèvres à jamais.
La Nachalah devait continuer. Le fardeau devait être transmis. L'histoire, vieille de six mille ans, ne devait pas s'arrêter là, avec lui, en ce jour d'avril 2005 dans un appartement du Marais.
Le Dépositaire était sur le point de passer le flambeau.


Hors ligne Aionia Apektasis

  • Aède
  • Messages: 205
  • Stagiaire en messianisme
Re : Premier chapitre de mon roman Nachalah
« Réponse #1 le: Hier à 19:11:47 »
Salut salut,

c'est biblique, donc ça me plait.
J'attends de voir ce qui doit être transmis.
Cela dit, Nachalah ne signifie pas "transmission" mais possession.
Pour la transmission d'un secret ou d'un rôle, le terme mesirah est plus approprié.

Voilà voilà,
hâte de lire la suite,
Des bisoux
Un jour, j'écrirai un conte où aucun prince ne viendra sauver qui que ce soit.
Ca leur apprendra, à ces connes de fées.

Hors ligne Pierre95

  • Plumelette
  • Messages: 8
Re : Premier chapitre de mon roman Nachalah
« Réponse #2 le: Aujourd'hui à 08:56:50 »
Salut,

Tout d'abord, merci d'avoir pris le temps de me lire.

Dans un premier temps, j'avais effectivement donné le le titre "Mesirah" à mon ouvrage. Par la suite, il m'a semblé que "Nachalah" correspondait d'avantage au thème profond du livre. 

Le sens étymologique du terme nachalah dérive de la racine verbale (nachal) qui signifie "recevoir" ou "hériter".
Il possède aussi le sens de "propriété".

Dans un sens plus large, nachalah symbolise non seulement l'héritage matériel,
mais aussi les valeurs, les traditions et les croyances que l'on transmet au sein d'une communauté ou d'une famille.
Ce mot est central dans la culture juive, où l'idée d'héritage, tant spirituel que matériel, est très valorisée.

Encore merci de ce commentaire






 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.02 secondes avec 22 requêtes.