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Hello April, cette version préserve bien l'ampleur narrative et le rythme contemplatif se prête bien à l’hexadécasyllabe (seuls les vers 7, 11 et 39 me semblent déficitaires d'une syllabe, vu le nombre, ça peut s'admettre !).
Il y a pourtant un truc qui, selon moi, demande à être vérifié. Car, si le choix du vers long offre une grande liberté d'écriture, il demande aussi une gestion précise des respirations. Or, dans ce cadre, le tiret est certes un outil puissant : d'une certaine manière (non métrique) il peut compenser l'absence de césures. Mais c'est justement parce qu’il est fort de ponctuation, qu'il gagne aussi à être utilisé avec parcimonie. Pourtant, j'ai eu le sentiment en lisant ton texte qu'il y crée parfois des pauses expressives, voire, introduit des incises inutiles, ou même, marque des basculements qui peuvent paraître abrupts.
Ça vient peut-être de leur fréquence (soit une dizaine, dont certains en fin de vers) ? Pour moi, ce détail tend à affaiblir ou exagérer leur impact. De fait j'ai fini par exclure certaines de ces ruptures qui nuisent à l’effet dramatique ou méditatif qu'un autre type de ponctuation servirait mieux.
Donc, mon idée est que ton texte gagnerait en musicalité si tu remplaçais certains de ces tirets par d'autres respirations qui s'obtiennent plus naturellement par l'usage de celle courante plus poétique que formelle (virgule, point-virgule, deux points, etc...)
Je pense qu'en réduisant leur nombre, chaque tiret restant retrouverait sa vrai raison d'être : il deviendrait un véritable pivot du vers, plutôt qu’un signe récurrent. Ainsi, l'ensemble y gagnerait autant en "élégance" qu'en maîtrise et en intensité.