Les étrangers la trouvent belle
Grande boîte à bijoux feutrée
Dans la boîte - les joyaux de la Couronne
Les étoiles brillent, l'aigle à deux têtes veille
Au centre - le carrousel géant de Saint-Basile -
Un feu de joie s'élevant vers le ciel
(Son bâtisseur a été aveuglé par Ivan le Terrible
Pour ne pas refaire un édifice pareil
Petite parenthèse, ça promet)
La neige couvre les coupoles des églises
Comme les femmes couvrent leurs têtes
Quand elles vont prier
Pour leurs enfants
Les expatriés pleurent deux fois -
En arrivant et en partant
Il y en a de moins en moins ici
La plupart sont partis :
Le présent est cassé
Le futur est dépassé
Le passé est anéanti
Tout passe, tout revient
Un jour, ils reviendront
Le jour où cela sera possible
Quand se terminera l’hiver.
Il est interminable, l’hiver
Il durera jusqu’à l’été
Les patinoires
Des kilomètres d’eau gelée
Des glissades qui pourraient
Être joyeuses cet hiver.
Encore l’hiver
Nathalie glisse, insouciante
Elle va visiter la Place Rouge
Qui est bien plus petite
Que ce qu’elle imaginait
Puis petit-déjeuner
Au café Pouchkine
Oui, ça existe
On dirait seulement
Qu’ici l’hiver n’existe pas
L’hiver
Dont on ne peut pas prononcer le nom
Etoile filante, beauté fugace
Si ça pouvait être comme avant
La neige berce, absorbe les pas
Emmitoufle les voix
Mais tu es forte, toi
Un jour tu renaîtras
Tu l’as déjà fait
Maintes fois
Tu sais, avec toi
Je l’espère
Le printemps